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La thérapie métabolique de Manner

 

Stephen Barrett, M.D.

 

Les promoteurs de la « thérapie métabolique » affirment diagnostiquer des anomalies au niveau cellulaire et les corriger en normalisant le métabolisme du patient. Ils considèrent le cancer, l'arthrite, la sclérose en plaques et d'autres maladies « dégénératives » le résultat d'un déséquilibre métabolique causé par une accumulation de « substances toxiques » dans l'organisme. Ils prétendent que les praticiens scientifiques traitent seulement les symptômes de la maladie tandis qu'eux traitent la cause en éliminant les « toxines » et en renforçant le système immunitaire pour que l'organisme puisse se guérir lui-même. Les « toxines » sont ni définies ni mesurables objectivement. Les régimes du traitement « métabolique »  varient d'un praticien à un autre et incluent entre autres, une diète « d'aliments naturels », des lavaments de café, des vitamines, des minéraux, des extraits glandulaires, des enzymes, le laetrile et une variété d'autres nostrums qui ne sont pas vendus légalement aux Etats-Unis. Aucune étude scientifique n'a à date démontré que la « thérapie métabolique » ou une de ses composantes soit efficace contre le cancer ou toute autre maladie grave. Cet article décrit les théories et méthodes avancées par le feu Harold W. Manner, Ph.D., qui lui a donné le nom de « thérapie métabolique ».

Description du traitement

Manner a défini la thérapie métabolique comme « l'utilisation de produits d'aliments naturels et de vitamines pour prévenir la maladie en renforçant le système immunitaire de l'organisme «  [1]. Ses objectifs, tels que décrits dans un pamphlet non daté distribué à des futurs patients en décembre 1988, sont les suivants :

  • Fournir un appui nutritionnel adéquat
  • Stimuler le processus de désintoxication
  • Entretenir l'immunité de base de l'organisme
  • Minimiser l'apport d'agents toxiques de quelque source que ce soit
  • Augmenter l'oxygénation des tissus qui en sont privés [2].
Un pamphlet semblable, distribué aux professionnels à un colloque Manner tenu en juin 1988 affirmait que son contenu aurait été approuvé par le bureau de direction de la Manner Clinic et par la  Metabolic Research Foundation [3]. Selon le pamphlet, « La clinique est une institution de recherche et son protocol est adapté à chaque patient. Toutefois, ce protocol constitue la base du procédé et ne doit pas être essentiellement modifié ». On décrit trois parties du procéssus de traitement :
  • Le prétraitement. Chaque patient doit subir un SMAC-24, une formule sanguine complète, une analyse capillaire, un C.E.R., et une analyse d'urine. Puisque « les minéraux des patients sont habituellement déséquilibrés . . .  des moyens doivent être pris  pour corriger ce déséquilibre ». Selon le pamphlet, « six alginates de soude par jour pour une semaine devrait éliminer le surplus de minéraux; plus longtemps pour les métaux lourds. Trois à six comprimés de minéraux par jour vont suffir habituellement pour corriger les déficiences en dedans de deux semaines ». Pour l'interprétation du SMAC-24, Manner suggère « des niveaux optimums » qui sont habituellement inférieurs aux valeurs normales [4].

Phase I du tratement , 21 jours, comprend les composantes suivantes : 

  • Un jêune de deux jours avec seuelemnt du jus de fruits, moitée de pommes, moitiée de carottes
  • Deux selles par jour « recommandées ».Si le jus ne réussit pas à stimuler les intestins, « une cuillière à thé d'un laxatif d'herbes dans un verre d'eau doit être pris une heure après chaque repas, suivi d'un autre verre de jus de fruits ou d'eau jusqu'à cette régularité soit atteinte. Si nécessaire, des lavements au savon doivent être commencés ». Pour la « désintoxication », un lavement de rétention avec café doit être administré quotidiennement (ou deux fois par jour si on note une  « toxémie extrême ».  On procède pour cela en préparant une tasse de café, que l'on laisse devenir tiède, et qu'on injecte dans le rectum avec une seringue rectale, le retenant pendant 15 à 30 minutes. Six comprimés de Mucozyme sont recommandés par jour pour « faciliter l'absorption des nutritifs ». Si on note des nausées au cours du traitement, six comprimés de Duodenum par jour sont administrés. Si les nausées persistent plus de 48 heures, on remplace le Duodenum par l'Intrinsotrophique.
  • Pour assurer une digestion appropriée, des enzymes digestifs (préparations composés d'acide hydrochlorique, de pepsine et d'enzymes pancréatiques enrobées) doivent être consommés avec chaque repas. Si la première urine du matin a un pH supérieur à 5.5, le jus de fruits doit être cessé et le jus de légumes augmenté.
  • Les « enzymes anti-néoplasiques » son utilisés pour éliminer la « barrière protectrice » qui entoure la tumeur du patient. Pour cela, on doit prendre trois comprimés d'Enzymes T et un comprimé d'Enzyme B, trois fois par jour, une heure avant chaque repas. De plus, si la tumeur est localisée dans les intestins, au vagin ou à l'uterus, on procède à un lavement ou une douche vaginale utilisant l'Enzyme W (une forme de l'Enzyme T soluble dans l'eau)
  • On prend la Vitamine A dans une forme émulsifiée pour « minimiser le rôle hépatique ». Deux gouttes dans le jus du matin et deux gouttes dans le jus durant la soirée &endash; pour un total de 60 000 unités internationnales par jour. A tous les deux jours, deux gouttes additionnelles doivent être ajoutées matin et soir. Si on note de la toxicité, la vitamine est discontinuée pendant une semaine, par la suite administrée deux semaines sur trois à une dose quotidienne de 100 000 unités de moins que la dose qui était responsable de la toxicité. Deux comprimés de Thymus doivent être administrés trois fois par jour en plus de trois comprimés de Dismutase Super oxide. Toutes ces mesures sont prises pour « augmenter le nombre de lymphocytes en circulation ».
  • La vitamine C est commencée avec 5 grammes par jour et augmentée par un gramme par jour jusqu'au moment où le patient présente une diarrhée aigüe. La dose est alors diminuée par 2 grammes et continuée à cette dose durant toute la période de traitement.
  • L'Amygdaline, deux comprimés de 500 mg trois fois par jour.
  • Quatre comprimés de multiminéraux doivent être pris le matin et soir. Aussi, le Para-15 (six comprimés par jour) pour «  accélérer l'efficacité de l'utilisation de l'oxygène ».
  • Douze comprimés de « la glande ou du tissu affecté » doivent être pris par jour.
  • Le régime « d'aliments naturels » doit être composé de fruits, de  légumes, incluant 32 onces de jus de légumes crues, de grains entiers, de poissons, de poulet, d'oeufs (un par jour), de noix et de graines, de lait cru, de yogourt, et de tizane. Le régime ne doit pas contenir de viandes rouges, d'aliments frits, d'alcool, de café, de boissons gazeuses, de préparations faites avec la farine blanche, de sucre rafiné, de poivre ou de fortes épices, de fruits ou légumes en conserves, et d'aucune matière grasse rafinée. Les additifs alimentaires ne sont pas permis, surtout le MSG (glutamate monosodique). Les légumes doivent être consommées sous forme de jus extrait utilisant un appareil approprié pour « conserver les enzymes, minéraux et vitamines naturellement présentes ».
  • De plus, des infusions quotidiennes de 9 grammes d'amygdaline, 10 cc de DMSO, et 25 grammes de vitamine C dans 250 cc de dextrose à 5% ou dans du Ringer lacté sur une période de 2 ou 3 heures. L'amygdaline par la bouche peut être omise ces journées-là.
  • D'autres modalités, incluant le Rodaquin et des infusions lymphatiques, peuvent être utilisées dans des « cas exceptionnels ».

 

Phase II du traitement, 21 jours à 3 mois:est semblable sauf que certaines viandes, le yogourt, le fromage cottage et le lait acidophile sont permis, l'amygdaline est diminuée à deux comprimés de 500 mg matin et soir, et les lavements au café sont administrés que deux fois par semaine.

L'approche de Manner aussi comprend un supplément de sélénium, de zinc, des remèdes homéopathiques et plusieurs autres produits. Ces produits ne sont pas mentionnés dans le protocol.

Les participants au colloque de Manner tenu en juin, 1988, ont aussi reçu de l'information sur le programme « Manner 5 » prescrit additionnellement au programme de base avec 21 jours à la clinique suivis de 69 jours de traitement à domicile. Les ingrédients incluent le laetrile, plusieurs enzymes et suppléments, un composé « anti-viral de la même classe qu'interferon », « un agent lytique. . . ayant pour but de dissoudre, décomposer et désintégrer les cellules cancéreuses », des capsules oranges pour ajouter de l'oxygène au sang, des capsules blanches et brunes « anti-fermentation » pour « garder le dioxide de carbon dans le sang à un niveau réduit » et des capsules blanches et bleues « anti-fibrines » pour « décaper les cellules cancéreuses de leur coquille protectrice ». Bien que le pamphlet définissait le Manner 5 comme « un nouveau programme que nous croyons va révolutionner la thérapie du cancer », Manner a précisé que le programme est déjà utilisé près de cinq ans et que le directeur de la clinique, Gilberto Alvarez, le recommandait à tous les cancéreux. La Clinique Manner offrait aussi un « programme préventif », qui comprend la première semaine du traitement anti-cancereux, mais le laetrile est omis dans les infusions.

Raisonnement du traitement

Au colloque de Texas, Manner a souvent cité les théories de John Beard, qui publia un livre sur le traitement du cancer avec les enzymes, à Londres en 1911, et de Ernst T. Krebs Sr. et de son fils, Ernst Jr., qui étaient partisans des idées de Beard et recommandaient la thérapie avec le laetrile.

Manner affirmait que dans les dernières années, une ré-évaluation a eu lieu sur la nature et les causes du cancer.

Le cancer a toujours été considéré comme étant une maladie localisée, caractérisée par une lésion, habituellement sous forme d'une tumeur, qui apparaissait à un endroit particulier du corps. Cette lésion localisée était considérée le résultat d'une activité produite par un virus invasif, un agent carcinogène, ou par un traumatisme comme un coup. Aujourd'hui, les chercheurs et médecins sont de plus en plus convaicus que le cancer est une maladie complexe qui serait un aboutissement d'un métabolisme dérangé (chimie de l'organisme.) . . . .La récurrence fréquente d'une néoplasie suite aux traitements conventionnels de chirurgie, radio-thérapie et/ou chimiothérapie survient parce que l'on ne considère que rarement la cause sous-jacente métabolique qui demeure non corrigée [5].

Manner proposait la théorie que le corps humain est continuellement bombardé par des produits chimiques carcinogéniques contenus dans notre alimentation, dans l'eau, dans l'air, et que « tous les jours, pour chacun de nous, un grand nombre de cellules embryonaires devenaient cancéreuses ». Heureusement, il affirime, la plupart des personnes ont un système immunitaire assez puissant pour pouvoir neutraliser ou détruire les cellules cancéreuses.

Si le système immunitaire, toutefois, est affaibli par une mauvaise alimentation, des polluants environnementaux excessifs ou un stress continu débilitant, les cellules cancéreuses sont non inhibées et se multiplient rapidement formant la « tumeur » symptomatique. . .  Un des premiers objectifs de toute thérapie métabolique est de renforcir le symtème immunitaire de l'organisme, le remettre à sa condition fonctionnelle optimum. . . . Nous pouvons demeurer en bonne santé si nous fournissons aux cellules individuelles de l'organisme les niveaux appropriés d'oxygène, de nutritifs, d'enzymes, de minéraux, d'acides aminés et d'autres nutritifs essentiels provenant et de la diète et des suppléments nutritionnels. D'importance égale est l'habileté de l'organisme d'éliminer les produits de déchets du métabolisme cellulaire par une régularité intestinale, une bonne respiration, par une excrétion normale, etc. Les traitements doivent être apportés qui vont aider l'organisme de se désintoxiquer lui-même en éliminant les polluants dangereux.

Les traitements conventionnels, comme la radiothérapie et la chimiothérapie, causent une « dépression complète du système immunitaire » et peuvent « faire un monstre d'une personne normale ». Il ajoute, « vous n'affaiblissez pas le système qui est nécessaire pour combattre une maladie, et c'est exactement ce qu'ils font ».

Ses autres théories peuvent être résumées comme suit :

Le raisonnement derrières les méthodes :
 
-La diète aux jus, les lavements, les laxatifs d'herbes et la diète d'aliments naturels, avec but de deux selles par jour :
Un transit plus long est dangereux parce qu'il permet aux réactions chimiques dont les conséquences sont cancérigènes de se faire dans le système digestif.
-Les lavements avec le café :
La stimulation de la bile aide à la désintoxication en rétablissant l'alkalinité du petit intestin.
-Les suppléments digestifs :
Les enzymes pancréatiques :
Assurent une digestion optimum des aliments.
Les « enzymes anti-néoplasiques » : 
Enlèvent la barrière protectrice pour que la tumeur puisse être reconnue par le système immunitaire. Les enzymes aident à éliminer la couche de fibrine qui entoure les tumeurs, les rendant vulnérables aux autres composantes du traitement.
La vitamine A émulsifiée :
Stimule la production de globules blancs qui peuvent attaquer la tumeur.
La thymosine (comprimés de thymus) :
Stimule les lymphocytes
-La dismutase superoxide (SOD) :
Aide l'organisme à détruire les radicaux superoxides (causés par la radiation et aussi par l'accumulation de globules blancs), ce qui cause le cancer et plusieurs autres maladies. Le SOD cause l'union des radicaux d'oxide avec l'hydrogène dans le sang, donnant lieu à du péroxide d'hydrogène, entraînant une augmentation du taux d'oxygène sanguin. Les cellules cancéreuses se nourissent du dioxide de carbonne et meurent dans un atmosphère d'oxygène.
-La vitamine C :
Inhibe la croissance de la tumeur.
-L'Amygdaline (laetrile) :
Se métabolise en glucose, qui donne au patient une poussée d'énergie, en benzaldehyde, qui soulage la douleur, et en cyanure, qui tue les cellules cancéreuses.
Les "Glandulaires" :
Renforcent l'organe ou le tissu correspondant 
-Le massage :
Stimule le système lymphocitaire.
-Les rencontres d'inspiration :
Renouvellent l'espoir par la conviction des patients qu'ils peuvent combattre leur cancer.

Manner maintenait qu'il y avait quatre mécanismes par lesquels des grandes quantités de vitamine C pouvait détruire le cancer :

1. Le scission des lysosomes, ce qui causerait l'auto-digestion des cellules cancéreuses.
2. Rehaussement du système immunitaire pour que l'organisme puisse attaquer le cancer comme il le fait avec une grippe ou un simple rhume.
3. Perturber la synthèse protéinique dans la cellule cancéreuse ce qui causerait une augmentation rapide dans la synthèse du DNA et la mitose des cellules cancéreuses.
4. Cela causerait une « situation de 'burnout' avec épuisement du matériel sur lequel le cancer dépend pour sa survie  » [6].

Critique du traitement

Il n'y a aucune raison de croire que les méthodes de Manner aient un soupçon de réalisme. De plus, il décrit tellement de versions et variations de ce qu'il a fait, que les composantes individuelles n'auraient pas pu être évaluées à cause du grand nombre de variables.

Les certificats de Manner

Le plus grand partisan du traitement « métabolique » Harold Manner, Ph.D., est né en 1925 à New York et a été élevé dans la partie rurale du New Jersey. Selon un dépliant de la Manner Metabolic Foundation, Manner a reçu son B.Sc. de John Carroll University en 1949, un M.Sc. de Northwestern University en 1950, et un doctorat en biologie de Northwestern University en 1952. Il était professeur en biologie au Utica College of Syracuse University, directeur de la division de science et de mathématiques de  1963 à 1969, et par la suite directeur de département de biologie à St. Louis University juisqu'à 1972. De1972 à 1978, Manner était directeur du département de biologie au Loyola University à Chicago. Il continua à enseigner la biologie là jusqu'à1982, alors qu'il a donné sa démission suite à des pressions de la part de l'université à cause de ses théories non conventionnelles [1].

Manner a fondé la Metabolic Research Foundation à Glenview, au  Illinois, en1979, avec lui-même comme président, mais par la suite l'a déménagé à San Ysidro, en Californie, tout près de la frontière avec Tijuana au Mexique. En1982, après que la Foundation est devenue affiliée avec la  Cydel Clinic à Tijuana, son nom a été changé pour la Manner Clinic. En 1984, Manner a aussi dirigé Emerald Isle Clinic, à Montserrat,  dans les West Indies.

Le dépliant de la clinique étiquette la Manner Clinic, le « leader du monde entier dans la prévention des maladies » et promet un traitement basé sur « les plus récentes informations scientifiques et médicales ». Les employés de la clinique rencontrent des patients à l'aéroport de San Diego et les amènent dans un bus blanc à travers la  frontière au Mexique. Les patients n'ont pas besoin de passeports, mais on leur demande d'apporter leurs dossiers médicaux.

Manner est devenu vedette en 1977 lorsqu'il a annoncé au colloque du  National Health Federation qu'il avait guéri le cancer chez la souris avec des injections de laetrile, d'enzymes et de vitamine A. L'étude a été publiée en 1978 dans une revue de chiropratique [7]. Ce que Manner a fait, en réalité, c'est la digestion des tumeurs en les injectant d'enzymes qui ne peuvent pas guérir le cancer métastatique.

Manner donna des opinions contradictoires du traitement conventionnel pour le cancer et d'autres maladies. Un de ces dépliants déclarait : « Le patient cancéreux ne doit pas exclure la considération d'autres formes de thérapie contre le cancer comme la radiothérapie, la chimiothérapie et la chirurgie. Heureusement, la nature de la thérapie métabolique permet son usage en conjonction avec la thérapie conventionnelle ». Mais au colloque de juin 1988, il s'est attaqué aux thérapies conventionnelles de façon amère en les étiquetant comme inefficaces et dangereuses.

Manner a mis en marché ses méthodes aux chiros, aux naturopathes et aux médecins. À son colloque de 1988, il aurait dit qu'il y avait près de 600 « médecins qualifiés dans la thérapie métabolique » dans le monde. Plusieurs d'entre eux référaient leurs patients à la Manner Clinic, qui les renvoyaient aux médecins traitants pour un suivi de traitement, qui incluait des suppléments disponibles de Manner Metabolic Products, Inc. Les associés étaient cotisés pour être membres de la Metabolic Research Foundation qui leur promettait 200$ pour chaque patient référé.

Evaluation des résultats

Lors d'une entrevue publiée dans Mother Earth News en 1978, Manner affirmait qu'il avait été harcelé par la  FDA parce qu'il aurait caché des copies de dossiers médicaux de 17 patients dans une « voute verrouillée d'une banque au Canada . . . »,  action connue seulement par lui et quelques amis. « Quand j'aurai atteint 100 dossiers semblables, je vais les mettre dans un contenant et les apporter à Washington, D.C. et je crois que la contreverse au sujet du laetrile sera terminée ». Toutefois, les dossiers en question et l'intention de Manner de les envoyer à Washington n'étaient pas mentionnés de nouveau dans aucun des documents publiés distribués au colloque de Texas.

Les taux de succès prétendus par Manner pour le cancer étaient aussi contradictoires. Dans un enregistrement qu'il a fait, il mentionne que 74% des patients de la clinique « n'auront jamais à s'inquiéter de leur cancer ». Mais un dépliant parle « d'un facteur de succès de 68% », le succès défini comme soit l'élimination du cancer ou du risque de décès.

En 1988, Manner affirmait que sa clinique aurait traité 4 000 patients et fonctionne à pleine capacité, la liste d'attente étant près de 2 semaines. 

Une des plus grandes publicistes de Manner est Ginny Davis, âgée de 51 ans, de Franklyn, au Wisconsin, dont un récit de son  témoignage a été distribué au colloque de juin 1988. Un rapport de pathologie joint au témoignage précise qu'en avril, 1985, un diagnostic « d'adénocarcinome inflitrant » a été fait suite à l'analyse d'un polype qui a été enlevé de son gros intestin. Selon le témoignage, le chirurgien aurait avisé le médecin de Mme Davis qu'une section de son gros intestin devrait être enlevé, mais elle a refusé la chirurgie, et decida d'aller à la Manner Clinic. Trois ans plus tard, son colon a été décrit comme étant normal suite à une colonoscopie. Le diagnostic « carcinome infiltrant »  signifie simplement que le cancer aurait infiltré sous la surface du polype. L'exérèse du polype apparemment aurait guéri la patiente avant qu'elle consulte à la clinique de Manner.

Il n'y a aucune preuve publiée que Manner ait gardé des dossiers sur l'évolution de ses patients après leur départ de la clinique. Le docteur James Lowell déclare que Manner avait promis à plusieurs reprises de lui envoyer les sommaires de ses résultats mais ne l'a jamais fait. Manner est décédé en octobre 1988, mais plusieurs versions de la thérapie métabolique sont encore disponibles.

 

Références

 

1. Metabolic Research Foundation: Harold W. Manner, Ph.D., Research Scientist, Author, Educator (undated flyer).
2. Manner, Harold W.: Facts about metabolic therapy (undated booklet)
3. Manner, Harold W.: Facts about metabolic therapy - "C" (undated booklet)
4. South, Jeff: The Manner Seminar. Nutrition Forum 5:61-67, 1988.
5. Manner Seminar tapes, June 1988.
6. Manner, Harold et al.: The Death of Cancer, Advanced Century Publishing Corp., Chicago, 1978, pp. 76-79.
7. Manner, Harold: Amygdalin, vitamin A and enzyme induced regression of murine mammary adenocarcinomas. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, Dec. 1978.
 

Cet article a été affiché dans sa version originale le 1er juillet, 2002.

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© 2018 Dr Stephen Barrett (version anglaise)
© 2018 Les Sceptiques du Québec (version française)