« Des guérisons miraculeuses »

Dr Stephen Barrett

Si vous entendez qu'une méthode « alternative » a produit des guérisons « miraculeuses » du cancer, vous devriez être sceptique. Un tel rapport peut être erroné pour au moins cinq raisons :     

  • Le patient n'a jamais eu de cancer.
  • Le cancer a été guéri ou mis en rémission par une thérapie éprouvée, mais une thérapie douteuse a également été utilisée et créditée à tort pour le résultat bénéfique.
  • Le cancer progresse mais est présenté à tort comme étant ralenti ou guéri.
  • Le patient présenté comme guéri peut être décédé du cancer ou avoir été perdu de vue.
  • Le patient a eu une rémission spontanée (très rare) ou il avait un cancer à croissance lente qui a été annoncé comme guéri.

Voici cinq exemples de rapports favorables qui n’ont pas résisté à une enquête.

Au cours des années 1980, le Dr Anthony Sattilaro a écrit des livres et est apparu dans des débats télévisés faisant la promotion des macrobiotiques comme traitement du cancer. Dans Recalled from Life (1982), il a décrit comment il avait suivi un traitement conventionnel pour un cancer de la prostate, tout en attribuant son amélioration aux macrobiotiques. Dans Living Well Naturally (1984), il affirmait que ses médecins l'avaient déclaré en rémission de longue durée. Cependant, il est décédé du cancer de la prostate en 1989.

Lawrence Burton, Ph.D., décédé en 1992, offrait une « thérapie immuno-augmentative » (TIA) dans sa clinique aux Bahamas. Burton affirmait que la TIA guérirait les patients atteints de cancer en manipulant un système de défense immunitaire qu'il postulait. En 1979, « 60 Minutes » sur CBS-TV a donné à Burton une formidable publicité lorsqu'un médecin réputé déclara qu'un de ses patients semblait s'être miraculeusement remis grâce au traitement de Burton. Bien que le patient soit décédé douze jours après la diffusion de l'émission, « 60 Minutes » a refusé d'en informer les téléspectateurs. En 1990, le Dr Wallace Sampson, oncologue, a analysé une brochure de 35 cas cliniques utilisés pour promouvoir la clinique de Burton. Sampson a conclu que 30 d'entre eux avaient subi un traitement standard ou presque et présentaient une probabilité de survie aussi longue que celle indiquée dans la brochure. Les autres cas manquaient de détails suffisants pour porter un jugement.

Le Dr Stanisław R. Burzyński, qui exploite une clinique à Houston, au Texas, affirme que ses « antinéoplastons » peuvent « normaliser » les cellules cancéreuses et ont aidé de nombreuses personnes atteintes de cancer à se rétablir. En 1988, Sally Jesse Raphael, animatrice de talk-show, a présenté quatre « miracles », des patients de Burzyński qui, selon elle, n'avaient plus aucun cancer. Tous les quatre ont déclaré que Burzyński les avait guéris alors que les méthodes conventionnelles avaient échoué. Quatre ans plus tard, « Inside Edition » a enquêté et signalé que deux des quatre patients étaient décédés et qu'un troisième avait une récidive de son cancer. (Le quatrième patient avait un cancer de la vessie, dont le pronostic était bon.) La veuve de l'un des invités de Raphaël a déclaré que son mari et cinq autres personnes de la même ville avaient recherché un traitement après avoir appris l'existence de Burzyński à la télévision et que tous étaient morts de leur maladie.

Lucas Boeve, propriétaire d'une clinique en République Dominicaine, a affirmé que le gaz ozone administré dans son établissement avait guéri le cancer, le sida, la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson, l'arthrite et de nombreuses autres maladies, et qu'il avait fourni un appareil à ozone qui avait guéri Magic Johnson du sida. En 1994, l'équipe de « Dateline » de la chaîne NBC a examiné sérieusement les activités de Boeve en enquêtant sur tous les patients atteints de cancer et de sida et en répertoriant les exemples de réussite fournis par Boeve. Sur treize patients atteints de cancer : deux étaient décédés ; trois n'ont pas pu être trouvés ; deux ont refusé d'être interrogés ; trois étaient en vie mais avaient encore un cancer ; et trois ont déclaré avoir reçu de l'aide, mais leurs médecins ont affirmé qu'ils étaient probablement indemnes de cancer avant le traitement à l'ozone. Sur deux patients atteints de sida, l'un a déclaré qu'il se sentait bien mais qu'il était toujours séropositif et l'autre n'avait pas été soumis à un nouveau test du VIH. « En tout », a conclu un commentateur, « pas une seule guérison documentée sur la propre liste de Boeve. » En outre, les représentants de Johnson ont déclaré qu'il n'avait rien à voir avec Boeve (ou une thérapie par l'ozone) et qu'il était toujours infecté par le virus.

Début 1995, Kathy Keeton, épouse de Bob Guccione, éditeur du magazine Penthouse, a obtenu une large publicité en affirmant que le sulfate d'hydrazine l'avait guérie d'un cancer métastatique au stade IV après que les médecins lui eurent donné seulement six semaines à vivre. Cependant, elle est décédée de sa maladie en 1997. Le taux de survie à cinq ans avec un cancer du sein de stade IV est de 12 à 20 %. Une survie de deux ans n'est certainement pas inhabituelle.

 

Cet article a été révisé le 18 octobre 2000.

Traduction en français le 25 avril 2019 par le Dr Jacek Sierakowski.

Dernière mise à jour le 30 avril 2019.

Source: Quackwatch Retour à la page d'accueil