Les Sceptiques du Québec

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La carte mondiale des QI – explications complètes

Cet article complète les réponses données à Checknews dans l'article "La carte mondiale des QI, relayée par des comptes d'extrême droite, a-t-elle une valeur scientifique ?", publié dans Libération le 14/11/2019.

La question des différences de quotient intellectuel (QI)[i] moyen entre nations est extrêmement controversée.Tellement controversée que la plupart des chercheurs refusent de s'exprimer sur le sujet, voire nient la pertinence même de la question ou des données existantes. Pour ma part, je pense qu'il est préférable d'aborder tout sujet de la manière la plus factuelle et rationnelle possible, sans se laisser impressionner par les idéologies, les contre-idéologies et les anathèmes. Et ce d'autant plus que le sujet est controversé. Ne pas le faire, c'est laisser le monopole du débat aux ignorants et aux idéologues.

En résumé, un petit nombre de chercheurs prennent ces scores de QI nationaux moyens (Figure 1) très au sérieux et considèrent que ces différences reflètent indubitablement des différences génétiques. La plupart des chercheurs spécialistes de l'intelligence ne sont pas convaincus, pour plusieurs raisons.

Figure 1. Distribution des scores moyens de QI à travers les pays. Source : David Becker, View on IQ.

Peut-on comparer les QI nationaux ?

Tout d'abord, il est difficile de comparer les scores des tests entre pays, car un test conçu dans un pays n'est pas nécessairement adapté à une autre culture (en particulier les tests verbaux et ceux qui utilisent des images d'objets). C'est pour cette raison que la plupart des tests, avant d'être utilisés et étalonnés dans un nouveau pays, sont d'abord adaptés à la culture locale. Mais à partir du moment où les tests sont adaptés, donc différents entre deux pays, les scores obtenus ne sont plus comparables! Pour comparer les scores entre pays, il faut des tests identiques. On en est donc réduit à utiliser un petit nombre de tests réputés culturellement neutres, qui n'utilisent ni le langage, ni des références culturelles (comme le test des matrices). Pourtant, même lorsque les tests sont censés être culturellement neutres et sont administrés à l’identique, les scores ne sont pas nécessairement comparables. En effet, il a été montré que les tests peuvent avantager ou désavantager certaines populations, notamment en fonction des mots utilisés dans la langue pour désigner les concepts pertinents (plus les mots sont longs, plus la charge en mémoire de travail est importante, et plus la performance peut être affectée), ou encore de la familiarité avec certains symboles (Grégoire et al. 2008), ce qui fait conclure à certains chercheurs qu'aucun test ne peut être totalement neutre. C'est évident a fortiori dans les cas extrêmes: chez les peuples non scolarisés, l'idée même de passer un test qui n'a aucun sens concret peut n'être pas comprise, et les personnes testées peuvent obtenir des scores qui ne reflètent pas leurs capacités réelles.

L’étude de Lynn et Vanhanen peut encore être critiquée sur d’autres aspects méthodologiques. Car en fait les scores des différents pays n’ont pas tous été obtenus avec les mêmes tests, et ils ont donc fait des choix, des comparaisons et des péréquations qu’on peut trouver discutables. Par ailleurs, des données n’existent pas pour tous les pays, donc ils ont fait des extrapolations à partir de pays voisins. Bref, cette carte peut donner une illusion de précision mais en fait elle est très approximative (voir par exemple Wicherts et al. 2010a, b).

Personnellement, je considère que ces questions de neutralité des tests par rapport à la culture et de méthodologie sont importantes, malgré tout il est très peu probable que les différences de QI observées entre pays soit entièrement expliquées par des biais ou des erreurs de mesure. Balayer d'un revers de main les différences sous ce seul prétexte (comme le font certains) ne me parait pas tenable. Ces différences existent et on comprend très bien pourquoi. Le véritable débat se situe au niveau de l'interprétation des différences.

Comment interpréter les différences de QI moyens entre pays ?

Certains chercheurs, qui se considèrent "réalistes sur les races" (race realists), affirment qu'il est établi au-delà de tout soupçon que les différences de QI moyen entre pays reflètent au moins en partie des différences génétiques. La plupart des chercheurs de la communauté scientifique ne sont pas convaincus, et ce pour deux raisons. La première, c'est qu'aucune preuve n'a été apportée que les différences génétiques entre les peuples soient la cause des différences entre nations[ii]. C'est une hypothèse possible mais non prouvée. La seconde, c'est qu'il existe d'autres explications bien mieux étayées pouvant expliquer ces différences, dans l'environnement bien sûr. J'en citerai deux.

La plus évidente, c'est que les pays diffèrent considérablement en termes de scolarisation et de niveau moyen d'éducation de leur population. Or la scolarisation est un facteur majeur de développement de l'intelligence de l'enfant. Une méta-analyse récente indique que chaque année de scolarité supplémentaire fait progresser l'intelligence des élèves de l'équivalent d'environ 3 points de QI (Ritchie & Tucker-Drob, 2018). La scolarisation est en fait le moyen connu le plus puissant pour augmenter l’intelligence des enfants. Il s'ensuit inévitablement que les pays où la scolarité n'est pas universelle, ou est moins longue, ou de moins bonne qualité que dans les pays les plus développés, ne peuvent pas atteindre le même niveau de QI.

Figure 2.

Deuxièmement, les pays diffèrent aussi considérablement sur d'autres facteurs environnementaux qui ont un effet prouvé sur le développement cognitif de l'enfant, notamment la nutrition et l'exposition à des maladies, et ce aussi bien pendant la période prénatale que post-natale. Par exemple, une étude a montré que la prévalence des maladies infectieuses expliquait à elle seule environ 60% des différences de QI moyen entre nations (Eppig et al. 2010).

Figure 3. QI national moyen à travers 184 pays, en fonction de la prévalence des maladies infectieuses (en logarithme du nombre d'années de vie en bonne santé perdues à causes de maladies infectieuses). Source: Eppig et al. (2010).

Il manque une étude qui compilerait tous les facteurs environnementaux pour évaluer si leurs effets cumulés suffiraient à expliquer totalement les différences de QI moyens entre nations. Si ce n’est qu’elle pourrait difficilement trancher totalement en raison des problèmes de mesure et de comparabilité des scores évoqués précédemment. La question reste donc ouverte: est-ce que des différences génétiques peuvent expliquer une petite partie des différences entre nations? Certains chercheurs affirment que c'est le cas, sans preuve. Beaucoup affirment que non, et considèrent que ces différences sont déjà parfaitement expliquées par les différences de facteurs environnementaux. La vérité est que personne ne le sait, car les données n'ont pas tranché, et il n’est pas clair que l’on dispose d’une méthodologie permettant de conclure définitivement.

En conclusion, il y a consensus scientifique pour dire que des facteurs environnementaux expliquent au moins une large part des différences de QI nationaux. Il n’y a pas de consensus scientifique sur la question de savoir si une part résiduelle de ces différences peut être expliquée par des différences génétiques.

Références

Eppig, C., Fincher, C. L., & Thornhill, R. (2010). Parasite prevalence and the worldwide distribution of cognitive ability. Proceedings of the Royal Society B-Biological Sciences, 277, 3801–3808.

Grégoire, J., Georgas, J., Saklofske, D. H., van de Vijver, F., Wierzbicki, C., Weiss, L. G., & Zhu, J. (2008). Cultural issues in Clinical Use of the WISC-IV. In A. Prifitera, D. H. Sklofske, & L. G. Weiss, WISC-IV Clinical Assessment and Intervention (pp. 517–544). Hoboken, N.J: Wiley.

Ritchie, S. J., & Tucker-Drob, E. M. (2018). How Much Does Education Improve Intelligence? A Meta-Analysis. Psychological Science, 29(8), 1358–1369.

Wicherts, J. M., Dolan, C. V., & van der Maas, H. L. (2010a). A systematic literature review of the average IQ of sub-Saharan Africans. Intelligence, 38, 1–20.

Wicherts, J. M., Dolan, C. V., & van der Maas, H. L. (2010b). The dangers of unsystematic selection methods and the representativeness of 46 samples of African test-takers. Intelligence, 38, 30–37.


[i] Pour ceux qui croient encore que le QI ne mesure rien de pertinent, merci de se reporter aux épisodes précédents:

La course au QI - Réponses complètes.

Le QI c'est n'importe quoi. Oui, mais encore?

L'intelligence dans tous ses états

[ii] Malgré des tentatives récentes de prédire les QI nationaux à partir de scores polygéniques (Dunkel et al., 2019 ; Lasker et al. 2019 ; Piffer, 2019). Ces études sont jugées non pertinentes par les spécialistes, car elles utilisent des scores polygéniques établis pour la population d’origine européenne, dont il a été montré qu’ils sont très sensibles aux caractéristiques de la population sur laquelle ils ont été constitués, et qu’ils sont peu ou pas associés au QI dans d’autres populations (Lee et al. 2018 ; Mostafavi et al. 2019). Par conséquent, la comparaison de GPS moyens entre pays n’a pas grand sens et ne peut pas être interprétée comme expliquant des différences de QI entre populations (Freese et al. 2019 ; Martin et al. 2017).

 

Dunkel, C. S., Woodley of Menie, M. A., Pallesen, J., & Kirkegaard, E. O. W. (2019). Polygenic scores mediate the Jewish phenotypic advantage in educational attainment and cognitive ability compared with Catholics and Lutherans. Evolutionary Behavioral Sciences, 13(4), 366–375.

Freese, J., Domingue, B., Trejo, S., Sicinski, K., & Herd, P. (2019). Problems with a Causal Interpretation of Polygenic Score Differences between Jewish and non-Jewish Respondents in the Wisconsin Longitudinal Study [Preprint]. https://doi.org/10.31235/osf.io/eh9tq

Lasker, J., Pesta, B. J., Fuerst, J. G. R., & Kirkegaard, E. O. W. (2019). Global Ancestry and Cognitive Ability. Psych, 1(1), 431–459. https://doi.org/10.3390/psych1010034

Lee, J. J., Wedow, R., Okbay, A., Kong, E., Maghzian, O., Zacher, M., … Cesarini, D. (2018). Gene discovery and polygenic prediction from a genome-wide association study of educational attainment in 1.1 million individuals. Nature Genetics, 50(8), 1112–1121. https://doi.org/10.1038/s41588-018-0147-3

Martin, A. R., Gignoux, C. R., Walters, R. K., Wojcik, G. L., Neale, B. M., Gravel, S., … Kenny, E. E. (2017). Human Demographic History Impacts Genetic Risk Prediction across Diverse Populations. The American Journal of Human Genetics, 100(4), 635–649. https://doi.org/10.1016/j.ajhg.2017.03.004

Mostafavi, H., Harpak, A., Conley, D., Pritchard, J. K., & Przeworski, M. (2019). Variable prediction accuracy of polygenic scores within an ancestry group. BioRxiv, 629949. https://doi.org/10.1101/629949

Piffer, D. (2019). Evidence for Recent Polygenic Selection on Educational Attainment and Intelligence Inferred from Gwas Hits: A Replication of Previous Findings Using Recent Data. Psych, 1(1), 55–75.

 

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Hier — 14 novembre 2019Vos flux RSS

[Antony - 21 novembre 2019] Science, santé et environnement. Que croire ? Qui croire ?

Conférence organisée par l'Université populaire d'Antony. Date : 21 novembre 2019 à 20:30 Lieu : Salle du Mont-Blanc (RER Les Baconnets) Cycle Science et société Intervenant Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de « Science et pseudo-sciences », la revue de l'Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS) Jean-Paul Krivine expliquera la différence entre science et croyance et se demandera pourquoi de fausses informations envahissent l'esprit de nos contemporains. Comment des faits (...) Agenda de l'Afis

Le forçage génétique pourrait aider l'Ouganda à éliminer le paludisme

Par : Seppi

Le forçage génétique pourrait aider l'Ouganda à éliminer le paludisme

 

Verenardo Meeme*

 

 

Image: Wikimedia, CDC/James Gathany

 

 

L’Ouganda pourrait bientôt éradiquer le fléau du paludisme grâce à l’utilisation de la technologie du forçage génétique qui limite la reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.

 

Le paludisme est une grave préoccupation pour l’Ouganda. Plus de 90 % de sa population est exposée au risque de contracter la maladie, qui représente 30 à 50 % des visites ambulatoires dans les établissements de santé, 15 à 20 % de toutes les admissions à l'hôpital et jusqu'à 20 % de tous les décès dans les hôpitaux, selon le Programme National de Contrôle du Paludisme ougandais (NMCP).

 

En 2018, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé l'Ouganda au huitième rang pour le nombre d'infections par le paludisme en Afrique subsaharienne, qui connaît l'un des taux de transmission du paludisme les plus élevés du monde. On estime à 445.000 le nombre de personnes décédées du paludisme en 2016 en Afrique subsaharienne, dont la plupart étaient de jeunes enfants. Chaque année, environ 200 millions de personnes sont touchées par la maladie dans le monde.

 

L'accès aux outils de prévention du paludisme actuellement disponibles est coûteux pour les individus et les pays, selon les experts du projet Target Malaria en Ouganda. Les interventions existantes pour lutter contre le paludisme ont réduit les taux de mortalité et sauvé des millions de vies, mais sont considérées comme insuffisantes pour éliminer la maladie.

 

« Notre projet peut aider à réduire la population de moustiques qui transmettent le paludisme de manière durable, rentable et à long terme », a déclaré Richard Linga, un expert en gestion de l'environnement travaillant avec l'Institut de Recherche sur les Virus de l'Ouganda (Uganda Virus Research Institute). « Cela, à son tour, contribuera à éviter à l'Afrique subsaharienne de dépenser de l'argent dans la lutte contre le paludisme qui serait autrement investi dans d'autres priorités. »

 

Le paludisme coûte au continent africain 12 milliards de dollars par an, soit 1,3 % de son produit intérieur brut (PIB) total, en pertes économiques, selon le Rapport sur le Paludisme dans le Monde 2018 de l’OMS. La recherche de Target Malaria vise à réduire la transmission du paludisme et à améliorer finalement la santé et le bien-être des personnes.

 

Le forçage génétique a pour effet de déroger aux lois de Mendel habituelles de l'hérédité, selon lesquelles les descendants ont 50 % de chances d’hériter d'une variante d’un gène donné de l'un des parents. Le forçage génétique fait que pratiquement tous les descendants héritent du gène recherché, en le propageant rapidement dans toute la population cible.

 

Des chercheurs du Royaume-Uni ont récemment mis au point le premier système de forçage génétique « commutable », qui pourrait éventuellement répondre aux craintes que l'utilisation du forçage génétique pour contrôler le paludisme ou éliminer des espèces envahissantes échappe à notre contrôle et ait des conséquences inattendues et dévastatrices.

 

« Plusieurs mesures de contrôle du paludisme, telles que l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide, la pulvérisation résiduelle à l'intérieur et les traitements combinés à base d'artémisinine, ont permis de réduire les taux de mortalité, sauvant des millions de vies, mais ne sont pas suffisantes pour éliminer la maladie », a déclaré Linga. « Nous avons donc besoin de nouveaux outils de contrôle pour compléter ceux existants afin d'éliminer le paludisme en Afrique. »

 

Le paludisme sévit en Ouganda pour diverses raisons, notamment l'apparition continue d'une résistance des parasites aux antipaludiques et des moustiques aux insecticides, ont déclaré des experts de Target Malaria.

 

Aujourd'hui, les scientifiques utilisent des mécanismes tels que la réalisation d'études de base et la mise à niveau des infrastructures pour faciliter les travaux futurs avec des moustiques génétiquement modifiés dans des conditions confinées. Target Malaria a récemment terminé la construction d’un insectarium de niveau de confinement des arthropodes 2 (ACL-2) pour l’élevage de moustiques et la recherche à l’Institut de Recherche sur les Virus de l’Ouganda (UVRI).

 

La prochaine étape consistera à équiper l'établissement avant que les études sur les moustiques confinés puissent commencer. Le projet suivra une voie de développement par étapes en Ouganda comme au Burkina Faso et au Mali, où des recherches similaires sont en cours. Le Burkina Faso est plus avancé, des lâchers à petite échelle de moustiques mâles stériles génétiquement modifiés sont déjà en cours.

 

« L'Ouganda dispose actuellement d'un régime de biosécurité fonctionnel pour les expériences sur les OGM en laboratoire et les essais sur le terrain », a déclaré Linga. « Une mise à jour de la loi sur la biosécurité en Ouganda est en attente, mais nous espérons qu'elle sera en place et pleinement opérationnelle sous peu. »

 

_____________

 

* Source :https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/10/gene-drive-help-uganda-eliminate-malaria/

 

 

Bisphénol et diabète : vraiment ?

Par : Seppi

Bisphénol et diabète : vraiment ?

 

 

(Source)

 

Une équipe française aux affiliations diverses et variées incluant un chercheur avec une affiliation australienne (Rancière F., Botton J., Slama R., Lacroix M.Z., Debrauwer L., Charles M.A., Roussel R., Balkau B., Magliano D.J., groupe d'étude D.E.S.I.R.) a publié dans Environmental Health Perspectives « Exposure to Bisphenol A and Bisphenol S and Incident Type 2 Diabetes: A Case-Cohort Study in the French Cohort D.E.S.I.R. » (exposition au bisphénol A et au bisphénol S et diabète incident de type 2 : une étude de cas-cohorte dans la cohorte française D.E.S.I.R.).

 

En voici le résumé :

 

CONTEXTE : La question de savoir si l'exposition au bisphénol A (BPA) contribue au développement du diabète de type 2 n'est toujours pas résolue. La plupart des preuves épidémiologiques sur l'association entre le BPA et le diabète proviennent d'études transversales ou longitudinales avec des mesures urinaires uniques. Aucune étude prospective n'a examiné l'exposition à des analogues du BPA tels que le bisphénol S (BPS) en relation avec le diabète de type 2 incident.

 

OBJECTIFS : Nous avons cherché à déterminer si l’exposition au BPA et au BPS, évaluée à un ou deux moments différents, était associée à l’incidence du diabète de type 2.

 

METHODES : Nous avons effectué une étude de cohorte sur 755 participants non diabétiques au départ et ayant fait l'objet d'un suivi sur 9 ans dans le cadre de la cohorte prospective française Données d'une Étude Épidémiologique sur le Syndrome de Résistance à l'Insuline (D.E.S.I.R.). Le BPA-glucuronide (BPA-G) et le BPS-glucuronide (BPS-G) ont été évalués dans des échantillons d'urine à jeun prélevés lors des examens de santé initiaux et 3 ans plus tard. Les associations avec le diabète incident ont été examinées à l'aide de modèles de régression de Cox à pondération de Prentice ajustés pour les facteurs de confusion potentiels.

 

RÉSULTATS : Au total, 201 cas incidents de diabète de type 2 ont été diagnostiqués au cours du suivi, dont 30 dans la sous-cohorte. Comparativement aux participants ayant l'exposition moyenne au BPA la plus faible (inférieure au premier quartile), les participants des groupes d'exposition des deuxième, troisième et quatrième quartiles avaient un risque de diabète de type 2 presque doublé, avec un ratio de risque (HR) = 2,56 (IC à 95 % : 1,16, 5,65), 2,35 (IC à 95 % : 1,07, 5,15) et 1,56 (IC à 95 % : 0,68, 3,55), respectivement. La détection de BPS-G dans l’urine à un moment ou aux deux moments était associée à un diabète incident, avec un HR = 2,81 (IC à 95 % : 1,74, 4,53).

 

DISCUSSION : Cette étude montre des associations positives entre l'exposition au BPA et au BPS et l'incidence du diabète de type 2, indépendamment des facteurs de risque de diabète traditionnels. Nos résultats devraient être confirmés par de récentes études observationnelles basées sur la population dans différentes populations et différents environnements. Dans l’ensemble, ces résultats soulèvent des préoccupations quant à l’utilisation du BPS en tant que substitut du BPA. Des recherches supplémentaires sur les analogues du BPA sont justifiées. https://doi.org/10.1289/EHP5159.

 

À l'heure où nous écrivons, nous n'avons pas (encore ?) vu de ramdam médiatique. C'est une heureuse surprise.

 

Ce genre d'études apporte des éléments de connaissance, mais ils sont fort limités. Quelle valeur attribuer à des associations entre une exposition à une substance mesurée deux fois sur une période de suivi de neuf ans et la survenue d'une maladie ? Les auteurs de l'étude ont bien fait de se montrer très prudents dans la partie « discussion » de leur résumé.

 

On peut aussi trouver que les résultats sont curieux pour le BPA : le ratio de risque par rapport au premier quartile baisse avec l'augmentation de l'exposition.

 

S'agissant du bisphénol S, nous avons trouvé un communiqué de presse de l'INRA, « Le remplacement du bisphénol A par le bisphénol S conduit à augmenter l’exposition à une substance hormonalement active », selon lequel :

 

« En raison des propriétés oestrogéno-mimétiques du BPS comparables à celles du BPA, le remplacement du BPA par le BPS conduit ainsi à multiplier par environ 250, les concentrations dans le sang d’une substance hormonalement active. Ce résultat montre que l’évaluation de l’exposition est critique pour la recherche d’alternatives à des substances préoccupantes et pourrait permettre d’éviter une substitution regrettable. »

 

Ce communiqué se rapportait à « Oral Systemic Bioavailability of Bisphenol A and Bisphenol S in Pigs » (biodisponibilité systémique orale du bisphénol A et du bisphénol S chez le porc) de Véronique Gayrard et al.

 

Il pourrait effectivement « permettre d’éviter une substitution regrettable », mais à condition que les décisions politiques prises en la matière soient fondées sur la science plutôt que sur l'impérieux désir de certains décideurs politiques de parader devant les activistes.

 

Lorsque le législateur avait été saisi d'une proposition de loi tendant à interdire le bisphénol A dans les plastiques alimentaires, les avertissements étaient déjà sur la table (voir par exemple ici et ici).

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Episode #452: Le véganisme (Florence Dellerie)

Jérémy Royaux interview Florence Dellerie, illustratrice scientifique, conférencière et créatrice du site « Questions Animalistes »

Sources citées dans l’épisode :
Bibliographie, sources et références :

►Viabilité des alimentations végétariennes et végétaliennes (longévité)

– Paul N Appleby, Francesca L Crowe, Kathryn E Bradbury, Ruth C Travis, and Timothy J Key, Mortality in vegetarians and comparable nonvegetarians in the United Kingdom, Am J Clin Nutr. 2016 Jan; 103(1): 218–230.

– Dr. Michael J. Orlich, Dr. Pramil N Singh, Dr. Joan Sabaté, Dr. Karen Jaceldo-Siegl, Ms. Jing Fan, Dr. Synnove Knutsen, Dr. W. Lawrence Beeson, Dr. Gary E. Fraser, Vegetarian Dietary Patterns and Mortality in Adventist Health Study 2, JAMA Intern Med. 2013 Jul 8; 173(13): 1230–1238.

– Timothy J Key, Gary E Fraser, Margaret Thorogood…, Mortality in vegetarians and nonvegetarians: detailed findings from a collaborative analysis of 5 prospective studies, The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 70, Issue 3, September 1999

– Position de l’AND (Association de Nutrition et de Diététique) : https://www.vegetarisme.fr/wp-content/uploads/2017/02/Vegetarisme-Position-2016-AND-version-francaise-1.pdf

– Position du PNNS (Programme National Nutrition Santé) : https://www.mangerbouger.fr/Les-recommandations/Reduire/La-viande

– Position de l’ANSES sur les laits infantiles composés de protéines végétales : https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99anses-pointe-les-risques-li%C3%A9s-%C3%A0-l%E2%80%99alimentation-des-nourrissons-avec-des-boissons-autres-0

►Vitamine B12

Rôle de la vitamine B12 et apports recommandés

– Institute of Medicine (US) Standing Committee on the Scientific Evaluation of Dietary Reference Intakes and its Panel on Folate, Other B Vitamins, and Choline, Dietary Reference Intakes for Thiamin, Riboflavin, Niacin, Vitamin B6, Folate, Vitamin B12, Pantothenic Acid, Biotin, and Choline, 1998.

Les personnes ayant végétalisé leur alimentation doivent se complémenter

– R.W Payne and B.F Savage, Vitamin B12 for vegans, Br Med J. 1977 Aug 13; 2(6084): 458.

– Herrmann, W. and Geisel, J. (2002). Vegetarian lifestyle and monitoring of vitamin B-12 status. Clinica chimica acta; international journal of clinical chemistry, 326(1-2), pp.47–59.

– A. L. Rauma, R. Törrönen, O. Hänninen et H. Mykkänen, Vitamin B-12 status of long-term adherents of a strict uncooked vegan diet (« living food diet ») is compromised, The Journal of Nutrition, vol. 125, no 10,‎ 1995, p. 2511–2515.

– M. S. Donaldson, Metabolic vitamin B12 status on a mostly raw vegan diet with follow-up using tablets, nutritional yeast, or probiotic supplements, Annals of Nutrition & Metabolism, vol. 44, nos 5-6,‎ 2000, p. 229–234.

– Corinna Koebnick, Ada L. Garcia, Pieter C. Dagnelie et Carola Strassner, Long-term consumption of a raw food diet is associated with favorable serum LDL cholesterol and triglycerides but also with elevated plasma homocysteine and low serum HDL cholesterol in humans, The Journal of Nutrition, vol. 135, no 10,‎ 2005, p. 2372–2378.

Les végétaux (ou autres substances d’origine non animale) ne contiennent pas de vitamine B12 assimilable

– Watanabe F., Vitamin B12 sources and bioavailability, Exp Biol Med (Maywood). 2007 Nov;232(10):1266-74.

– Watanabe, F. et al. Pseudovitamin B12 Is the Predominant Cobamide of an Algal Health Food, Spirulina Tablets. [2009] Journal of Agricultural and Food Chemistry, 47(11), 4736-4741.

– Dagnelie PC, van Staveren WA, van den Berg H., Vitamin B-12 from algae appears not to be bioavailable, Am J Clin Nutr. 1991 Mar;53(3):695-7.

– Yamada K, Yamada Y, Fukuda M, Yamada S., Bioavailability of dried asakusanori (porphyra tenera) as a source of Cobalamin (Vitamin B12), Int J Vitam Nutr Res. 1999 Nov;69(6):412-8.

►Spiruline

– La spiruline dans la table CIQUAL de composition nutritionnelle des aliments (ANSES) : https://ciqual.anses.fr/#/aliments/11086/spiruline-(spirulina-sp.)-sechee-ou-deshydratee

– La vitamine B12 présente dans les algues n’est pas biodisponible :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2000824

– Vitamin B12 sources and bioavailability : « The edible cyanobacteria are not suitable for use as vitamin B(12) sources, especially in vegans » : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17959839

– La présence d’analogues à la vitamine B12 dans certaines algues perturbe l’assimilation de la vitamine B12 : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10642899

– Les bilans sanguins font apparaître des analogues à la B12 susceptibles de masquer une carence chez les personnes véganes consommant des algues : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11146329

►Iode
– Apports en iode via le sel de table : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sel_iod%C3%A9

►Avis de l’Académie de Médecine de Belgique et contradiction https://questionsanimalistes.com/2019/06/12/veganisme-vegetalisme-lacademie-royale-de-medecine-de-belgique-en-roue-libre/

►Déclaration d’Agnès Buzin sur CNEWS (13.06.19) https://twitter.com/CNEWS/status/1139069052251508739?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1139069052251508739&ref_url=https%3A%2F%2Ffr.sputniknews.com%2Ffrance%2F201906151041437741-agnes-buzyn-appelle-a-faire-attention-au-veganisme-chez-les-enfants-et-indigne-les-vegans%2F

►Art. 521-1 du Code Pénal (« Maltraitance des animaux ») https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006418952&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=20061006

Russie: un Témoin de Jéhovah condamné à 6 ans de prison en raison de sa religion

MOSCOU – Un membre des Témoins de Jéhovah a été condamné mardi à six ans de prison par un tribunal en Sibérie, ce mouvement religieux étant interdit depuis 2017 en Russie et dans le collimateur des autorités.  «Le verdict a été rendu aujourd’hui», a déclaré à l’AFP Olga Chevtsova, porte-parole du tribunal Oktyabrski de la […]

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Marketing multiniveau : « Les signalements à la Miviludes mettent en évidence une évolution très inquiétante »

Dans un entretien au « Monde », la secrétaire générale de la Miviludes, Anne Josso, fait le point sur les dérives sectaires des entreprises de marketing multiniveau ciblant particulièrement les jeunes. Dans un contexte de marché de l’emploi en berne, créer son emploi a de quoi séduire. Absence de qualifications requises, indépendance financière, entrée dans […]

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Entre science et croyance, la collapsologie est-elle la secte de demain?

L’effondrement aura-t-il lieu? Les collapsologues en sont convaincus, faits scientifiques à l’appui, et essayent d’imaginer le monde de demain. Mais ce mouvement est-il vraiment scientifique, ou plus proche d’une forme de spiritualité? Le HuffPost a interrogé un chercheur qui a étudié ce milieu pendant six ans. JÉRÔME BOSCH La collapsologie, qui théorise l’effondrement, est-elle un […]

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Sarah Suco : le témoignage bouleversant de l’actrice et réalisatrice sur son enfance dans une secte

Enfant, Sarah Suco a vu ses parents embrigadés dans une communauté charismatique et a dû lutter pour sa liberté et tenter de sauver ses frères et sœurs. Un combat qu’elle a raconté avec beaucoup d’émotion sur le plateau de Michel Drucker. Vive émotion sur le canapé rouge de Vivement dimanche prochain ce 10 novembre. Michel Drucker avait en effet convié […]

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« La Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire dit stop au lynchage médiatique et par des extrémistes ! »

Par : Seppi

« La Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire dit stop au lynchage médiatique et par des extrémistes ! » Glané sur la toile 439 Comment trouver des choses intéressantes sur des pages qui ne sont pas les premières à être référencées par votre moteur de...

Agribashing électoraliste dans les sphères gouvernementales et législatives

Par : Seppi

Agribashing électoraliste dans les sphères gouvernementales et législatives Comment faut-il dire « STOP ! » ? Que fait M. Gérald Darmanin, Ministre de l'Action et des Comptes Publics et candidat aux prochaines municipales dans « sa » ville de Tourcoing,...

Arrêté « pesticides » de Fouronnes (Yonne) : une « réponse » imbécile

Par : Seppi

Arrêté « pesticides » de Fouronnes (Yonne) : une « réponse » imbécile Dans « Encore un arrêté "pesticides", mais celui-ci vaut lecture », nous avions reproduit l'arrêté du 23 septembre 2019 du maire de Furonnes dans l'Yonne, M. Luc Jacquet, « usage des...

De l'esprit au cerveau

De l'esprit au cerveau Thierry Ripoll Éditions Sciences Humaines, 2018, 336 pages, 20 € Dans un livre à destination d'un public aguerri, Thierry Ripoll passe en revue l'histoire philosophique et scientifique du dualisme. La moitié des Européens, trois-quarts des Américains et la majorité des habitants d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud croient en une forme de vie après la mort. Plus généralement, la croyance en l'existence d'entités immatérielles qui exercent une influence causale sur nos (...) Notes de lecture

« Argumentation : chassez les biais ! », une conférence suivie d’un Concours de Mauvaise Foi

Par : @curiolog
Ce mardi 12 novembre 2019, à 19h, soirée exceptionnelle à la Cité des Sciences (La Villette) à Paris ! Tout
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