La science s'amuse

Par Serge Larivée *

 

Le Québec sceptique - Numéro 97 – Automne 2018

 

Ce texte présente un aspect léger de la recherche scientifique et de ses connivences avec la stupidité. Deux aspects seront abordés : les prix IgNobel et les prix Darwin. Dans le premier cas, les récipiendaires peuvent être considérés comme des chercheurs de l’absurde. Dans le second cas, ils sont remerciés pour leur contribution à l’amélioration du patrimoine génétique puisqu’ils sont morts ou ne peuvent plus se reproduire à la suite de leur exploit stupide.

 

IgNobel ou chercheurs de l’absurde

Le Prix IgNobel (prononcé « ignoble ») est un prix décerné en octobre chaque année depuis 1991 à une dizaine de chercheurs dont les travaux ont une apparence scientifique, mais sont dans les faits insolites ou sans réelle pertinence pour la connaissance. Les IgNobel sont toujours décernés à d’authentiques chercheurs qui ont effectué une vraie recherche bien documentée, sauf bien sûr pour les IgNobel de la paix ; certains récipiendaires figurent même parmi les prix Nobel.

L’idée des IgNobel a germé dans la tête de Marc Abrahams peu après sa nomination au poste de rédacteur en chef du Journal of Irreproductible Results, une revue scientifique qui ne manque pas d’humour. De son nouveau poste, Abrahams pouvait mesurer le nombre de chercheurs désireux de gagner un prix Nobel. Incapables de satisfaire leur ambition, « ils finissaient toujours par m’abreuver en détail de toutes leurs recherches et des mérites qui devraient leur valoir un prix [Nobel]. Parfois, ils avaient raison. Ils méritaient bien un prix. Mais peut-être pas le Nobel […]. Les prix IgNobel viendraient récompenser les recherches particulièrement loufoques et dérangeantes. Parmi celles-ci, il se glisserait autant d’idées niaises que de (sic) terrifiantes. Et certaines – qui sait ? – pourraient peut-être même, un jour, s’avérer aussi fécondes que ridicules » (Abrahams, 2005, p. 11-12).

Ce constat n’est guère surprenant puisque ce prix fut organisé par la suite par les Annals of Improbable Research (AIR), une revue scientifique humoristique. Ces prix font certes sourire au premier abord, mais font aussi réfléchir. En fait, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) attribue un aspect positif à la stupidité puisque les lauréats sont invités à prononcer une conférence publique à propos de la recherche honorée – ou plutôt déshonorée – par le prix IgNobel.

Récipiendaires et domaines

En consultant le palmarès intégral des prix IgNobel obtenus jusqu’en 2005 dont fait état l’ouvrage d’Abrahams et les informations disponibles dans Wikipédia jusqu’en 2017, j’ai calculé le nombre moyen de IgNobel par décennies (Tableau 1).

Tableau 1.
Nombre moyen annuel d'IgNobel par décennies et variation annuelle entre parenthèses
Décennies Nombre moyens d'IgNobel
1990 (1991-1999) 9,77 (7-11)
2000 (2000-2009) 8,40 (4-10)
2010 (2010-2017) 9,27 (5-10)

Les lauréats sont choisis par le Conseil des gouverneurs des prix IgNobel qui rassemble les rédacteurs des AIR, plusieurs scientifiques, dont d’authentiques prix Nobel, des journalistes et des personnalités dans plusieurs domaines. On aura compris que la démarche a toujours lieu dans un climat bon enfant (Abrahams, 2005). Les prix ont été décernés en fonction de ce que l’actualité fournit dans pas moins de 51 domaines différents.

Le tableau 2 présente le top 9 des IgNobel décernés de 1991 à 2017. Comme on peut le constater, sept domaines ont cumulé jusqu’à maintenant plus de 20 prix IgNobel. Par ailleurs, 24 domaines n’ont reçu qu’un seul prix IgNobel, neuf en ont reçu deux et quatre en ont reçu trois.

Tableau 2.
Le top 9 des Prix IgNobel décernés entre 1991 et 2017
1) Médecine: 27
2) Physique: 26
3) Biologie: 25
    Paix: 25
4) Chimie: 23
    Littérature: 23
5) Économie: 22
6) Psychologie: 11
7) Santé publique: 10
8) Nutrition: 8
    Mathématiques: 7
9) Sciences infirmières: 6

La cérémonie de remise des prix

Les quatre premières cérémonies de la remise des prix IgNobel eurent lieu au MIT. À la suite de la protestation d’un administrateur, qui visiblement n’appréciait pas cette parodie des prix Nobel, les cérémonies se tiennent dorénavant au Sanders Theater de l’Université Harvard. Une tradition festive s’est rapidement créée, laquelle complique considérablement la tâche de l’animateur. Par exemple, plus d’un millier de spectateurs se renvoient à qui mieux mieux des avions de papier et autres projectiles. « À la fin, le volume de papier atteint un tel niveau que deux balayeurs sont commis en permanence sous peine de rendre impossible l’accès à la scène. La soirée s’ouvre immanquablement sur le traditionnel discours de bienvenue, délivré par une vieille marchande de poisson. Le texte intégral de cette allocution, toujours la même, tient en trois mots : ‘‘Bienvenue à tous !’’ » (Abrahams, 2005 p.16)

Il n’est pas rare que d’anciens gagnants se présentent à la soirée de remise des prix pour offrir leurs « condoléances » aux gagnants du jour (Gervais, 2006a).

Au moins jusqu’en 2005, le temps du discours des récipiendaires, contrôlé par un arbitre professionnel de football, ne doit pas excéder trente secondes, sans quoi l’orateur pourrait être expulsé manu militari par de véritables prix Nobel (voir Abrahams 2005, p. 14 à 19 pour de plus amples détails sur le déroulement de la cérémonie, tous plus incongrus les uns que les autres). Depuis 2006, les récipiendaires disposent de 60 secondes pour dresser leur discours. Une fois passée cette minute, une fillette de huit ans, nommée Miss Sweetie-Poo, apparaît sur la scène et leur répète jusqu’à ce que le discours prenne fin : « S’il te plaît, arrête ! Je m’ennuie. » (Louapre, 2014).

En 2006, Daniel Oppenheimer de l’Université de Princeton recevait l’IgNobel de littérature pour son étude sur les « Conséquences de l’utilisation abusive de la langue vernaculaire érudite : le problème de l’utilisation de mots longs » (Wikipédia, 15.10.2015). L’intégrale du discours d’acceptation de son prix est tout à fait exemplaire : « Mes recherches ont démontré que la concision est le propre des gens intelligents. Sur ce merci beaucoup. » (Gervais, 2006b). On aura compris qu’Oppenheimer voulait dénoncer l’utilisation excessive de mots compliqués sans nécessité et rejoint en cela les travaux de Pennycook, Cheyne, Barr, Koehler et Fugelsang (2015) sur la bullshit (traduction : baratin pseudoprofond).

Devant l’énoncé « Le sens caché transfigure une beauté abstraite à nulle autre pareille. » (p. 549), les chercheurs cités s’interrogent sur les mécanismes qui peuvent inciter un individu à considérer le baratin pseudoprofond comme regorgeant de sens. Ils en identifient deux. Le premier mécanisme serait d’avoir un esprit tellement « ouvert » qu’il tient pour vrai tel ou tel propos sans exercer à l’excès le moindre examen critique. Le second mécanisme serait une inaptitude à détecter le baratin et, du coup, confondre opacité et profondeur. En fait, cette confusion vient du fait qu’une signification se crée en réalité dans l’esprit du lecteur à la suite de rapprochements avec d’autres informations, une capacité qui fait défaut aux fans du baratin.

Le travaux IgNobélisables

Au moins quatre types de travaux sont susceptibles de recevoir un prix IgNobel. Premièrement, les recherches qui répondent à une question a priori peu importante, voire ridicule, et qui ne justifie donc pas les efforts fournis. C’est le cas le plus fréquent. Deux exemples : l’un, en physique, décerné à David Schmidt de l’Université du Massachusetts en 2001 pour avoir partiellement répondu à la question « Pourquoi les rideaux de douche s’incurvent-ils vers l’intérieur ? »*, le second, en sociologie, décerné à Steve Penfold de l’Université d’York à Toronto en 1999 pour sa thèse de doctorat sur la « sociologie des boutiques de beignets au Canada ».

Deuxièmement, le prix peut écompenser une recherche volontairement humoristique. Deux exemples : le premier pour l’IgNobel de la paix décerné à Claire Rind et Peter Simmons de l’Université de Newcastle au Royaume-Uni en 2005 pour avoir étudié « l’activité cérébrale d’une sauterelle pendant qu’elle regardait les meilleurs extraits du film La Guerre des Étoiles » ; le second, en biologie, décerné en 1998 à Peter Fong du collège de Gettysburg en Pennsylvanie pour sa « contribution au bien-être des palourdes à l’aide du Prozac ».

Troisièmement, le prix se veut une critique du lauréat, ce qui explique qu’il soit décerné sur un ton ironique. Deux exemples concernant le prix IgNobel de la paix. L’un a été décerné en 1996 à Jacques Chirac, président de la République française, pour avoir « célébré le cinquantième anniversaire du bombardement d’Hiroshima en faisant pratiquer une série d’essais nucléaires dans le Pacifique » ; l’autre en 1998 à Shri Atal Bihari Vajpayee, premier ministre de l’Inde, et Nawaz Sharif, premier ministre du Pakistan, « pour leurs énergiques politiques de paix consistant à faire exploser des bombes atomiques ».

Quatrièmement, le prix peut être décerné à des chercheurs dont les travaux auraient eu une grande importance si leurs résultats s’étaient avérés. Un exemple tiré d’une science dite exacte, la chimie, illustrera mon propos. Deux prix IgNobel (une exception, un véritable exploit devrait-on dire) ont été décernés à Jacques Benveniste, directeur de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM-Unité 200) à l’époque.

Son premier prix lui a été décerné en 1991 « pour ses découvertes montrant que l’eau H20 est un liquide intelligent, et pour avoir prouvé qu’elle est dotée d’une forme de mémoire lui permettant de se souvenir d’événements longtemps après que leur trace a disparu » ; son second prix lui a été décerné en 1998 pour sa découverte homéopathique montrant que l’eau est non seulement dotée d’une forme de mémoire, mais qu’elle peut transmettre des informations par téléphone ou par Internet.

Nous avons relaté ailleurs (Larivée, Sénéchal et Brazier, 2014) la saga de Benveniste appelée alors « l’affaire de la mémoire de l’eau ». Rappelons-en l’essentiel. Benveniste a fait sienne la loi homéopathique de « l’infinitésimalité », c’est-à-dire le principe de dilution qui veut que plus la dose est diluée, plus le remède est efficace. La procédure consiste à diluer un produit souche d’origine animale, minérale ou végétale jusqu’à une très grande dilution au point où le liquide perd toutes ses molécules actives. Comment dès lors tenir pour thérapeutique un tel produit ?

La réponse se trouve dans un troisième principe lié bien sûr à la dilution : la dynamisation, appelée également succussion, qui consiste à secouer vigoureusement chaque nouvelle dilution (Bourbonnais 1996). Comme l’efficacité du médicament homéopathique est prétendument proportionnelle à l’ampleur de la dilution, ne serait-il pas plus simple, lorsque la maladie nous frappe, de boire de l’eau puisqu’elle se souvient ? Benveniste a, de toute évidence, pris cette proposition au sérieux en cherchant à démontrer l’existence de « la mémoire de l’eau ». On aura compris que si Benveniste avait eu raison, les connaissances sur la structure de la matière auraient pu être remises en cause (Ragouet, 2016).

L’humour ne semble pas faire partie des forces de Benveniste puisque, à l’occasion de son deuxième IgNobel, il s’est dit « heureux […], car cela montre que ceux qui attribuent ce prix ne comprennent rien. On ne donne pas un prix Nobel sans d’abord tenter de comprendre ce que le récipiendaire fait, mais les gens qui attribuent l’IgNobel ne se donnent même pas la peine de se renseigner sur les travaux » (Nadis, 1998, p.535).

Quoi qu’il en soit, il est clair que, contrairement à la règle de la reproductibilité inhérente au fonctionnement de la science, les recherches primées ne pourraient jamais être reproduites, ce qui ne pose guère de problèmes puisque, dans la majorité des cas, personne ne cherche à les reproduire. Par ailleurs, Gingras et Vécrin (2002) rappellent qu’au-delà du fait que les organisateurs visent à faire aimer la science « en montrant que les scientifiques ont le sens de l’humour et qu’ils savent rire d’eux-mêmes, ils sont en fait conscients que la frontière séparant la parodie proscience de la dénonciation de la futilité de certaines recherches scientifiques peut parfois être bien mince » (p.68).

À cet égard, le principal conseiller scientifique du Royaume-Uni, le biologiste Robert May, a dénoncé un possible côté pervers des prix IgNobel dont certains récipiendaires pourraient être ridiculisés par la presse à sensation (Skolnick, 1998). De toute évidence, la communauté scientifique ne partage pas ses craintes : son manque d’humour semble être une exception puisqu’en 2006, plus de 7 000 candidatures ont été déposées.

Enfin, je ne puis passer sous silence le fait que plusieurs revues scientifiques n’hésitent pas à faire état des prix IgNobel dont Annals of Emergency Medicine (Berger, 2017), British Medical Journal (BMJ) (Ferriman, 2000 ; Lenzer, 2011 ; McCarthy, 2013 ; Tanne, 2014), JAMA (Skolnick, 1998), Lancet (Hopkins, 2001), MMW Fortschritte der Medizin (Ernst, 2004), National Medical Journal of India (Liao, 2013), Nature (Nadis, 1998, 2000, 2006, 2008), New Scientist (Corner, 2015), Science (Kopaska-Merkel, 1992).

Les prix Darwin ou la Male Idiot Theory

Le phénomène de l’évolution des espèces théorisé par Darwin renvoie à un processus de sélection naturelle qui permet à des individus de survivre, parce que mieux adaptés à leur environnement immédiat. Ce succès adaptatif se traduit alors par une capacité accrue de se reproduire et ainsi de transmettre leurs gènes en plus grand nombre à la génération suivante. Cette théorie peut également être appliquée aux manifestations de l’intelligence chez les humains définie entre autres éléments par la capacité à s’adapter à son environnement (Larivée, 2016).

Force est tout de même de constater que la stupidité est toujours une caractéristique inhérente de la pensée humaine. Van Boxsel (2007) est même d’avis que « la fin de la stupidité signifierait la fin de l’homme en tant qu’être de raison. C’est pourquoi la stupidité, ce chaînon manquant de l’évolution, mérite le Darwin Award d’honneur » (p.199).

Dès 1985, un forum de discussion sur Internet a débouché sur la remise du premier prix Darwin, une reconnaissance humoristique attribuée à des individus trépassés ou qui se sont stérilisés eux-mêmes à la suite d’un comportement particulièrement stupide de leur part, retirant ainsi leurs gènes débiles du processus de reproduction (Van Boxsel, 2007).

Ils sont alors remerciés (le plus souvent à titre posthume) pour leur contribution à l’amélioration du patrimoine génétique de l’humanité (Léger, 2008). En 1993, le prix Darwin a été conçu par Wendy Northcutt, alors étudiante en neurobiologie (Darwin Awards, 2017). Depuis 2000, elle a publié plusieurs livres sur le sujet que je n’ai évidemment pas lus.

Contrairement à l’IgNobel, aucune récompense monétaire ou matérielle n’est associée au prix. Les prix Darwin remis par courriel ou sur le web constituent en fait un concentré de l’imagination humaine au service de la bêtise. Mais, ne reçoit pas un tel prix qui veut ! En fait, la capacité d’agir contre son propre intérêt au risque de mourir s’avère un talent typiquement humain (Lemay, 2010) et, comme on le verra, particulièrement masculin.

Pour être honoré d’un tel prix, Northcutt a fixé cinq exigences (Darwin Awards, 2017) :

  1. Incapacité à se reproduire. Le candidat doit être mort ou devenu stérile.
  2. Excellence. Le candidat doit avoir un jugement étonnamment stupide (voir quelques exemples dans l’encadré 1).
  3. Autosélection. Le candidat doit avoir causé sa propre disparition sans intention délibérée. Causer simplement la mort d’un tiers est un critère insuffisant.
  4. Maturité. Le candidat doit être capable de jugement. Deux critères ont été sélectionnés : avoir l’âge légal pour conduire une voiture et ne pas être atteint de déficience mentale.
  5. Véracité. L’événement primé doit être vérifié (c’est-à-dire documenté par des sources fiables).

La figure 1 présente le nombre de prix Darwin (n=467) décernés entre 1984 et 2017.

Figure 1

L’encadré 1 présente 13 exemples de prix Darwin décernés au fil des ans. Il n’a pas été facile de sélectionner des exemples qui illustrent à souhait l’imagination humaine au service de la bêtise et dont la mort a rehaussé le patrimoine génétique mondial.

Bien sûr, j’aurais pu tout simplement présenter la liste des « 15 meilleurs Darwin Awards » annoncés sur darwinawards.fr/top15, mais je me suis limité à sept, donnant la possibilité au lecteur de découvrir par lui-même les autres prix Darwin bien mérités. J’ai également ajouté un prix présenté par Léger (2000, p. B4), quatre autres, extraits de l’ouvrage de Van Boxsel (2007, p. 188) et un dernier, extrait du journal Le Monde (15 décembre 2014).

Encadré 1NDLR : Certains de ces "Prix Darwin" ont été critiqués comme étant des fabrications ou des légendes urbaines.

Égoportrait

Le Bristish Medical Journal (BMJ) ne se contente pas de faire écho aux gagnants des IgNobel, il publie également chaque mois de décembre des articles facétieux qui ont toutes les caractéristiques d’une publication sérieuse, « mais sur le fond, [qui] s’autorisent un petit pas de côté » (Le Monde, 2014). Même si le prix Darwin est ouvert à tous sans distinction de race, de sexe, de culture et de niveau socio-économique, Lendrem, Lendrem, Gray et Dudley (2014) ont publié dans le BMJ une étude mettant en évidence une nette différence entre les hommes et les femmes décédés de manière stupide.

Sur les 382 nominations pour le prix Darwin entre 1995 et 2017, 14 sont partagés à la fois par un homme et une femme. Des 318 autres gagnants, 282 (88,73 %) sont des hommes, une différence statistiquement significative2 = 190,30 ; p < 0,0001) confirmant du coup la Male Idiot Theory.

Plusieurs études ont en effet montré que les hommes, particulièrement les jeunes adultes, adoptent des comportements à risque plus fréquemment que les femmes (Galdas, Cheater et Marshall, 2005 ; Harris, Jenkins et Gaser, 2006). Ce constat s’apparente au phénomène de « l’attitude jackass » (traduire : crétin, débile) adopté par des adolescents ou des jeunes adultes mâles : ils s’adonnent, plus volontiers que les filles, à des activités dangereuses qui repoussent les limites de la connerie.

Ces comportements stupides se traduisent non seulement par un plus haut taux d’admissions aux urgences, mais également de mortalité. L’alcool est une autre variable importante de la prise de risque. Sous son emprise, les hommes se sentiraient particulièrement invincibles. Voilà ici une différence entre les hommes et les femmes. 

* Les exemples sont tous extraits de l’ouvrage d’Abrahams (2005).

 

Serge Larivée est professeur titulaire en psychoéducation à l’Université de Montréal.

 

Publication antérieure :

 

Remerciements :

  • Je remercie C. Barelli, J. Désy, F. Filiatrault, H. Tardif et A. Quiviger pour leurs critiques d’une première version du manuscrit. Ils ont chacun à leur manière permis d’améliorer sensiblement la forme et le contenu de ce texte.

 

Références