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Sciences Po, l'écologisme et le féminisme avec Vandana Shiva... l'obscurantisme... la honte

Par : Seppi

Sciences Po, l'écologisme et le féminisme avec Vandana Shiva... l'obscurantisme... la honte

 

 

 

 

Le 21 octobre 2019, le PRESAGE, Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le Genre de Sciences Po a organisé une « conférence exceptionnelle avec Vandana Shiva » sur le thème « écologie et féminisme ». Combien cela-a-t-il coûté ?

 

M. Mac Lesggy, vous avez zappé l'essentiel !

 

« Comment peut-on relayer ces propos obscurantistes ? Si @sciencespo s’intéresse à la médecine, ils pourraient inviter des médecins ? »

 

 

(Source)

 

 

Quels propos ?

 

« "Today, people are dying from chronic diseases (diabetes, cancers, etc.) that come from unbalanced foods. If you eat healthy organic food, you get rid of these chronic diseases." @drvandanashiva #ScPoShiva cc. @PRESAGEgenre »

 

« "Aujourd'hui, des gens meurent de maladies chroniques (diabète, cancers, etc.) dues à des aliments déséquilibrés. Si vous mangez des aliments biologiques sains, vous vous débarrassez de ces maladies chroniques." @drvandanashiva #ScPoShiva cc. @PRESAGEgenre »

 

La vraie question est : comment Sciences Po a-t-il pu inviter cet odieux personnage qui assimile le viol à la culture d'OGM, qui est ce que les anglophones appellent « a fraud », un escroc ou un imposteur – ainsi, elle ment ou laisse faire sur son titre universitaire de docteur, prétendument en physique quantique (chez Actes Sud, elle est même « Docteur en physique quantique et en philosophie !), ou sur son passé d'activiste – et dont la philosophie est une succession de lieux communs et d'âneries ?

 

Si vous avez du temps à utiliser utilement, voici une belle analyse du personnage et du phénomène. Et si vous avez deux heures à perdre, pour écouter le gloubi-boulga, c'est ici.

 

À preuve pour les âneries : mangez bio et vous guérirez du diabète et des cancers !

 

Mais votre question est pertinente, M. Mac Lesggy : comment Sciences Po peut-il relayer sur son compte Twitter officiel de telles sornettes ?

 

 

(Source)

 

 

Nous avons dit sornettes ?

 

 

(Source)

 

 

« "My book talks about #Monsanto’s new vision of #farming: without farmers. Their whole business model is based on chemicals.” @drvandanashiva #ScPoShiva cc. @PRESAGEgenre »

 

« "Mon livre parle de la nouvelle vision de # agriculture de# Monsanto : sans agriculteurs. Tout leur modèle commercial est basé sur les produits chimiques. ” @drvandanashiva #ScPoShiva cc. @PRESAGEgenre »

 

Vraiment ? Qui peut croire un instant à une agriculture sans agriculteurs ? Qui fait une fixation sur Monsanto, oubliant que la firme a été rachetée par Bayer ? Qui a oublié – ou fait semblant d'oublier pour les besoins de sa propagande du moment – que Monsanto est devenu principalement une entreprise de génétique, da variétés et de semences ?

 

À Sciences Po, il y a quelqu'un qui a trouvé le propos suffisamment fort et pertinent pour le gazouiller...

 

Le hashtag #ScPoShiva n'est pas bien peuplé. Serais-ce que, malgré l'enthousiasme avec lequel Mme Vandana Shiva a été accueillie, ses propos n'ont pas vraiment « percuté » ? Faut-il croire que, malgré l'« enseignement » qui est dispensé à Sciences Po, il reste des parcelles de rationalité dans les cerveaux des étudiants ?

 

Car voici un autre gazouillis émanant de Présage, le programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre de SciencesPo :

 

 

(Source)

 

 

« "Witches is a category to be reclaimed" explains @drvandanashiva at @sciencespo #ScPoShiva »

 

« "Les sorcières sont une catégorie à récupérer" explique @drvandanashiva at @sciencespo #ScPoShiva »

 

On peut être plongé dans un abîme de perplexité... Mais, pour ce dernier exploit du Sciences Po officiel, ce serait plutôt une plongée dans la sidération :

 

 

(Source)

 

 

« "The more your generation disobeys with the system, the better off you will be. You are a unique generation."

@drvandanashiva #ScPoShiva cc.

@PRESAGEgenre »

 

« "Plus votre génération désobéira au système, mieux vous vous porterez. Vous êtes une génération unique."

@drvandanashiva #ScPoShiva cc.

@PRESAGEgenre »

 

Une institution de la République – qui forme notamment les futurs cadres de la Nation – relayant un appel à la désobéissance... la chienlit, quoi…

 

 

 

 

« Plus belle la vie » se met-il à l'agribashing le plus sordide ?

Par : Seppi

« Plus belle la vie » se met-il à l'agribashing le plus sordide ?

 

 

 

 

L'essentiel est dit dans ces deux gazouillis de Mme Géraldine Woessner :

 

« Séquence consternante. Dégoulinante de haine, de mensonges (aucun agriculteur ne sème, en France, sauvagement des OGM qui, NON, n'empoisonneraient PAS nos gosses), apologie de la violence... Le service public déconne à pleins tubes. #Irresponsable#PBLV »

 

« Evidemment le @csaudiovisuel, comme d'habitude, se déclarera incompétent. On n'entendra pas plus @franckriester ou @DelphineErnotte, qui ne voient pas de problème à ce qu'on instrumentalise une fiction populaire. Les conséquences ? Quelles conséquences ? #CesPasNous #agribashing

 

 

 

 

L'épisode est agendé pour le 24 octobre 2019... le jour où, sans aucun doute, nous aurons droit à un autre grand moment de télévision à vomir, l'Envoyé Spécial sur les pesticides sobrement intitulé « "Pesticides: les champs de la colère ».

 

Il est effectivement consternant, mais c'est le début d'une nouvelle intrigue, et il faut attendre et voir la suite. Elle s'annonce prometteuse (ou « prometteuse »). Voici, selon Télé-Loisirs :

 

« Emma et Baptiste vont bientôt faire la connaissance de Joachim et Olivia. Les jeunes mariés se lieront rapidement d’amitié avec ce jeune couple, parents de Zéphir, un enfant de l’âge de Mathis. Malheureusement, ce petit garçon va être pris d’une terrible fièvre et ses parents devront le conduire aux urgences. A l’hôpital, l'enfant sera pris en charge par Gabriel, qui diagnostiquera une tumeur au cerveau…

 

Sachant que cette famille autosuffisante vit près d’un champ dont l’agriculteur vient de planter des cultures OGM, alors que c’est interdit, la maladie dont souffre l’enfant pourrait-elle être liée à l'action du cultivateur ? Si tel était le cas, après la GPA de Céline Frémont l’été dernier, les scénaristes s’empareraient encore, à travers cette nouvelle intrigue, d’un sujet de société : les conséquences d'une agriculture non raisonnée sur la santé des personnes vivant alentour. Cette question racontée par le prisme de l’enfant malade risque, à coup sûr, de faire réagir. Mais n’est-ce pas le but ? »

 

Les scénaristes se sont manifestement emparé d'un sujet de société. Comment le traiteront-ils ? Espérons que, comme pour d'autres par le passé, ils le feront avec intelligence. Auquel cas il n'y aura pas de raison de s'offusquer d'une entrée en matière tonitruante.

 

Le suspense est intolérable !

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Soyez prêt

Par : cyberlolo

Petit kit de survie anti-troll

Comme il est souvent difficile de communiquer avec un platiste en particulier et un complotiste en général, Globio des Montagnes vous propose les vignettes suivantes pour arrêter un débat stérile, marquer un désaccord profond et argumenté et expliquer clairement votre point de vue sur les arguments (ou l’absence d’argument) de votre interlocuteur.

Encouragements

Dans la joie et la bonne humeur

Pour faire évoluer le débat

Au royaume des aveugles…

S’applique à toutes les sauces et presque toutes les circonstances

Une évidence bien trop souvent rencontrée

Conclure, c’est toujours difficile, mais là…

À employer à bon escient

Revient toujours

Pour éviter la confusion

Centre de tout

Clouer un bec

Tellement utile !

Il n’est pas automatique celui là ?

Merci Globio

N’hésitez pas à vous servir de ces vignettes. Les platistes et autres complotistes sont friands de ce genre d’expression. Elles ont le mérite d’être simples et compréhensibles et devraient convenir à tout lectorat. Merci Globio !

Tous droits réservés / copyright © terre-plate.org 2018

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De la «poussière d’étoile» à la vie : ces bizarreries qui font qu’on est ici aujourd’hui

Le cours «Notre cerveau à tous les niveaux» donné dans le cadre de la 10e année d’existence de l’UPop Montréal a donc débuté mercredi dernier dans le café Les Oubliettes rempli à pleine capacité (arrivez tôt la prochaine fois pour avoir de bonnes places !). Comme je le ferai pour chaque séance, j’ai mis le pdf du Power Point de cette première présentation au bas de la page L’école des profs de mon site ou directement en suivant ce lien. Pour le Facebook Live de cette première séance elle demeure disponible pour visionnement ici. Comme je l’ai expliqué dans un billet antérieur présentant la démarche générale du cours, je vais soulever aujourd’hui quelques questions générales qui seront abordées mercredi le 30 octobre lors de notre deuxième séance intitulée « De la «poussière d’étoile» à la vie : ces bizarreries qui font qu’on est ici aujourd’hui ».

On a vu la semaine dernière que devant certaines illusions d’optique, on est troublé de constater que « nos sens peuvent nous tromper ». C‘est-à-dire que le monde de nos perceptions n’est peut-être pas un « miroir » du monde extérieur mais bien une interprétation, une construction, ou une simulation, à partir de ce que nos sens peuvent capter du monde. On doit alors reconnaître que la structure particulière de notre corps (et en particulier de notre système nerveux) détermine ce qui pourra être connaissable pour nous. Or cette structure est le fruit d’une très longue évolution, et c’est ce que cette deuxième séance voudrait explorer.

Dans leur fascinant ouvrage “The Systems View of Life. A Unifying Vision”, Fritjof Capra et Pier Luigi Luisi notent que durant l’histoire occidentale de la science et de la philosophie, il y a eu une tension entre 2 quêtes : d’une part l’étude de la matière (« de quoi c’est fait ? ») et d’autre part l’étude de la forme (« c’est quoi le pattern ? »). Il est important de distinguer les deux et nous commencerons par dire quelques mots sur l’origine cosmique des atomes qui constituent notre corps et notre système nerveux.

Car comme le disait si bien Hubert Reeves :

« L’histoire de l’Univers, c’est comment ces quarks et ces électrons sont devenus vous-mêmes.

Quand vous prenez conscience de votre existence, vous faites l’acte le plus extraordinairement complexe qui n’ait jamais été fait dans l’Univers et cela exige que 100 milliards de milliards de milliards de quarks et d’électrons jouent un rôle précis pour que vous soyez en mesure de penser ».

Plus de 13,8 milliards d’années d’organisation et de complexification depuis le Big Bang ont été nécessaires pour concrétiser ce simple fait. »

Une petite partie du cosmos va ainsi prendre conscience de lui-même (ou plutôt d’une partie de lui-même) et quand on s’arrête à y penser, on retrouve la même circularité évoquée la semaine dernière qui donne le vertige ! Et donc on se rend compte qu’il y a un lien entre ce qui nous constitue et par exemple les étoiles qu’on peut observer dans le ciel (nos atomes lourds y ont été fabriqués).

J’avais déjà évoqué ces questions reliant l’infiniment grand, l’infiniment petit et l’infiniment complexe dans quelques billets de ce blogue :

Les trois infinis : le grand, le petit et le complexe

Une visite guidée des trois infinis : petit, grand et complexe

Deux autres liens qui nous unissent au cosmos

Ces atomes ont pu par la suite former des molécules, c’est-à-dire des assemblages d’atomes semblables ou différents. Et puis ce que l’on observe ensuite, c’est le passage de molécules simples vers des molécules de plus en plus complexes comme les acides aminés. On parle “d’auto-organisation” pour désigner de tels processus de croissance de la complexité. On dit aussi que ceux-ci sont “sous contrôle thermodynamique”, c‘est-à-dire qu’ils vont former spontanément, sans l’intervention de forces extérieures, les formes moléculaires les plus stables pour les conditions physico-chimiques qui sont réunies.

La notion d’auto-organisation permet de comprendre comment de l’ordre peut apparaître spontanément au sein du désordre et amener l’émergence spontanée d’une structure (grâce aux propriétés et interactions de la matière explicables par des lois naturelles, et aucune autre « volonté » extérieure). Les exemples sont nombreux, à différentes échelles : l’apparition de motifs périodiques dans un liquide chauffé par le dessous (cellules de convection); la formation des dunes (par l’interaction du sable et du vent); un nuage de gaz et de poussière qui va former, grâce à la gravité, une étoile; les interactions moléculaires qui vont donner lieu aux processus du vivant…

Or quand les patterns deviennent très complexes, comme dans le cas d’une protéine faite de centaines ou de milliers d’acides aminés, un autre élément va s’inviter pour rendre compte de ce que l’on observe : le hasard. J’avais détaillé tout ça dans ce billet de blogue d’il y a trois ans, alors que je présentais un cours assez proche de la séance de la semaine prochaine.

L’essentiel à retenir c’est qu’à un certain niveau de complexité, il semble y avoir des événements « accidentels » qui font en sorte que si on « rejouait le film de l’évolution » une autre fois, on n’obtiendrait pas le même résultat, comme le disait le paléontologue Stephen Jay Gould.

Ce même billet de blogue de 2016 présentait ensuite la définition la plus concise que l’on puisse donner d’un organisme vivant (l’émergence de la vie étant l’étape de complexité suivante), celle de Maturana et Varela pour qui les êtres vivants sont caractérisés principalement par le fait qu’ils sont constamment en train de s’autoproduire.

Car comme je l’écrivais dans ce billet :

« …chacune de ces cellules du corps humain, encore aujourd’hui, doit continuellement « s’autoproduire » pour lutter contre la seconde loi de la thermodynamique. Et c’est ce processus minimal du vivant que la théorie de l’autopoïèse va saisir dans sa formule originale. Du grec autos, soi, et poiein, produire, un système autopoïétique est un réseau complexe d’éléments qui régénèrent constamment, par leurs interactions et transformations, le réseau qui les a produits. »

Je vous propose encore ici quelques autres anciens billets de blogue qui abordaient cette question :

Francisco Varela : qu’est-ce que la vie ?

Lumière sur les premières membranes cellulaires

« Mind in life » : une continuité entre la vie et la pensée

Les bases moléculaires du toucher se précisent

Mieux penser le vivant en utilisant ses mots

Comme l’écrivent Maturana et Varela dans l’Arbre de la connaissance, « ces systèmes autopoïétiques subissent des reproductions séquentielles engendrant des lignées historiques. Comme tous les êtres vivants, nous sommes des êtres historiques. »

Notre histoire en tant que système dynamique complexe est donc le fruit d’interactions circulaires entre des processus d’auto-organisation et des phénomènes de sélection (dont la sélection naturelle de Darwin est le plus connu, mais il y en a d’autres, notamment dans le cerveau entre différentes assemblées de neurones, ce que Gerald Edelman avait appelé le Darwinisme neuronal). C’est la proposition principale de ce qu’on appelle la théorie évolutive des systèmes (« evolutionary systems theory (EST) », en anglais).

Ce qui est important de noter ici, c’est que l’environnement ne « sélectionne » pas dans le sens de « choisir ». Les organismes qui survivent ne le font que parce que leur structure est compatible ou congruentes avec celle de l’environnement dans lequel ils se trouvent. Ce qui veut dire que les différents individus de différentes lignées sont tous « adaptés » à leur environnement (i.e. ils sont capables de continuer la lignée à laquelle ils appartiennent).

Encore une fois, pour ceux et celles qui voudraient fouiller cette question :

L’évolution n’est pas que la sélection naturelle

François Jacob et le bricolage de l’évolution

Alfred Wallace : dans l’ombre de Darwin

Ces nombreux événements sans lesquels nous ne serions pas là pour en parler

Deux « arbres de la vie » pour les 15 ans du Cerveau à tous les niveaux !

Lundi prochain, on continuera à préparer la deuxième séance de ce cours donné en collaboration avec l’UPop Montréal en considérant l’émergence des systèmes nerveux chez les multicellulaires, et ce, de l’éponge à l’humain !

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