Le litigieux principe de précaution


Louis Dubé

Les décideurs politiques font de plus en plus appel au principe de précaution pour retarder le développement de nouvelles technologies. L’application maximaliste de ce principe sert-elle bien l’intérêt général de la population, très souvent inquiétée par les propos alarmistes des médias et des groupes de pression ?

Une personne raisonnable prendra les précautions nécessaires pour éviter un danger potentiel. Toutefois, lorsque ni l’ampleur ni la fréquence du dommage ne peuvent être scientifiquement évaluées, les mesures de précautions envisagées par différents intervenants généreront beaucoup de controverse. Il s’agit alors de l’application problématique du « principe de précaution ».

Les risques associés au développement d’organismes génétiquement modifiés (OGM), par exemple, constituent un cas actuel où le principe de précaution est invoqué à tort ou à raison, selon différents points de vue. Comme toute nouvelle technologie, les OGM comportent des risques difficiles à évaluer.

Prudentes distinctions

Il convient de distinguer prudence, prévention et précaution : la prudence tente de pallier des risques avérés dont la fréquence est également connue (le tabac) ; la prévention vise les mêmes risques avérés dont on ne connaît toutefois pas la fréquence d’occurrence (le nucléaire) ; la précaution vise les risques de nature et de fréquence inconnues (les OGM).

Depuis plusieurs décennies, le principe de précaution est invoqué pour protéger l’environnement et la santé publique. Il fait même partie de certains textes officiels de plusieurs pays, dont la France [1] et le Canada [2]. En l’absence de certitude scientifique de la réalité d’un danger, il permet des actions préventives considérées nécessaires.

Une revue des erreurs et des succès passés, mettant en cause le principe de précaution, nous permettra sans doute d’avoir une meilleure appréciation des arguments utilisés dans les débats d’aujourd’hui sur cette question.

Erreurs tragiques

La thalidomide

Autour de 1960, la thalidomide, drogue administrée entre autres pour soulager la « nausée matinale » de femmes enceintes, a provoqué au moins 10 000 naissances d’enfants difformes avant d’être retirée du marché. Aurait-on pu prévenir cette tragédie en procédant à des tests plus exhaustifs afin d’isoler les effets secondaires hautement indésirables de cette drogue ?

Des tests sur des mammifères ont, semble-t-il, été faits dans le cas de la thalidomide – sans montrer d’anomalies. Toutefois, la réglementation en vigueur n’exigeait pas de tests sur des animaux en gestation. Et on ne pensait généralement pas alors que des drogues pouvaient traverser le placenta et affecter le fœtus.

De tels tests peuvent par ailleurs ne pas indiquer un taux anormal de malformations, mais son ingestion par une femme enceinte pourrait quand même se révéler nocive durant les premières semaines de grossesse [3]. À moins de raison prépondérante, on évite aujourd’hui d’administrer une nouvelle drogue à des femmes enceintes.

Dans le cas de la thalidomide, par précaution, des tests plus complets auraient dû être exigés. C’est d’ailleurs ce qu’a demandé la Food and Drug Administration américaine, qui n’a jamais accepté cette drogue pour ses concitoyens, alors même qu’elle était vendue sans ordonnance au Canada et ailleurs.

Les fibres d’amiante

Durant plus d’une centaine d’années, on a continué d’extraire de l’amiante au Québec, après que des risques sérieux pour la santé [4] eurent commencé à être identifiés vers 1910 et confirmés tout au long du XXe siècle. Les maladies dues aux fibres microscopiques de chrysotile, ingérées par voies respiratoires, sont responsables aujourd’hui d’environ 110 000 décès par année dans le monde.

Malheureusement, les intérêts économiques, liés à ce matériau aux propriétés ignifuges et isolantes appréciées, ont prévalu sur la santé et la vie de millions de travailleurs. La presque totalité des pays industrialisés a banni la production et l’utilisation de l’amiante depuis au moins une décennie. Finalement, en 2012, le Québec et le Canada ont cessé de patronner la production d’amiante.

Toutefois, les édifices construits avec des matériaux qui renferment de l’amiante posent une menace constante. Lorsqu’il y a bris et réparation de ces matériaux, travailleurs et occupants peuvent respirer les dangereuses fibres microscopiques qui s’en dégagent. Lorsque le désamiantage n’est pas requis, des écriteaux pourraient, par précaution, indiquer où se trouvent les matériaux et les structures contenant de l’amiante.

Le tabagisme

Les conséquences sanitaires désastreuses du tabagisme sont connues depuis presque un siècle et confirmées sans l’ombre d’un doute depuis les années 1980, en dépit du déni continu des multinationales productrices de cigarettes. Fumer régulièrement du tabac cause 90 % de tous les décès dus au cancer du poumon. Il augmente aussi considérablement les risques de maladies cardiovasculaires et d’une vingtaine d’autres affections. On estime que les fumeurs réduisent leur espérance de vie d’au moins 10 ans [5]. Il s’agit d’une drogue de dépendance et de toxicité très fortes.

C’est un problème à l’échelle mondiale ; les fumeurs y sont en beaucoup plus grande proportion qu’en Amérique du Nord. Certains pays ont des pourcentages importants de fumeurs mâles, tels que la France (36 %), la Chine (50 %) et la Russie (59 %) [6]. L’Organisation mondiale pour la santé [7] estime que 5.4 millions de décès ont pu être attribués à cette pratique pour l’année 2004.

Les fumeurs (environ 17 % de la population adulte canadienne [8] en 2013) sont pourtant prêts à accepter un risque accru de maladies graves pour satisfaire un besoin acquis. Notons tout de même une amélioration importante : en 1965, environ 50 % des adultes (de 15 ans ou plus) fumaient au Canada. La proportion de fumeurs dans la population canadienne a donc diminué de trois fois durant les cinquante dernières années.

Étant donné les statistiques alarmantes de maladies et de décès, il s’agit d’une application raisonnée du principe de précaution.

Succès clairs ou mitigés

La vaccination

La vaccination moderne peut être considérée comme un succès technologique en matière de santé. Elle a considérablement réduit les risques de contracter nombre de maladies infectieuses débilitantes ou mortelles (diphtérie, tétanos, coqueluche et rougeole). Elle a permis la disparition de la variole en 1977 et la poliomyélite serait sur le point d’être éradiquée. Des millions de vies sont ainsi sauvées chaque année.

Injecter dans le corps un virus inactif ou semi-inactif pour préparer les défenses immunitaires à un virus actif menaçant comportait des risques que les pionniers de la vaccination ont accepté de courir dans l’espoir de contrer efficacement les maladies infectieuses. La vaccination n’est pas efficace à 100 % et elle comporte des risques minimes d’effets secondaires, parfois très graves comme la maladie paralysante de Guillain-Barré (une chance sur un million) [9].

Toutefois, ses succès sont clairs et importants pour la santé mondiale. Les risques pris pour le développement de nouveaux vaccins et les risques minimes (mais réels) d’effets secondaires majeurs ont heureusement eu raison d’une application stricte du principe de précaution.

L’énergie nucléaire

Peut-on parler de succès pour l’usage de l’énergie nucléaire ? Les avis sont partagés [10]. Certains estiment qu’elle constitue une source d’énergie « propre » à un prix « raisonnable ». La France tire d’ailleurs 80 % de son énergie électrique de ses nombreux réacteurs nucléaires. Il y a de nombreuses centrales dans une trentaine d'autres pays, dont les États-Unis, le Japon et la Russie. Des centaines de navires de guerre et de sous-marins utilisent aussi cette énergie.

Les dangers de l’utilisation de l’énergie nucléaire viennent d’un emballement possible des réacteurs. L’accident désastreux de Tchernobyl en 1986 vient à l’esprit ; il a fait des milliers de morts et contaminé la chaîne alimentaire d’une grande partie de l’Ukraine ; des enfants naissent encore aujourd’hui avec des malformations congénitales causées par les radiations. Rappelons aussi l’accident récent de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon (en 2011), causé par un tsunami.

Il y a aussi des risques de rejets nucléaires nocifs pour l’environnement et le problème non encore résolu du stockage des déchets radioactifs. Il s’agit donc d’une nouvelle technologie dont la gestion requiert une grande attention ; la possibilité d’un grave accident nucléaire provenant d’une erreur humaine ou à la suite d’une catastrophe naturelle n’est pas négligeable, mais difficilement estimable (sans parler du danger d’une guerre nucléaire).

Malgré les risques inhérents à cette technologie, les autorités sont allées de l’avant. Le principe de précaution maximale n’a heureusement pas prévalu, mais la prévention doit rester une priorité.

Précautions plutôt inutiles

Certaines peurs sont manifestement non raisonnables et les précautions qu’on prend pour s’en protéger sont parfaitement inutiles et constituent un regrettable gaspillage d’argent.

Transport aérien

Par exemple, préférer la voiture à l’avion pour se rendre d’une ville à l’autre. Le risque d’un accident mortel par kilomètre parcouru est presque dix fois plus grand par voiture que par avion aux États-Unis [11]. Les risques de mourir au cours de sa vie y seraient environ 70 fois plus grands dans un accident de voiture (1 sur 98) que dans un accident aérien (1 sur 7178) [12].

On estime que même pour un trajet intermédiaire, soit 1000 km entre Boston et Washington, l’avion serait 8 fois plus sécuritaire que la voiture. La partie la plus dangereuse du déplacement par avion serait le trajet en voiture pour se rendre à l’aéroport ! Voir le tableau 1 pour une évaluation des risques courants de décès.

Tableau 1

 

Cancer de la prostate

Dans le domaine médical, plusieurs études rigoureuses ont démontré que le populaire test de l’antigène prostatique spécifique (APS) pour dépister le cancer de la prostate n’a aucun effet sur la mortalité due à ce type de cancer [13]. Ce test ne trouverait donc que des cancers qui ne tuent pas.

Pourquoi alors se faire traiter pour un cancer bénin qui évolue lentement sans vraiment déranger ? D’autant plus que ceux qui auront subi une ablation suivie d’une radiothérapie souffrent souvent d’incontinence ou d’impuissance pendant le reste de leur vie.

Grippe A (H1N1)

La vaccination de masse en 2009 contre la grippe porcine A (H1N1) s’est révélée largement inutile. Cette dernière n’a pas été plus virulente que la grippe saisonnière. Elle a commencé en mai 2009 avec une centaine de décès au Mexique et s’est rapidement propagée dans d’autres pays.

Pourtant, le taux de décès durant les mois d’hiver dans l’hémisphère sud n’a pas dépassé un sur mille, taux semblable à celui d’une grippe saisonnière [14]. Malgré des statistiques similaires et plus complètes disponibles en septembre 2009, au Québec comme dans plusieurs autres pays, une vaccination massive de la population a été recommandée et bien inutilement suivie.

Précautions déraisonnables

Certains risques se révèlent nuls ou inconnus et causent des effets bénins ou indéterminés. Si les risques sont nuls et leurs effets bénins, les mesures prises pour s’en protéger changeront bien peu de choses. Si les risques sont inconnus et leurs effets indéterminés, les fonds destinés aux mesures de protection seront vraisemblablement mal alloués, alors qu’ils pourraient être beaucoup mieux utilisés ailleurs. La crainte d’un danger hypothétique pourrait aussi retarder significativement les bénéfices substantiels escomptés.

Radiofréquences

Les effets des radiofréquences de faible puissance (téléphones mobiles, réseaux sans fil, ordinateurs et compteurs d’électricité) ne peuvent produire qu’un imperceptible réchauffement du corps humain, lui-même sujet à des variations de température naturelles beaucoup plus importantes. Nous sommes d’ailleurs inondés de ce type d’ondes (télévision et radio) depuis des décennies sans corrélation apparente avec quelque maladie que ce soit [15]. Les effets sanitaires, s’ils sont réels, semblent tout à fait négligeables. Les risques sont donc presque nuls.

Pourtant, le danger présumé des radiofréquences inquiète toujours une partie de la population qui réclame un contrôle plus strict des ondes, alors que la communauté scientifique estime suffisants les niveaux présents de protection. Par ailleurs, les personnes qui se disent hypersensibles aux radiofréquences ne peuvent même pas en reconnaître correctement les effets allégués – si elles ignorent leur présence.

Aux faibles puissances utilisées pour les télécommunications, les radiofréquences ne semblent poser aucun problème sanitaire mesurable. Le principe de précaution parfois invoqué pour en restreindre l’utilisation ne semble pas du tout justifié.

Organismes génétiquement modifiés

Depuis deux ou trois décennies, le génie génétique a permis le transfert de gènes étrangers dans le génome de différents organismes pour leur conférer une caractéristique recherchée qu’ils n’avaient pas auparavant. C’est dans l’agriculture intensive que se retrouvent le plus d’applications de cette technique qui augmente le rendement des cultures tout en réduisant l’usage des pesticides et des herbicides. Une trentaine de pays y ont recours, surtout dans les Amériques : États-Unis, Argentine, Brésil, Canada [16].

Jusqu’à présent, les semences OGM n’ont pas posé de problème sanitaire particulier. Elles ont été testées avec succès pendant des années avant leur mise en marché. Les cultures intensives transgéniques du maïs, du soja et du canola sont les plus pratiquées. Par ailleurs, c’est en Europe qu’il y a le plus de résistance aux cultures OGM. Malgré des avis scientifiques contraires et cédant aux pressions populaires, la France a formellement interdit l’utilisation de maïs Monsanto 810 sur son territoire.

Personne ne peut garantir l’innocuité totale de nouvelles modifications génétiques alimentaires. Toutefois, des bienfaits indéniables, reliés à une abondance alimentaire accrue, justifient la prise de risques hypothétiques, qui ont été gérés de façon appropriée dans le passé. Les opposants aux OGM semblent réagir à des craintes déraisonnables en proposant un moratoire sur l’utilisation de ce type de semence.

Crainte de l’apocalypse

La probabilité d’une fin du monde le 21 décembre 2012 était assurément nulle. Elle n’est pas apparue telle pour certains qui s’y sont bien inutilement préparés en accumulant des réserves de nourriture et d’eau ou en se terrant dans un bunker chèrement payé.

D’autre part, la probabilité d’un cataclysme cosmique imprévisible mettant en danger la vie sur Terre n’est pas nulle. Il n’est pas simple de s’y préparer, mais on peut tenter de le prévenir. Par exemple, la chute dévastatrice d’un astéroïde de quelques kilomètres de diamètre s’est déjà produite plusieurs fois sur notre planète ; ce genre de catastrophe est toujours possible.

On peut tenter de déterminer si et quand un tel événement nous accablera en surveillant les bolides géo croiseurs. Si on en a suffisamment le temps, on tentera sans doute d’empêcher la chute d’un tel bolide en déviant sa trajectoire. D’autres cataclysmes cosmiques pourraient nous frapper, telle l’explosion rayonnante d’une supernova suffisamment proche de la Terre. Ce type de danger provenant de l’espace a été jugé négligeable par les astronomes.

Si la probabilité d’un danger est nulle, ou presque, les réactions alarmistes d’une population mal renseignée pourraient, par leurs débordements, causer un danger à la sécurité publique. C’est ce que les autorités ont craint le 21 décembre 2012 dans le petit village de Bugarach en France (page 11-14 de ce numéro), devant être épargné par la catastrophe. Elles ont utilisé une version maximaliste de ce principe en se préparant à des désordres appréhendés au sujet d’un événement inexistant – déraisonnablement gonflé par les médias.

Application mesurée

En somme, l’application du principe de précaution se révèle parfois pleinement justifiée, parfois complètement contre-indiquée.

Plus de précautions auraient pu éviter de désolantes tragédies, telles les malformations dues à la thalidomide ou les maladies de l’amiante. Il aurait été sage de faire plus de tests avant la mise en marché ou encore de porter attention aux indications de maladies graves.

Trop souvent, malheureusement, les intérêts économiques et des préjugés répandus ne favorisent pas la prise de précautions raisonnables pour éviter des dommages sanitaires ou environnementaux importants. Les cas des maladies dues au tabagisme et aux fibres d’amiante en donnent des exemples révélateurs.

Les risques pris pour le développement de certaines nouvelles technologies se sont révélés très bénéfiques pour la population. La vaccination massive a sauvé des dizaines de millions de vies ; la construction de centrales nucléaires productrices d’électricité a permis une certaine indépendance énergétique vis-à-vis un pétrole polluant, bien que le problème des rejets et des déchets n’ait pas encore été résolu.

D’autre part, certaines craintes déraisonnables nous poussent à prendre des précautions inutiles et souvent contre-productives. Choisir la voiture pour un trajet intermédiaire, alors que l’avion est plus sécuritaire dénote une incompréhension manifeste des probabilités pertinentes à un accident mortel. Choisir le test sanguin d’APS pour détecter un cancer de la prostate provient aussi d’un mauvais calcul probabiliste, conduisant à des conséquences potentiellement désastreuses.

Certaines nouvelles technologies posent peu de risques théoriques et n’ont jamais causé de dommages vérifiés. Pourtant, le principe de précaution est invoqué pour en stopper la recherche ou l’application. Les craintes infondées liées aux OGM et aux radiofréquences en présentent des exemples bien actuels. La recherche devrait se poursuivre puisque les bénéfices pour l’ensemble de la société sont énormes. On doit toutefois en vérifier constamment les effets sanitaires et environnementaux.

Le tableau 2 résume les caractéristiques des avis sur une application mesurée du principe de précaution. Elles peuvent être nécessaires, sages, inutiles ou excessives ; ce tableau présente une classification sommaire et sujette à améliorations. On notera que certains exemples n’ont pas été discutés dans le texte.

Tableau 2

Gestion du risque

Afin d’éviter de regrettables dérives ou un immobilisme paralysant, une gestion éclairée du risque inhérent aux nouvelles technologies s’impose. De si importantes décisions technologiques ne peuvent reposer sur l’intuition populaire alimentée par l’alarmisme des médias et des groupes de pression. Elles doivent se fonder sur l’évaluation scientifique de spécialistes du domaine visé, qui ont pris le temps de faire les vérifications nécessaires.

Les dangers sanitaires et environnementaux du développement et de l’implantation d’une nouvelle technologie devront bien sûr, autant que possible, être identifiés et leur probabilité d’occurrence évaluée. Le même exercice s’applique aussi aux bénéfices futurs anticipés. On a souvent tendance à oublier les bienfaits escomptés lorsqu’on décrète, par précaution, un moratoire basé sur l’inatteignable risque zéro.

Les décideurs, élus ou non, doivent s’appuyer sur les conclusions provenant de la communauté scientifique. Il est hasardeux de se fier à l’intuition du grand public qui a tendance à surestimer les faibles probabilités et à sous-estimer les risques importants – d’autant plus qu’il est fortement influencé par une presse misant sur la peur et créant ainsi une inquiétude permanente.

Les fonds alloués pour protéger la population de risques nuls constituent un gaspillage éhonté. L’argent octroyé pour la prévention de risques indéterminés a toutes les chances d’être mal utilisé, privant de ressources des victimes inconnues qui en auraient eu grand besoin.

Sur des questions d’ordre scientifique, les conclusions les plus sérieuses se trouvent dans des articles publiés dans des revues scientifiques et révisés par un comité de lecture. Comptons sur la science pour nous indiquer les précautions appropriées.

 

Notes

  1. France – Loi constitutionnelle relative à la Charte de l’environnement, article 5 : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »
  2. Canada – Cadre d’application de la précaution dans un processus décisionnel scientifique en gestion du risque, article 1.0 : « [...] La “précaution”, le “principe de précaution”, ou l’“approche de précaution” exprime l’idée qu’il ne faut pas invoquer l’absence de certitude scientifique complète pour différer les décisions comportant un risque de préjudice grave ou irréversible. »
  3. Science-based medicine : Oh yeah? Thalidomide! Where’s your science now? 
  4. Dr Fernand Turcotte : « Les dangers de l’amiante », Le Québec sceptique no 80, pp. 54-62.
  5. Science-based medicine : Smoking: The Good News and the Bad News.
  6. Tobacco Atlas.
  7. The Global Burden of Disease.
  8. Selon un rapport de l’Université de Waterloo
  9. Science-based medicine : Swine Flu Vaccine Fearmongering.
  10. Julie Lemieux, « L’énergie nucléaire », Le Québec sceptique no 73, pp. 69-73.
  11. Sécurité aérienne : Transportation safety in the United States.
  12. National Safety Council (2008).
  13. Dr Fernand Turcotte : « Le dernier des bien portants », Le Québec sceptique no 72, p. 66 et no 80, p. 62.
  14. Daniel Baril : « Grippe A (H1N1), les médias ont dormi au gaz », Le Québec sceptique no 71, pp. 8-11.
  15. Richard Leonelli : « Les dangers des radiofréquences », Le Québec sceptique no 78, pp. 59-65.
  16. Ariel Fenster : « Les aliments génétiquement modifiés, bienfait ou méfait ? », Le Québec sceptique no 79, pp. 61-68.

 

Pour aller plus loin

 

Cet article a été publié dans Le Québec Sceptique N°82, page 5 (Automne 2013).

 


 

Le principe de précaution (vu par KAK)
© KaK pour L'Opinion (France)
(Image publiée avec l'aimable autorisation de l'auteur.)