Les Sceptiques du Québec

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Aujourd’hui — 20 janvier 2020La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf
Hier — 19 janvier 2020La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf

Le témoignage de Marianne Dubois sur Arte

Par : gperra

Ceux qui ont regardé sur Arte le reportage d’Élise Bronsart sur les écoles Steiner-Waldorf la connaisse déjà : Marianne Dubois est la jeune maman qui avait inscrit son fils dans une école Steiner-Waldorf. C’est elle qui entend son propre enfant lui dire au bout de quelques semaines de scolarité : “Maman, je dois cesser de t’aimer !”, phrase ô combien révélatrice d’une dérive sectaire consistant à briser les liens familiaux aussitôt que cela est possible pour en créer d’autres, artificiels et destructeurs. Mais le récit de Marianne ne s’arrête pas là : c’est tout un village d’anthroposophes dans laquelle elle s’est retrouvée piégée et duquel elle a dû s’échapper à grand peine.

En effet, il existe actuellement en de nombreux endroits de France de telles communautés villageoises où les anthroposophes règnent en seigneurs et maîtres, car ils ont réussi, sous couverts de donner naissance à des eco-villages conformes à l’air du temps, non seulement à implanter leurs institutions (écoles Steiner-Waldorf, banques soi-disant éthiques et écologiques, boutiques vendant les produits de l’agriculture biodynamique, chapelles de la Communauté des Chrétiens, instituts pour enfants handicapés, etc.), mais même parfois à s’emparer des mairies par voie électorale afin de s’arroger tout les pouvoirs locaux possibles et mieux étouffer dans l’oeuf les affaires eventuellement compromettantes qui pourraient survenir.

Pour ceux qui s’installent dans de telles communes où l’Anthroposophie s’est implantée – au point de devenir sournoisement omniprésente et hégémonique – et qui s’aperçoivent peu à peu qu’ils ont affaire à quelque chose d’étrange et de malsain, osant formuler quelques critiques ou alerter les autorités lorsqu’ils sont témoins de faits suspects, la vie peut bien vite devenir un enfer, voire se révéler dangereuse.

Marianne Dubois fait partie de ces personnes qui se sont retrouvées dans de tels lieux et qui ont courageusement assumés leurs responsabilités civiques, payant parfois très cher cette audace, mais refusant de baisser les yeux et de se soumettre. D’autres n’ont pas eu ce courage, ou ont été trop brisés pour l’exercer. Pourtant, sans colère, sans rancune, avec calme et précision, elle a décidé aujourd’hui de raconter ce qu’elle a vécu et de le rendre public sur un blog. Elle le fait de surcroît avec une belle plume, un sens littéraire et artistique remarquable, capable de descriptions précises et sensibles restituant au lecteur toutes ces choses subtiles et troublantes qui se présentent à ceux qui ont affaire aux anthroposophes sans les connaître auparavant : leur art de la séduction et de la manipulation, leur capacité à mettre en scène leur engagement écologique pour capter de nouvelles proies, la duplicité de leurs discours, le trouble qu’ils sèment dans les âmes et la fascination qu’ils exercent sur les esprits.

Son blog fera desormais chaque semaine le récit de cette aventure glaçante d’une jeune maman qui a un jour croisé leur sombre chemin. J’invite tout mes lecteurs à s’y abonner pour suivre de semaines en semaines son précieux et terrifiant témoignage. Ce feuilleton ne les décevra pas !

Pour ma part, je suis très fier que mon blog ait pu, comme Marianne a eu la gentillesse de le signaler, faciliter sa prise de conscience en lui donnant des armes pour comprendre ce qui lui arrivait. Des témoignages comme le sien sont en effet un fait nouveau. Ils signifient que les victimes de l’Anthroposophie commencent désormais à parler publiquement. On en a vu ou lu certains dans le reportage de Louis Milano Dupont sur France 2, ou dans l’article de Margaux Duquesne sur le blog d’une journaleuse, ou dans l’article du Parisien 91, sans publier le témoignage similaire de Chiara Panzica en Espagne. D’autres vont leur emboîter le pas prochainement. On comprend désormais pourquoi il était si important pour la Fédération des écoles Steiner-Waldorf de tenter de faire fermer à tout prix mon blog par voie de justice en multipliant les procédures et en diffamant son auteur.

Pourtant, ceci a précisément produit l’effet inverse. Car la décision des anthroposophes de poursuivre mes écrits en justice afin de faire disparaître une source d’information irremplaçable a non seulement indigné de nombreuses personnes, mais aussi réveillé des consciences et alerté des journalistes. Et la générosité des dons financiers que j’ai pu recevoir jusqu’ici a permis de contrecarrer le plan machiavélique ourdi pour me baillonner.

Pour lire le témoignage de Marianne Dubois :

Rituels d’ascension
“Temoignage d’une maman qui a sorti son enfant d’une école Steiner-Waldorf”

PS :

Précisons ici que Marianne Dubois est un pseudonyme et qu’il est inutile aux anthroposophes de se mettre dès demain matin à activer leurs réseaux pour rechercher et harceler toutes les Marianne Dubois de la Terre, comme ils l’ont fait avec une personne qu’ils avaient cru pouvoir identifier par un de mes articles alors que j’avais précisément pris soin de modifier certaines informations pour que cette dernière ne soit pas reconnue ni inquiétée, conduisant cependant malheureusement à ce qu’un de mes anciens camarades de classe qui n’avait rien demandé se fasse contacter par les agents de la Fédération, comme dans un mauvais film d’espionnage, se trompant de personne sans même s’en rendre compte, tout fiers d’avoir pu identifier et brandir ce qu’ils ont aussitôt appelé un faux témoignage de ma part, alors qu’il s’agissait d’une élémentaire mesure de protection.

À partir d’avant-hierLa Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf

Un médecin scolaire d’une école Steiner-Waldorf qui recommande la rougeole…

Par : gperra

Saviez-vous que la Rougeole peut être une « chance » pour un enfant ?! Nous on l’a appris en enquêtant sur la « médecine » anthroposophique. Voici les propos tenus par un médecin scolaire dans une école #Steiner 📺👇@Cdenquete @JacquesCardoze ce soir à 22h50 @France2tv pic.twitter.com/ZTlQMJimDl

— Louis Milano-Dupont (@LouisMilanoD) December 12, 2019

gperra

100 000 vues !

Par : gperra

gperra

La pédagogie Steiner-Waldorf accusée de dérives sectaires, le 19/01/2020 | Vox Pop – ARTE

Par : gperra

https://www.arte.tv/fr/videos/091151-002-A/vox-pop/

Faut-il se méfier des écoles alternatives ?
Si les pédagogies alternatives Montessori, Freinet et Steiner ont le vent en poupe, des accusations de dérive sectaire ont été formulées récemment contre cette dernière méthode. Enquête en Allemagne, en Angleterre et à Dornach, en Suisse, où se trouve le temple de l’anthroposophie, pseudo science spirituelle inventée par Rudolf Steiner, père des 773 écoles et 1 299 jardins d’enfants à son nom existant en Europe.

gperra

La pédagogie Steiner-Waldorf accusée de dérives sectaires, le 19/01/2020 | Vox Pop – ARTE

Par : gperra

https://www.arte.tv/fr/videos/091151-002-A/vox-pop/

Faut-il se méfier des écoles alternatives ?
Si les pédagogies alternatives Montessori, Freinet et Steiner ont le vent en poupe, des accusations de dérive sectaire ont été formulées récemment contre cette dernière méthode. Enquête en Allemagne, en Angleterre et à Dornach, en Suisse, où se trouve le temple de l’anthroposophie, pseudo science spirituelle inventée par Rudolf Steiner, père des 773 écoles et 1 299 jardins d’enfants à son nom existant en Europe.

Pourquoi les médicaments de la médecine anthroposophique sont encore à la vente en Allemagne – Interview de Christian Steffen dans Der Spiegel

Par : gperra

Christian Steffen, pharmacologue, explique pourquoi il y a tant de médicaments inefficaces sur le marché en Allemagne et pourquoi il est si difficile de lutter contre cette situation.

Steffen, 74 ans, a travaillé pendant 25 ans au BfArM (institut fédéral pour les produits pharmaceutiques), qui délivre les autorisations de mise sur le marché de nouveaux médicaments, ainsi que dans l’organisation qui lui a précédé.

SPIEGEL : M. Steffen, en 25 ans, vous avez été responsable de la mise sur le marché de centaines de produits pharmaceutiques. Les patients peuvent-ils avoir la certitude que tous les produits pharmaceutiques en vente en Allemagne sont efficaces ?

Steffen : Malheureusement non.

SPIEGEL : Expliquez-nous cela !

Steffen : Ce n’est que depuis 1976 et la promulgation de la nouvelle loi sur les produits pharmaceutiques que les fabricants ont l’obligation de prouver, études cliniques à l’appui, l’efficacité de leurs médicaments. Avant cela, on n’était pas tenu de prouver scientifiquement l’efficacité d’un produit.

SPIEGEL : Et les anciens produits sont encore sur le marché ?

Steffen : Plusieurs milliers. Ces anciens produits ont été évalués dans le cadre d’un processus d’autorisation de mise sur le marché a posteriori. Ce fut un travail de longue haleine et très pénible, qui n’a été achevé qu’après plus de 30 années de travail. On a élaboré ce qu’on appelle des monographies, qui présentent l’état des connaissances sur un produit donné. Dans de nombreux cas, celles-ci ont dispensé les entreprises de fournir des preuves d’efficacité ou de procéder à des tests cliniques.

SPIEGEL : Cela veut-il dire qu’une large partie des anciens médicaments n’a pas d’efficacité ?

Steffen : De nombreux produits qui n’ont pas pu faire la preuve de leur efficacité ont bien heureusement été recalés et ne sont plus sur le marché. D’autres ont pu, études à l’appui, faire preuve de leur efficacité, par exemple des médicaments bien connus comme la pénicilline ou l’aspirine. D’autres encore ont dû modifier leur composition pour obtenir l’autorisation a posteriori de mise sur le marché, comme par exemple le meditonsin, un médicament homéopathique contre le rhume, dont la teneur en mercure a dû être réduite du facteur 10000. Mais il y a aussi des médicaments pour lesquels les critères d’évaluation n’étaient pas du tout contraignants.

SPIEGEL : De quels médicaments s’agit-il ?

Steffen : De préparations anthroposophiques et homéopathiques, dans ce qu’on appelle la médecine alternative, car en ce domaine, il y a une réglementation particulière. Les commissions ad hoc ont, dans le processus d’autorisation a posteriori de mise sur le marché, évalué ces médicaments selon leurs propres critères, sans que ceux-ci soient compréhensibles. C’est ce qui était prévu dans la loi sur les produits pharmaceutiques.

SPIEGEL : Qui en est à l’origine ?

Steffen : Dans tous les partis politiques, il y a toujours eu des homéopathes convaincus et des anthroposophes. Il est également certain que les fabricants ont exercé de fortes pressions sur les politiques. Et puis, il y a le rôle important joué par Veronica Carstens, médecin affiliée à la médecine alternative et dont le mari, Karl, est devenu président fédéral en 1979 ; elle a fait un énorme travail de lobbying. Le couple a créé une fondation en 1982 dont le but est de promouvoir les méthodes non-conventionnelles en médecine. Depuis, la médecine alternative a bénéficié de moyens financiers considérables, non seulement par le biais de la fondation mais aussi par celui du gouvernement fédéral.

SPIEGEL : De tels médicaments, issus de la médecine alternative, sont-ils seulement sans effet ou bien peuvent-ils nuire au patient ?

Steffen : Ils peuvent empêcher qu’une thérapie efficace se mette en place. Récemment, j’ai vu dans un magazine une annonce pour un médicament à base de plantes, soi-disant nouveau, appelé « glycowohl ». « La phytothérapie freine le diabète », disait l’annonce. Le fabricant prétendait qu’un puissant effet anti-diabétique avait été démontré dans des « études cliniques sur l’homme » ; mais jamais une telle étude, de qualité suffisante, n’a été publiée. Selon cette publicité, ce médicament homéopathique pourrait même prévenir le diabète. Balivernes ! Certes, le fabricant propose la préparation en complément à une thérapie médicale contre le diabète. Mais il y a des patients qui peuvent quand même renoncer à un traitement efficace et avoir de graves séquelles.

SPIEGEL : Pourquoi les patients sont-ils souvent si crédules ?

Steffen : Pour garder le même exemple : La publicité est subtilement faite. Sur le site web du médicament, une sympathique Elise Löwe de Pfaffroda raconte, tout sourire, que le médicament a amélioré le taux de glycémie de son mari. Étrangement, la photo de cette même femme, mais avec un autre nom, apparaît sur la publicité pour un autre médicament du même fabricant, ainsi que sur le site web d’un dentiste de Lexington, dans le Kentucky (USA).

SPIEGEL : Le fabricant s’en explique en disant que, pour des raisons de protection des données, il a recours a des photos d’agence. Pourquoi le glycowohl a-t-il été autorisé par votre institut ?

Steffen : Jusqu’à récemment, les fabricants pouvaient prendre appui sur les anciennes monographies et vendre les substances correspondantes comme des préparations soi-disant nouvelles. Dans le cas du glycowohl, anti-diabétique prétendument nouveau, classé parmi les produits homéopathiques, nous avons un ancien médicament qui a été commercialisé sous un autre nom.

SPIEGEL : De vielles charlataneries dans un emballage tout neuf ?

Steffen : Je pourrais vous donner quantité d’autres exemples. Il y a des préparations d’enzymes efficaces pour les troubles digestifs qu’on a voulu mettre sur le marché comme médicament anti-inflammatoire et contre l’arthrose. Celles qui étaient d’origine animale n’ont pas eu l’autorisation de mise sur le marché. Mais des enzymes similaires extraites de l’ananas l’ont obtenue au titre de phytohérapie. Le problème, c’est que ces enzymes, après ingestion, sont découpées en acides aminés dans l’intestin et ne peuvent donc pas avoir l’effet escompté.

SPIEGEL : Pourquoi n’avez-vous rien fait pour empêcher que votre institut autorise des médicaments douteux ?

Steffen : Tout fonctionnaire doit respecter la loi. Il y a eu une volonté politique, entérinée par le Bundestag (parlement), pour que dans certains domaines on n’applique pas de critères scientifiques.

SPIEGEL : Le BfArM emploie quelque 1100 salariés, parmi lesquels de nombreux biologistes, médecins, pharmacologues. Quelle peut bien être l’ambiance dans un bureau dans lequel travaillent tant d’experts privés de moyens d’agir ?

Steffen : Bien sûr, cela génère beaucoup de frustration. De nombreux employés essaient malgré tout de faire quelque chose dans la mesure de leurs possibilités. Mais il y a aussi des collègues qui sont convaincus que la réglementation particulière pour l’homéopathie et la phytothérapie est une bonne chose.

SPIEGEL : Il y a des défenseurs de l’homéopathie qui travaillent à l’institut pour les produits pharmaceutiques ?

Steffen : Évidemment. Quelqu’un qui refuserait totalement l’homéopathie n’accepterait jamais un poste dans cette administration. Malheureusement, il y a aussi des secteurs qui se soustraient à l’autorité du BfArM. Dans le secteur des compléments alimentaires par exemple, on nous ment souvent sur la composition des produits. Par exemple, on entend depuis des années que la cannelle serait efficace contre le diabète. Mais il n’y a pas d’étude sérieuse qui le prouve. Il y a un praticien de médecine alternative à qui j’ai pu faire barrage, mais à titre individuel seulement : j’ai porté plainte contre un pape de la vitamine auto-proclamé, qui en son temps vantait dans toute l’Allemagne ses « vitamins contre le cancer » à grand renfort de campagnes d’affichage. Il a été condamné à 45000 € d’amende et n’a plus fait de publicité dans ce pays.

SPIEGEL : Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour qu’une distinction claire soit établie entre médicaments efficaces d’un côté et poudres de perlimpinpin de l’autre ?

Steffen : Il faut que les patients aient davantage d’esprit critique. Mon conseil est le suivant : quand vous trouvez la mention « efficacité douce », cela veut dire « efficacité égale à zéro ». « Usage traditionnel » signifie que, bien qu’utilisé depuis des décennies, aucune preuve d’efficacité suffisante n’a pu être trouvée. Par ailleurs, les mutuelles ne devraient avoir le droit de rembourser que les produits dont l’efficacité a été démontrée.

SPIEGEL : Et la publicité pour des produits douteux devrait continuer à être autorisée ?

Steffen : Les entorses à la loi sur la publicité pour des produits pharmaceutiques doivent faire l’objet de poursuites judiciaires. Tous les jours, je tombe sur internet sur des publicités pour des médicaments qui enfreignent clairement la loi. Mais tant que personne ne porte plainte, il ne se passe rien. On laisse à la concurrence le soin d’alerter en cas d’entorse à la loi. C’est pourquoi je trouve qu’il serait judicieux de former des ministères publics dédiés à la publicité pour produits pharmaceutiques.

Interview : Jörg Blech, Veronika Hackenbroch

gperra

Pourquoi les médicaments de la médecine anthroposophique sont encore à la vente en Allemagne – Interview de Christian Steffen dans Der Spiegel

Par : gperra

Christian Steffen, pharmacologue, explique pourquoi il y a tant de médicaments inefficaces sur le marché en Allemagne et pourquoi il est si difficile de lutter contre cette situation.

Steffen, 74 ans, a travaillé pendant 25 ans au BfArM (institut fédéral pour les produits pharmaceutiques), qui délivre les autorisations de mise sur le marché de nouveaux médicaments, ainsi que dans l’organisation qui lui a précédé.

SPIEGEL : M. Steffen, en 25 ans, vous avez été responsable de la mise sur le marché de centaines de produits pharmaceutiques. Les patients peuvent-ils avoir la certitude que tous les produits pharmaceutiques en vente en Allemagne sont efficaces ?

Steffen : Malheureusement non.

SPIEGEL : Expliquez-nous cela !

Steffen : Ce n’est que depuis 1976 et la promulgation de la nouvelle loi sur les produits pharmaceutiques que les fabricants ont l’obligation de prouver, études cliniques à l’appui, l’efficacité de leurs médicaments. Avant cela, on n’était pas tenu de prouver scientifiquement l’efficacité d’un produit.

SPIEGEL : Et les anciens produits sont encore sur le marché ?

Steffen : Plusieurs milliers. Ces anciens produits ont été évalués dans le cadre d’un processus d’autorisation de mise sur le marché a posteriori. Ce fut un travail de longue haleine et très pénible, qui n’a été achevé qu’après plus de 30 années de travail. On a élaboré ce qu’on appelle des monographies, qui présentent l’état des connaissances sur un produit donné. Dans de nombreux cas, celles-ci ont dispensé les entreprises de fournir des preuves d’efficacité ou de procéder à des tests cliniques.

SPIEGEL : Cela veut-il dire qu’une large partie des anciens médicaments n’a pas d’efficacité ?

Steffen : De nombreux produits qui n’ont pas pu faire la preuve de leur efficacité ont bien heureusement été recalés et ne sont plus sur le marché. D’autres ont pu, études à l’appui, faire preuve de leur efficacité, par exemple des médicaments bien connus comme la pénicilline ou l’aspirine. D’autres encore ont dû modifier leur composition pour obtenir l’autorisation a posteriori de mise sur le marché, comme par exemple le meditonsin, un médicament homéopathique contre le rhume, dont la teneur en mercure a dû être réduite du facteur 10000. Mais il y a aussi des médicaments pour lesquels les critères d’évaluation n’étaient pas du tout contraignants.

SPIEGEL : De quels médicaments s’agit-il ?

Steffen : De préparations anthroposophiques et homéopathiques, dans ce qu’on appelle la médecine alternative, car en ce domaine, il y a une réglementation particulière. Les commissions ad hoc ont, dans le processus d’autorisation a posteriori de mise sur le marché, évalué ces médicaments selon leurs propres critères, sans que ceux-ci soient compréhensibles. C’est ce qui était prévu dans la loi sur les produits pharmaceutiques.

SPIEGEL : Qui en est à l’origine ?

Steffen : Dans tous les partis politiques, il y a toujours eu des homéopathes convaincus et des anthroposophes. Il est également certain que les fabricants ont exercé de fortes pressions sur les politiques. Et puis, il y a le rôle important joué par Veronica Carstens, médecin affiliée à la médecine alternative et dont le mari, Karl, est devenu président fédéral en 1979 ; elle a fait un énorme travail de lobbying. Le couple a créé une fondation en 1982 dont le but est de promouvoir les méthodes non-conventionnelles en médecine. Depuis, la médecine alternative a bénéficié de moyens financiers considérables, non seulement par le biais de la fondation mais aussi par celui du gouvernement fédéral.

SPIEGEL : De tels médicaments, issus de la médecine alternative, sont-ils seulement sans effet ou bien peuvent-ils nuire au patient ?

Steffen : Ils peuvent empêcher qu’une thérapie efficace se mette en place. Récemment, j’ai vu dans un magazine une annonce pour un médicament à base de plantes, soi-disant nouveau, appelé « glycowohl ». « La phytothérapie freine le diabète », disait l’annonce. Le fabricant prétendait qu’un puissant effet anti-diabétique avait été démontré dans des « études cliniques sur l’homme » ; mais jamais une telle étude, de qualité suffisante, n’a été publiée. Selon cette publicité, ce médicament homéopathique pourrait même prévenir le diabète. Balivernes ! Certes, le fabricant propose la préparation en complément à une thérapie médicale contre le diabète. Mais il y a des patients qui peuvent quand même renoncer à un traitement efficace et avoir de graves séquelles.

SPIEGEL : Pourquoi les patients sont-ils souvent si crédules ?

Steffen : Pour garder le même exemple : La publicité est subtilement faite. Sur le site web du médicament, une sympathique Elise Löwe de Pfaffroda raconte, tout sourire, que le médicament a amélioré le taux de glycémie de son mari. Étrangement, la photo de cette même femme, mais avec un autre nom, apparaît sur la publicité pour un autre médicament du même fabricant, ainsi que sur le site web d’un dentiste de Lexington, dans le Kentucky (USA).

SPIEGEL : Le fabricant s’en explique en disant que, pour des raisons de protection des données, il a recours a des photos d’agence. Pourquoi le glycowohl a-t-il été autorisé par votre institut ?

Steffen : Jusqu’à récemment, les fabricants pouvaient prendre appui sur les anciennes monographies et vendre les substances correspondantes comme des préparations soi-disant nouvelles. Dans le cas du glycowohl, anti-diabétique prétendument nouveau, classé parmi les produits homéopathiques, nous avons un ancien médicament qui a été commercialisé sous un autre nom.

SPIEGEL : De vielles charlataneries dans un emballage tout neuf ?

Steffen : Je pourrais vous donner quantité d’autres exemples. Il y a des préparations d’enzymes efficaces pour les troubles digestifs qu’on a voulu mettre sur le marché comme médicament anti-inflammatoire et contre l’arthrose. Celles qui étaient d’origine animale n’ont pas eu l’autorisation de mise sur le marché. Mais des enzymes similaires extraites de l’ananas l’ont obtenue au titre de phytohérapie. Le problème, c’est que ces enzymes, après ingestion, sont découpées en acides aminés dans l’intestin et ne peuvent donc pas avoir l’effet escompté.

SPIEGEL : Pourquoi n’avez-vous rien fait pour empêcher que votre institut autorise des médicaments douteux ?

Steffen : Tout fonctionnaire doit respecter la loi. Il y a eu une volonté politique, entérinée par le Bundestag (parlement), pour que dans certains domaines on n’applique pas de critères scientifiques.

SPIEGEL : Le BfArM emploie quelque 1100 salariés, parmi lesquels de nombreux biologistes, médecins, pharmacologues. Quelle peut bien être l’ambiance dans un bureau dans lequel travaillent tant d’experts privés de moyens d’agir ?

Steffen : Bien sûr, cela génère beaucoup de frustration. De nombreux employés essaient malgré tout de faire quelque chose dans la mesure de leurs possibilités. Mais il y a aussi des collègues qui sont convaincus que la réglementation particulière pour l’homéopathie et la phytothérapie est une bonne chose.

SPIEGEL : Il y a des défenseurs de l’homéopathie qui travaillent à l’institut pour les produits pharmaceutiques ?

Steffen : Évidemment. Quelqu’un qui refuserait totalement l’homéopathie n’accepterait jamais un poste dans cette administration. Malheureusement, il y a aussi des secteurs qui se soustraient à l’autorité du BfArM. Dans le secteur des compléments alimentaires par exemple, on nous ment souvent sur la composition des produits. Par exemple, on entend depuis des années que la cannelle serait efficace contre le diabète. Mais il n’y a pas d’étude sérieuse qui le prouve. Il y a un praticien de médecine alternative à qui j’ai pu faire barrage, mais à titre individuel seulement : j’ai porté plainte contre un pape de la vitamine auto-proclamé, qui en son temps vantait dans toute l’Allemagne ses « vitamins contre le cancer » à grand renfort de campagnes d’affichage. Il a été condamné à 45000 € d’amende et n’a plus fait de publicité dans ce pays.

SPIEGEL : Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour qu’une distinction claire soit établie entre médicaments efficaces d’un côté et poudres de perlimpinpin de l’autre ?

Steffen : Il faut que les patients aient davantage d’esprit critique. Mon conseil est le suivant : quand vous trouvez la mention « efficacité douce », cela veut dire « efficacité égale à zéro ». « Usage traditionnel » signifie que, bien qu’utilisé depuis des décennies, aucune preuve d’efficacité suffisante n’a pu être trouvée. Par ailleurs, les mutuelles ne devraient avoir le droit de rembourser que les produits dont l’efficacité a été démontrée.

SPIEGEL : Et la publicité pour des produits douteux devrait continuer à être autorisée ?

Steffen : Les entorses à la loi sur la publicité pour des produits pharmaceutiques doivent faire l’objet de poursuites judiciaires. Tous les jours, je tombe sur internet sur des publicités pour des médicaments qui enfreignent clairement la loi. Mais tant que personne ne porte plainte, il ne se passe rien. On laisse à la concurrence le soin d’alerter en cas d’entorse à la loi. C’est pourquoi je trouve qu’il serait judicieux de former des ministères publics dédiés à la publicité pour produits pharmaceutiques.

Interview : Jörg Blech, Veronika Hackenbroch

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