Les Sceptiques du Québec

🔒
❌ L'agrégateur de flux RSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierInitiative Rationnelle

Faire ses propres recherches, une ALU-cination collective

Ou on apprend qu’il existe bien des études qui indiquent une absence de lien entre l’autisme et l’aluminium des vaccins mais que « faire vos propres recherches » ne vous permettra pas de le voir.

J’ai appris alors que tous les vaccins désormais obligatoires pour les bébés contiennent de l’aluminium à l’exception du ROR. […] Ça m’a donné à réfléchir parce que j’aime mon chat, mais je préfère quand même mon bébé, alors j’ai fait mes petites recherches et ce que j’ai découvert est tout simplement hallucinant.

[INTOX] L’ALU TOTAL, une vidéo de 1 heure et 54 minutes de trop.

La vidéo est en général un assez mauvais média pour exposer un sujet complexe. Il faut la regarder passivement, on ne peut pas cliquer sur une source, pas de mots-clés, pas de recherche textuelle possible, et il y a une teinture émotionnelle qui s’accorde mal avec l’objectivité nécessaire à l’exposition des faits. C’est donc un excellent média pour un discours pseudo-scientifique qui chercherait à vous convaincre que la lune est plate, ou que le World Trade Center n’a jamais existé.

Une vidéo anti-vaccination …

( Les antivax n’aiment pas être qualifiés d’antivax. Ils pensent que c’est un sophisme, une attaque personnelle qui permettrait de couper court à la conversation. Ils ont tort. Ce sont les critères objectifs développés plus bas qui permettent de l’affirmer. Discours irrationnel, propagande malhonnête, représentation biaisée du consensus scientifique, expertise usurpée et incompréhension de la méthode scientifique. Tout y est. )

Une vidéo anti-vaccination tourne sur internet. Je ne vais pas l’analyser in extenso, …

( Les antivax aiment dire qu’on ne peut pas juger du contenu de leurs affirmations sans avoir vu/lu/entendu la totalité de leur discours. Ils ont tort. Il faudrait regarder cette vidéo en totalité pour conclure qu’elle est digne de confiance. Pour constater qu’elle ne l’est pas, il suffit de s’arrêter lorsqu’on constate qu’elle ne l’est pas. )

Une vidéo anti-vaccination tourne sur internet. Je ne vais pas l’analyser in extenso, mais simplement mettre en exergue certains exemples représentatifs qui montrent que, tant sur la forme que sur le fond, cette vidéo n’est pas digne de confiance.

Faire ses propres recherches

Une idée fausse largement répandue dans les milieux pseudo-scientifiques est qu’il serait possible, lorsque l’on est en désaccord avec le consensus scientifique, de se substituer à l’évaluation des experts pour « faire ses propres recherches ». Personne ne dit jamais: « J’ai fait mes propres recherches, ça m’a pris 18 mois, mais maintenant je peux le dire avec certitude: Les experts ont parfaitement raison ». Personne ne fait ses propres recherches en astrophysique. À chaque fois, cette démarche a systématiquement pour origine une personne qui pense connaître à l’avance la conclusion qu’elle va chercher à confirmer et qui est: Le consensus scientifique à tort et elle a raison. C’est donc une démarche parfaitement irrationnelle, pseudo-scientifique par nature, et diamétralement opposée à la méthode scientifique qui à l’inverse part des faits avant de formuler une conclusion que la personne ne connaissait pas à l’origine.

C’est une différence fondamentale. Faire ses propres recherches, c’est faire un travail de vérification, pas d’expertise. C’est une méthode qui permet de ne trouver que ce qu’on connait déjà et qui implique qu’on arrête de chercher quand on a trouvé ce qu’on cherche, puisqu’on sait par avance que c’est la bonne réponse. Ce sont deux erreurs critiques qui donnent des argumentions erronées telles que celle-ci:

Ah mais au fait, tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré. Tu te réfères probablement aux 42 études que l’American Academy of Pediatrics affiche sur son site. Alors je me permets de faire appel à ton esprit scientifique et te demande de juger de la pertinence de ces études. En effet, sur les 42 études, nous avons 27 études qui portent exclusivement sur le ROR, qui ne contient pas d’aluminium, 12 études qui portent sur le thimerosal, le conservateur au mercure, et seulement 3 qui étudient d’autres facteurs […] Et surtout, tu as remarqué, il n’y a strictement aucune étude portant sur les adjuvants d’aluminium, donc non, rien permet de conclure qu’il n’existe aucun lien entre autisme et vaccination.

C’est très exactement pour cette raison que « faire ses propres recherches » est loin d’être équivalent à une véritable expertise. Qu’est-ce que faire ses propres recherches ? On le voit bien, ici. C’est une personne qui dit « Tu as vu qu’il n’y a aucune étude sur l’aluminium parce que ceci et cela ? ». Une autre personne vérifie, regarde ceci, regarde cela, et se dit « Tiens, oui, c’est vrai ». Elle se met alors elle même à dire aux autres: « Tu as vu qu’il n’y a aucune étude sur l’aluminium parce que ceci et cela ? ». Chaque personne pense ainsi avoir « fait ses propres recherches » et perpétue une argumentation erronée, lui par un site web, elle par une vidéo, …

Parce que oui, cette argumentation est tout à fait erronée et il y a bien des études qui indiquent qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination. Tous les experts vous le diront. Et bien-sûr, parce que ce n’est pas votre métier, il est rationnel de vous en remettre aux experts. Ils savent de quoi ils parlent. Écoutez-les.

Fin.

Si vous êtes rationnel, que vous comprenez que l’expertise collective et convergente de nombreux scientifiques ayant passé 10 ans à étudier et 15 ans à travailler dans un domaine extrêmement pointu a incomparablement plus de valeur qu’une vidéo sur Youtube, vous pouvez vous arrêter de lire. La suite ne vous concerne pas. Je vais maintenant m’adresser directement et exclusivement aux personnes qui ont « fait leurs propres recherches ». Ceux qui ont bondi de leur chaise en fulminant à la lecture du précédent paragraphe. Je parle de ceux qui ont entendu l’affirmation, vérifié l’affirmation et accepté l’affirmation suivante: Il n’y a aucune étude qui écarte le lien entre l’aluminium des vaccins et l’autisme.

Vous avez tort.

La séquence en question est à la 55 eme minute de la vidéo et ne dure que deux minutes. Avant d’exiger qu’on vous explique de quelles études je pourrais bien parler parce que vous savez bien, vous, qu’une telle étude n’existe pas, prenez donc quelques secondes pour revoir la séquence et y réfléchir.

Mon propos est de vous montrer que « faire ses propres recherche » n’est pas équivalent à une véritable expertise. Il est important de comprendre que ce n’est pas parce qu’on pense parfaitement connaître un domaine, que c’est effectivement le cas. C’est pour cela qu’un diplôme spécialisé et une carrière reconnue dans le domaine sont les meilleurs garants d’une véritable expertise. Par définition, c’est avant tout une reconnaissance collective. On ne s’auto-déclare pas expert. Dire que tel scientifique est une référence mais qu’en même temps il doit faire face à l’incompréhension de ses collègues est irrationnel. Il y a contradiction dans les termes. Un expert est forcément reconnu par ses pairs. Le chercheur ostracisé par ses collègues qui marmonne « un jour, je leur ferai voir à tous » tout en finissant d’exposer ses théories sur Facebook, n’est pas un expert. C’est un méchant dans Batman.

Si là, dans le cas présent, vous pensez parfaitement connaître le domaine, si vous pensez qu’il est impossible qu’il existe des études qui indiquent qu’il n’y a probablement pas de lien entre l’autisme et l’aluminium des vaccins, mais qu’avant la fin de cet article vous vous rendez compte que vous avez tort, j’espère arriver à vous faire comprendre que « faire ses propres recherches » est une illusion: Il faut vous pointer du doigt la solution pour avoir la solution. Il faut vous faire connaître la conclusion pour avoir une conclusion. C’est un travail de vérification, pas d’expertise. Les experts, eux, ils travaillent. Ils ne sont pas sur Facebook.

Donc, vous avez fait vos propres recherches, vous avez revu la séquence, vous êtes persuadé que tout ce qui est dit ici n’est que du vent et que rien ne permet d’écarter un lien entre autisme et vaccination ? Vous exigez une réponse ? La voici: On peut conclure qu’il n’y a probablement pas de lien entre autisme et vaccination avec par exemple Taylor 2014 (Vaccines are not associated with autism: An evidence-based meta-analysis of case-control and cohort studies). Voilà.

C’est une méta-analyse extrêmement puissante, qui correspond au plus haut niveau de preuve en science, qui porte sur un nombre exceptionnellement grand de cas et qui est d’une fiabilité remarquable. C’est vraiment la première étude à lire quand on fait ses propres recherches.

Allons bon. Voilà. Maintenant vous êtes tout énervé. Vous vous dites: Tout ça pour ça ? Cette étude ne peut pas prouver qu’il n’y a pas de lien entre autisme et aluminium, puisque qu’elle ne contient que des études sur le ROR et le Thimerosal.

C’est même écrit un peu plus haut, sur l’image du milieu:

Il en va de même avec la fameuse méta-analyse de Taylor, 2014 […] qui ne contient que des études sur le ROR et le Thimerosal.

Vous pensez donc que vous avez raison, puisque vous avez fait vos propres recherches, en cherchant ou et comme on vous a dit de le faire sur la vidéo. Pourtant, et au risque de me répéter, le raisonnement développé dans cette vidéo est faux. Et même, le raisonnement développé dans cette dernière citation est faux.

Je vous laisse donc prendre également quelques minutes afin de relire …

( Oui, alors, petite parenthèse: Une autre différence est que les experts ont accès à des données que vous n’avez pas forcément. Il est utile de le garder en mémoire, lorsque vous « faites vos propres recherches », vous n’aurez peut-être accès qu’aux documents qui servent la personne qui a fait ses propres recherches avant vous et qui vous entraîne dans sa farandole. C’est pour cela que le lien suivant pointe vers un site antivax qui contrevient au droit d’auteur, et pas vers le site de l’étude qui n’est disponible qu’en accès payant. )

Je vous laisse donc prendre également quelques minutes afin de relire cette étude Taylor 2014. Vous avez l’étude, vous avez la question (qu’est-ce que cette étude permet de savoir sur un éventuel lien entre l’aluminium des vaccins et l’autisme ?) Vous l’aurez compris, je tiens vraiment à montrer les failles de « faire ses propres recherches ». La question a été considérablement réduite et ne concerne maintenant plus qu’une seule étude.

Cette étude montre qu’il n’y a probablement pas de lien. Vous voyez ou ? Allez-y, faites vos propres recherches, nous allons patienter.

Entracte

En attendant, je vais continuer avec quelques commentaires sur la forme adoptée par cette vidéo. À l’aide de quelques passages, voyons ce qui lui vaut sans le moindre doute le qualificatif d’antivax.

Dindon et demi [00:04:51]

Oui, sauf que ces arguments sont tout simplement faux. C’est parfaitement démontré aujourd’hui par des rapports officiels ainsi que par de nombreuses études produites par des scientifiques forcément indépendants de l’industrie un peu partout dans le monde. Ces gens publient leurs travaux, ils sont accessibles et on peut les trouver. Moi, en tout cas, c’est ce que j’ai fait. Et c’est là que j’ai eu la preuve scientifique qu’on nous prenait vraiment pour de gros dindons.

Une belle carte du monde avec des petits points animés qui s’ajoutent, l’un après l’autre, encore un, et un autre, un autre, aah, un autre, aaah, il y en a plein, il y en a trop, stop, arrêtez, je suis convaincu, stooop.

Mais dites donc… Il en manque un. Laissez moi vérifier … Oui. Oui, il manque un point. Et pas des moindres. « Ou est Andrew Wakefield ? » Pourquoi le père fondateur, la rock star, le King du mouvement vaccin=autisme ne fait-il pas parti de la liste ?

  • Parce que son étude a été rétractée ? D’autres études ont été rétractées et leur auteur se trouve néanmoins sur cette carte.
  • Parce qu’il a été radié de l’ordre et interdit d’exercer ? D’autres ont été radié de l’ordre et interdit d’exercer et se trouvent néanmoins sur cette carte.
  • Parce que ce que son combat n’ a pas de rapport avec l’aluminium (ROR) ? D’autres combats n’ont aucun rapport avec l’aluminium (Thimerosal) et se trouvent néanmoins sur cette carte.

Si je devais deviner, je dirais: Parce que pas crédible et célèbre, ça pose un pose un gros problème d’image. Pas crédible et pas connu, ça pose un point de plus sur la carte.

Sur les 49 noms suffisamment lisibles il y en a au moins 5 qui sont inconnus de Pubmed, la base de données de référence en matière de publications scientifiques.

D’autres sont connus, et pas en bien. Pour la période 2016-2017, Pubmed donne environ 250 études dont le titre mentionne une rétractation, pour environ 2.5 millions d’entrées au total. La rétractation d’une étude, c’est un phénomène très rare. Et bien sur ces 250 rétractations, on retrouve quand même les auteurs de 4 d’entre elles sur cette carte. 1.6 % des études rétractées sur cette période.

Je n’ai pas pris la peine de compter les études retirées (withdrawn) et qui viennent s’ajouter au total (comme celle-ci, ou celle là), je pense qu’on a compris le problème avec cette carte et, par extension, avec cette vidéo. Le « parfaitement démontré » passe par la volonté d’impressionner, de saisir par un effet de masse. Cet effet est usurpé. Cette vidéo prends ses spectateurs pour des dindons.

J’ai une vidéo de deux heures qui montre qu’on est pas des dindons.
Elle est dans la bergerie. On y va ?

Non-sens à l’état pur [00:05:18]

Pourquoi l’aluminium pose-t-il problème et pas le fer ou le zync ? Bien qu’abondant sur terre, l’aluminium à l’état naturel est associé à d’autres minéraux et n’existe pas à l’état pur et les composés qu’il forme ne sont pas toxiques pour la vie.

Cet argument est même pas faux. Utter Nonsense, diraient les anglais. En clair, c’est n’importe quoi.

Immédiatement, on note le sophisme naturaliste: « Pourquoi cela pose problème ? Parce que ça n’existe pas dans la nature. Ce n’est pas naturel. » C’est un argument irrationnel qui justifierait n’importe quoi. L’hydrogène, par exemple, serait donc extrêmement toxique avec un tel raisonnement.

Avant les années 70, on ne savait même pas que l’hydrogène pur existait sur terre. Aujourd’hui encore on se demande comment on va faire pour l’exploiter à 4000 mètres sous la mer.

Le sophisme naturaliste peut donc s’appliquer ici aussi et pour la même raison, il est clair que l’hydrogène pose un gros problème de santé publique.

Il serait donc plus prudent de cesser de respirer.

En réalité, il n’y a pas d’aluminium dans les vaccins (vous bondissez de votre siège, outragé), il y a par exemple de l’hydroxyde d’aluminium (vous vous rasseyez, dans un « hum… bon » discret). La toxicité de l’aluminium, pour être tout à fait clair, on s’en fout, s’agissant des vaccins. De même que la toxicité du mercure, on s’en foutait également s’agissant des vaccins. Le but a été déplacé, mais l’argument est classique et reste irrationnel. Le chlore est « toxique pour la vie » mais on s’en fout, s’agissant de la cuisine. Le chlorure de sodium, on en mange tous les jours. Miam.

Et on nous dit donc, qu’à l’état naturel les composés que forme l’aluminium ne sont pas toxiques pour la vie ? C’est une bonne nouvelle. Tout minéral qu’on trouve à l’état naturel finit dans la chaîne alimentaire et les habitants qui vivent à proximité des mines d’hydroxyde d’aluminium auraient sans doute été surpris d’habiter dans une zone inhabitable.

Pour résumer, il est dit que l’aluminium pose problème parce qu’on ne le retrouve pas « à l’état pur », ce qui est un sophisme qui concerne quelque chose qu’on ne retrouve même pas dans les vaccins. C’est de l’hydroxyde d’aluminium qu’il aurait fallu parler, parce que c’est lui qu’on utilise dans les vaccins et lui, on le retrouve « à l’état pur ».

« Selon moi, j’ai raison » (Moi-Même) [00:06:58]

L’étude la plus précise à ce jour concernant la pharmacocinétique de l’hydroxyde d’aluminium est […] réalisée par l’équipe du professeur Gherardi de l’hôpital Henri Mondor de Créteil. Cette étude ché s’appelorio Khan 2013 est un article absolument fondamental, l’un des articles médico-scientifiques les plus consultés ces dernières années.

« L’étude la plus précise à ce jour », « un article absolument fondamental », « les plus consultés ces dernières années ». On est très impressionné. Qui le dit ? L’auteur de l’article. Le soufflet retombe. C’est sous Léonardo Di Caprio que se trouve l’info: Toxic Story, le livre de Romain Gherardi qui nous explique a quel point l’étude de Romain Gherardi est exceptionnelle, selon Romain Gherardi.

Ainsi donc, la fondamentalitude de cet été … la fondamentalité de cette étude est avérée, parce que ce serait « l’un des articles médico-scientifiques les plus consultés ces dernières années » ? Inouï. Littéralement. Personne n’a jamais entendu parler d’un registre mondial de consultation d’articles scientifiques. Romain Gherardi non plus. Lui affirme que c’est l’un des articles les plus consultés du web.

Les plus consultés du web.
Très visible, juste après la petite anecdote conspirationniste.

Il ne dit pas ou, ni comment il a obtenu cette information nous sommes donc forcé de le croire sur parole. Mais il n’existe pas non plus de base de données mondiale de consultation des sites web, ce qui fait qu’il est probable que sa constatation est plus restreinte et concerne par exemple les seules statistiques de consultation du site web de BMC Medecine. Mais surtout, cela permet de préciser qui consulte quoi, puisqu’en réalité on ne fait que compter le nombre de clics pour lire un article en accès gratuit. Pas de paywall, ou n’importe quel autre moyen qui permette de ne comptabiliser que les chercheurs et les universitaires. Non, on compte tout le monde. S’en prévaloir, c’est très littéralement un appel à la popularité. C’est un sophisme.

Romain Gherardi évoque en réalité tout l’inverse d’un article fondamental, dans son livre. Il dit que ses pairs, les scientifiques chargés d’évaluer son travail dans les revues scientifiques les plus réputées, ont rejeté son article, qui n’est donc absolument pas fondamental pour ceux qui ont une réelle expertise sur le sujet, juste pour ceux qui ont fait « leurs propres recherches »

En réalité, « cette étude ché s’appelorio Khan 2013″ est très, très, très loin d’être « un article absolument fondamental ». Lorsque les experts reconnaissent l’importance d’un article, ils en parlent. Ils en parlent d’une manière évaluée, codifiée, et reconnue. La citation, c’est le critère de reconnaissance en science et pour cet article, c’est l’absence de citations qui est remarquable. Sur Pubmed, la base de données de référence en matière de publications scientifiques, on constate qu’il n’y a que 20 citations. C’est déjà très peu, mais en plus, sur ce très petit nombre la moitié de ces citations a pour auteur l’un des auteurs de Khan 2013. C’est de l’auto-citation. Cet article supposément fondamental n’est absolument pas pris au sérieux par les experts.

Et les sophismes s’empilent, parce que le fait de couper une citation pour tenter de faire croire que cet article est très lu au sein de la communauté scientifique, alors qu’on parle en fait d’un nombre de clics qui augmente en proportion du nombre de campagnes antivax sur facebook, est une trahison des sources. C’est un mensonge.

Obsolescence programmée [00:09:05]

Les macrophages gavés de particules d’aluminium vont continuer leur petite vie de macrophages. Ils vont pour certains quitter le muscle ou a été injecté le vaccin et vont passer pépèrlito dans les canaux lymphatiques avant de s’accumuler dans les ganglions lymphatiques. C’est là que va se créer l’immunité d’ailleurs. Ensuite, au bout de 3 semaines, les macrophages chargés de particules d’alu vont entrer dans le sang petit à petit et, vous l’avez deviné, vont terminer dans les organes distants, dont le cerveau.

Rappel des méfaits: Les macrophages avalent l’aluminium et s’égayent par le sang dans tous le corps avec leur charge prête à autismer. C’est l’hypothèse des macrophages molotov

Cette explication est la clé de voûte de cette vidéo. Sans elle tout s’écroule. Pour que l’aluminium des vaccins cause l’autisme, il faut que l’aluminium des vaccins arrive jusqu’au cerveau. C’est la raison pour laquelle vous ne verrez aucun conditionnel ici. Aucune précaution oratoire. Nul « peut-être », pas un « il semblerait ». Pour la vidéo, pour vous qui faites « vos propres recherches », c’est un fait acquis. Aucun doute, c’est comme cela que ça se passe, tel que décrit dans Khan 2013, « L’étude la plus précise à ce jour », « un article absolument fondamental », « les plus consultés ces dernières années ».

Les experts eux, sont plus circonspects.

Je ne vais pas détailler les nombreux signaux d’alerte qui font dramatiquement baisser la plausibilité de cette étude, d’autres l’ont fait. Il est suffisant de constater que bien qu’il existe des raisons factuelles et objectives pour que l’hypothèse des macrophages molotov ne soit que cela, une hypothèse peu plausible, cette vidéo si prompte à « faire ses propres recherches » ne trouve absolument rien à redire à cette étude sur la souris, pour des doses comparativement plus rapprochées et plus importantes que celles utilisées pour la vaccination. Les experts ne sont pas de cet avis.

Pendant ce temps, l’auteur de l’étude publie des livres pour que le monde sache à quel point son travail est fondamental et si les scientifiques en charge de l’évaluation des publications les plus réputées sont incapables de le voir et bien tant pis pour eux, nananère, un jour ils comprendront, tiens, quel est ce point sur le radar ? Batman ! Encore lui.

Donc si on en croit cette étude, des macrophages molotov on est censé en trouver partout. Partout dans une souris. Pour des doses plus rapprochées et plus importantes que ce qu’on utiliserait pour un humain.

Et surtout, tu as remarqué, il n’y a strictement aucune étude portant sur les macrophages molotov chez les humains aux doses compatibles avec le calendrier de vaccination, donc non, rien permet de conclure que les macrophages molotov soient une réalité.
(cette citation n’existe pas)

Voici ce qu’aurait pu dire cette vidéo si elle avait été cohérente, ce qu’elle n’est pas. Une hypothèse fait des prédictions, comme par exemple qu’il y aurait des macrophages chargés d’aluminium dans tout le corps humain, et la vérification de ces prédictions permet de lui donner du crédit. Lorsque la prédiction n’est pas vérifiée, l’hypothèse n’est pas crédible.

Est-ce qu’il y a des macrophages molotov qui se font exploser chez les humain ? Oui, dit la vidéo qui a fait « ses propres recherches ». Peut-être pas, répondent des études, par exemple on en a pas retrouvé dans le sang ou les cheveux chez les humains.

Le cours du fifrelin [00:23:34]

« Les vaccins constituent un fifrelin d’aluminium par rapport à ce que l’on absorbe avec l’alimentation. »

[…]Le rapport conclue que l’adulte ingère 0,16 mg par kilo par semaine, environ 1,37 mg par jour pour 60 kg, et le bébé 0,43 mg par kilo par semaine, soit 0,3 mg par jour pour 5 kg. Pour rappel, une injection d’Infanrix Hexa contient 0,82mg.

FIFRELIN

Que dit la personne citée ? « Les vaccins constituent un fifrelin d’aluminium par rapport à ce que l’on absorbe avec l’alimentation. »

Quel est l’argument développé ici ? Cette personne dit n’importe quoi quand elle dit « Les vaccins constituent un fifrelin d’aluminium par rapport à ce que l’on absorbe avec l’alimentation chaque jour. »

Ainsi donc, une estimation qui existe pour une semaine est prise, puis ramenée sur un seul jour sans autre raison que de faire gonfler le résultat qui est ensuite comparé à une citation dont le sens s’en trouve de fait déformé.

On peut même prolonger ce raisonnement magistral: Une vaccination dure environ 5 minutes. Le rapport conclue que l’adulte ingère 0,16 mg par kilo par semaine, environ 0,000080 mg par 5 minutes pour 60 kg, et le bébé 0,43 mg par kilo par semaine, soit 0,000018 mg par 5 minutes pour 5 kg. Pour rappel, une injection d’Infanrix Hexa contient 0,82mg. 10 000 fois plus. Super FIFRELIN !

Mal représenter la position d’une personne pour mieux faire semblant de la réfuter, on reconnaît là le sophisme de l’homme de paille.

Ces chiffres montrent en réalité qu’il faut trois jours à un nourrisson pour absorber plus d’aluminium par l’alimentation qu’il n’y en a dans n’importe quel vaccin. Dit autrement: Le nourrisson ingère l’équivalent d’un vaccin tous les 3 jours. Pour la première injection d’Infanrix Hexa, à deux mois, ce nourrisson aura déjà absorbé par l’alimentation 20 fois plus d’aluminium que ce qui se trouve dans le vaccin.

Cela porte le cours du fifrelin à 0,05, ce qui est peu, comme le signale la personne qui est caricaturée.

Fin de l’entracte.

Si on ignore les études, il n’y a aucune étude .

Ah mais au fait, tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré. Tu te réfères probablement aux 42 études que l’American Academy of Pediatrics affiche sur son site. Alors je me permets de faire appel à ton esprit scientifique et te demande de juger de la pertinence de ces études. En effet, sur les 42 études, nous avons 27 études qui portent exclusivement sur le ROR, qui ne contient pas d’aluminium, 12 études qui portent sur le thimerosal, le conservateur au mercure, et seulement 3 qui étudient d’autres facteurs […] Et surtout, tu as remarqué, il n’y a strictement aucune étude portant sur les adjuvants d’aluminium, donc non, rien permet de conclure qu’il n’existe aucun lien entre autisme et vaccination.

Alors ? Vous avez fait vos propres recherches ? Vous savez maintenant ce que cette étude, Taylor 2014, permet de savoir concernant l’aluminium des vaccins et l’autisme ? Vous avez vu qu’elle montre qu’il n’y a probablement pas de lien ?

J’ai envie de dire non. Et j’ai envie de dire c’est normal. Parce que l’étude ne le dit pas. Voilà pourquoi « faire ses propres recherches » ne sert à rien. Voilà pourquoi quand on vous demande de « faire appel à votre esprit scientifique » c’est un piège qu’on vous tend: Vous n’avez pas l’expertise nécessaire pour vous rendre compte que ce n’est pas la peine que ce soit écrit.

Je vais bien sûr vous expliquer pourquoi, et en détail. Mais auparavant je vais vous demander de patienter juste quelques secondes pour prendre conscience de l’état d’esprit dans lequel vous êtes à l’instant. Vous avez vu l’étude. Vous êtes persuadé qu’il est impossible qu’elle démontre quoi que ce soit au sujet de l’aluminium. Maintenant repensez à tous ces experts qui s’expriment à la télé, dans les journaux, pour expliquer qu’il n’y a pas de lien entre ceci et cela. Souvenez-vous de ce que vous ressentez dans ces moments là. Parce que vous, vous savez. Vous avez fait vos propres recherches. Vous avez vérifié ceci. Vous avez vérifié cela. Vous vous dites qu’il ne sait pas de quoi il parle. Vous vous dites que quelqu’un d’intelligent qui raconte des bêtises pareilles est forcément corrompu.

Vous ne vous dites pas que vous avez peut-être tort ?

Voici comment on vous manipule

Tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré. Tu te réfères probablement aux 42 études que l’American Academy of Pediatrics affiche sur son site.

Et si vous ne le pensiez pas avant ce commentaire de la vidéo, vous le pensez maintenant. Et si vous le pensez maintenant, vous avez tort. Et vous avez tort, parce que cette vidéo vient de vous manipuler.

Personne ayant une réelle expertise du sujet ne vous renverra à cette liste s’agissant d’un lien éventuel entre autisme et aluminium. C’était bien la peine de passer en revue toutes ces études pour dire qu’elles ne parlent pas d’aluminium, alors que dès les premières lignes, il est dit très clairement qu’il n’y aura rien sur l’aluminium.

Que dit en réalité l’American Academy of Pediatrics ? Elle dit: Voici une liste d’études qui ne concerne que les questions que les parents ont soulevé au cours de la dernière décennie, et elle donne la liste: Trop de vaccins, ROR, Thimerosal.

En clair, cette vidéo vous trompe. Elle vous dit « Regardez cette liste d’études qui parle de ce qui inquiète les gens et qui ne parle pas d’aluminium. Elle ne parle pas d’aluminium. C’est inquiétant, non ? »

Aluminium et autisme, une nouvelle vieille histoire.

Tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré

En regardant cette vidéo, vous penserez peut-être que ce lien éventuel entre l’autisme et l’aluminium des vaccins est très très vieux et donc qu’il est très très anormal qu’il ne soit pas étudié. Si vous pensez cela, vous avez tort. Et vous avez tort, parce que cette vidéo vient de vous manipuler.

En réalité, cette accusation est relativement récente et la publication scientifique qui évoque pour la première fois ce lien spécifique éventuel date de fin 2011.

Avant cette date, l’autisme était supposé être causé par le vaccin ROR. Pourquoi ? Parce qu’un antivax tristement célèbre un jour l’a dit et qu’il a fallu des dizaines d’années et des sommes considérables détournées de la recherche des causes réelles de l’autisme, pour montrer que ce n’est pas vrai.

Avant cette date, l’autisme était supposé être causé par le Thimérosal. Pourquoi ? Parce qu’un antivax tristement célèbre un jour l’a dit et qu’il a fallu des dizaines d’années et des sommes considérables détournées de la recherche des causes réelles de l’autisme, pour montrer que ce n’est pas vrai.

On reconnaît là le sophisme du déplacement des buts, ou pour ne pas remettre en question la conclusion préconçue que les vaccins causent l’autisme, il faut absolument faire de nouvelles allégations quand les précédentes ne tiennent plus debout. Et donc, fin 2011, nouveau déplacement des buts et première mention dans une publication scientifique d’un lien spécifique éventuel entre l’autisme et l’aluminium des vaccins, dans une étude de Shaw et Tomljenovic, tristement célèbres pour leurs études rétactées-republiées, et dont le Comité consultatif mondial de la Sécurité vaccinale (GACVS) n’a pas manqué de rapidement détailler les nombreuses et graves failles en 2012.

Puis arrive cette vidéo qui dit: Vous avez vu ? Cette liste qui date de 2013 ne parle même pas d’aluminium. Ou sont les études qui prennent des dizaines d’années et des sommes considérables pour montrer qu’il n’y a pas de lien entre autisme et aluminium, sujet sorti d’un chapeau en 2011 ? Le ROR est un alibi, … blabla, etc.

En revanche, cette vidéo ne dit pas que pour le ROR, il s’est passé 16 ans entre Wakefield 1998 et Taylor 2014. Cette vidéo ne dit pas à quel point la liste qu’elle cite est vielle et le chiffon rouge qu’elle agite est récent.

En clair, cette vidéo vous trompe.

Cerise sur le gâteau, cette vidéo critique le fait d’avoir réalisé des études sur le ROR, études spécifiquement conçues pour répondre aux inquiétudes irrationnelles du grand public, s’en sert comme preuve que les chercheurs voudraient noyer le poisson, et réclame d’autres études spécifiquement conçues pour répondre à ses propres nouvelles inquiétudes irrationnelles.

Parce que oui, il y a bien des études qui ne s’adressent pas aux scientifiques, mais qui s’adressent au grand public. Il y en a de plus en plus, ce qui pourrait être une bonne chose, dans un monde ou il y a pléthore de temps, d’argent et de scientifiques qualifiés. Nous ne vivons pas dans ce monde.

Un esprit scientifique sain dans un corps scientifique sain

Alors je me permets de faire appel à ton esprit scientifique et te demande de juger de la pertinence de ces études. En effet, sur les 42 études, nous avons 27 études qui portent exclusivement sur le ROR, qui ne contient pas d’aluminium, 12 études qui portent sur le thimerosal, le conservateur au mercure, et seulement 3 qui étudient d’autres facteurs

Voilà un beau tour de passe-passe: Vous demander de faire appel à votre esprit scientifique, pour mieux vous faire avaler une remarque complètement non scientifique que vous êtes incapable de reconnaître en raison justement de votre manque de culture scientifique. L’esprit scientifique, cela s’apprend. Qui le possède le mieux ? Le corps scientifique. Il est rationnel de s’en remettre aux experts. Un expert, par exemple, n’écarterait jamais 39 études d’un revers de la main en fonction de ce sur quoi elles portent. Ce n’est pas très scientifique de raisonner sur ce sur quoi porte une étude, plutôt que ce sur qu’elle contient.

Par exemple, disons que le rumeur enfle que manger des Big Mac rend autiste. Après tout, un hamburger ce n’est pas très naturel, Big Food engrange des milliards, et on pourrait probablement trouver une corrélation entre les cas d’autisme et la vente de Big Mac, comme celle qui existe avec la vente de vaccins, ou celle de produits bio. Pour répondre à cette inquiétude du grand public, et bien qu’il n’y a pas de raison particulière de soupçonner ce produit plutôt qu’un autre, on va faire des études et on va se rendre compte que c’est faux.

Si quelques années plus tard quelqu’un arrive et dit: « N’importe quoi, c’est les frites qui causent l’autisme », est-ce que vous allez écarter toutes les études qui portent sur le Big Mac, ou est-ce que vous jetterez quand même un œil à celles qui contiennent des données sur les menus (burger + frites) ? Et même si une étude ne parle que de Big Mac et pas de frites, vous, vous savez que les deux sont liés. Vous savez qu’un gros mangeur de burgers est souvent un gros mangeur de frites, surtout s’il existe un « menu obligatoire » que les gens suivent. Un autisme causé par les frites ne se verrait pas dans une études sur les gros mangeurs de burgers ?

Alors je me permets de faire appel à votre esprit rationnel. Quand on vous dit: « Ignorez ces études qui parlent du Big Mac parce que je vous parle des frites, moi », c’est scientifique ?

Possible et plausible, ce n’est pas la même chose.

En science, au sens strict, tout est possible. Ou plutôt, rien n’est impossible. Si je montre que les vaccins ne causent pas un seul cas d’autisme dans une population de 1 000 personnes, rien ne prouve qu’il ne cause pas d’autisme dans une population de 10 000 personnes. Si je le prouve pour 10 000 personnes, je ne saurai rien pour 100 000 personnes, etc. Quel que soit le résultat de quelque étude que ce soit, le fait est qu’un lien entre l’aluminium des vaccins et l’autisme sera toujours, au sens strict, possible. En revanche, chaque étude nous montre que c’est une hypothèse de moins en moins plausible.

C’est une distinction que le grand public maîtrise forcément moins bien que les scientifiques qui savent reconnaître que l’hypothèse « l’aluminium des vaccins cause l’autisme » est peu plausible compte tenu des études actuelles, même lorsque qu’aucune étude n’écrit textuellement « l’aluminium des vaccins ne cause pas l’autisme ». C’est la raison pour laquelle, lorsque la pression est très forte, lorsqu’il y a beaucoup de gens qui font « leur propres recherches », il faut prendre du temps, détourner de l’argent qu’on pourrait allouer à des choses bien plus plausibles, et faire une étude qui indique en toutes lettres ce que ceux qui n’ont pas d’expertise veulent à tout prix pouvoir lire.

Par exemple: Andrews 2004. Cette étude, vous la connaissez. Elle tient une place importante dans Taylor 2014. Vous avez fait « vos propres recherches », vous savez donc qu’elle porte sur le thimérosal et vous pensez qu’elle ne peut rien vous apprendre sur l’aluminium.

C’est typiquement une étude qui essaye de répondre aux inquiétudes du grand public. Une étude du style « Le Big Mac ne cause pas l’autisme », écrite spécifiquement pour expliquer aux parents ce que les experts soupçonnent depuis longtemps en raison de l’absence de plausibilité de l’affirmation. Et bien cette étude, sur le menu Big Mac, nous indique que les frites ne cause pas l’autisme non plus.

Cette étude analyse le nombre de doses de vaccin DP/DTP de 100 000 enfants au royaume uni. Pour faire simple, elle compare les cas d’autisme chez les enfants qui ont reçu 0, 1, 2 ou 3 doses et constate qu’il n’y a pas d’augmentation significative des cas d’autisme. Comme les vaccins DP/DTP au Royaume Uni à cette époque contiennent du thimérosal, on en déduit qu’il est peu plausible que le thimérosal cause l’autisme, et c’est en substance ce que dit le titre de l’étude. C’est un titre sur mesure pour rassurer les parents, alors qu’en réalité cette étude montre que ce sont les vaccins DP/DTP qui ne causent pas l’autisme. Les vaccins dans leur totalité, avec tous les ingrédients qu’ils contiennent.

Le vaccin DP/DTP au Royaume Uni à cette époque, contient également de l’aluminium et si la quantité de thimérosal augmente à chaque nouvelle dose, ce n’est pas la seule. La quantité d’aluminium augmente également. On en déduit qu’il est peu plausible que l’aluminium, ou n’importe que autre ingrédient du vaccin, ne cause l’autisme.

Si le thimérosal n’est que dans le DP/DTP alors que l’aluminium est dans d’autres vaccins, et que vous pensez que cela invalide cette conclusion, vous avez tort. Ça la renforce au contraire. La fiabilité de cette étude est grande parce que les parents respectent le calendrier vaccinal, cela veut dire que pour toute nouvelle dose de thimérosal, la quantité d’aluminium qui augmente correspond au vaccin DP/DTP plus tous les autres vaccins du calendrier à cette période. Plus d’aluminium avec la première dose, encore plus avec la seconde, encore encore plus avec la troisième. Avec ce type d’étude, d’autres vaccins contenant de l’aluminium devrait rendre l’effet plus visible encore, et pas moins. Pourtant, l’étude ne constate aucune augmentation significative des cas d’autismes en fonction du nombre de doses. On en déduit qu’il est peu plausible que l’aluminium cause l’autisme.

Pour être tout à fait clair, des études qui portent sur le nombre de doses, ou l’age de vaccination, même si elles ne portent pas spécifiquement sur l’aluminium, même si elles ne mentionnent pas une seule fois le mot aluminium, certaines même qui concernent des vaccins sans aluminium, doivent montrer une augmentation significative du nombre de cas d’autisme si l’aluminium des vaccins est responsable. Pour l’étude que je viens de détailler, ce n’est pas le cas. Que savez-vous des autres ? Bien entendu, quand on « fait ses recherches », c’est à dire quand on tape « aluminium » dans Pubmed, ces études n’apparaissent pas. Et pour éviter tout risque de prise de conscience fortuite, une vidéo vous explique sur un ton sympathique pourquoi vous devez ignorer ces études. Elle vous dit sur quoi elles portent, pas ce qu’elle contiennent.

On constate que les antivax cette fois-ci n’ont pas déplacé les buts suffisamment loin, puisqu’on peut encore marquer depuis les vieilles études.

Mon propos ici n’est pas de prouver quoi que ce soit concernant le lien éventuel entre l’autisme et l’aluminium des vaccins, c’est la raison pour laquelle je ne vais pas multiplier les exemples. Une seule étude suffit pour prouver ce que j’affirme: « Faire ses propres recherches » ne marche pas. Vous avez fait « vos propres recherches », vous avez vu cette étude et vous avez été incapable d’aller au delà de ce que les autres pointent du doigt pour vous. Et si vous pensez que c’était la dernière information qu’il vous manquait et que c’est maintenant que vous êtes un véritable expert, remarquez également que cette dernière information, on vous l’a aussi pointée du doigt. Il y a tellement de choses que vous ne savez pas, et c’est bien normal, il faut des dizaines d’années d’études et d’expérience avant de commencer à maîtriser le sujet, mais la chose la plus importante que vous ne savez pas, c’est l’ampleur des choses que vous ne savez pas.

Le gens qui font « leurs propres recherches » ne peuvent pas le voir parce qu’ils n’ont aucune véritable expertise du sujet, mais il existe donc bien des études qui indiquent qu’il n’y a pas de lien entre l’autisme et l’aluminium des vaccins. Si vous n’arrivez pas à réconcilier ce que disent les experts et ce que vous comprenez des études sur le sujet, n’allez pas en déduire tout de suite que le problème vient des experts. Le consensus scientifique est redoutablement efficace en science. Cela ne veut pas dire que vous avez obligatoirement tort, cela veut juste dire que vous avez probablement tort. Tous les experts vous le diront. Et bien-sûr, parce que ce n’est pas votre métier, il est rationnel de vous en remettre aux experts. Ils savent de quoi ils parlent. Écoutez-les.

FIN.

Capture du 2019-08-24 20-26-43

initativerationnelle

Ou va l’argent ? La poutre dans l’œil des pseudo-sciences.

Régulièrement des médecins apportent un vernis scientifique à des rassemblements pseudo-scientifiques organisés. Pourtant, on n’en trouve aucune trace dans la base Transparence-Santé qui recense les liens d’intérêt. Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est légal ?

Si en science on cherche à savoir, en pseudo-science on cherche à prouver.

Savoir si quelque chose est vrai ou faux est un but en soi, et quoi qu’il arrive, quelque soit la direction donnée par la réponse, cela fera avancer la science. Les pseudo-sciences, elles, n’avancent que dans une seule direction, et pas forcément celle indiquée par les faits. La conclusion est acceptée à priori, les faits ne servant qu’à conforter ce que l’on sait par avance. Mais les faits sont têtus, voilà pourquoi les pseudo-sciences, qui par principe ne peuvent redéfinir leurs conclusions, sont très vite et très souvent amenées à redéfinir leurs faits et le conspirationnisme n’est jamais très loin:

  • Telle étude dit qu’ils ont tort,
  • Par définition ils ne peuvent avoir tort,
  • Donc il faut que l’étude mente, il faut que les chercheurs soient corrompus.

C’est ce qu’on appelle une réponse ad-hoc. C’est un argument légitime par ailleurs, lorsqu’il est étayé par des éléments concrets, qui est balancé à ce moment là du débat dans le seul but de ne pas avoir à admettre une conclusion rationnelle. C’est un argument par ignorance: Je ne sais pas si c’est vrai ou faux, donc c’est vrai.

La question des liens d’intérêt est complexe et inévitable en science. Il est normal qu’une personne soit rémunérée pour faire son travail. C’est un lien d’intérêt (Être payé pour faire du bon travail) qui s’aligne avec un autre lien d’intérêt (Faire avancer la science). Avoir des liens d’intérêt n’est absolument pas condamnable en soi, jusqu’à ce que ces liens entrent en conflit les uns avec les autres (Comme par exemple: « Faire avancer la science » et « Être payé pour ne pas faire du bon travail »). Pour limiter les conflits d’intérêt, il est donc essentiel que tous les liens d’intérêt soient identifiés. En médecine, c’est essentiel et c’est une obligation légale. La base de données publique, Transparence-Santé, rend accessible l’ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d’intérêts qu’elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé. C’est un outil relativement récent, perfectible (Par exemple, quand la totalité du budget d’une convention est attribuée à un seul docteur, des sommes fantaisistes apparaissent et peuvent faire bondir), mais c’est un outil précieux. Il permet de savoir. Les pseudo-sciences, comme à leur habitude, s’en servent pour prouver. Ils font la confusion entre lien d’intérêt et conflit d’intérêt.

Le « J’accuse ! » d’AIMsIB Zola

(Notez le « Jean », et pas « Jean-Marc » sur la colonne de gauche qui indique que cette image ne concerne même pas JM. L., le médecin que l’AIMsIB met en cause)

Pour l’AIMsIB, par exemple, figurer dans cette base est la preuve même qu’il y a conflit d’intérêt. Notez la petite touche conspirationniste après le tableau qui dit en somme: « En plus, on sait que vous ne dites pas tout ». Le médecin de l’AIMsIB ne sait en fait rien concernant ce confrère particulier, et pose un argument d’ignorance.

Ce médecin de l’AIMsIB n’en revient pas de voir le nombre de déclarations de son confrère. Lui, n’est pas particulièrement présent dans cette base de données et c’est particulièrement étonnant. On en revient encore moins. Les différents congrès auxquels il participe ont toutes les apparences de liens d’intérêt. Ne devraient-ils pas être déclarés conformément à la loi ?

Transport, repas, hébergement, cette base de données permet de se rendre compte des sommes engagées. En ce qui concerne les gens qui se soustraient à cette obligation, en revanche, le secret est total. Les conflits d’intérêt s’épanouissent dans le secret, certaines personnes qui ne figurent pas dans cette base ont probablement plus de conflits d’intérêt que ceux qui y figurent.

Agir pour la santé financière

Par exemple, ce médecin de l’AIMsIB a participé au congrès « Mieux vieillir ou rester jeune ? Tous concernés ! » organisé par Agir Pour la Santé Naturelle. Il en a même fait la réclame.

Les congrès Agir Pour la Santé Naturelle, c’est 90 euros par personne pour la journée, 120 euros pour le weekend.

Après s’être acquitté du droit d’entrée, le visiteur pouvait assister à la conférence du médecin de l’AIMsIB sur les bienfaits de l’eau de mer tels que découverts par René Quinton, avant de retourner dans le hall d’exposition ou se trouvait, entre autres, l’entreprise qui détient l’exclusivité de la distribution de la « Thérapie Marine QUINTON » en pharmacies et parapharmacies.

Sur le site web du congrès, on remarque même que le lien ne pointe pas vers le site de l’entreprise en général, mais vers une page dédiée aux produits de la marque Quinton.

Sur le site web du congrès, on peut également se payer l’image du médecin de l’AIMsIB dans sa conférence sur Quinton pour 9 euros.

Un congrès est rarement une entreprise philanthropique. Les enjeux financiers sont tels qu’il est légitime de se demander dans quelles conditions a été négociée la caution scientifique apportée par le médecin. La base Transparence-Santé pourrait y répondre. Elle devrait y répondre. Elle n’y répond pas.

Le conflit d’intérêt, c’est la poutre dans l’œil des pseudo-sciences, et le sophisme naturaliste en est largement responsable. Le naturel, c’est toujours beau, toujours bon, toujours plein de bons sentiments, généreux et positifs. Comment imaginer qu’on puisse vanter le naturel « pour de l’argent » ? Déclarer des liens d’intérêt dans un congrès sur la santé naturelle, mais pourquoi faire ? L’appât du gain, c’est les labos. Non ? Et donc, naturellement, on entend souvent: « Oui mais moi, c’est pas pareil. Moi je ne le fais pas pour l’argent, je le fais pour les ptis enfants. En plus moi je suis pas un méchant labo, moi je suis une gentille association toute mignonne ». Ces personnes ont tort. Ce n’est pas à eux de décider les liens d’intérêt qu’il faut déclarer. Le législateur l’a fait pour eux.

Analogie routière:

– Regardez le conduire, il faudrait lui retirer son permis à ce type.
– Mais vous on vous voit souvent rouler à fond, vous avez pas peur qu’on vous retire le votre ?
– Ça risque pas d’arriver, moi j’ai jamais passé le permis. Pas besoin, je roule naturellement bien.

Chassez le naturel, dans la base Transparence-Santé.

Pour être tout à fait clair: Il est parfaitement possible que ce médecin de l’AIMsIB n’ait réellement aucun lien d’intérêt à déclarer, parce que pour toutes ses participations, par exemple, il fait le trajet sans se faire rembourser aucun frais, il dors peut-être dans sa voiture, mange le jambon-beurre qu’il a préparé avant de partir, etc.

Ce médecin de l’AIMsIB n’est pas cité ici parce qu’il serait une exception, c’est un cas cité en exemple d’une situation qui semble établie: On ne retrouve pas de trace de médecins participant à des rassemblements pseudo-scientifiques organisés dans la base Transparence-Santé. Est-ce problématique que cette information soit absente ? Oui. Penser que les conflits d’intérêt ne peuvent concerner que la science établie est un sophisme. C’est un double standard. Est-ce conforme à la loi ? Vérifions.

Sur le site Transparence-Santé, une note d’information nous explique dans quels cas la déclaration de liens d’intérêt est obligatoire. Il faut d’un coté une entreprise répondant à certaines conditions et de l’autre un membre d’une profession incluse dans la liste fournie.

On peut valider d’emblée le second critère. Si le médecin de l’AIMsIB est bien médecin, alors cette condition est remplie.

Donc, quelles entreprises ont pour obligation de déclarer leurs liens d’intérêt avec un médecin, fût-il de l’AIMsIB ? Pour faire simple, toutes celles qui ont quoi que ce soit à voir avec un produit relevant de la compétence de l’ANSM.

Et elle est compétente sur un paquet de choses en fait.

L’homéopathie, par exemple, est un produit relevant de la compétence de l’ANSM et des labos qui en fabriquent se retrouvent dans la liste des exposants du congrès.

Oui, vous avez bien lu: Des laboratoires pharmaceutiques financent le congrès Agir Pour La Santé Naturelle.

Mais ce n’est pas tout. Les entreprises qui fabriquent ou vendent des huiles essentielles, des plantes médicinales ou tout autre produit a finalité sanitaire sont également soumises à déclaration.

Ces entreprises sont également présentes sur le congrès. En masse.

« Holà ! Minute papillon ! Faut pas tout mélanger. Ces labos, tous ces marchands du temple naturel, ils n’ont engagé aucun médecin, ils n’ont pas non plus organisé ce congrès, que je sache ! » s’exclamera le lecteur aussi sagace que fictif.

Et c’est vrai. Le congrès est organisé par ASN Savoie. Une société commerciale visiblement crée dans le but unique d’organiser le congrès ASN.

Sauf que…

Dans un congrès, l’exposant est une entreprise qui paye un prestataire, l’organisateur du congrès, dans le cadre d’une activité de communication et/ou de vente.

Des entreprises, qui payent un prestataire qui lui va inviter des médecins, c’est aussi prévu par la loi. Il faut le déclarer !

En conclusion:

  • Ces congrès n’apparaissent nulle-part dans la base de données Transparence-Santé.
  • Pourtant, si des entreprises commerciales ayant trait à la santé, même naturelle, s’y trouvent, tous les liens d’intérêt qui s’y déroulent devraient être révélés, de même que sont révélés tous ceux que les partisans des pseudo-sciences adorent pointer du doigt quand ce n’est pas leur nom qui apparait.
  • Dénoncer un manque de transparence, tous en s’autorisant une absence totale de transparence, c’est un double standard flagrant.
  • C’est probablement contraire à la loi.
Bonus: Des liens sans intérêt ?

C’est un argument récurrent dans les pseudo-sciences qu’on dit forcément la vérité lorsqu’on a rien à vendre et qu’on ment forcément lorsqu’on est rémunéré. L’argument est en soi irrationnel, puisque dire la vérité ou mentir est une question distincte de celle de savoir si quelque chose est vrai ou faux, (il est par exemple tout à fait possible d’avoir tort de bonne foi), mais il est également ridiculement hypocrite dans une écrasante majorité des cas.

Ici, par exemple, on nous parle d’un livre qu’on peut acheter, écrit par un membre de l’AIMSiB qui n’a rien à vendre. Dans la même phrase.

(extraits)

Ce membre de l’AIMsIB qui n’a rien a vendre a une liste de livres longue comme le bras long des labos dans la tête d’un conspirationniste. Ils sont tous à vendre.

Quand le tome 4 de la dernière série de livres de ce membre de l’AIMsIB qui n’a rien à vendre est en vente, l’AIMsIB ne perd pas de temps et assure immédiatement sa promotion.

L’AIMsIB, soupçonne tous les chercheurs de la planète de mentir au détriment de la vérité. Pour de l’argent.

Et puis, sans transition, idée cadeau pour Noël: Donnez de l’argent à un membre de l’AIMsIB.

Euh… Oui, mais eux, c’est pas pareil.

Dire « Les autres gagnent de l’argent, ils le font pour l’argent. Nous, nous gagnons de l’argent, nous le faisons pour la vérité », c’est un double standard.

Le public en sait généralement très peu sur la manière dont est rémunéré un scientifique. Le conspirationniste, sans trop y réfléchir, aime probablement imaginer que les labos rédigent des chèques à l’ordre du concessionnaire qui ira directement livrer la nouvelle corvette au domicile du chercheur. En réalité, il arrive très souvent que le chercheur touche un salaire fixe. Que le financement provienne de A ou de B, que l’étude dise oui ou non, la science avance et le scientifique est payé pareil. C’est la définition même d’une absence de lien d’intérêt. Mais pas pour le membre de l’AIMsIB qui n’a rien à vendre sauf ses livres mais lui c’est pas pareil. Pour lui, même quand il n’y a pas de lien d’intérêt il y a encore conflit d’intérêt:

Et oui, regardez en jaune, tous ces labos financent la recherche et c’est honteux, il parait. Selon l’AIMsIB, tous les gens rémunérés par ces entreprises ne peuvent être pris aux sérieux. Les auteurs de cette étude sont salariés. Dans un hôpital. Universitaire. Public. Ils sont payés pareil, quel que soit le résultat. Mais on ne peut pas croire ce que dit cette étude. Il y a conflit d’intérêt. Puisqu’on vous le dit.

Le problème, c’est qu’a force de ratisser large dans la conspiration mondiale généralisée, on finit par attraper les copains aussi, comme cette autre membre de l’AIMsIB, salariée elle aussi de la marque jaune, et donc absolument pas digne de confiance non plus, donc. À cause de ses conflits d’intérêt.

Il faut être cohérent.

« L’argent corromps tout le monde, sauf moi », ce n’est pas cohérent.

« Tous corrompus, sauf les copains », ce n’est pas cohérent.

followthemoney696

initativerationnelle

La susceptibilité de la maman antivax

Il y a quelques temps, Anne Gourvès nous faisait part de son opinion sur les vaccins en mettant en avant son diplôme de biologie. L’examen de ses allégations avait montré que les arguments avancés n’étaient que le mélange classique de pseudo-science et de désinformation que l’on peut trouver dans n’importe quel discours anti-vaccination. Un an plus tard Anne Gourvès, qui n’a pas aimé l’analyse rationnelle de son texte, publie un second texte qui se veut une réponse. Il peut se résumer en une seule phrase:

Encore plus de la même chose !

[INTOX] Le droit de réponse d’une maman biologiste

La science, très littéralement, est la découverte du monde qui nous entoure et la méthode scientifique est un excellent moyen d’y parvenir. C’est la seule méthode connue qui permette de s’abstraire de l’expérience personnelle. C’est la seule méthode connue qui comporte un dispositif d’auto-correction. Ce n’est pas une méthode infaillible, ce n’est que la meilleure méthode connue.

La méthode scientifique comporte un certain nombre de règles. Les règles de base sont à la fois les plus simples et les plus importantes. Elles ne peuvent pas être transgressées. Si l’on ne suit pas les règles de la méthode scientifique, alors on ne fait pas de la science. Et l’une des règles de base, c’est l’argumentation rationnelle. Un argument, dans sa plus simple expression, ne concerne que deux choses: Les prémisses, qui sont les faits examinés, et la conclusion qui découle de ces faits. Si les faits sont vérifiés, alors la conclusion logique doit être acceptée. Ce n’est pas une suggestion, ce n’est pas optionnel, c’est une exigence de la logique, on ne peut pas faire autrement. On sait que la conclusion est vraie. À contrario, la conclusion doit être rejetée si elle ne découle pas directement des prémisses, ou si l’on est incapable de s’assurer de la validité des prémisses. Ce n’est pas une suggestion, ce n’est pas optionnel, c’est une exigence de la logique, on ne peut pas faire autrement. Si une conclusion est rejetée, cela ne veut pas dire qu’elle est fausse. Cela veut simplement dire qu’on ne sait pas si elle est vraie.

Quand on a compris cela, on a compris le plus important: En science, on cherche à savoir, on ne cherche pas à prouver. C’est une différence fondamentale, et si vous ne retenez que cela, vous en saurez déjà plus que tous les antivax du monde. Vous en saurez plus qu’Anne Gourvès, par exemple.

Anne Gourvès cherche à prouver. Elle part de la conclusion que les vaccins sont nocifs et/ou ne marchent pas, puis détaille les prémisses susceptibles de l’aider à prouver ce qu’elle a déjà décidé par avance. Ce n’est pas de la science, c’est de la pseudo-science.

Parce que sa conclusion est figée une fois pour toute, il lui est impossible de se remettre en cause. Il est impensable pour elle de même considérer la simple possibilité qu’elle puisse avoir tort. C’est la raison pour laquelle Anne Gourvès ne vérifie pas. Jamais. Par principe. Par exemple, si on lui parle du texte de loi qui tourne en boucle dans les caisses de résonance antivax mais qu’elle n’a probablement jamais lu parce qu’il ne contient absolument pas ce qu’elle imagine, elle n’ira pas vérifier (VIII). Elle dira « mais si c’est vrai », sans rien citer. Si on lui dit que la décision du conseil d’état ne contient pas ce qu’elle affirme, elle dira « mais si c’est vrai », mais elle n’ira pas vérifier (XII). Elle est tellement sûre qu’il ne peut pas exister d’étude qui montre l’efficacité du vaccin contre le tétanos, qu’il est inutile pour elle de prendre la peine de vérifier (XXI). Anne Gourvès veut vous prouver qu’elle a raison, mais elle ne veut pas savoir si elle a raison.

Bien-sûr, il y peu de chances qu’elle avoue cela a qui que ce soit, peut-être même pas à elle même. Non, la version officielle, qui est celle de tous les antivax du monde, est qu’elle cherche vraiment à savoir et qu’elle est arrivée à cette conclusion parce qu’elle a fait ses propres recherches (V), ce qui est parfaitement faux. Les raisonnements les plus basiques lui échappent (XVI). Socrate disait: « Citer, ce n’est pas savoir, surtout à l’époque d’internet ». Anne Gourvès cite des choses fausses (XXI), des choses vraies pour en déduire des choses fausses (X) et ne cite pas les choses qui l’embarrassent (IX,XXI). C’est la cueillette de cerises classique de quelqu’un qui cherche à prouver là ou un scientifique chercherait à savoir.

Au final, que retenir de sa réponse ? Les affirmations factuellement fausses sont assumées, induire le lecteur en erreur sur son activité et ses compétences réelles est assumé, la plupart de ses réfutations n’en sont pas puisqu’elles ignorent l’argument auxquelles elles répondent, et le reste n’est que nouvelles affirmations infondées à base de « mais si c’est vrai ». En clair: Encore plus de la même chose.

Certaines personnes pensent qu’une décision de justice peut contraindre la réalité. C’est faux. De même, une étude scientifique est contrainte par la réalité, pas l’inverse. Anne Gourvès voudrait que la réalité se plie à sa volonté et elle n’aime pas qu’on lui rappelle que la réalité, c’est ce qui reste même quand on y croit pas. Elle peut croire et dire ce qui lui chante, si elle ne se fait pas passer pour une scientifique ayant un discours scientifique.

Une impression de déjà vu ?

Vous n’êtes pas, mais alors pas du tout tenu de lire la suite, qui passe en revue les nombreux sophismes de la réponse d’Anne Gourvès. Attention, nul examen ici de son argumentation sur les vaccins, cela a déjà été fait dans l’article original. Nous sommes ici pour analyser sa réfutation de la critique qui en a été faite.

Dans l’article original, certains détails avaient été rendus volontairement très vagues. Anne Gourvès revient sur le sujet et fait des affirmations qui exigent quelques corrections. Il sera donc parfois nécessaire d’être un peu moins vague sur son parcours.

I

Bon, Anne, ça commence mal. Nulle part dans l’article original on ne trouvera une quelconque accusation de falsification des sources. Une falsification de sources, c’est quelqu’un par exemple qui bidonne les chiffres et rien de tel n’a été affirmé ici.

Également, ce n’est pas un droit de réponse, que vous me faites là, et pour deux raisons. La première est qu’un droit de réponse aurait été publié ici même, sur le site mis en cause. La revue affirme qu’il est impossible de répondre sur le site mais ils n’ont même pas essayé. La seconde est que de toute façon, le droit de réponse n’existe pas dans ce cas. Pour quelle raison ? Parce que cela ne s’applique pas quand pour répondre il suffit de laisser un commentaire, ce que vous n’avez même pas cherché à faire.

Trouver de telles erreurs dès le chapô ne présage rien de bon.

Affirmations infondées.
Erreurs facuelles.
Pas de réfutation.

II

La revue Nexus n’écarte pas la possibilité qu’à la lecture de sa « mise au point (point d’exclamation) » l’article original disparaisse dans la honte et le déshonneur. Bon, la même revue n’écarte pas non plus la possibilité de couper les cheveux de la nuque pour se libérer de nœuds émotionnels. Ils sont … disons … optimistes.

Vos propos, Anne, ne sont pas présents in-extenso. Le lecteur ne pourra malheureusement pas les lire dans leur intégralité à moins d’acheter le magazine, ce que je ne conseille pas.

Pas de réfutation.

III

Votre argument est que parce que vous avez étudié la biologie, vous avez étudié plein d’autres choses en même temps et que du coup vous pouvez vous exprimer sur n’importe quel domaine scientifique. La réponse est oui, c’est vrai, vous pouvez faire tout ça. Exprimez-vous.

Mais affirmer que vous êtes capable de comprendre un domaine n’est pas un argument valable pour vous en prévaloir. Un diplôme ne montre pas que vous êtes capable de comprendre un domaine, il montre que vous l’avez effectivement étudié, d’abord, puis compris. C’est la raison pour laquelle il n’existe pas juste un doctorat unique en « trucs scientifiques » qui marcherait pour tout. Se prévaloir d’un diplôme pour s’exprimer sur un domaine autre est, et reste un sophisme. L’argument d’autorité est avéré.

Je note que vous vous dites aujourd’hui « cadre dans le domaine de la dermatologie », ce qui est en contradiction avec ce que disait l’article original. Votre dermatologie, ce n’est pas de la pharmaceutique. Votre diplôme et votre spécialisation en dermatologie font que vous en savez probablement beaucoup sur la dermatologie. Vous pouvez donc vous exprimer sur la dermatologie en disant « regardez mes diplômes et ma carrière ».

Mais vous êtes employée par un groupe très clairement structuré: D’un coté le pôle dermo-cosmétique, de l’autre le pôle médicament. Vous, vous travaillez dans le pôle dermo-cosmétique mais vous étiez présentée comme « cadre dans l’industrie pharmaceutique », ce qui est au mieux une généralisation abusive qui entretient la confusion, au pire un mensonge. L’argument d’autorité est avéré.

Sophisme de composition.

IV

Si vous suiviez mon raisonnement, vous n’auriez pas dit ça. Ce que je signale, c’est que lorsque l’un des arguments pour convaincre est « regardez mes diplômes », l’argument ne vaut que lorsque les diplômes montrent une expertise dans le domaine en question. Sinon, c’est un sophisme, un argument d’autorité usurpé. Votre texte commence par « Maman biologiste » et « PhD en génotoxicologie » dès le chapô. Vous êtes présentée comme « cadre dans l’industrie pharmaceutique ». Pourtant, aucune de ces précisions ne permet de connaître vos compétence en vaccinologie, en épidémiologie, ou en droit. (Vous avez oublié de dire en quoi votre diplôme était pertinent pour faire une analyse du droit français).

Épouvantail.

V

Je n’ai rien constaté de tel, et c’est la raison pour laquelle il y avait tant à dire. Les passages ou vous donnez votre avis sont nombreux. Les sources que vous citez vous contredisent en permanence. Votre « réflexion » est superficielle. Toute cette page et l’article original sont la confirmation que ce que vous affirmez là est factuellement faux.

Erreurs factuelles.
Pas de réfutation.

VI

Vous souhaitez donc nous expliquer ce qu’est un vrai conflit d’intérêt. C’est gentil, mais inutile pour deux raisons. La première est que la définition est beaucoup plus large et inclusive que ce que cherche à nous faire croire votre petite définition personnelle. La seconde est qu’il n’est pas question de conflit d’intérêt ici, mais d’accusations gratuites.

C’est l’accusation de conflit d’intérêt que vous utilisez pour décrédibiliser une personne, pas le conflit d’intérêt en lui-même. À aucun moment vous n’avez apporté la moindre preuve de la culpabilité de cette personne qui, pas plus que vous, n’est capable de prouver une absence de conflit d’intérêt. Donc oui, si vous dites que telle personne a peut-être des conflits d’intérêt en raison de son métier, on peut dire la même chose vous concernant.

N’a pas compris l’argument.

VII

Rationnel ou pas importe peu puisque ce n’est pas ce qui a été dit. La « rationalité des arguments débattus », ce n’est pas « l’impartialité d’une personne ». Le premier est un élément objectif indépendant du contexte, pas le second. Répondre, c’est bien, répondre à ce qui a été dit, c’est mieux.

Épouvantail.

VIII

Le répéter à nouveau ne rendra pas cela vrai pour autant. Les « textes de loi cités en référence » ne disent rien de tel, parce qu’en référence, ce n’est pas un texte de loi, c’est un blog sur Mediapart.

Vous avez fait une affirmation infondée et quand on vous le signale, vous dites: « Mais si, cherchez bien… Cherchez mieux… ». Non. La charge de la preuve vous incombe. Est-ce si difficile de citer ? De faire un copier-coller ? Vos affirmations sont infondées.

D’autre part, je suis relativement sûr que vous êtes incapable de prouver ce que vous avancez étant donné que par plusieurs fois et depuis des années le conseil d’état a rappelé ce que vous refusez de croire: Un vaccin multivalent dont l’une des valences au moins est obligatoire sera indemnisable en cas d’effet secondaire même s’il est impossible de déterminer quelle valence est en cause.

Décision du conseil d’état n° 327915, 24/04/2012

Plus de la même chose.

IX

La fiche complète, oui. Hématotoxicité chez le lapin, neurotoxicité modérée chez le rat ou la souris. Avec une dose sans effet toxique observable: 80mg/kg/j. Vous reconnaissez que des effets sont possibles, mais vous niez dans quelles conditions alors que cela provient de la même source ? Vous exprimez votre point de vue en choisissant d’ignorer la partie qui vous dérange, c’est un double standard.

Même si on se dit en prenant large qu’il y a plus de phénoxyéthanol que de substance active dans un vaccin, ce qui est faux, même si on prend super large et qu’on considère qu’on parle d’un enfant de 1Kg pas plus, alors à environ 100 000 vaccins par jour on aurait toujours une dose sans effet toxique observable. (Peut-être une petite rougeur sur le bras). Si on prend super, mais alors super large et qu’on dit que le phénoxyéthanol n’est jamais éliminé, alors qu’on sait que c’est pas vrai, une injection par mois ne posera pas de problème, même après 10000 ans (Peut-être une légère fatigue).

Tout ceci provient de la lecture de la fiche complète, que vous citez.

Donc voilà, avec vos a peu près et vos que penser, vous essayez d’instiller le doute sur des données pourtant connues et très largement en dessous des estimations les plus pessimistes. Une lingette tous les jours pour sentir bon, un vaccin ponctuellement et exceptionnellement pour sauver une vie, non ce n’est pas la même chose.

Double standard.

X

Bla, bla, bla, … Non. J’ai coupé avant la fin. Votre argument était de dire qu’il faut interdire quelque chose parce qu’il est classé comme cancérogène certain. Je vous ai montré que cet argument est inepte parce que ce n’est pas à ça que sert ce classement. Il évalue un danger, il ne dit rien du risque. Si vous voulez remettre une pièce dans la machine à sophismes, écrivez un nouvel article. Ici, nous étudions ce que vous avez à dire sur la critique de vos arguments précédents.

Épouvantail.
N’a pas compris l’argument.

XI

Tout le monde sait comment l’interpréter: Comme inférieur à 0.1mg.

« Environ », ça veut dire « inférieur » ou « supérieur ». La loi de non contradiction fait que « inférieur », ce n’est pas « environ ». Voilà que vous vous en prenez aux mots de la langue française, maintenant.

Erreurs factuelles.

XII

On noteras l’argument « mais vous avez pas tout lu, lisez tout et revenez me voir » qui est parfaitement invalide. S’il y a quelque chose de faux à relever, dites-le et dites clairement pour quelle raison. Les commentaires ici sont précis et référencés. Inutile, par exemple, de lire autre chose que la décision du conseil d’état pour constater que vous raconter n’importe quoi sur la décision du conseil d’état.

Donc, le tribunal a dénaturé les pièces du dossier ? Mais en faisant quoi ? C’est pourtant écrit juste avant: « en estimant que l’état des connaissances scientifiques excluait tout lien ». Et pourquoi c’est pas bien ? C’est aussi écrit: « il y a lieu de prendre en compte le dernier état des connaissances scientifiques, lesquelles peuvent être de nature à révéler la probabilité d’un lien entre une affection et le service »

Décision n°345411

En clair: Il ne faut pas dire qu’il y a un lien, il ne faut pas dire qu’il y a pas de lien, il faut dire que pour le moment on ne sait pas. C’est l’état des connaissances scientifiques, tel que reconnu par le conseil d’état, tel que décrit dans le rapport de la HAS. C’est donc très exactement ce qui était rappelé. Aucune remise en cause du rapport de la HAS donc, qui n’est même pas cité et qui surtout dit la même chose. Je vous invite à lire les documents que vous citez, cela vous évitera des déconvenues.

Et, il semblerait que vous ayez complètement oublié de répondre à la dernière partie. Je vais donc le faire pour vous: Lorsque l’on parle de « persistence in situ« , on parle de persistance sur le site d’injection. C’est la définition actuelle de la MFM. Vous vous en servez pour affirmer que c’est la preuve d’un lien avec des symptômes distincts alors que rien dans cette citation ne l’indique. C’est donc une manipulation.

Affirmations infondées.
Erreurs factuelles.
Plus de la même chose.

XIII

Bien, je corrige: Votre employeur était le numéro deux mondial de l’homéopathie jusqu’à la cession de la branche.

(Sans vouloir tuer le suspense, Anne, ce sera la seule objection factuellement correcte de toute votre intervention).

À nouveau, vous êtes complètement passée à coté de l’argument. Vous parlez d’une personne qui en 2007 travaillait pour un laboratoire et pour cette seule raison vous mettez en doute ses motivations actuelles. Je vous signale donc qu’en 2006, vous-même avez travaillé pour le numéro deux de l’homéopathie et que pour cette seule raison on pourrait mettre en doute vos motivations actuelles.

Ces insinuations sont irrationnelles. C’était un peu le but, c’était évident, mais félicitations quand même pour l’avoir remarqué. Et puis si vous ne l’aviez pas vu, il y avait toujours la ligne d’après qui explique exactement ça. Quelle dommage que vous ayez omis de la citer:

« Il est impossible de prouver une absence de collusion et toutes les accusations du précédent paragraphe sont par construction irréfutables. Elles sont donc irrationnelles et le raisonnement est invalide. Néanmoins, ce sont les mêmes arguments employés par l’auteure pour ne pas avoir à répondre à la contradiction. »

Allez, encore une fois: C’est l’accusation de conflit d’intérêt que vous utilisez pour décrédibiliser une personne, pas le conflit d’intérêt en lui-même. À aucun moment vous n’avez apporté la moindre preuve de la culpabilité de cette personne qui, pas plus que vous, n’est capable de prouver une absence de conflit d’intérêt. Donc oui, si vous dites que telle personne a peut-être des conflits d’intérêt en raison de ce qu’elle faisait en 2007, on peut dire la même chose de vous concernant 2006.

Correction valide !

N’a pas compris l’argument.

XIV

La littérature et la littérature scientifique, ce n’est pas la même chose. Vivement qu’un jugement déclare optionnelle la gravité, on pourra tous se promener dans les airs. Et bien maintenant on sait: Vous avez choisi de passer un rapport scientifique sous silence en lui opposant une source légale qui ne le contredit même pas. On vous l’a dit et pourtant vous n’avez même pas pris la peine de vérifier avant de répondre: Quand vous dites qu’il y a un jugement de ce rapport par le conseil d’état, vous racontez n’importe quoi. Pas une seule fois le rapport n’est évoqué et surtout, pas une seule fois le conseil d’état ne dit quelque chose qui contredirait ce rapport.

Je vous le remet ? Allez, je vous le remet.

Décision n°345411

Sophisme de composition.
Erreurs factuelles.
Encore plus de la même chose

XV

Vous niez ce qui a été dit sur les revues prédatrices ? Le NewYorker, Le Time, Le New York Times, sont des sites internet peu sérieux qui ne sont pas de votre avis. La revue peu sérieuse Nature en a fait une étude systématique.

Comment sait-on que Current Medicinal Chemistry accepte n’importe quoi ? Justement parce qu’une étude peu sérieuse a été acceptée. Les propos ont été analysés, on les retrouve sur le site de l’OMS.

Alors vous, quand on vous dit « Cette étude c’est n’importe quoi, normal qu’on la retrouve n’importe ou », vous répondez « Eh! C’est pas n’importe ou! ». Pas un seul mot sur l’étude. Pas un seul. Pas envie « d’analyser les propos » du GACVS en vous « basant sur des faits et non des jugements » ? Le site internet peu sérieux, c’est celui de l’OMS, c’est ça ?

Épouvantail.
N’a pas compris l’argument.

XVI

Tiens, vous refaites votre raisonnement « Si il dit pas non, alors il dit oui« . Il était déjà faux quand vous parliez de la décision du conseil d’état, il est également faux ici. Si il dit pas non, alors il dit on ne sait pas et votre « c’est comme si » est invalide.

Cette limite de 5 mcg concerne les enfants prématurés ou ayant des fonctions rénales déficientes. Elle s’applique aux enfants prématurés ou ayant des fonctions rénales déficientes. C’est tout.

Épouvantail.
Faux dilemme.

XVII

Ici aussi, vous racontez n’importe quoi.

Comment cette étude mesure l’efficacité ? On observe un groupe de gens vaccinés et un groupe de gens non vaccinés et on constate que les gens vaccinés tombent beaucoup moins malades. C’est écrit en toutes lettres.

Est-ce que c’est efficace ? Oui. C’est écrit en toutes lettres.

Pourquoi est-ce que les conditions sanitaires n’entrent pas en compte ? Parce que qu’un groupe de contrôle, ça sert à ça.

J’ai coupé toutes les niaiseries sur ces études non publiées mais tellement plus sérieuses et parfaites. Nous étudions ce que vous avez à dire sur la critique de vos arguments précédents. Le reste n’est que détournement d’attention de votre part.

Encore une fois, vous êtes passée à coté de l’argument. L’argument est que si vous affirmez que le seul moyen d’évaluer l’efficacité d’un vaccin se fait par la mesure des anticorps, vous avez tort. Pinailler sur le contenu de l’étude ne changera pas le fait que vous avez tort.

N’a pas compris l’argument.
Erreurs factuelles.

XVIII

C’est très intéressant. Peut-être parce que vous dites la même chose que ce à quoi vous répondez, en fait. Valeur de votre commentaire: nulle. Information que vous avez passé sous silence: Il existe d’autres moyens de confirmer l’efficacité du vaccin.

Pas de réfutation.

XIX

Je vous invite cette fois-ci à relire le commentaire. Encore une fois, vous êtes complètement passée à coté de l’argument: Vous dites « L’infection confère une immunité bien supérieure », comment vous savez que l’infection vous a immunisé ? Quelle méthode ? En comptant les anticorps ? Les anticorps ne nous disent pas si on est protégé (c.f. votre brillant et précédent commentaire). Donc on ne sait pas. Choisissez. Si on sait que la maladie immunise, alors c’est valable de compter les anticorps. Si c’est pas valable de compter les anticorps, alors on ne sait pas que la maladie immunise. Si vous avez une troisième voie, documentez la par autre chose que « mais cherchez, mon vieux, c’est dans le cours ».

Affirmations infondées.
N’a pas compris l’argument.

XX

Ces résultats s’expliquent aussi parfaitement avec « Le nombre d’anticorps n’est pas un gage de non-maladie ». C’est vous qui l’avez dit. Mais là non, pas là. Ici, c’est anaérobie et puis c’est tout. Quand vos propres argument se retournent contre vous, vous les oubliez ? Vous vous en souvenez quand ça vous arrange en fait.

Il faut être particulièrement gonflé pour dire que la seule explication ce n’est pas celle qui est avancée dans l’étude que vous montrez pour dire que la seule explication c’est celle que vous avancez. L’étude que vous citez dit que vous avez tort, mais bon, c’est que les gens que vous mettez en avant pour dire que vous avez raison alors, qu’est-ce qu’ils en savent ?

Affirmations infondées.
Double standard.

XXI-1

Bon ben ça aussi c’est des conneries. (Sur la fin, la répétitivité, … on fatigue un peu et le vocabulaire s’en ressent). Il y aurait quoi ? Une efficacité importante mais qui veut rien dire et une efficacité réellement vraie mais qu’on connait pas ? C’est faux. Dans cette étude, l’efficacité est confirmée et contrairement à vos affirmations, elle ne se rapporte pas au nombre d’anticorps, mais au nombre de décès.

Erreurs factuelles.

XXI-2

Conneries encore. « Il faut bien comprendre » que l’étude, tient compte des conditions externes. À l’hôpital ou à la maison, avec du personnel formé ou pas, matériel aseptisé ou pas, …

Erreurs factuelles.

XXI-3

Et avec des conditions similaires pour les femmes vaccinées (mortalité 2/1000) et non-vaccinées (mortalité 14.1/1000), on en déduit quoi ? On en déduit que vous racontez des conneries.

Le vaccin est efficace indépendamment de l’hygiène. Ça marche mieux avec l’hygiène, mais ça marche quand même sans. Les études le montrent. Elles montrent aussi que vous prenez les scientifiques pour les gens stupides qu’ils ne sont pas. « Il ne faut pas s’en tenir au résumé » ? Sans blagues. Si vous l’aviez fait, vous auriez vu que ce que vous réclamez s’y trouve déjà.

Suivent ensuite tous les poncifs du style « si l’hygiène est efficace, alors le vaccin ne l’est pas » et autres faux choix binaires à la hygiène ou vaccin. Je passe.

La réponse est hygiène et vaccin.

Erreurs factuelles.

XXII

Si une personne vous annonce: « vous vous trompez complètement, l’herbe n’est pas verte elle est rouge vif et je vais vous expliquer pourquoi ». Son explication doit nécessairement expliquer pourquoi l’herbe est apparemment verte. Lorsqu’une hypothèse est en contradiction avec la réalité, ce n’est pas la réalité qui a tort.

À cela, votre réponse est donc de nous dire: « Considérer que le soleil a une couleur rougeâtre est un fait scientifique. Considérer que la photosynthèse tire son énergie du soleil rougeâtre est aussi un fait scientifique. Si l’herbe utilise la photosynthèse pour pousser, elle sera de quelle couleur, verte ?

Donc oui, tout le monde a vu que vous ne saviez pas ce que des bases scientifiques solides signifient.

Je parle par exemple d’une description du mode de propagation du tétanos dans The Lancet ou dans une autre publication scientifique majeure. Les implications de ce que vous avancez sont extraordinaires, elles doivent avoir un impact extraordinaire. Mais pour l’instant, l’importance de la publication ne se pose même pas, puisque vous n’avez pas montré la moindre étude qui décrit ce mode de propagation.

C’est dingue comme les parties que vous avez omis de citer vous répondent pourtant à la perfection. Au lieu de faire une réponse encore-plus-de-la-même-chose, vous auriez du les lire :

Ici l’auteure, dans un cas typique d’équivoque, met sur le même plan une « théorie » au sens scientifique (Le résultat d’un travail normalisé, indexé et publié dans une revue à comité de lecture, après vérification par d’autres chercheurs qui sont spécialistes du domaine étudié) et une théorie au sens courant (Quelqu’un dit « et si… » et crée un site web pour en parler).

Aucune étude ne permet de soutenir cette affirmation et l’argumentation se contente de tourner autour du sophisme simpliste « s’ils ont tort, c’est que j’ai raison« .

Plus de la même chose.
Faux dilemme.

XXIII

Donc vous ne répondez pas, en fait. Vous répondez à coté. Et mal. L’efficacité du tétanos est documentée dans des revues scientifiques à comité de lecture. Votre mode de propagation anaérobie se retrouve dans Nexus entre les fantômes et les ovnis. Pour me convaincre, vous citez une prof d’espagnol, parce qu’elle dit la même chose que vous. (Je l’ai coupée au montage) Vous dites que les preuves manquent alors que celles que vous apportez sont incroyablement moins convaincantes encore. Vous aviez oublié de le citer, je vous le rappelle donc:

Notez que l’auteure entend montrer que le consensus scientifique actuel soutient un mensonge qui va à l’encontre de toute une base de données scientifiques alors qu’elle s’est révélée incapable de soutenir ses propres affirmations par des données scientifiques. Ses propres données sont des allégations justement non soutenues par des données scientifiques. Elle dénonce la qualité des preuves actuelles du fonctionnement de la vaccination et elle y oppose des preuves d’une qualité très largement inférieure, c’est un double standard.

Double standard.
Pas de réfutation.

XXIV

Ne vous sous-estimez pas, vous n’avez pas fait que reprendre des faits. Comme je vous l’ai déjà dit: Les passages ou vous donnez votre avis sont nombreux. Les sources que vous citez vous contredisent en permanence. Votre « réflexion » est superficielle. Toute cette page et l’article original sont la confirmation que ce que vous affirmez là est factuellement faux.

Et vous notez aussi. C’est bien. Vous savez ce que j’en dis parce que je n’en dis rien. Parfait. Et donc, je n’ai pas fait de commentaire sur vos réflexions binaires à courte vue ? Corrigeons cela. Quelqu’un dit qu’on ne sait pas tout, vous en déduisez qu’on ne sait rien. Réflexion binaire à courte vue.

Vous finissez, comme la première fois, par dénoncer « le dogme de la vaccination ». Donc comme la première fois:

Je suppose qu’à l’époque certains n’auraient pas renoncé à dénoncer le dogmatisme de Galilée qui s’entêtait dans ses expérimentations rigoureuses et qui refusait de voir la vérité que toute sa science obscurcissait.

Vous n’êtes pas Galilée, Anne Gourvès. On vous dit que vous avez tort, non pas pour des raisons extérieures à vos affirmations. On vous dit que vous avez tort parce que c’est vrai.

Erreurs factuelles.
Épouvantail.
Faux dilemme.

Bilan

  • Problèmes d’argumentation:
  • Données factuelles:
    • Erreurs factuelles: I, V, XI, XII, XIV, XVII, XXI, XXIV
    • Corrections valides: XIII
  • Réfutations:
    • Sans réfutation: I, II, V, XVIII, XXIII
    • Réfutations invalides: III, IV, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV
    • Réfutations valides: Aucune.

Plus de la même chose, revient à dire « mais si c’est vrai » sans apporter aucun argument supplémentaire pour réfuter la critique. C’est une variante de l’affirmation infondée.

N’a pas compris l’argument, revient à répondre sur autre chose que l’argument en lui même. Si l’on est charitable, on imagine que ce n’est qu’un problème de compréhension, mais cela tient quand même beaucoup du détournement d’attention et de l’épouvantail.

La moitié de vos tentatives de réfutation étaient à coté de la plaque, Anne, soit parce que vous aviez mal repris mes propos, soit parce que vous n’aviez tout simplement pas compris l’argument et répondu à coté. Il y a également un nombre important d’erreurs factuelles et d’affirmations infondées.

Les réfutations sont toutes invalides.

Une seule correction est pertinente. Et donc:

Erratum

Affirmer que l’employeur d’Anne Gourvès est le numéro deux mondial de l’homéopathie était une erreur.

L’employeur d’Anne Gourvès était le numéro deux mondial de l’homéopathie.

Désolé de cette erreur.

Fin de l’erratum

Il est important d’être complet et précis.

Capture du 2019-07-09 17-22-12

initativerationnelle

Faire ses propres recherches, une ALU-cination collective

Ou on apprend qu’il existe bien des études qui indiquent une absence de lien entre l’autisme et l’aluminium des vaccins mais que “faire vos propres recherches” ne vous permettra pas de le voir.

J’ai appris alors que tous les vaccins désormais obligatoires pour les bébés contiennent de l’aluminium à l’exception du ROR. […] Ça m’a donné à réfléchir parce que j’aime mon chat, mais je préfère quand même mon bébé, alors j’ai fait mes petites recherches et ce que j’ai découvert est tout simplement hallucinant.

[INTOX] L’ALU TOTAL, une vidéo de 1 heure et 54 minutes de trop.

La vidéo est en général un assez mauvais média pour exposer un sujet complexe. Il faut la regarder passivement, on ne peut pas cliquer sur une source, pas de mots-clés, pas de recherche textuelle possible, et il y a une teinture émotionnelle qui s’accorde mal avec l’objectivité nécessaire à l’exposition des faits. C’est donc un excellent média pour un discours pseudo-scientifique qui chercherait à vous convaincre que la lune est plate, ou que le World Trade Center n’a jamais existé.

Une vidéo anti-vaccination …

( Les antivax n’aiment pas être qualifiés d’antivax. Ils pensent que c’est un sophisme, une attaque personnelle qui permettrait de couper court à la conversation. Ils ont tort. Ce sont les critères objectifs développés plus bas qui permettent de l’affirmer. Discours irrationnel, propagande malhonnête, représentation biaisée du consensus scientifique, expertise usurpée et incompréhension de la méthode scientifique. Tout y est. )

Une vidéo anti-vaccination tourne sur internet. Je ne vais pas l’analyser in extenso, …

( Les antivax aiment dire qu’on ne peut pas juger du contenu de leurs affirmations sans avoir vu/lu/entendu la totalité de leur discours. Ils ont tort. Il faudrait regarder cette vidéo en totalité pour conclure qu’elle est digne de confiance. Pour constater qu’elle ne l’est pas, il suffit de s’arrêter lorsqu’on constate qu’elle ne l’est pas. )

Une vidéo anti-vaccination tourne sur internet. Je ne vais pas l’analyser in extenso, mais simplement mettre en exergue certains exemples représentatifs qui montrent que, tant sur la forme que sur le fond, cette vidéo n’est pas digne de confiance.

Faire ses propres recherches

Une idée fausse largement répandue dans les milieux pseudo-scientifiques est qu’il serait possible, lorsque l’on est en désaccord avec le consensus scientifique, de se substituer à l’évaluation des experts pour “faire ses propres recherches”. Personne ne dit jamais: “J’ai fait mes propres recherches, ça m’a pris 18 mois, mais maintenant je peux le dire avec certitude: Les experts ont parfaitement raison”. Personne ne fait ses propres recherches en astrophysique. À chaque fois, cette démarche a systématiquement pour origine une personne qui pense connaître à l’avance la conclusion qu’elle va chercher à confirmer et qui est: Le consensus scientifique à tort et elle a raison. C’est donc une démarche parfaitement irrationnelle, pseudo-scientifique par nature, et diamétralement opposée à la méthode scientifique qui à l’inverse part des faits avant de formuler une conclusion que la personne ne connaissait pas à l’origine.

C’est une différence fondamentale. Faire ses propres recherches, c’est faire un travail de vérification, pas d’expertise. C’est une méthode qui permet de ne trouver que ce qu’on connait déjà et qui implique qu’on arrête de chercher quand on a trouvé ce qu’on cherche, puisqu’on sait par avance que c’est la bonne réponse. Ce sont deux erreurs critiques qui donnent des argumentions erronées telles que celle-ci:

Ah mais au fait, tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré. Tu te réfères probablement aux 42 études que l’American Academy of Pediatrics affiche sur son site. Alors je me permets de faire appel à ton esprit scientifique et te demande de juger de la pertinence de ces études. En effet, sur les 42 études, nous avons 27 études qui portent exclusivement sur le ROR, qui ne contient pas d’aluminium, 12 études qui portent sur le thimerosal, le conservateur au mercure, et seulement 3 qui étudient d’autres facteurs […] Et surtout, tu as remarqué, il n’y a strictement aucune étude portant sur les adjuvants d’aluminium, donc non, rien permet de conclure qu’il n’existe aucun lien entre autisme et vaccination.

C’est très exactement pour cette raison que “faire ses propres recherches” est loin d’être équivalent à une véritable expertise. Qu’est-ce que faire ses propres recherches ? On le voit bien, ici. C’est une personne qui dit “Tu as vu qu’il n’y a aucune étude sur l’aluminium parce que ceci et cela ?”. Une autre personne vérifie, regarde ceci, regarde cela, et se dit “Tiens, oui, c’est vrai”. Elle se met alors elle même à dire aux autres: “Tu as vu qu’il n’y a aucune étude sur l’aluminium parce que ceci et cela ?”. Chaque personne pense ainsi avoir “fait ses propres recherches” et perpétue une argumentation erronée, lui par un site web, elle par une vidéo, …

Parce que oui, cette argumentation est tout à fait erronée et il y a bien des études qui indiquent qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination. Tous les experts vous le diront. Et bien-sûr, parce que ce n’est pas votre métier, il est rationnel de vous en remettre aux experts. Ils savent de quoi ils parlent. Écoutez-les.

Fin.

Si vous êtes rationnel, que vous comprenez que l’expertise collective et convergente de nombreux scientifiques ayant passé 10 ans à étudier et 15 ans à travailler dans un domaine extrêmement pointu a incomparablement plus de valeur qu’une vidéo sur Youtube, vous pouvez vous arrêter de lire. La suite ne vous concerne pas. Je vais maintenant m’adresser directement et exclusivement aux personnes qui ont “fait leurs propres recherches”. Ceux qui ont bondi de leur chaise en fulminant à la lecture du précédent paragraphe. Je parle de ceux qui ont entendu l’affirmation, vérifié l’affirmation et accepté l’affirmation suivante: Il n’y a aucune étude qui écarte le lien entre l’aluminium des vaccins et l’autisme.

Vous avez tort.

La séquence en question est à la 55 eme minute de la vidéo et ne dure que deux minutes. Avant d’exiger qu’on vous explique de quelles études je pourrais bien parler parce que vous savez bien, vous, qu’une telle étude n’existe pas, prenez donc quelques secondes pour revoir la séquence et y réfléchir.

Mon propos est de vous montrer que “faire ses propres recherche” n’est pas équivalent à une véritable expertise. Il est important de comprendre que ce n’est pas parce qu’on pense parfaitement connaître un domaine, que c’est effectivement le cas. C’est pour cela qu’un diplôme spécialisé et une carrière reconnue dans le domaine sont les meilleurs garants d’une véritable expertise. Par définition, c’est avant tout une reconnaissance collective. On ne s’auto-déclare pas expert. Dire que tel scientifique est une référence mais qu’en même temps il doit faire face à l’incompréhension de ses collègues est irrationnel. Il y a contradiction dans les termes. Un expert est forcément reconnu par ses pairs. Le chercheur ostracisé par ses collègues qui marmonne “un jour, je leur ferai voir à tous” tout en finissant d’exposer ses théories sur Facebook, n’est pas un expert. C’est un méchant dans Batman.

Si là, dans le cas présent, vous pensez parfaitement connaître le domaine, si vous pensez qu’il est impossible qu’il existe des études qui indiquent qu’il n’y a probablement pas de lien entre l’autisme et l’aluminium des vaccins, mais qu’avant la fin de cet article vous vous rendez compte que vous avez tort, j’espère arriver à vous faire comprendre que “faire ses propres recherches” est une illusion: Il faut vous pointer du doigt la solution pour avoir la solution. Il faut vous faire connaître la conclusion pour avoir une conclusion. C’est un travail de vérification, pas d’expertise. Les experts, eux, ils travaillent. Ils ne sont pas sur Facebook.

Donc, vous avez fait vos propres recherches, vous avez revu la séquence, vous êtes persuadé que tout ce qui est dit ici n’est que du vent et que rien ne permet d’écarter un lien entre autisme et vaccination ? Vous exigez une réponse ? La voici: On peut conclure qu’il n’y a probablement pas de lien entre autisme et vaccination avec par exemple Taylor 2014 (Vaccines are not associated with autism: An evidence-based meta-analysis of case-control and cohort studies). Voilà.

C’est une méta-analyse extrêmement puissante, qui correspond au plus haut niveau de preuve en science, qui porte sur un nombre exceptionnellement grand de cas et qui est d’une fiabilité remarquable. C’est vraiment la première étude à lire quand on fait ses propres recherches.

Allons bon. Voilà. Maintenant vous êtes tout énervé. Vous vous dites: Tout ça pour ça ? Cette étude ne peut pas prouver qu’il n’y a pas de lien entre autisme et aluminium, puisque qu’elle ne contient que des études sur le ROR et le Thimerosal.

C’est même écrit un peu plus haut, sur l’image du milieu:

Il en va de même avec la fameuse méta-analyse de Taylor, 2014 […] qui ne contient que des études sur le ROR et le Thimerosal.

Vous pensez donc que vous avez raison, puisque vous avez fait vos propres recherches, en cherchant ou et comme on vous a dit de le faire sur la vidéo. Pourtant, et au risque de me répéter, le raisonnement développé dans cette vidéo est faux. Et même, le raisonnement développé dans cette dernière citation est faux.

Je vous laisse donc prendre également quelques minutes afin de relire …

( Oui, alors, petite parenthèse: Une autre différence est que les experts ont accès à des données que vous n’avez pas forcément. Il est utile de le garder en mémoire, lorsque vous “faites vos propres recherches”, vous n’aurez peut-être accès qu’aux documents qui servent la personne qui a fait ses propres recherches avant vous et qui vous entraîne dans sa farandole. C’est pour cela que le lien suivant pointe vers un site antivax qui contrevient au droit d’auteur, et pas vers le site de l’étude qui n’est disponible qu’en accès payant. )

Je vous laisse donc prendre également quelques minutes afin de relire cette étude Taylor 2014. Vous avez l’étude, vous avez la question (qu’est-ce que cette étude permet de savoir sur un éventuel lien entre l’aluminium des vaccins et l’autisme ?) Vous l’aurez compris, je tiens vraiment à montrer les failles de “faire ses propres recherches”. La question a été considérablement réduite et ne concerne maintenant plus qu’une seule étude.

Cette étude montre qu’il n’y a probablement pas de lien. Vous voyez ou ? Allez-y, faites vos propres recherches, nous allons patienter.

Entracte

En attendant, je vais continuer avec quelques commentaires sur la forme adoptée par cette vidéo. À l’aide de quelques passages, voyons ce qui lui vaut sans le moindre doute le qualificatif d’antivax.

Dindon et demi [00:04:51]

Oui, sauf que ces arguments sont tout simplement faux. C’est parfaitement démontré aujourd’hui par des rapports officiels ainsi que par de nombreuses études produites par des scientifiques forcément indépendants de l’industrie un peu partout dans le monde. Ces gens publient leurs travaux, ils sont accessibles et on peut les trouver. Moi, en tout cas, c’est ce que j’ai fait. Et c’est là que j’ai eu la preuve scientifique qu’on nous prenait vraiment pour de gros dindons.

Une belle carte du monde avec des petits points animés qui s’ajoutent, l’un après l’autre, encore un, et un autre, un autre, aah, un autre, aaah, il y en a plein, il y en a trop, stop, arrêtez, je suis convaincu, stooop.

Mais dites donc… Il en manque un. Laissez moi vérifier … Oui. Oui, il manque un point. Et pas des moindres. “Ou est Andrew Wakefield ?” Pourquoi le père fondateur, la rock star, le King du mouvement vaccin=autisme ne fait-il pas parti de la liste ?

  • Parce que son étude a été rétractée ? D’autres études ont été rétractées et leur auteur se trouve néanmoins sur cette carte.
  • Parce qu’il a été radié de l’ordre et interdit d’exercer ? D’autres ont été radié de l’ordre et interdit d’exercer et se trouvent néanmoins sur cette carte.
  • Parce que ce que son combat n’ a pas de rapport avec l’aluminium (ROR) ? D’autres combats n’ont aucun rapport avec l’aluminium (Thimerosal) et se trouvent néanmoins sur cette carte.

Si je devais deviner, je dirais: Parce que pas crédible et célèbre, ça pose un pose un gros problème d’image. Pas crédible et pas connu, ça pose un point de plus sur la carte.

Sur les 49 noms suffisamment lisibles il y en a au moins 5 qui sont inconnus de Pubmed, la base de données de référence en matière de publications scientifiques.

D’autres sont connus, et pas en bien. Pour la période 2016-2017, Pubmed donne environ 250 études dont le titre mentionne une rétractation, pour environ 2.5 millions d’entrées au total. La rétractation d’une étude, c’est un phénomène très rare. Et bien sur ces 250 rétractations, on retrouve quand même les auteurs de 4 d’entre elles sur cette carte. 1.6 % des études rétractées sur cette période.

Je n’ai pas pris la peine de compter les études retirées (withdrawn) et qui viennent s’ajouter au total (comme celle-ci, ou celle là), je pense qu’on a compris le problème avec cette carte et, par extension, avec cette vidéo. Le “parfaitement démontré” passe par la volonté d’impressionner, de saisir par un effet de masse. Cet effet est usurpé. Cette vidéo prends ses spectateurs pour des dindons.

J’ai une vidéo de deux heures qui montre qu’on est pas des dindons.
Elle est dans la bergerie. On y va ?

Non-sens à l’état pur [00:05:18]

Pourquoi l’aluminium pose-t-il problème et pas le fer ou le zync ? Bien qu’abondant sur terre, l’aluminium à l’état naturel est associé à d’autres minéraux et n’existe pas à l’état pur et les composés qu’il forme ne sont pas toxiques pour la vie.

Cet argument est même pas faux. Utter Nonsense, diraient les anglais. En clair, c’est n’importe quoi.

Immédiatement, on note le sophisme naturaliste: “Pourquoi cela pose problème ? Parce que ça n’existe pas dans la nature. Ce n’est pas naturel.” C’est un argument irrationnel qui justifierait n’importe quoi. L’hydrogène, par exemple, serait donc extrêmement toxique avec un tel raisonnement.

Avant les années 70, on ne savait même pas que l’hydrogène pur existait sur terre. Aujourd’hui encore on se demande comment on va faire pour l’exploiter à 4000 mètres sous la mer.

Le sophisme naturaliste peut donc s’appliquer ici aussi et pour la même raison, il est clair que l’hydrogène pose un gros problème de santé publique.

Il serait donc plus prudent de cesser de respirer.

En réalité, il n’y a pas d’aluminium dans les vaccins (vous bondissez de votre siège, outragé), il y a par exemple de l’hydroxyde d’aluminium (vous vous rasseyez, dans un “hum… bon” discret). La toxicité de l’aluminium, pour être tout à fait clair, on s’en fout, s’agissant des vaccins. De même que la toxicité du mercure, on s’en foutait également s’agissant des vaccins. Le but a été déplacé, mais l’argument est classique et reste irrationnel. Le chlore est “toxique pour la vie” mais on s’en fout, s’agissant de la cuisine. Le chlorure de sodium, on en mange tous les jours. Miam.

Et on nous dit donc, qu’à l’état naturel les composés que forme l’aluminium ne sont pas toxiques pour la vie ? C’est une bonne nouvelle. Tout minéral qu’on trouve à l’état naturel finit dans la chaîne alimentaire et les habitants qui vivent à proximité des mines d’hydroxyde d’aluminium auraient sans doute été surpris d’habiter dans une zone inhabitable.

Pour résumer, il est dit que l’aluminium pose problème parce qu’on ne le retrouve pas “à l’état pur”, ce qui est un sophisme qui concerne quelque chose qu’on ne retrouve même pas dans les vaccins. C’est de l’hydroxyde d’aluminium qu’il aurait fallu parler, parce que c’est lui qu’on utilise dans les vaccins et lui, on le retrouve “à l’état pur”.

“Selon moi, j’ai raison” (Moi-Même) [00:06:58]

L’étude la plus précise à ce jour concernant la pharmacocinétique de l’hydroxyde d’aluminium est […] réalisée par l’équipe du professeur Gherardi de l’hôpital Henri Mondor de Créteil. Cette étude ché s’appelorio Khan 2013 est un article absolument fondamental, l’un des articles médico-scientifiques les plus consultés ces dernières années.

“L’étude la plus précise à ce jour”, “un article absolument fondamental”, “les plus consultés ces dernières années”. On est très impressionné. Qui le dit ? L’auteur de l’article. Le soufflet retombe. C’est sous Léonardo Di Caprio que se trouve l’info: Toxic Story, le livre de Romain Gherardi qui nous explique a quel point l’étude de Romain Gherardi est exceptionnelle, selon Romain Gherardi.

Ainsi donc, la fondamentalitude de cet été … la fondamentalité de cette étude est avérée, parce que ce serait “l’un des articles médico-scientifiques les plus consultés ces dernières années” ? Inouï. Littéralement. Personne n’a jamais entendu parler d’un registre mondial de consultation d’articles scientifiques. Romain Gherardi non plus. Lui affirme que c’est l’un des articles les plus consultés du web.

Les plus consultés du web.
Très visible, juste après la petite anecdote conspirationniste.

Il ne dit pas ou, ni comment il a obtenu cette information nous sommes donc forcé de le croire sur parole. Mais il n’existe pas non plus de base de données mondiale de consultation des sites web, ce qui fait qu’il est probable que sa constatation est plus restreinte et concerne par exemple les seules statistiques de consultation du site web de BMC Medecine. Mais surtout, cela permet de préciser qui consulte quoi, puisqu’en réalité on ne fait que compter le nombre de clics pour lire un article en accès gratuit. Pas de paywall, ou n’importe quel autre moyen qui permette de ne comptabiliser que les chercheurs et les universitaires. Non, on compte tout le monde. S’en prévaloir, c’est très littéralement un appel à la popularité. C’est un sophisme.

Romain Gherardi évoque en réalité tout l’inverse d’un article fondamental, dans son livre. Il dit que ses pairs, les scientifiques chargés d’évaluer son travail dans les revues scientifiques les plus réputées, ont rejeté son article, qui n’est donc absolument pas fondamental pour ceux qui ont une réelle expertise sur le sujet, juste pour ceux qui ont fait “leurs propres recherches”

En réalité, “cette étude ché s’appelorio Khan 2013″ est très, très, très loin d’être “un article absolument fondamental”. Lorsque les experts reconnaissent l’importance d’un article, ils en parlent. Ils en parlent d’une manière évaluée, codifiée, et reconnue. La citation, c’est le critère de reconnaissance en science et pour cet article, c’est l’absence de citations qui est remarquable. Sur Pubmed, la base de données de référence en matière de publications scientifiques, on constate qu’il n’y a que 20 citations. C’est déjà très peu, mais en plus, sur ce très petit nombre la moitié de ces citations a pour auteur l’un des auteurs de Khan 2013. C’est de l’auto-citation. Cet article supposément fondamental n’est absolument pas pris au sérieux par les experts.

Et les sophismes s’empilent, parce que le fait de couper une citation pour tenter de faire croire que cet article est très lu au sein de la communauté scientifique, alors qu’on parle en fait d’un nombre de clics qui augmente en proportion du nombre de campagnes antivax sur facebook, est une trahison des sources. C’est un mensonge.

Obsolescence programmée [00:09:05]

Les macrophages gavés de particules d’aluminium vont continuer leur petite vie de macrophages. Ils vont pour certains quitter le muscle ou a été injecté le vaccin et vont passer pépèrlito dans les canaux lymphatiques avant de s’accumuler dans les ganglions lymphatiques. C’est là que va se créer l’immunité d’ailleurs. Ensuite, au bout de 3 semaines, les macrophages chargés de particules d’alu vont entrer dans le sang petit à petit et, vous l’avez deviné, vont terminer dans les organes distants, dont le cerveau.

Rappel des méfaits: Les macrophages avalent l’aluminium et s’égayent par le sang dans tous le corps avec leur charge prête à autismer. C’est l’hypothèse des macrophages molotov

Cette explication est la clé de voûte de cette vidéo. Sans elle tout s’écroule. Pour que l’aluminium des vaccins cause l’autisme, il faut que l’aluminium des vaccins arrive jusqu’au cerveau. C’est la raison pour laquelle vous ne verrez aucun conditionnel ici. Aucune précaution oratoire. Nul “peut-être”, pas un “il semblerait”. Pour la vidéo, pour vous qui faites “vos propres recherches”, c’est un fait acquis. Aucun doute, c’est comme cela que ça se passe, tel que décrit dans Khan 2013, « L’étude la plus précise à ce jour », « un article absolument fondamental », « les plus consultés ces dernières années ».

Les experts eux, sont plus circonspects.

Je ne vais pas détailler les nombreux signaux d’alerte qui font dramatiquement baisser la plausibilité de cette étude, d’autres l’ont fait. Il est suffisant de constater que bien qu’il existe des raisons factuelles et objectives pour que l’hypothèse des macrophages molotov ne soit que cela, une hypothèse peu plausible, cette vidéo si prompte à “faire ses propres recherches” ne trouve absolument rien à redire à cette étude sur la souris, pour des doses comparativement plus rapprochées et plus importantes que celles utilisées pour la vaccination. Les experts ne sont pas de cet avis.

Pendant ce temps, l’auteur de l’étude publie des livres pour que le monde sache à quel point son travail est fondamental et si les scientifiques en charge de l’évaluation des publications les plus réputées sont incapables de le voir et bien tant pis pour eux, nananère, un jour ils comprendront, tiens, quel est ce point sur le radar ? Batman ! Encore lui.

Donc si on en croit cette étude, des macrophages molotov on est censé en trouver partout. Partout dans une souris. Pour des doses plus rapprochées et plus importantes que ce qu’on utiliserait pour un humain.

Et surtout, tu as remarqué, il n’y a strictement aucune étude portant sur les macrophages molotov chez les humains aux doses compatibles avec le calendrier de vaccination, donc non, rien permet de conclure que les macrophages molotov soient une réalité.
(cette citation n’existe pas)

Voici ce qu’aurait pu dire cette vidéo si elle avait été cohérente, ce qu’elle n’est pas. Une hypothèse fait des prédictions, comme par exemple qu’il y aurait des macrophages chargés d’aluminium dans tout le corps humain, et la vérification de ces prédictions permet de lui donner du crédit. Lorsque la prédiction n’est pas vérifiée, l’hypothèse n’est pas crédible.

Est-ce qu’il y a des macrophages molotov qui se font exploser chez les humain ? Oui, dit la vidéo qui a fait “ses propres recherches”. Peut-être pas, répondent des études, par exemple on en a pas retrouvé dans le sang ou les cheveux chez les humains.

Le cours du fifrelin [00:23:34]

“Les vaccins constituent un fifrelin d’aluminium par rapport à ce que l’on absorbe avec l’alimentation.”

[…]Le rapport conclue que l’adulte ingère 0,16 mg par kilo par semaine, environ 1,37 mg par jour pour 60 kg, et le bébé 0,43 mg par kilo par semaine, soit 0,3 mg par jour pour 5 kg. Pour rappel, une injection d’Infanrix Hexa contient 0,82mg.

FIFRELIN

Que dit la personne citée ? « Les vaccins constituent un fifrelin d’aluminium par rapport à ce que l’on absorbe avec l’alimentation. »

Quel est l’argument développé ici ? Cette personne dit n’importe quoi quand elle dit « Les vaccins constituent un fifrelin d’aluminium par rapport à ce que l’on absorbe avec l’alimentation chaque jour. »

Ainsi donc, une estimation qui existe pour une semaine est prise, puis ramenée sur un seul jour sans autre raison que de faire gonfler le résultat qui est ensuite comparé à une citation dont le sens s’en trouve de fait déformé.

On peut même prolonger ce raisonnement magistral: Une vaccination dure environ 5 minutes. Le rapport conclue que l’adulte ingère 0,16 mg par kilo par semaine, environ 0,000080 mg par 5 minutes pour 60 kg, et le bébé 0,43 mg par kilo par semaine, soit 0,000018 mg par 5 minutes pour 5 kg. Pour rappel, une injection d’Infanrix Hexa contient 0,82mg. 10 000 fois plus. Super FIFRELIN !

Mal représenter la position d’une personne pour mieux faire semblant de la réfuter, on reconnaît là le sophisme de l’homme de paille.

Ces chiffres montrent en réalité qu’il faut trois jours à un nourrisson pour absorber plus d’aluminium par l’alimentation qu’il n’y en a dans n’importe quel vaccin. Dit autrement: Le nourrisson ingère l’équivalent d’un vaccin tous les 3 jours. Pour la première injection d’Infanrix Hexa, à deux mois, ce nourrisson aura déjà absorbé par l’alimentation 20 fois plus d’aluminium que ce qui se trouve dans le vaccin.

Cela porte le cours du fifrelin à 0,05, ce qui est peu, comme le signale la personne qui est caricaturée.

Fin de l’entracte.

Si on ignore les études, il n’y a aucune étude .

Ah mais au fait, tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré. Tu te réfères probablement aux 42 études que l’American Academy of Pediatrics affiche sur son site. Alors je me permets de faire appel à ton esprit scientifique et te demande de juger de la pertinence de ces études. En effet, sur les 42 études, nous avons 27 études qui portent exclusivement sur le ROR, qui ne contient pas d’aluminium, 12 études qui portent sur le thimerosal, le conservateur au mercure, et seulement 3 qui étudient d’autres facteurs […] Et surtout, tu as remarqué, il n’y a strictement aucune étude portant sur les adjuvants d’aluminium, donc non, rien permet de conclure qu’il n’existe aucun lien entre autisme et vaccination.

Alors ? Vous avez fait vos propres recherches ? Vous savez maintenant ce que cette étude, Taylor 2014, permet de savoir concernant l’aluminium des vaccins et l’autisme ? Vous avez vu qu’elle montre qu’il n’y a probablement pas de lien ?

J’ai envie de dire non. Et j’ai envie de dire c’est normal. Parce que l’étude ne le dit pas. Voilà pourquoi “faire ses propres recherches” ne sert à rien. Voilà pourquoi quand on vous demande de “faire appel à votre esprit scientifique” c’est un piège qu’on vous tend: Vous n’avez pas l’expertise nécessaire pour vous rendre compte que ce n’est pas la peine que ce soit écrit.

Je vais bien sûr vous expliquer pourquoi, et en détail. Mais auparavant je vais vous demander de patienter juste quelques secondes pour prendre conscience de l’état d’esprit dans lequel vous êtes à l’instant. Vous avez vu l’étude. Vous êtes persuadé qu’il est impossible qu’elle démontre quoi que ce soit au sujet de l’aluminium. Maintenant repensez à tous ces experts qui s’expriment à la télé, dans les journaux, pour expliquer qu’il n’y a pas de lien entre ceci et cela. Souvenez-vous de ce que vous ressentez dans ces moments là. Parce que vous, vous savez. Vous avez fait vos propres recherches. Vous avez vérifié ceci. Vous avez vérifié cela. Vous vous dites qu’il ne sait pas de quoi il parle. Vous vous dites que quelqu’un d’intelligent qui raconte des bêtises pareilles est forcément corrompu.

Vous ne vous dites pas que vous avez peut-être tort ?

Voici comment on vous manipule

Tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré. Tu te réfères probablement aux 42 études que l’American Academy of Pediatrics affiche sur son site.

Et si vous ne le pensiez pas avant ce commentaire de la vidéo, vous le pensez maintenant. Et si vous le pensez maintenant, vous avez tort. Et vous avez tort, parce que cette vidéo vient de vous manipuler.

Personne ayant une réelle expertise du sujet ne vous renverra à cette liste s’agissant d’un lien éventuel entre autisme et aluminium. C’était bien la peine de passer en revue toutes ces études pour dire qu’elles ne parlent pas d’aluminium, alors que dès les premières lignes, il est dit très clairement qu’il n’y aura rien sur l’aluminium.

Que dit en réalité l’American Academy of Pediatrics ? Elle dit: Voici une liste d’études qui ne concerne que les questions que les parents ont soulevé au cours de la dernière décennie, et elle donne la liste: Trop de vaccins, ROR, Thimerosal.

En clair, cette vidéo vous trompe. Elle vous dit “Regardez cette liste d’études qui parle de ce qui inquiète les gens et qui ne parle pas d’aluminium. Elle ne parle pas d’aluminium. C’est inquiétant, non ?”

Aluminium et autisme, une nouvelle vieille histoire.

Tu penses peut-être à juste titre qu’il n’y a pas de lien entre autisme et vaccination et que ça a été scientifiquement démontré

En regardant cette vidéo, vous penserez peut-être que ce lien éventuel entre l’autisme et l’aluminium des vaccins est très très vieux et donc qu’il est très très anormal qu’il ne soit pas étudié. Si vous pensez cela, vous avez tort. Et vous avez tort, parce que cette vidéo vient de vous manipuler.

En réalité, cette accusation est relativement récente et la publication scientifique qui évoque pour la première fois ce lien spécifique éventuel date de fin 2011.

Avant cette date, l’autisme était supposé être causé par le vaccin ROR. Pourquoi ? Parce qu’un antivax tristement célèbre un jour l’a dit et qu’il a fallu des dizaines d’années et des sommes considérables détournées de la recherche des causes réelles de l’autisme, pour montrer que ce n’est pas vrai.

Avant cette date, l’autisme était supposé être causé par le Thimérosal. Pourquoi ? Parce qu’un antivax tristement célèbre un jour l’a dit et qu’il a fallu des dizaines d’années et des sommes considérables détournées de la recherche des causes réelles de l’autisme, pour montrer que ce n’est pas vrai.

On reconnaît là le sophisme du déplacement des buts, ou pour ne pas remettre en question la conclusion préconçue que les vaccins causent l’autisme, il faut absolument faire de nouvelles allégations quand les précédentes ne tiennent plus debout. Et donc, fin 2011, nouveau déplacement des buts et première mention dans une publication scientifique d’un lien spécifique éventuel entre l’autisme et l’aluminium des vaccins, dans une étude de Shaw et Tomljenovic, tristement célèbres pour leurs études rétactées-republiées, et dont le Comité consultatif mondial de la Sécurité vaccinale (GACVS) n’a pas manqué de rapidement détailler les nombreuses et graves failles en 2012.

Puis arrive cette vidéo qui dit: Vous avez vu ? Cette liste qui date de 2013 ne parle même pas d’aluminium. Ou sont les études qui prennent des dizaines d’années et des sommes considérables pour montrer qu’il n’y a pas de lien entre autisme et aluminium, sujet sorti d’un chapeau en 2011 ? Le ROR est un alibi, … blabla, etc.

En revanche, cette vidéo ne dit pas que pour le ROR, il s’est passé 16 ans entre Wakefield 1998 et Taylor 2014. Cette vidéo ne dit pas à quel point la liste qu’elle cite est vielle et le chiffon rouge qu’elle agite est récent.

En clair, cette vidéo vous trompe.

Cerise sur le gâteau, cette vidéo critique le fait d’avoir réalisé des études sur le ROR, études spécifiquement conçues pour répondre aux inquiétudes irrationnelles du grand public, s’en sert comme preuve que les chercheurs voudraient noyer le poisson, et réclame d’autres études spécifiquement conçues pour répondre à ses propres nouvelles inquiétudes irrationnelles.

Parce que oui, il y a bien des études qui ne s’adressent pas aux scientifiques, mais qui s’adressent au grand public. Il y en a de plus en plus, ce qui pourrait être une bonne chose, dans un monde ou il y a pléthore de temps, d’argent et de scientifiques qualifiés. Nous ne vivons pas dans ce monde.

Un esprit scientifique sain dans un corps scientifique sain

Alors je me permets de faire appel à ton esprit scientifique et te demande de juger de la pertinence de ces études. En effet, sur les 42 études, nous avons 27 études qui portent exclusivement sur le ROR, qui ne contient pas d’aluminium, 12 études qui portent sur le thimerosal, le conservateur au mercure, et seulement 3 qui étudient d’autres facteurs

Voilà un beau tour de passe-passe: Vous demander de faire appel à votre esprit scientifique, pour mieux vous faire avaler une remarque complètement non scientifique que vous êtes incapable de reconnaître en raison justement de votre manque de culture scientifique. L’esprit scientifique, cela s’apprend. Qui le possède le mieux ? Le corps scientifique. Il est rationnel de s’en remettre aux experts. Un expert, par exemple, n’écarterait jamais 39 études d’un revers de la main en fonction de ce sur quoi elles portent. Ce n’est pas très scientifique de raisonner sur ce sur quoi porte une étude, plutôt que ce sur qu’elle contient.

Par exemple, disons que le rumeur enfle que manger des Big Mac rend autiste. Après tout, un hamburger ce n’est pas très naturel, Big Food engrange des milliards, et on pourrait probablement trouver une corrélation entre les cas d’autisme et la vente de Big Mac, comme celle qui existe avec la vente de vaccins, ou celle de produits bio. Pour répondre à cette inquiétude du grand public, et bien qu’il n’y a pas de raison particulière de soupçonner ce produit plutôt qu’un autre, on va faire des études et on va se rendre compte que c’est faux.

Si quelques années plus tard quelqu’un arrive et dit: “N’importe quoi, c’est les frites qui causent l’autisme”, est-ce que vous allez écarter toutes les études qui portent sur le Big Mac, ou est-ce que vous jetterez quand même un œil à celles qui contiennent des données sur les menus (burger + frites) ? Et même si une étude ne parle que de Big Mac et pas de frites, vous, vous savez que les deux sont liés. Vous savez qu’un gros mangeur de burgers est souvent un gros mangeur de frites, surtout s’il existe un “menu obligatoire” que les gens suivent. Un autisme causé par les frites ne se verrait pas dans une études sur les gros mangeurs de burgers ?

Alors je me permets de faire appel à votre esprit rationnel. Quand on vous dit: “Ignorez ces études qui parlent du Big Mac parce que je vous parle des frites, moi”, c’est scientifique ?

Possible et plausible, ce n’est pas la même chose.

En science, au sens strict, tout est possible. Ou plutôt, rien n’est impossible. Si je montre que les vaccins ne causent pas un seul cas d’autisme dans une population de 1 000 personnes, rien ne prouve qu’il ne cause pas d’autisme dans une population de 10 000 personnes. Si je le prouve pour 10 000 personnes, je ne saurai rien pour 100 000 personnes, etc. Quel que soit le résultat de quelque étude que ce soit, le fait est qu’un lien entre l’aluminium des vaccins et l’autisme sera toujours, au sens strict, possible. En revanche, chaque étude nous montre que c’est une hypothèse de moins en moins plausible.

C’est une distinction que le grand public maîtrise forcément moins bien que les scientifiques qui savent reconnaître que l’hypothèse “l’aluminium des vaccins cause l’autisme” est peu plausible compte tenu des études actuelles, même lorsque qu’aucune étude n’écrit textuellement “l’aluminium des vaccins ne cause pas l’autisme”. C’est la raison pour laquelle, lorsque la pression est très forte, lorsqu’il y a beaucoup de gens qui font “leur propres recherches”, il faut prendre du temps, détourner de l’argent qu’on pourrait allouer à des choses bien plus plausibles, et faire une étude qui indique en toutes lettres ce que ceux qui n’ont pas d’expertise veulent à tout prix pouvoir lire.

Par exemple: Andrews 2004. Cette étude, vous la connaissez. Elle tient une place importante dans Taylor 2014. Vous avez fait “vos propres recherches”, vous savez donc qu’elle porte sur le thimérosal et vous pensez qu’elle ne peut rien vous apprendre sur l’aluminium.

C’est typiquement une étude qui essaye de répondre aux inquiétudes du grand public. Une étude du style “Le Big Mac ne cause pas l’autisme”, écrite spécifiquement pour expliquer aux parents ce que les experts soupçonnent depuis longtemps en raison de l’absence de plausibilité de l’affirmation. Et bien cette étude, sur le menu Big Mac, nous indique que les frites ne cause pas l’autisme non plus.

Cette étude analyse le nombre de doses de vaccin DP/DTP de 100 000 enfants au royaume uni. Pour faire simple, elle compare les cas d’autisme chez les enfants qui ont reçu 0, 1, 2 ou 3 doses et constate qu’il n’y a pas d’augmentation significative des cas d’autisme. Comme les vaccins DP/DTP au Royaume Uni à cette époque contiennent du thimérosal, on en déduit qu’il est peu plausible que le thimérosal cause l’autisme, et c’est en substance ce que dit le titre de l’étude. C’est un titre sur mesure pour rassurer les parents, alors qu’en réalité cette étude montre que ce sont les vaccins DP/DTP qui ne causent pas l’autisme. Les vaccins dans leur totalité, avec tous les ingrédients qu’ils contiennent.

Le vaccin DP/DTP au Royaume Uni à cette époque, contient également de l’aluminium et si la quantité de thimérosal augmente à chaque nouvelle dose, ce n’est pas la seule. La quantité d’aluminium augmente également. On en déduit qu’il est peu plausible que l’aluminium, ou n’importe que autre ingrédient du vaccin, ne cause l’autisme.

Si le thimérosal n’est que dans le DP/DTP alors que l’aluminium est dans d’autres vaccins, et que vous pensez que cela invalide cette conclusion, vous avez tort. Ça la renforce au contraire. La fiabilité de cette étude est grande parce que les parents respectent le calendrier vaccinal, cela veut dire que pour toute nouvelle dose de thimérosal, la quantité d’aluminium qui augmente correspond au vaccin DP/DTP plus tous les autres vaccins du calendrier à cette période. Plus d’aluminium avec la première dose, encore plus avec la seconde, encore encore plus avec la troisième. Avec ce type d’étude, d’autres vaccins contenant de l’aluminium devrait rendre l’effet plus visible encore, et pas moins. Pourtant, l’étude ne constate aucune augmentation significative des cas d’autismes en fonction du nombre de doses. On en déduit qu’il est peu plausible que l’aluminium cause l’autisme.

Pour être tout à fait clair, des études qui portent sur le nombre de doses, ou l’age de vaccination, même si elles ne portent pas spécifiquement sur l’aluminium, même si elles ne mentionnent pas une seule fois le mot aluminium, certaines même qui concernent des vaccins sans aluminium, doivent montrer une augmentation significative du nombre de cas d’autisme si l’aluminium des vaccins est responsable. Pour l’étude que je viens de détailler, ce n’est pas le cas. Que savez-vous des autres ? Bien entendu, quand on “fait ses recherches”, c’est à dire quand on tape “aluminium” dans Pubmed, ces études n’apparaissent pas. Et pour éviter tout risque de prise de conscience fortuite, une vidéo vous explique sur un ton sympathique pourquoi vous devez ignorer ces études. Elle vous dit sur quoi elles portent, pas ce qu’elle contiennent.

On constate que les antivax cette fois-ci n’ont pas déplacé les buts suffisamment loin, puisqu’on peut encore marquer depuis les vieilles études.

Mon propos ici n’est pas de prouver quoi que ce soit concernant le lien éventuel entre l’autisme et l’aluminium des vaccins, c’est la raison pour laquelle je ne vais pas multiplier les exemples. Une seule étude suffit pour prouver ce que j’affirme: “Faire ses propres recherches” ne marche pas. Vous avez fait “vos propres recherches”, vous avez vu cette étude et vous avez été incapable d’aller au delà de ce que les autres pointent du doigt pour vous. Et si vous pensez que c’était la dernière information qu’il vous manquait et que c’est maintenant que vous êtes un véritable expert, remarquez également que cette dernière information, on vous l’a aussi pointée du doigt. Il y a tellement de choses que vous ne savez pas, et c’est bien normal, il faut des dizaines d’années d’études et d’expérience avant de commencer à maîtriser le sujet, mais la chose la plus importante que vous ne savez pas, c’est l’ampleur des choses que vous ne savez pas.

Le gens qui font “leurs propres recherches” ne peuvent pas le voir parce qu’ils n’ont aucune véritable expertise du sujet, mais il existe donc bien des études qui indiquent qu’il n’y a pas de lien entre l’autisme et l’aluminium des vaccins. Si vous n’arrivez pas à réconcilier ce que disent les experts et ce que vous comprenez des études sur le sujet, n’allez pas en déduire tout de suite que le problème vient des experts. Le consensus scientifique est redoutablement efficace en science. Cela ne veut pas dire que vous avez obligatoirement tort, cela veut juste dire que vous avez probablement tort. Tous les experts vous le diront. Et bien-sûr, parce que ce n’est pas votre métier, il est rationnel de vous en remettre aux experts. Ils savent de quoi ils parlent. Écoutez-les.

FIN.

L’invasion des ukrainiens mutants.

La propagande anti-vaccination, tente de cacher sa propre responsabilité dans les récentes épidémies de rougeole en nous exposant toute son ignorance de la théorie de l’évolution.

[INTOX] La vaccination anti-rougeole expliquée par une spécialiste en immuno-infectiologie

“Journal de bord du capitaine. Coefficient espace-temps 2019. Nous croisons dans les parages de la galaxie antivax et c’est en orbite autour de la planète AIMsIB qu’une alerte rouge a été déclenchée. Khan essaye encore de détruire la terre, cette fois en s’arrangeant pour que les terriens fassent tout le boulot.”

KHAAAN!!! Sérieusement ! Vérifie tes sources !

Khan et ses copains sont des super-humains, libres des limitations mentales et physiques des simples humain que nous sommes vous et moi. Du fait de leur supériorité mentale, ils ont des raisonnements originaux que les simples humains ne partagent pas, mais alors pas du tout allez comprendre pourquoi…

Sur le site de l’AIMsIB, Khan, tente de cacher la responsabilité de la propagande anti-vaccination dans les récentes épidémies de rougeole en nous exposant toute son ignorance de la théorie de l’évolution. Le rôle de Khan a été est joué par différents acteurs, cette fois il est joué par … on ne sait pas qui:

En clair: Khan a des diplômes, une carrière, je vous raconte pas. Non sérieusement, je vous raconte pas. On vous dira pas qui elle est, juste que nous on a été très très impressionnés, je vous raconte pas. Non, je vous raconte pas ! Et aussi on dira pas son nom. Parce que le ridicule tue une carrière. C’est donc un argument d’autorité anonyme. Une première.

Ricardo Montalbán

Benedict Cumberbatch

La scientifique masquée

Et c’est tout à fait compréhensible. C’est toujours difficile de se retrouver lundi matin autour de la machine à café et de se voir demander: “Alors, ça s’est bien passé, ce weekend, ta contestation irrationnelle de l’expertise collective et convergente de la communauté scientifique toute entière ? Et sinon, tu as le dossier pour la réunion de 14h, ou les reptiliens l’ont mangé ?”

Et donc, que nous dit Khan dans cet épisode, hormis “Je suis une spécialiste de la rougeole, merci de me croire sur parole” ? Elle nous dit deux choses:

  • La rougeole, c’était mieux avant, quand elle était toute gentille.
  • La rougeole, maintenant, elle vous attend en bavant la nuit en bas de chez vous, elle couche avec votre amour de jeunesse, elle vous fait vous tromper quand vous comptez la monnaie, … Bref, c’est l’attaque des mutants.

La rougeole, c’était mieux avant !

Petit Khanaillou commence donc par nous expliquer que la rougeole était gentille comme tout avant la vaccinations quand elle ne tuait que 10 personnes par an, c’est à dire personne en fait, en citant des documents qui montrent bien qu’elle raconte n’importe quoi:

Déjà, une maladie mortelle, ce n’est pas bénin. Ensuite, si elle ne tue que 10 personnes par an, c’est grâce à la vaccination. Khan affirme qu’il y avait moins de 10 décès par an avant 1980, ce qui est faux, comme le montre très bien la source qu’elle cite pourtant elle même. Il y a donc trahison des sources.

Ensuite, Khan affirme qu’avant 1980 il y avait 750 000 rougeoles par an en France, ce qui est non seulement faux, mais particulièrement inepte. Déjà, la même source, citée par Khan bien qu’elle ne l’ait manifestement pas lue, indique 400 000 rougeoles par an depuis au minimum 1974.

De plus, Khan n’a pas du tout compris le sens de la phrase qu’elle cite. 750 000 rougeoles, c’est en l’absence totale de vaccination. Elle doit probablement imaginer que l’on est passé de 0 vaccinations à plusieurs centaines de milliers la nuit du jour de l’an 1980. En réalité si on a que 400 000 rougeoles par an avant 1980, c’est aussi grâce à la vaccination. En 1979, la couverture vaccinale à 6 ans est déjà de 25%. Mais ça Khan ne le sait pas, parce que quand on lui demande “combien de vaccinations avant 1980 ?” elle est incapable de répondre.

En clair, Khan essaye de nous expliquer qu’un virus bénin qui avant tuait quelques dizaines de personnes par an est devenu bien dangereux en tuant maintenant 4 personnes en 8 ans. Si la rougeole frappe moins de personnes et/ou qu’il y a moins de morts et/ou qu’il y a moins de complications graves, en quoi elle est plus dangereuse ? Khan ne saura pas répondre. Elle affirme par exemple qu’il y a une augmentation de la létalité. Quand on lui demande comment elle le sait, la réponse est sans surprise: Elle ne le sait pas. Il faudrait pour cela qu’elle s’informe, ce qui semble être contre ses principes.

La rougeole, c’est des mutants sauvages d’Ukraine.

Ensuite, Khan entreprend de nous expliquer à quel point elle ne connaît rien à la théorie de l’évolution. Elle parle de l’Ukraine. Voyez-vous, en Ukraine il y a “une flambée épidémique sans précédent”. Et Les virus retrouvés chez les malades sont de “génotype sauvage mutant (B3, D8)”.

Génotype sauvage mutant ? On a peur.

D’un autre coté, faire peur, c’est un petit peu le but. Ben oui, rendez-vous compte. Sauvage ! (Roooarrr!) Parce qu’un génotype pas sauvage, en fait, c’est le type A. Juste le type A. Tous les autres, par définition, sont sauvages. Du coup, “génotype sauvage B3”, c’est un peu redondant. Mais surtout, un génotype, c’est une mutation particulière. Et donc, “génotype mutant”, ben c’est carrément redondant. Et si on assemble les deux, on obtient la double redondance du “génotype sauvage mutant (B3, D8)”… Quand j’ai lu ça pour la première fois, tout le monde est venu voir sur mon écran pourquoi j’avais éclaté de rire.

Et donc, Khan continue de JAQter: “Soit le vaccin est devenu inefficace contre ces virus, soit la vaccination a produit une facilitation de l’infection : l’OMS ne semble malheureusement pas vouloir étudier ces éventualités !“.

Par “ces virus”, comprenez les génotypes particuliers sauvages mutants redoutables transmogrifiés féroces B3 et D8. Par “le vaccin est devenu inefficace”, comprenez que Khan raconte n’importe quoi. En réalité, il y a un virus de la rougeole, et des mutations classées en fonction des différences dans leur génotype. Khan nous livre là un bel exemple de sophisme de composition, pour nous faire croire qu’un génotype particulier, par exemple B3, pourrait muter, devenir subitement indifférent au vaccin, et continuer à porter le doux nom de génotype B3, ce qui est faux. Si le vaccin est efficace, il est efficace. Ça ne change pas. Il y a une condition nécessaire mais pas suffisante pour que subitement il perde son efficacité ou pour que subitement il facilite une infection: Il faut qu’il y ait une mutation. Et la mutation, c’est le génotype. Si un génotype B3 mute, ce ne sera plus un génotype B3.

De plus, Khan essaye de nous faire croire que ce sont des mutations récentes dont on ne connaîtrait rien, alors qu’elles sont connues et suivies depuis plus de 10 ans. Enfin, ce sont les mêmes qu’on retrouve à l’heure actuelle dans toute l’Europe, comme par exemple en France depuis le début du siècle. Bref, les génotypes pour l’Ukraine ne sont ni nouveaux, ni uniques.

Maintenant, suivons la logique de Khan jusqu’au bout, puisque la “flambée épidémique sans précédent” n’a pas ravagée toute l’Europe depuis une décennie et se cantonne à l’Ukraine en 2018, puisque B3 reste B3 et D8 reste D8 et que ces génotypes ne sont ni nouveaux, ni uniques, il faut en déduire que la seule variable qui a pu changer en 2018 en Ukraine, c’est l’ukrainien.

Le bébé ukrainien a muté.
C’est la seule explication possible.

Faut-il craindre une invasion ? On se demande en effet pourquoi l’OMS semble malheureusement ne pas vouloir étudier cette éventualité.

L’autre seule explication possible, est que la propagande anti-vaccination a dramatiquement fait chuter la couverture vaccinale et que l’Ukraine en paye maintenant le prix. C’est 50-50, difficile de savoir quelle hypothèse privilégier…

Les grosses bêtises antivax pour cacher les très grosses bêtises antivax

Pour Khan, il est inconcevable que ce qui se passe en Ukraine puisse être causé par une faible couverture vaccinale. Et bien oui, regardez les deux graphiques, cas de rougeole et couverture vaccinale: 2016, couverture faible, peu de cas. 2017, couverture importante, beaucoup de cas. 2018, couverture maximale, encore plus de cas !

On observe une flambée épidémique sans précédent en 2018 (avec un pic chez les enfants de 1 à 4 ans)

L’épidémie “pose des questions graves en rapport avec cette couverture vaccinale“.

Un graphique qui commence après la partie ou on passe de 95% à 31% de couverture vaccinale.

Pourtant, Khan se trompe, vous trompe, parce qu’elle ne connaît pas la réponse à des questions si simples que je n’aurais jamais pensé devoir un jour les écrire noir sur blanc:

  • Quand est-ce qu’on connaît les statistiques pour 2017 ?
    Réponse: En 2018.
  • Que devient un enfant de deux ans au bout de deux ans ?
    Réponse: Un enfant de quatre ans.

L’OMS en revanche n’a pas fait ces erreurs lamentables. Khan semble refuser par principe de lire tout ce qui pourrait d’une manière ou d’une autre l’informer, mais si ce n’est pas votre cas, vous pouvez lire la page consacrée à l’Ukraine: S’il y a une forte augmentation du nombre de vaccinations, c’est justement en réponse à l’épidémie survenue un peu plus tôt la même année. La maladie précède la vaccination, et pas l’inverse. Les chiffres de la couverture vaccinale concernent les enfants de moins de 2 ans. Une forte couverture en 2018 concerne les enfants qui ont moins de 2 ans en 2018, et ne dit rien sur ceux de 2016 qui ne font plus parti d’un système de vaccination qui suit le parcours des nouveaux-nés. Pour les autres, il faut jouer les détectives. Les identifier, les contacter, les vacciner. C’est long, laborieux et cela n’apparaît pas dans les discours antivax simplistes (pléonasme).

Alors comme ça “On observe une flambée épidémique sans précédent en 2018 (avec un pic chez les enfants de 1 à 4 ans)” ? Sans blagues ? Dans le groupe de gens qui en 2016 avaient un taux de vaccination historiquement bas et qui ensuite sont sortis du système ? Quelle surprise !

Mais eh, on sait pas, c’est peut être à cause des mutants…

La censure ayant promptement fait son office, il ne sera pas possible d’obtenir plus que les réponses lamentables de Khan dans les commentaires.

Session exploratoire au festival de Khan.

Ou va l’argent ? La poutre dans l’œil des pseudo-sciences.

Régulièrement des médecins apportent un vernis scientifique à des rassemblements pseudo-scientifiques organisés. Pourtant, on n’en trouve aucune trace dans la base Transparence-Santé qui recense les liens d’intérêt. Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est légal ?

Si en science on cherche à savoir, en pseudo-science on cherche à prouver.

Savoir si quelque chose est vrai ou faux est un but en soi, et quoi qu’il arrive, quelque soit la direction donnée par la réponse, cela fera avancer la science. Les pseudo-sciences, elles, n’avancent que dans une seule direction, et pas forcément celle indiquée par les faits. La conclusion est acceptée à priori, les faits ne servant qu’à conforter ce que l’on sait par avance. Mais les faits sont têtus, voilà pourquoi les pseudo-sciences, qui par principe ne peuvent redéfinir leurs conclusions, sont très vite et très souvent amenées à redéfinir leurs faits et le conspirationnisme n’est jamais très loin:

  • Telle étude dit qu’ils ont tort,
  • Par définition ils ne peuvent avoir tort,
  • Donc il faut que l’étude mente, il faut que les chercheurs soient corrompus.

C’est ce qu’on appelle une réponse ad-hoc. C’est un argument légitime par ailleurs, lorsqu’il est étayé par des éléments concrets, qui est balancé à ce moment là du débat dans le seul but de ne pas avoir à admettre une conclusion rationnelle. C’est un argument par ignorance: Je ne sais pas si c’est vrai ou faux, donc c’est vrai.

La question des liens d’intérêt est complexe et inévitable en science. Il est normal qu’une personne soit rémunérée pour faire son travail. C’est un lien d’intérêt (Être payé pour faire du bon travail) qui s’aligne avec un autre lien d’intérêt (Faire avancer la science). Avoir des liens d’intérêt n’est absolument pas condamnable en soi, jusqu’à ce que ces liens entrent en conflit les uns avec les autres (Comme par exemple: “Faire avancer la science” et “Être payé pour ne pas faire du bon travail”). Pour limiter les conflits d’intérêt, il est donc essentiel que tous les liens d’intérêt soient identifiés. En médecine, c’est essentiel et c’est une obligation légale. La base de données publique, Transparence-Santé, rend accessible l’ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d’intérêts qu’elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé. C’est un outil relativement récent, perfectible (Par exemple, quand la totalité du budget d’une convention est attribuée à un seul docteur, des sommes fantaisistes apparaissent et peuvent faire bondir), mais c’est un outil précieux. Il permet de savoir. Les pseudo-sciences, comme à leur habitude, s’en servent pour prouver. Ils font la confusion entre lien d’intérêt et conflit d’intérêt.

Le “J’accuse !” d’AIMsIB Zola

(Notez le “Jean”, et pas “Jean-Marc” sur la colonne de gauche qui indique que cette image ne concerne même pas JM. L., le médecin que l’AIMsIB met en cause)

Pour l’AIMsIB, par exemple, figurer dans cette base est la preuve même qu’il y a conflit d’intérêt. Notez la petite touche conspirationniste après le tableau qui dit en somme: “En plus, on sait que vous ne dites pas tout”. Le médecin de l’AIMsIB ne sait en fait rien concernant ce confrère particulier, et pose un argument d’ignorance.

Ce médecin de l’AIMsIB n’en revient pas de voir le nombre de déclarations de son confrère. Lui, n’est pas particulièrement présent dans cette base de données et c’est particulièrement étonnant. On en revient encore moins. Les différents congrès auxquels il participe ont toutes les apparences de liens d’intérêt. Ne devraient-ils pas être déclarés conformément à la loi ?

Transport, repas, hébergement, cette base de données permet de se rendre compte des sommes engagées. En ce qui concerne les gens qui se soustraient à cette obligation, en revanche, le secret est total. Les conflits d’intérêt s’épanouissent dans le secret, certaines personnes qui ne figurent pas dans cette base ont probablement plus de conflits d’intérêt que ceux qui y figurent.

Agir pour la santé financière

Par exemple, ce médecin de l’AIMsIB a participé au congrès « Mieux vieillir ou rester jeune ? Tous concernés ! » organisé par Agir Pour la Santé Naturelle. Il en a même fait la réclame.

Les congrès Agir Pour la Santé Naturelle, c’est 90 euros par personne pour la journée, 120 euros pour le weekend.

Après s’être acquitté du droit d’entrée, le visiteur pouvait assister à la conférence du médecin de l’AIMsIB sur les bienfaits de l’eau de mer tels que découverts par René Quinton, avant de retourner dans le hall d’exposition ou se trouvait, entre autres, l’entreprise qui détient l’exclusivité de la distribution de la “Thérapie Marine QUINTON” en pharmacies et parapharmacies.

Sur le site web du congrès, on remarque même que le lien ne pointe pas vers le site de l’entreprise en général, mais vers une page dédiée aux produits de la marque Quinton.

Sur le site web du congrès, on peut également se payer l’image du médecin de l’AIMsIB dans sa conférence sur Quinton pour 9 euros.

Un congrès est rarement une entreprise philanthropique. Les enjeux financiers sont tels qu’il est légitime de se demander dans quelles conditions a été négociée la caution scientifique apportée par le médecin. La base Transparence-Santé pourrait y répondre. Elle devrait y répondre. Elle n’y répond pas.

Le conflit d’intérêt, c’est la poutre dans l’œil des pseudo-sciences, et le sophisme naturaliste en est largement responsable. Le naturel, c’est toujours beau, toujours bon, toujours plein de bons sentiments, généreux et positifs. Comment imaginer qu’on puisse vanter le naturel “pour de l’argent” ? Déclarer des liens d’intérêt dans un congrès sur la santé naturelle, mais pourquoi faire ? L’appât du gain, c’est les labos. Non ? Et donc, naturellement, on entend souvent: “Oui mais moi, c’est pas pareil. Moi je ne le fais pas pour l’argent, je le fais pour les ptis enfants. En plus moi je suis pas un méchant labo, moi je suis une gentille association toute mignonne”. Ces personnes ont tort. Ce n’est pas à eux de décider les liens d’intérêt qu’il faut déclarer. Le législateur l’a fait pour eux.

Analogie routière:

– Regardez le conduire, il faudrait lui retirer son permis à ce type.
– Mais vous on vous voit souvent rouler à fond, vous avez pas peur qu’on vous retire le votre ?
– Ça risque pas d’arriver, moi j’ai jamais passé le permis. Pas besoin, je roule naturellement bien.

Chassez le naturel, dans la base Transparence-Santé.

Pour être tout à fait clair: Il est parfaitement possible que ce médecin de l’AIMsIB n’ait réellement aucun lien d’intérêt à déclarer, parce que pour toutes ses participations, par exemple, il fait le trajet sans se faire rembourser aucun frais, il dors peut-être dans sa voiture, mange le jambon-beurre qu’il a préparé avant de partir, etc.

Ce médecin de l’AIMsIB n’est pas cité ici parce qu’il serait une exception, c’est un cas cité en exemple d’une situation qui semble établie: On ne retrouve pas de trace de médecins participant à des rassemblements pseudo-scientifiques organisés dans la base Transparence-Santé. Est-ce problématique que cette information soit absente ? Oui. Penser que les conflits d’intérêt ne peuvent concerner que la science établie est un sophisme. C’est un double standard. Est-ce conforme à la loi ? Vérifions.

Sur le site Transparence-Santé, une note d’information nous explique dans quels cas la déclaration de liens d’intérêt est obligatoire. Il faut d’un coté une entreprise répondant à certaines conditions et de l’autre un membre d’une profession incluse dans la liste fournie.

On peut valider d’emblée le second critère. Si le médecin de l’AIMsIB est bien médecin, alors cette condition est remplie.

Donc, quelles entreprises ont pour obligation de déclarer leurs liens d’intérêt avec un médecin, fût-il de l’AIMsIB ? Pour faire simple, toutes celles qui ont quoi que ce soit à voir avec un produit relevant de la compétence de l’ANSM.

Et elle est compétente sur un paquet de choses en fait.

L’homéopathie, par exemple, est un produit relevant de la compétence de l’ANSM et des labos qui en fabriquent se retrouvent dans la liste des exposants du congrès.

Oui, vous avez bien lu: Des laboratoires pharmaceutiques financent le congrès Agir Pour La Santé Naturelle.

Mais ce n’est pas tout. Les entreprises qui fabriquent ou vendent des huiles essentielles, des plantes médicinales ou tout autre produit a finalité sanitaire sont également soumises à déclaration.

Ces entreprises sont également présentes sur le congrès. En masse.

“Holà ! Minute papillon ! Faut pas tout mélanger. Ces labos, tous ces marchands du temple naturel, ils n’ont engagé aucun médecin, ils n’ont pas non plus organisé ce congrès, que je sache !” s’exclamera le lecteur aussi sagace que fictif.

Et c’est vrai. Le congrès est organisé par ASN Savoie. Une société commerciale visiblement crée dans le but unique d’organiser le congrès ASN.

Sauf que…

Dans un congrès, l’exposant est une entreprise qui paye un prestataire, l’organisateur du congrès, dans le cadre d’une activité de communication et/ou de vente.

Des entreprises, qui payent un prestataire qui lui va inviter des médecins, c’est aussi prévu par la loi. Il faut le déclarer !

En conclusion:

  • Ces congrès n’apparaissent nulle-part dans la base de données Transparence-Santé.
  • Pourtant, si des entreprises commerciales ayant trait à la santé, même naturelle, s’y trouvent, tous les liens d’intérêt qui s’y déroulent devraient être révélés, de même que sont révélés tous ceux que les partisans des pseudo-sciences adorent pointer du doigt quand ce n’est pas leur nom qui apparait.
  • Dénoncer un manque de transparence, tous en s’autorisant une absence totale de transparence, c’est un double standard flagrant.
  • C’est probablement contraire à la loi.
Bonus: Des liens sans intérêt ?

C’est un argument récurrent dans les pseudo-sciences qu’on dit forcément la vérité lorsqu’on a rien à vendre et qu’on ment forcément lorsqu’on est rémunéré. L’argument est en soi irrationnel, puisque dire la vérité ou mentir est une question distincte de celle de savoir si quelque chose est vrai ou faux, (il est par exemple tout à fait possible d’avoir tort de bonne foi), mais il est également ridiculement hypocrite dans une écrasante majorité des cas.

Ici, par exemple, on nous parle d’un livre qu’on peut acheter, écrit par un membre de l’AIMSiB qui n’a rien à vendre. Dans la même phrase.

(extraits)

Ce membre de l’AIMsIB qui n’a rien a vendre a une liste de livres longue comme le bras long des labos dans la tête d’un conspirationniste. Ils sont tous à vendre.

Quand le tome 4 de la dernière série de livres de ce membre de l’AIMsIB qui n’a rien à vendre est en vente, l’AIMsIB ne perd pas de temps et assure immédiatement sa promotion.

L’AIMsIB, soupçonne tous les chercheurs de la planète de mentir au détriment de la vérité. Pour de l’argent.

Et puis, sans transition, idée cadeau pour Noël: Donnez de l’argent à un membre de l’AIMsIB.

Euh… Oui, mais eux, c’est pas pareil.

Dire “Les autres gagnent de l’argent, ils le font pour l’argent. Nous, nous gagnons de l’argent, nous le faisons pour la vérité”, c’est un double standard.

Le public en sait généralement très peu sur la manière dont est rémunéré un scientifique. Le conspirationniste, sans trop y réfléchir, aime probablement imaginer que les labos rédigent des chèques à l’ordre du concessionnaire qui ira directement livrer la nouvelle corvette au domicile du chercheur. En réalité, il arrive très souvent que le chercheur touche un salaire fixe. Que le financement provienne de A ou de B, que l’étude dise oui ou non, la science avance et le scientifique est payé pareil. C’est la définition même d’une absence de lien d’intérêt. Mais pas pour le membre de l’AIMsIB qui n’a rien à vendre sauf ses livres mais lui c’est pas pareil. Pour lui, même quand il n’y a pas de lien d’intérêt il y a encore conflit d’intérêt:

Et oui, regardez en jaune, tous ces labos financent la recherche et c’est honteux, il parait. Selon l’AIMsIB, tous les gens rémunérés par ces entreprises ne peuvent être pris aux sérieux. Les auteurs de cette étude sont salariés. Dans un hôpital. Universitaire. Public. Ils sont payés pareil, quel que soit le résultat. Mais on ne peut pas croire ce que dit cette étude. Il y a conflit d’intérêt. Puisqu’on vous le dit.

Le problème, c’est qu’a force de ratisser large dans la conspiration mondiale généralisée, on finit par attraper les copains aussi, comme cette autre membre de l’AIMsIB, salariée elle aussi de la marque jaune, et donc absolument pas digne de confiance non plus, donc. À cause de ses conflits d’intérêt.

Il faut être cohérent.

“L’argent corromps tout le monde, sauf moi”, ce n’est pas cohérent.

“Tous corrompus, sauf les copains”, ce n’est pas cohérent.

La susceptibilité de la maman antivax

Il y a quelques temps, Anne Gourvès nous faisait part de son opinion sur les vaccins en mettant en avant son diplôme de biologie. L’examen de ses allégations avait montré que les arguments avancés n’étaient que le mélange classique de pseudo-science et de désinformation que l’on peut trouver dans n’importe quel discours anti-vaccination. Un an plus tard Anne Gourvès, qui n’a pas aimé l’analyse rationnelle de son texte, publie un second texte qui se veut une réponse. Il peut se résumer en une seule phrase:

Encore plus de la même chose !

[INTOX] Le droit de réponse d’une maman biologiste

La science, très littéralement, est la découverte du monde qui nous entoure et la méthode scientifique est un excellent moyen d’y parvenir. C’est la seule méthode connue qui permette de s’abstraire de l’expérience personnelle. C’est la seule méthode connue qui comporte un dispositif d’auto-correction. Ce n’est pas une méthode infaillible, ce n’est que la meilleure méthode connue.

La méthode scientifique comporte un certain nombre de règles. Les règles de base sont à la fois les plus simples et les plus importantes. Elles ne peuvent pas être transgressées. Si l’on ne suit pas les règles de la méthode scientifique, alors on ne fait pas de la science. Et l’une des règles de base, c’est l’argumentation rationnelle. Un argument, dans sa plus simple expression, ne concerne que deux choses: Les prémisses, qui sont les faits examinés, et la conclusion qui découle de ces faits. Si les faits sont vérifiés, alors la conclusion logique doit être acceptée. Ce n’est pas une suggestion, ce n’est pas optionnel, c’est une exigence de la logique, on ne peut pas faire autrement. On sait que la conclusion est vraie. À contrario, la conclusion doit être rejetée si elle ne découle pas directement des prémisses, ou si l’on est incapable de s’assurer de la validité des prémisses. Ce n’est pas une suggestion, ce n’est pas optionnel, c’est une exigence de la logique, on ne peut pas faire autrement. Si une conclusion est rejetée, cela ne veut pas dire qu’elle est fausse. Cela veut simplement dire qu’on ne sait pas si elle est vraie.

Quand on a compris cela, on a compris le plus important: En science, on cherche à savoir, on ne cherche pas à prouver. C’est une différence fondamentale, et si vous ne retenez que cela, vous en saurez déjà plus que tous les antivax du monde. Vous en saurez plus qu’Anne Gourvès, par exemple.

Anne Gourvès cherche à prouver. Elle part de la conclusion que les vaccins sont nocifs et/ou ne marchent pas, puis détaille les prémisses susceptibles de l’aider à prouver ce qu’elle a déjà décidé par avance. Ce n’est pas de la science, c’est de la pseudo-science.

Parce que sa conclusion est figée une fois pour toute, il lui est impossible de se remettre en cause. Il est impensable pour elle de même considérer la simple possibilité qu’elle puisse avoir tort. C’est la raison pour laquelle Anne Gourvès ne vérifie pas. Jamais. Par principe. Par exemple, si on lui parle du texte de loi qui tourne en boucle dans les caisses de résonance antivax mais qu’elle n’a probablement jamais lu parce qu’il ne contient absolument pas ce qu’elle imagine, elle n’ira pas vérifier (VIII). Elle dira “mais si c’est vrai”, sans rien citer. Si on lui dit que la décision du conseil d’état ne contient pas ce qu’elle affirme, elle dira “mais si c’est vrai”, mais elle n’ira pas vérifier (XII). Elle est tellement sûre qu’il ne peut pas exister d’étude qui montre l’efficacité du vaccin contre le tétanos, qu’il est inutile pour elle de prendre la peine de vérifier (XXI). Anne Gourvès veut vous prouver qu’elle a raison, mais elle ne veut pas savoir si elle a raison.

Bien-sûr, il y peu de chances qu’elle avoue cela a qui que ce soit, peut-être même pas à elle même. Non, la version officielle, qui est celle de tous les antivax du monde, est qu’elle cherche vraiment à savoir et qu’elle est arrivée à cette conclusion parce qu’elle a fait ses propres recherches (V), ce qui est parfaitement faux. Les raisonnements les plus basiques lui échappent (XVI). Socrate disait: “Citer, ce n’est pas savoir, surtout à l’époque d’internet”. Anne Gourvès cite des choses fausses (XXI), des choses vraies pour en déduire des choses fausses (X) et ne cite pas les choses qui l’embarrassent (IX,XXI). C’est la cueillette de cerises classique de quelqu’un qui cherche à prouver là ou un scientifique chercherait à savoir.

Au final, que retenir de sa réponse ? Les affirmations factuellement fausses sont assumées, induire le lecteur en erreur sur son activité et ses compétences réelles est assumé, la plupart de ses réfutations n’en sont pas puisqu’elles ignorent l’argument auxquelles elles répondent, et le reste n’est que nouvelles affirmations infondées à base de “mais si c’est vrai”. En clair: Encore plus de la même chose.

Certaines personnes pensent qu’une décision de justice peut contraindre la réalité. C’est faux. De même, une étude scientifique est contrainte par la réalité, pas l’inverse. Anne Gourvès voudrait que la réalité se plie à sa volonté et elle n’aime pas qu’on lui rappelle que la réalité, c’est ce qui reste même quand on y croit pas. Elle peut croire et dire ce qui lui chante, si elle ne se fait pas passer pour une scientifique ayant un discours scientifique.

Une impression de déjà vu ?

Vous n’êtes pas, mais alors pas du tout tenu de lire la suite, qui passe en revue les nombreux sophismes de la réponse d’Anne Gourvès. Attention, nul examen ici de son argumentation sur les vaccins, cela a déjà été fait dans l’article original. Nous sommes ici pour analyser sa réfutation de la critique qui en a été faite.

Dans l’article original, certains détails avaient été rendus volontairement très vagues. Anne Gourvès revient sur le sujet et fait des affirmations qui exigent quelques corrections. Il sera donc parfois nécessaire d’être un peu moins vague sur son parcours.

I

Bon, Anne, ça commence mal. Nulle part dans l’article original on ne trouvera une quelconque accusation de falsification des sources. Une falsification de sources, c’est quelqu’un par exemple qui bidonne les chiffres et rien de tel n’a été affirmé ici.

Également, ce n’est pas un droit de réponse, que vous me faites là, et pour deux raisons. La première est qu’un droit de réponse aurait été publié ici même, sur le site mis en cause. La revue affirme qu’il est impossible de répondre sur le site mais ils n’ont même pas essayé. La seconde est que de toute façon, le droit de réponse n’existe pas dans ce cas. Pour quelle raison ? Parce que cela ne s’applique pas quand pour répondre il suffit de laisser un commentaire, ce que vous n’avez même pas cherché à faire.

Trouver de telles erreurs dès le chapô ne présage rien de bon.

Affirmations infondées.
Erreurs facuelles.
Pas de réfutation.

II

La revue Nexus n’écarte pas la possibilité qu’à la lecture de sa “mise au point (point d’exclamation)” l’article original disparaisse dans la honte et le déshonneur. Bon, la même revue n’écarte pas non plus la possibilité de couper les cheveux de la nuque pour se libérer de nœuds émotionnels. Ils sont … disons … optimistes.

Vos propos, Anne, ne sont pas présents in-extenso. Le lecteur ne pourra malheureusement pas les lire dans leur intégralité à moins d’acheter le magazine, ce que je ne conseille pas.

Pas de réfutation.

III

Votre argument est que parce que vous avez étudié la biologie, vous avez étudié plein d’autres choses en même temps et que du coup vous pouvez vous exprimer sur n’importe quel domaine scientifique. La réponse est oui, c’est vrai, vous pouvez faire tout ça. Exprimez-vous.

Mais affirmer que vous êtes capable de comprendre un domaine n’est pas un argument valable pour vous en prévaloir. Un diplôme ne montre pas que vous êtes capable de comprendre un domaine, il montre que vous l’avez effectivement étudié, d’abord, puis compris. C’est la raison pour laquelle il n’existe pas juste un doctorat unique en “trucs scientifiques” qui marcherait pour tout. Se prévaloir d’un diplôme pour s’exprimer sur un domaine autre est, et reste un sophisme. L’argument d’autorité est avéré.

Je note que vous vous dites aujourd’hui “cadre dans le domaine de la dermatologie”, ce qui est en contradiction avec ce que disait l’article original. Votre dermatologie, ce n’est pas de la pharmaceutique. Votre diplôme et votre spécialisation en dermatologie font que vous en savez probablement beaucoup sur la dermatologie. Vous pouvez donc vous exprimer sur la dermatologie en disant “regardez mes diplômes et ma carrière”.

Mais vous êtes employée par un groupe très clairement structuré: D’un coté le pôle dermo-cosmétique, de l’autre le pôle médicament. Vous, vous travaillez dans le pôle dermo-cosmétique mais vous étiez présentée comme “cadre dans l’industrie pharmaceutique”, ce qui est au mieux une généralisation abusive qui entretient la confusion, au pire un mensonge. L’argument d’autorité est avéré.

Sophisme de composition.

IV

Si vous suiviez mon raisonnement, vous n’auriez pas dit ça. Ce que je signale, c’est que lorsque l’un des arguments pour convaincre est “regardez mes diplômes”, l’argument ne vaut que lorsque les diplômes montrent une expertise dans le domaine en question. Sinon, c’est un sophisme, un argument d’autorité usurpé. Votre texte commence par “Maman biologiste” et “PhD en génotoxicologie” dès le chapô. Vous êtes présentée comme “cadre dans l’industrie pharmaceutique”. Pourtant, aucune de ces précisions ne permet de connaître vos compétence en vaccinologie, en épidémiologie, ou en droit. (Vous avez oublié de dire en quoi votre diplôme était pertinent pour faire une analyse du droit français).

Épouvantail.

V

Je n’ai rien constaté de tel, et c’est la raison pour laquelle il y avait tant à dire. Les passages ou vous donnez votre avis sont nombreux. Les sources que vous citez vous contredisent en permanence. Votre “réflexion” est superficielle. Toute cette page et l’article original sont la confirmation que ce que vous affirmez là est factuellement faux.

Erreurs factuelles.
Pas de réfutation.

VI

Vous souhaitez donc nous expliquer ce qu’est un vrai conflit d’intérêt. C’est gentil, mais inutile pour deux raisons. La première est que la définition est beaucoup plus large et inclusive que ce que cherche à nous faire croire votre petite définition personnelle. La seconde est qu’il n’est pas question de conflit d’intérêt ici, mais d’accusations gratuites.

C’est l’accusation de conflit d’intérêt que vous utilisez pour décrédibiliser une personne, pas le conflit d’intérêt en lui-même. À aucun moment vous n’avez apporté la moindre preuve de la culpabilité de cette personne qui, pas plus que vous, n’est capable de prouver une absence de conflit d’intérêt. Donc oui, si vous dites que telle personne a peut-être des conflits d’intérêt en raison de son métier, on peut dire la même chose vous concernant.

N’a pas compris l’argument.

VII

Rationnel ou pas importe peu puisque ce n’est pas ce qui a été dit. La “rationalité des arguments débattus”, ce n’est pas “l’impartialité d’une personne”. Le premier est un élément objectif indépendant du contexte, pas le second. Répondre, c’est bien, répondre à ce qui a été dit, c’est mieux.

Épouvantail.

VIII

Le répéter à nouveau ne rendra pas cela vrai pour autant. Les “textes de loi cités en référence” ne disent rien de tel, parce qu’en référence, ce n’est pas un texte de loi, c’est un blog sur Mediapart.

Vous avez fait une affirmation infondée et quand on vous le signale, vous dites: “Mais si, cherchez bien… Cherchez mieux…”. Non. La charge de la preuve vous incombe. Est-ce si difficile de citer ? De faire un copier-coller ? Vos affirmations sont infondées.

D’autre part, je suis relativement sûr que vous êtes incapable de prouver ce que vous avancez étant donné que par plusieurs fois et depuis des années le conseil d’état a rappelé ce que vous refusez de croire: Un vaccin multivalent dont l’une des valences au moins est obligatoire sera indemnisable en cas d’effet secondaire même s’il est impossible de déterminer quelle valence est en cause.

Décision du conseil d’état n° 327915, 24/04/2012

Plus de la même chose.

IX

La fiche complète, oui. Hématotoxicité chez le lapin, neurotoxicité modérée chez le rat ou la souris. Avec une dose sans effet toxique observable: 80mg/kg/j. Vous reconnaissez que des effets sont possibles, mais vous niez dans quelles conditions alors que cela provient de la même source ? Vous exprimez votre point de vue en choisissant d’ignorer la partie qui vous dérange, c’est un double standard.

Même si on se dit en prenant large qu’il y a plus de phénoxyéthanol que de substance active dans un vaccin, ce qui est faux, même si on prend super large et qu’on considère qu’on parle d’un enfant de 1Kg pas plus, alors à environ 100 000 vaccins par jour on aurait toujours une dose sans effet toxique observable. (Peut-être une petite rougeur sur le bras). Si on prend super, mais alors super large et qu’on dit que le phénoxyéthanol n’est jamais éliminé, alors qu’on sait que c’est pas vrai, une injection par mois ne posera pas de problème, même après 10000 ans (Peut-être une légère fatigue).

Tout ceci provient de la lecture de la fiche complète, que vous citez.

Donc voilà, avec vos a peu près et vos que penser, vous essayez d’instiller le doute sur des données pourtant connues et très largement en dessous des estimations les plus pessimistes. Une lingette tous les jours pour sentir bon, un vaccin ponctuellement et exceptionnellement pour sauver une vie, non ce n’est pas la même chose.

Double standard.

X

Bla, bla, bla, … Non. J’ai coupé avant la fin. Votre argument était de dire qu’il faut interdire quelque chose parce qu’il est classé comme cancérogène certain. Je vous ai montré que cet argument est inepte parce que ce n’est pas à ça que sert ce classement. Il évalue un danger, il ne dit rien du risque. Si vous voulez remettre une pièce dans la machine à sophismes, écrivez un nouvel article. Ici, nous étudions ce que vous avez à dire sur la critique de vos arguments précédents.

Épouvantail.
N’a pas compris l’argument.

XI

Tout le monde sait comment l’interpréter: Comme inférieur à 0.1mg.

“Environ”, ça veut dire “inférieur” ou “supérieur”. La loi de non contradiction fait que “inférieur”, ce n’est pas “environ”. Voilà que vous vous en prenez aux mots de la langue française, maintenant.

Erreurs factuelles.

XII

On noteras l’argument “mais vous avez pas tout lu, lisez tout et revenez me voir” qui est parfaitement invalide. S’il y a quelque chose de faux à relever, dites-le et dites clairement pour quelle raison. Les commentaires ici sont précis et référencés. Inutile, par exemple, de lire autre chose que la décision du conseil d’état pour constater que vous raconter n’importe quoi sur la décision du conseil d’état.

Donc, le tribunal a dénaturé les pièces du dossier ? Mais en faisant quoi ? C’est pourtant écrit juste avant: “en estimant que l’état des connaissances scientifiques excluait tout lien”. Et pourquoi c’est pas bien ? C’est aussi écrit: “il y a lieu de prendre en compte le dernier état des connaissances scientifiques, lesquelles peuvent être de nature à révéler la probabilité d’un lien entre une affection et le service”

Décision n°345411

En clair: Il ne faut pas dire qu’il y a un lien, il ne faut pas dire qu’il y a pas de lien, il faut dire que pour le moment on ne sait pas. C’est l’état des connaissances scientifiques, tel que reconnu par le conseil d’état, tel que décrit dans le rapport de la HAS. C’est donc très exactement ce qui était rappelé. Aucune remise en cause du rapport de la HAS donc, qui n’est même pas cité et qui surtout dit la même chose. Je vous invite à lire les documents que vous citez, cela vous évitera des déconvenues.

Et, il semblerait que vous ayez complètement oublié de répondre à la dernière partie. Je vais donc le faire pour vous: Lorsque l’on parle de “persistence in situ“, on parle de persistance sur le site d’injection. C’est la définition actuelle de la MFM. Vous vous en servez pour affirmer que c’est la preuve d’un lien avec des symptômes distincts alors que rien dans cette citation ne l’indique. C’est donc une manipulation.

Affirmations infondées.
Erreurs factuelles.
Plus de la même chose.

XIII

Bien, je corrige: Votre employeur était le numéro deux mondial de l’homéopathie jusqu’à la cession de la branche.

(Sans vouloir tuer le suspense, Anne, ce sera la seule objection factuellement correcte de toute votre intervention).

À nouveau, vous êtes complètement passée à coté de l’argument. Vous parlez d’une personne qui en 2007 travaillait pour un laboratoire et pour cette seule raison vous mettez en doute ses motivations actuelles. Je vous signale donc qu’en 2006, vous-même avez travaillé pour le numéro deux de l’homéopathie et que pour cette seule raison on pourrait mettre en doute vos motivations actuelles.

Ces insinuations sont irrationnelles. C’était un peu le but, c’était évident, mais félicitations quand même pour l’avoir remarqué. Et puis si vous ne l’aviez pas vu, il y avait toujours la ligne d’après qui explique exactement ça. Quelle dommage que vous ayez omis de la citer:

“Il est impossible de prouver une absence de collusion et toutes les accusations du précédent paragraphe sont par construction irréfutables. Elles sont donc irrationnelles et le raisonnement est invalide. Néanmoins, ce sont les mêmes arguments employés par l’auteure pour ne pas avoir à répondre à la contradiction.”

Allez, encore une fois: C’est l’accusation de conflit d’intérêt que vous utilisez pour décrédibiliser une personne, pas le conflit d’intérêt en lui-même. À aucun moment vous n’avez apporté la moindre preuve de la culpabilité de cette personne qui, pas plus que vous, n’est capable de prouver une absence de conflit d’intérêt. Donc oui, si vous dites que telle personne a peut-être des conflits d’intérêt en raison de ce qu’elle faisait en 2007, on peut dire la même chose de vous concernant 2006.

Correction valide !

N’a pas compris l’argument.

XIV

La littérature et la littérature scientifique, ce n’est pas la même chose. Vivement qu’un jugement déclare optionnelle la gravité, on pourra tous se promener dans les airs. Et bien maintenant on sait: Vous avez choisi de passer un rapport scientifique sous silence en lui opposant une source légale qui ne le contredit même pas. On vous l’a dit et pourtant vous n’avez même pas pris la peine de vérifier avant de répondre: Quand vous dites qu’il y a un jugement de ce rapport par le conseil d’état, vous racontez n’importe quoi. Pas une seule fois le rapport n’est évoqué et surtout, pas une seule fois le conseil d’état ne dit quelque chose qui contredirait ce rapport.

Je vous le remet ? Allez, je vous le remet.

Décision n°345411

Sophisme de composition.
Erreurs factuelles.
Encore plus de la même chose

XV

Vous niez ce qui a été dit sur les revues prédatrices ? Le NewYorker, Le Time, Le New York Times, sont des sites internet peu sérieux qui ne sont pas de votre avis. La revue peu sérieuse Nature en a fait une étude systématique.

Comment sait-on que Current Medicinal Chemistry accepte n’importe quoi ? Justement parce qu’une étude peu sérieuse a été acceptée. Les propos ont été analysés, on les retrouve sur le site de l’OMS.

Alors vous, quand on vous dit “Cette étude c’est n’importe quoi, normal qu’on la retrouve n’importe ou”, vous répondez “Eh! C’est pas n’importe ou!”. Pas un seul mot sur l’étude. Pas un seul. Pas envie “d’analyser les propos” du GACVS en vous “basant sur des faits et non des jugements” ? Le site internet peu sérieux, c’est celui de l’OMS, c’est ça ?

Épouvantail.
N’a pas compris l’argument.

XVI

Tiens, vous refaites votre raisonnement “Si il dit pas non, alors il dit oui“. Il était déjà faux quand vous parliez de la décision du conseil d’état, il est également faux ici. Si il dit pas non, alors il dit on ne sait pas et votre “c’est comme si” est invalide.

Cette limite de 5 mcg concerne les enfants prématurés ou ayant des fonctions rénales déficientes. Elle s’applique aux enfants prématurés ou ayant des fonctions rénales déficientes. C’est tout.

Épouvantail.
Faux dilemme.

XVII

Ici aussi, vous racontez n’importe quoi.

Comment cette étude mesure l’efficacité ? On observe un groupe de gens vaccinés et un groupe de gens non vaccinés et on constate que les gens vaccinés tombent beaucoup moins malades. C’est écrit en toutes lettres.

Est-ce que c’est efficace ? Oui. C’est écrit en toutes lettres.

Pourquoi est-ce que les conditions sanitaires n’entrent pas en compte ? Parce que qu’un groupe de contrôle, ça sert à ça.

J’ai coupé toutes les niaiseries sur ces études non publiées mais tellement plus sérieuses et parfaites. Nous étudions ce que vous avez à dire sur la critique de vos arguments précédents. Le reste n’est que détournement d’attention de votre part.

Encore une fois, vous êtes passée à coté de l’argument. L’argument est que si vous affirmez que le seul moyen d’évaluer l’efficacité d’un vaccin se fait par la mesure des anticorps, vous avez tort. Pinailler sur le contenu de l’étude ne changera pas le fait que vous avez tort.

N’a pas compris l’argument.
Erreurs factuelles.

XVIII

C’est très intéressant. Peut-être parce que vous dites la même chose que ce à quoi vous répondez, en fait. Valeur de votre commentaire: nulle. Information que vous avez passé sous silence: Il existe d’autres moyens de confirmer l’efficacité du vaccin.

Pas de réfutation.

XIX

Je vous invite cette fois-ci à relire le commentaire. Encore une fois, vous êtes complètement passée à coté de l’argument: Vous dites “L’infection confère une immunité bien supérieure”, comment vous savez que l’infection vous a immunisé ? Quelle méthode ? En comptant les anticorps ? Les anticorps ne nous disent pas si on est protégé (c.f. votre brillant et précédent commentaire). Donc on ne sait pas. Choisissez. Si on sait que la maladie immunise, alors c’est valable de compter les anticorps. Si c’est pas valable de compter les anticorps, alors on ne sait pas que la maladie immunise. Si vous avez une troisième voie, documentez la par autre chose que “mais cherchez, mon vieux, c’est dans le cours”.

Affirmations infondées.
N’a pas compris l’argument.

XX

Ces résultats s’expliquent aussi parfaitement avec “Le nombre d’anticorps n’est pas un gage de non-maladie”. C’est vous qui l’avez dit. Mais là non, pas là. Ici, c’est anaérobie et puis c’est tout. Quand vos propres argument se retournent contre vous, vous les oubliez ? Vous vous en souvenez quand ça vous arrange en fait.

Il faut être particulièrement gonflé pour dire que la seule explication ce n’est pas celle qui est avancée dans l’étude que vous montrez pour dire que la seule explication c’est celle que vous avancez. L’étude que vous citez dit que vous avez tort, mais bon, c’est que les gens que vous mettez en avant pour dire que vous avez raison alors, qu’est-ce qu’ils en savent ?

Affirmations infondées.
Double standard.

XXI-1

Bon ben ça aussi c’est des conneries. (Sur la fin, la répétitivité, … on fatigue un peu et le vocabulaire s’en ressent). Il y aurait quoi ? Une efficacité importante mais qui veut rien dire et une efficacité réellement vraie mais qu’on connait pas ? C’est faux. Dans cette étude, l’efficacité est confirmée et contrairement à vos affirmations, elle ne se rapporte pas au nombre d’anticorps, mais au nombre de décès.

Erreurs factuelles.

XXI-2

Conneries encore. “Il faut bien comprendre” que l’étude, tient compte des conditions externes. À l’hôpital ou à la maison, avec du personnel formé ou pas, matériel aseptisé ou pas, …

Erreurs factuelles.

XXI-3

Et avec des conditions similaires pour les femmes vaccinées (mortalité 2/1000) et non-vaccinées (mortalité 14.1/1000), on en déduit quoi ? On en déduit que vous racontez des conneries.

Le vaccin est efficace indépendamment de l’hygiène. Ça marche mieux avec l’hygiène, mais ça marche quand même sans. Les études le montrent. Elles montrent aussi que vous prenez les scientifiques pour les gens stupides qu’ils ne sont pas. “Il ne faut pas s’en tenir au résumé” ? Sans blagues. Si vous l’aviez fait, vous auriez vu que ce que vous réclamez s’y trouve déjà.

Suivent ensuite tous les poncifs du style “si l’hygiène est efficace, alors le vaccin ne l’est pas” et autres faux choix binaires à la hygiène ou vaccin. Je passe.

La réponse est hygiène et vaccin.

Erreurs factuelles.

XXII

Si une personne vous annonce: « vous vous trompez complètement, l’herbe n’est pas verte elle est rouge vif et je vais vous expliquer pourquoi ». Son explication doit nécessairement expliquer pourquoi l’herbe est apparemment verte. Lorsqu’une hypothèse est en contradiction avec la réalité, ce n’est pas la réalité qui a tort.

À cela, votre réponse est donc de nous dire: “Considérer que le soleil a une couleur rougeâtre est un fait scientifique. Considérer que la photosynthèse tire son énergie du soleil rougeâtre est aussi un fait scientifique. Si l’herbe utilise la photosynthèse pour pousser, elle sera de quelle couleur, verte ?

Donc oui, tout le monde a vu que vous ne saviez pas ce que des bases scientifiques solides signifient.

Je parle par exemple d’une description du mode de propagation du tétanos dans The Lancet ou dans une autre publication scientifique majeure. Les implications de ce que vous avancez sont extraordinaires, elles doivent avoir un impact extraordinaire. Mais pour l’instant, l’importance de la publication ne se pose même pas, puisque vous n’avez pas montré la moindre étude qui décrit ce mode de propagation.

C’est dingue comme les parties que vous avez omis de citer vous répondent pourtant à la perfection. Au lieu de faire une réponse encore-plus-de-la-même-chose, vous auriez du les lire :

Ici l’auteure, dans un cas typique d’équivoque, met sur le même plan une « théorie » au sens scientifique (Le résultat d’un travail normalisé, indexé et publié dans une revue à comité de lecture, après vérification par d’autres chercheurs qui sont spécialistes du domaine étudié) et une théorie au sens courant (Quelqu’un dit « et si… » et crée un site web pour en parler).

Aucune étude ne permet de soutenir cette affirmation et l’argumentation se contente de tourner autour du sophisme simpliste « s’ils ont tort, c’est que j’ai raison« .

Plus de la même chose.
Faux dilemme.

XXIII

Donc vous ne répondez pas, en fait. Vous répondez à coté. Et mal. L’efficacité du tétanos est documentée dans des revues scientifiques à comité de lecture. Votre mode de propagation anaérobie se retrouve dans Nexus entre les fantômes et les ovnis. Pour me convaincre, vous citez une prof d’espagnol, parce qu’elle dit la même chose que vous. (Je l’ai coupée au montage) Vous dites que les preuves manquent alors que celles que vous apportez sont incroyablement moins convaincantes encore. Vous aviez oublié de le citer, je vous le rappelle donc:

Notez que l’auteure entend montrer que le consensus scientifique actuel soutient un mensonge qui va à l’encontre de toute une base de données scientifiques alors qu’elle s’est révélée incapable de soutenir ses propres affirmations par des données scientifiques. Ses propres données sont des allégations justement non soutenues par des données scientifiques. Elle dénonce la qualité des preuves actuelles du fonctionnement de la vaccination et elle y oppose des preuves d’une qualité très largement inférieure, c’est un double standard.

Double standard.
Pas de réfutation.

XXIV

Ne vous sous-estimez pas, vous n’avez pas fait que reprendre des faits. Comme je vous l’ai déjà dit: Les passages ou vous donnez votre avis sont nombreux. Les sources que vous citez vous contredisent en permanence. Votre “réflexion” est superficielle. Toute cette page et l’article original sont la confirmation que ce que vous affirmez là est factuellement faux.

Et vous notez aussi. C’est bien. Vous savez ce que j’en dis parce que je n’en dis rien. Parfait. Et donc, je n’ai pas fait de commentaire sur vos réflexions binaires à courte vue ? Corrigeons cela. Quelqu’un dit qu’on ne sait pas tout, vous en déduisez qu’on ne sait rien. Réflexion binaire à courte vue.

Vous finissez, comme la première fois, par dénoncer “le dogme de la vaccination”. Donc comme la première fois:

Je suppose qu’à l’époque certains n’auraient pas renoncé à dénoncer le dogmatisme de Galilée qui s’entêtait dans ses expérimentations rigoureuses et qui refusait de voir la vérité que toute sa science obscurcissait.

Vous n’êtes pas Galilée, Anne Gourvès. On vous dit que vous avez tort, non pas pour des raisons extérieures à vos affirmations. On vous dit que vous avez tort parce que c’est vrai.

Erreurs factuelles.
Épouvantail.
Faux dilemme.

Bilan

  • Problèmes d’argumentation:
  • Données factuelles:
    • Erreurs factuelles: I, V, XI, XII, XIV, XVII, XXI, XXIV
    • Corrections valides: XIII
  • Réfutations:
    • Sans réfutation: I, II, V, XVIII, XXIII
    • Réfutations invalides: III, IV, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV
    • Réfutations valides: Aucune.

Plus de la même chose, revient à dire “mais si c’est vrai” sans apporter aucun argument supplémentaire pour réfuter la critique. C’est une variante de l’affirmation infondée.

N’a pas compris l’argument, revient à répondre sur autre chose que l’argument en lui même. Si l’on est charitable, on imagine que ce n’est qu’un problème de compréhension, mais cela tient quand même beaucoup du détournement d’attention et de l’épouvantail.

La moitié de vos tentatives de réfutation étaient à coté de la plaque, Anne, soit parce que vous aviez mal repris mes propos, soit parce que vous n’aviez tout simplement pas compris l’argument et répondu à coté. Il y a également un nombre important d’erreurs factuelles et d’affirmations infondées.

Les réfutations sont toutes invalides.

Une seule correction est pertinente. Et donc:

Erratum

Affirmer que l’employeur d’Anne Gourvès est le numéro deux mondial de l’homéopathie était une erreur.

L’employeur d’Anne Gourvès était le numéro deux mondial de l’homéopathie.

Désolé de cette erreur.

Fin de l’erratum

Il est important d’être complet et précis.

Le requin des montagnes

Une augmentation modérée des attaques de requins sur la plage ? Oui, mais une augmentation importante des attaques de requin sur la plage ou en montagne ! C’est la nouvelle contorsion mathématique de Bernard.

[INTOX] Rapport Levothyrox de Juin 2019, les saisissants contre-sens de l’ANSM

Bernard Guennebaud se présente comme mathématicien. Comprenez « Il a été prof de math dans les années 70 ». Il a un site web exclusivement consacré à l’exposition de ses théories anti-vaccination. Sa spécialité, ce sont les mathématiques alternatives.

En roue libre, il cherche la vérité.

Sur un petit vélo de 4000 ans.

Pour l’AIMsIB, Bernard s’est intéressé au Lévothyrox. Je vous la fait courte: Un rapport de l’ANSM analyse le passage pour les malades français de l’ancienne formule du médicament à la nouvelle formule et constate qu’il n’y a rien de particulier à constater. Aussitôt l’AIMsIB dégaine Bernard qui dégaine ses raisonnements complètement … on va dire créatifs.

En réalité, Bernard avait déjà dégainé avant même la sortie du rapport définitif. Sans le rapport, il n’avait pas grand chose à se mettre sous la dent, mais ne pas savoir n’a jamais été pour lui une raison suffisante pour ne pas s’exprimer, et le voilà réduit à des explications du style « Bon, là on a l’impression que les chiffres sont bons, mais si je les change, regardez ce qu’ils deviennent: Ils deviennent très mauvais. Incroyable, non ? ».

Pour lui, il est très invraisemblable que les durées moyennes de suivi soient égales dans les deux groupes. C’est clair, les chercheurs mentent, ils auraient bidouillé les chiffres sans rien dire à personne que ça ne l’étonnerait pas. Il y aurait donc complot.

Bernard, mathématicien, n’a pas réalisé que répartir un million de personnes sur 90 jours ça représente dans les 10 000 personnes par jour. (difficile d’être plus précis sans un expert comptable et un très très gros ordinateur). La probabilité d’apparier 10 000 personnes par jour, en fonction du jour, voilà qui n’a pas du donner beaucoup de mal aux chercheurs.

Alors forcément, quand le rapport définitif tombe, sans surprise on se rend compte que ses allégations infondées sont des allégations infondées et fausses.

Mais Bernard n’a pas le temps de s’appesantir sur le passé et d’admettre, ou même de remarquer qu’il s’est trompé. Il doit nous livrer sa synthèse du rapport. Vous pouvez relire cette tartine le nombre de fois qu’il vous plaira, il en ressort que Bernard n’est en mesure de reprocher qu’une seule chose au rapport: Ils ont écrit modéré. Une seule fois. Dans tout le rapport ce mot n’apparaît qu’une seule fois. Et lui, il affirme qu’ils n’ont pas le droit. Arrêtez les rotatives ! Scandale sanitaire en perspective. Sérieusement, relisez la tartine. On a l’impression qu’il dit beaucoup de choses, mais non, juste ça:

Pour un marteau, tous les problèmes ressemblent à un clou. Pour Bernard, tous les problèmes se résolvent par les mathématiques. On ne peut pas dire « modéré ». Pourquoi ? Mathématiques ! Je vous passe sa démonstration, petits chanceux que vous êtes, et je m’en tiens à sa conclusion: Le Hazard Ratio, c’est le rapport entre le risque d’avant et le risque de maintenant. Et bien une même valeur pour ce Hazard Ratio peut être considérée comme modérée sur un petit échantillon, mais pas du tout modérée sur un grand.

Avez-vous été attaqué par un requin cette année ou l’année dernière ? Vous posez la question aux riverains de la plage aux requins et vous constatez une augmentation des attaques entre l’année dernière et cette année. Disons de 1%. 1%, c’est statistiquement significatif mais très peu, puisque l’échantillon interrogé est assez petit. Ensuite, vous posez la question à l’ensemble du pays. Villes, montagnes, des gens qui n’ont jamais vu un requin de leur vie. Résultat, pas une seule attaque de requin supplémentaire, juste celles de la plage aux requins. L’augmentation des attaques entre l’année dernière et cette année est donc toujours de 1%. Mais 1%, c’est énorme, parce qu’on a interrogé tout le pays. Il faut lancer un plan requin.

Ça a l’air très très c… créatif ? C’est parce que ça l’est.

Cet exemple, est la mise en lumière du raisonnement absurde ( à ne pas confondre avec un raisonnement par l’absurde ) de Bernard. Pas grand chose à dire de plus, si ce n’est que confronté à cet exemple, il n’a pas su le réfuter ou dire en quoi ce n’était pas l’application directe de son idée du « modéré » à géométrie variable. Vous pouvez vous en convaincre en lisant la première partie de la conversation en commentaires, la suite ayant été promptement censurée par l’AIMsIB.

increased_risk

initativerationnelle

L’invasion des ukrainiens mutants.

La propagande anti-vaccination, tente de cacher sa propre responsabilité dans les récentes épidémies de rougeole en nous exposant toute son ignorance de la théorie de l’évolution.

[INTOX] La vaccination anti-rougeole expliquée par une spécialiste en immuno-infectiologie

« Journal de bord du capitaine. Coefficient espace-temps 2019. Nous croisons dans les parages de la galaxie antivax et c’est en orbite autour de la planète AIMsIB qu’une alerte rouge a été déclenchée. Khan essaye encore de détruire la terre, cette fois en s’arrangeant pour que les terriens fassent tout le boulot. »

KHAAAN!!! Sérieusement ! Vérifie tes sources !

Khan et ses copains sont des super-humains, libres des limitations mentales et physiques des simples humain que nous sommes vous et moi. Du fait de leur supériorité mentale, ils ont des raisonnements originaux que les simples humains ne partagent pas, mais alors pas du tout allez comprendre pourquoi…

Sur le site de l’AIMsIB, Khan, tente de cacher la responsabilité de la propagande anti-vaccination dans les récentes épidémies de rougeole en nous exposant toute son ignorance de la théorie de l’évolution. Le rôle de Khan a été est joué par différents acteurs, cette fois il est joué par … on ne sait pas qui:

En clair: Khan a des diplômes, une carrière, je vous raconte pas. Non sérieusement, je vous raconte pas. On vous dira pas qui elle est, juste que nous on a été très très impressionnés, je vous raconte pas. Non, je vous raconte pas ! Et aussi on dira pas son nom. Parce que le ridicule tue une carrière. C’est donc un argument d’autorité anonyme. Une première.

Ricardo Montalbán

Benedict Cumberbatch

La scientifique masquée

Et c’est tout à fait compréhensible. C’est toujours difficile de se retrouver lundi matin autour de la machine à café et de se voir demander: « Alors, ça s’est bien passé, ce weekend, ta contestation irrationnelle de l’expertise collective et convergente de la communauté scientifique toute entière ? Et sinon, tu as le dossier pour la réunion de 14h, ou les reptiliens l’ont mangé ? »

Et donc, que nous dit Khan dans cet épisode, hormis « Je suis une spécialiste de la rougeole, merci de me croire sur parole » ? Elle nous dit deux choses:

  • La rougeole, c’était mieux avant, quand elle était toute gentille.
  • La rougeole, maintenant, elle vous attend en bavant la nuit en bas de chez vous, elle couche avec votre amour de jeunesse, elle vous fait vous tromper quand vous comptez la monnaie, … Bref, c’est l’attaque des mutants.

La rougeole, c’était mieux avant !

Petit Khanaillou commence donc par nous expliquer que la rougeole était gentille comme tout avant la vaccinations quand elle ne tuait que 10 personnes par an, c’est à dire personne en fait, en citant des documents qui montrent bien qu’elle raconte n’importe quoi:

Déjà, une maladie mortelle, ce n’est pas bénin. Ensuite, si elle ne tue que 10 personnes par an, c’est grâce à la vaccination. Khan affirme qu’il y avait moins de 10 décès par an avant 1980, ce qui est faux, comme le montre très bien la source qu’elle cite pourtant elle même. Il y a donc trahison des sources.

Ensuite, Khan affirme qu’avant 1980 il y avait 750 000 rougeoles par an en France, ce qui est non seulement faux, mais particulièrement inepte. Déjà, la même source, citée par Khan bien qu’elle ne l’ait manifestement pas lue, indique 400 000 rougeoles par an depuis au minimum 1974.

De plus, Khan n’a pas du tout compris le sens de la phrase qu’elle cite. 750 000 rougeoles, c’est en l’absence totale de vaccination. Elle doit probablement imaginer que l’on est passé de 0 vaccinations à plusieurs centaines de milliers la nuit du jour de l’an 1980. En réalité si on a que 400 000 rougeoles par an avant 1980, c’est aussi grâce à la vaccination. En 1979, la couverture vaccinale à 6 ans est déjà de 25%. Mais ça Khan ne le sait pas, parce que quand on lui demande « combien de vaccinations avant 1980 ? » elle est incapable de répondre.

En clair, Khan essaye de nous expliquer qu’un virus bénin qui avant tuait quelques dizaines de personnes par an est devenu bien dangereux en tuant maintenant 4 personnes en 8 ans. Si la rougeole frappe moins de personnes et/ou qu’il y a moins de morts et/ou qu’il y a moins de complications graves, en quoi elle est plus dangereuse ? Khan ne saura pas répondre. Elle affirme par exemple qu’il y a une augmentation de la létalité. Quand on lui demande comment elle le sait, la réponse est sans surprise: Elle ne le sait pas. Il faudrait pour cela qu’elle s’informe, ce qui semble être contre ses principes.

La rougeole, c’est des mutants sauvages d’Ukraine.

Ensuite, Khan entreprend de nous expliquer à quel point elle ne connaît rien à la théorie de l’évolution. Elle parle de l’Ukraine. Voyez-vous, en Ukraine il y a « une flambée épidémique sans précédent ». Et Les virus retrouvés chez les malades sont de « génotype sauvage mutant (B3, D8) ».

Génotype sauvage mutant ? On a peur.

D’un autre coté, faire peur, c’est un petit peu le but. Ben oui, rendez-vous compte. Sauvage ! (Roooarrr!) Parce qu’un génotype pas sauvage, en fait, c’est le type A. Juste le type A. Tous les autres, par définition, sont sauvages. Du coup, « génotype sauvage B3 », c’est un peu redondant. Mais surtout, un génotype, c’est une mutation particulière. Et donc, « génotype mutant », ben c’est carrément redondant. Et si on assemble les deux, on obtient la double redondance du « génotype sauvage mutant (B3, D8) »… Quand j’ai lu ça pour la première fois, tout le monde est venu voir sur mon écran pourquoi j’avais éclaté de rire.

Et donc, Khan continue de JAQter: « Soit le vaccin est devenu inefficace contre ces virus, soit la vaccination a produit une facilitation de l’infection : l’OMS ne semble malheureusement pas vouloir étudier ces éventualités !« .

Par « ces virus », comprenez les génotypes particuliers sauvages mutants redoutables transmogrifiés féroces B3 et D8. Par « le vaccin est devenu inefficace », comprenez que Khan raconte n’importe quoi. En réalité, il y a un virus de la rougeole, et des mutations classées en fonction des différences dans leur génotype. Khan nous livre là un bel exemple de sophisme de composition, pour nous faire croire qu’un génotype particulier, par exemple B3, pourrait muter, devenir subitement indifférent au vaccin, et continuer à porter le doux nom de génotype B3, ce qui est faux. Si le vaccin est efficace, il est efficace. Ça ne change pas. Il y a une condition nécessaire mais pas suffisante pour que subitement il perde son efficacité ou pour que subitement il facilite une infection: Il faut qu’il y ait une mutation. Et la mutation, c’est le génotype. Si un génotype B3 mute, ce ne sera plus un génotype B3.

De plus, Khan essaye de nous faire croire que ce sont des mutations récentes dont on ne connaîtrait rien, alors qu’elles sont connues et suivies depuis plus de 10 ans. Enfin, ce sont les mêmes qu’on retrouve à l’heure actuelle dans toute l’Europe, comme par exemple en France depuis le début du siècle. Bref, les génotypes pour l’Ukraine ne sont ni nouveaux, ni uniques.

Maintenant, suivons la logique de Khan jusqu’au bout, puisque la « flambée épidémique sans précédent » n’a pas ravagée toute l’Europe depuis une décennie et se cantonne à l’Ukraine en 2018, puisque B3 reste B3 et D8 reste D8 et que ces génotypes ne sont ni nouveaux, ni uniques, il faut en déduire que la seule variable qui a pu changer en 2018 en Ukraine, c’est l’ukrainien.

Le bébé ukrainien a muté.
C’est la seule explication possible.

Faut-il craindre une invasion ? On se demande en effet pourquoi l’OMS semble malheureusement ne pas vouloir étudier cette éventualité.

L’autre seule explication possible, est que la propagande anti-vaccination a dramatiquement fait chuter la couverture vaccinale et que l’Ukraine en paye maintenant le prix. C’est 50-50, difficile de savoir quelle hypothèse privilégier…

Les grosses bêtises antivax pour cacher les très grosses bêtises antivax

Pour Khan, il est inconcevable que ce qui se passe en Ukraine puisse être causé par une faible couverture vaccinale. Et bien oui, regardez les deux graphiques, cas de rougeole et couverture vaccinale: 2016, couverture faible, peu de cas. 2017, couverture importante, beaucoup de cas. 2018, couverture maximale, encore plus de cas !

« On observe une flambée épidémique sans précédent en 2018 (avec un pic chez les enfants de 1 à 4 ans)« 

L’épidémie « pose des questions graves en rapport avec cette couverture vaccinale« .

Un graphique qui commence après la partie ou on passe de 95% à 31% de couverture vaccinale.

Pourtant, Khan se trompe, vous trompe, parce qu’elle ne connaît pas la réponse à des questions si simples que je n’aurais jamais pensé devoir un jour les écrire noir sur blanc:

  • Quand est-ce qu’on connaît les statistiques pour 2017 ?
    Réponse: En 2018.
  • Que devient un enfant de deux ans au bout de deux ans ?
    Réponse: Un enfant de quatre ans.

L’OMS en revanche n’a pas fait ces erreurs lamentables. Khan semble refuser par principe de lire tout ce qui pourrait d’une manière ou d’une autre l’informer, mais si ce n’est pas votre cas, vous pouvez lire la page consacrée à l’Ukraine: S’il y a une forte augmentation du nombre de vaccinations, c’est justement en réponse à l’épidémie survenue un peu plus tôt la même année. La maladie précède la vaccination, et pas l’inverse. Les chiffres de la couverture vaccinale concernent les enfants de moins de 2 ans. Une forte couverture en 2018 concerne les enfants qui ont moins de 2 ans en 2018, et ne dit rien sur ceux de 2016 qui ne font plus parti d’un système de vaccination qui suit le parcours des nouveaux-nés. Pour les autres, il faut jouer les détectives. Les identifier, les contacter, les vacciner. C’est long, laborieux et cela n’apparaît pas dans les discours antivax simplistes (pléonasme).

Alors comme ça « On observe une flambée épidémique sans précédent en 2018 (avec un pic chez les enfants de 1 à 4 ans) » ? Sans blagues ? Dans le groupe de gens qui en 2016 avaient un taux de vaccination historiquement bas et qui ensuite sont sortis du système ? Quelle surprise !

Mais eh, on sait pas, c’est peut être à cause des mutants…

La censure ayant promptement fait son office, il ne sera pas possible d’obtenir plus que les réponses lamentables de Khan dans les commentaires.

Session exploratoire au festival de Khan.

employee_of_the_month

initativerationnelle

Censure a son pied

Un site web, ce n’est pas une démocratie. Il n’y a pas de droit à la liberté d’expression, l’éditeur est tout puissant. Il autorise untel à s’exprimer, supprime les messages de tel autre, il est seul juge. Cela a déjà été dit, le principe de la censure n’est pas forcément injustifié. Il y a des raisons objectives de supprimer un commentaire (messages injurieux, agressifs, contraires à la loi) et chaque site procède comme il l’entend. En revanche, faire des petits arrangements avec des règles que l’on a soi-même édicté, c’est un double standard. C’est un sophisme. Et on aime bien pointer les sophismes du doigt.

AIMsIB: C’est l’Association Internationale pour une Médecine scientifique, Indépendante et Bienveillante.

C’est une association. Bon. Internationale ? Toutes les pages du site disent « association française de loi 1901 », mais bon. Indépendante ? Pas de déclaration d’intérêt, juste des livres à longueur d’articles dont ils se font indépendamment la promotion les uns les autres en toute indépendance. Bon. Bienveillante ? Oui. Si on ne lit pas ce qui suit. Scientifique ? Qu’il est bon de rire parfois.

« Fais ce que je dis, pas ce que je fais. »
(L’AIMsIB à a médecine)

À l’AIMsIB, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ils sont tous ultra-compétents et ils se le disent encore et encore. Et encore. Et encore.

Mais l’AIMsIB est perturbée. Agacée. Des professionnels veulent provoquer le désordre dans les commentaires du site:

C’est pourquoi ils sifflent la fin de la récré et virent les perturbateurs. Ils sont entre gens sérieux, ultra-compétents à qui on la fait pas:

Les désaccords sont autorisés. Ils sont même recherchés. C’est gentil. Mais attention les enfants, les discours véhéments, discourtois ou simplement impolis ne seront pas tolérés.

Bon, eux, c’est pas pareil. Mais les autres, attention !

Mais que faut-il faire pour devenir « professionnel du désordre en ligne » ? Est-ce bien rémunéré ? C’est une profession libérale ou est-on fonctionnaire ? En réalité, il faut en faire très peu pour s’attirer les foudres de l’AIMsIB. Il suffit d’avoir raison, et très vite la machine à supprimer les messages ronronne à son rythme de croisière.

Sans savoir ce qui est censuré :

Héraut du bon droit, gardien du temple, le modérateur est le garant d’un débat posé et argumenté.

Avec ce qui est censuré :

Glissement de perception: Mais qui est ce modérateur autocrate mesquin qui clique sur supprimer parce qu’il est en insécurité sur la valeur de ses propres arguments ?

Et si vous pensez que cette petite synthèse n’est pas représentative de la conversation, pourquoi ne pas la lire dans sa totalité, messages censurés compris ? Reprenons les messages censurés ( 1 2 3 4 5 ) et replaçons les dans leur contexte. On les reconnaît sans peine, ils sont « en attente de modération« . Vincent est modérateur du site, il peut donc les lire. Bernard l’est sans doute aussi puisqu’on constate qu’il répond à des messages qui n’ont pas encore été validés, ou qu’il a répondu à un message qui lui plaisait quand un autre posté au même moment sur le même sujet ne sera jamais validé. Les autres visiteurs ne peuvent pas lire ces messages qui seront supprimés par la suite.

Ces messages expriment un désaccord. Mais selon Vincent le modérateur, ils ne peuvent avoir été supprimés pour cette raison. Les désaccords sont autorisés. Ils sont même recherchés. Ce qui n’est pas autorisé, ce sont les discours véhéments, discourtois ou simplement impolis. Voyons donc à quel point ces messages sont véhéments, discourtois, ou simplement impolis.

Message censuré n° 1

Message censuré n°2

Message censuré n°3

Message censuré n°4

Message censuré n°5

Dans ce dernier message, Vincent le modérateur est on ne peut plus clair: Ces messages ont été censurés parce que leur auteur est perçu comme une nuisance. Des messages argumentés sont autorisés, oui, sauf s’ils mettent en lumière des arguments qui montrent que l’AIMsIB a objectivement tort. En ce sens, sa remarque est tout à fait exacte: Les désaccords sont effectivement recherchés, mais en aucun cas dans le but de les résoudre. Cela permet d’entretenir le sophisme de la fausse équivalence, qui consiste à dire: « Regardez tous ces gens qui se disputent, il n’y a pas de fumée sans feu, vous voyez bien qu’il n’y a pas de consensus, etc. ».

Pour pouvoir continuer de contester un consensus scientifique malgré les faits, il est utile d’entretenir la confusion, mais il ne faut surtout pas régler la question. Apportez des réponses trop définitives, incontestables, et vous serez traité de la même façon que les gens malpolis, amalgamé dans la même phrase, amalgamé dans la même personne:

Les deux perturbateurs amalgamés, ils sont là:

Pour l’AIMsIB, ces deux messages sont également intolérables. Agressivité ou commentaire raisonnable et documenté, les deux sont à proscrire et leurs auteurs doivent être également bannis. On se rend compte que pour parvenir à « la manifestation de la vérité », l’AIMsIB prend bien soin de se protéger des perturbations du monde réel.

Une vérité que l’on professe en dépit de la réalité des faits ? Ce n’est donc pas une question de science, c’est une question de foi. De mauvaise foi.

Bonus: Petite liste collaborative.

Mise en pratique d’une très bonne idée de « James Tiberius Kirk » qui a levé le lièvre à l’origine du présent billet: Prenez vos précautions. Après avoir posté votre message, faites une copie d’écran de la conversation, ou mieux, archivez la (sur archive.org, archive.is, …). Si le message n’apparaît pas sur un site, nous pourrons au moins constater ici pour quelle raison. Cette liste sera donc amenée à grossir en fonction des constatations.

  • [AIMsIB] Technique courante: Faire une réponse superficielle pour entretenir l’illusion d’un dialogue, puis censurer les messages ultérieurs. (2 messages censurés)
  • [AIMsIB] Démonter la clé de voûte d’une argumentation fallacieuse est censuré.
  • [AIMsIB] Demander s’il est possible de parler sans être censuré … est censuré.

Toute la conversation a été publiée, puis supprimée.
(Trois messages censurés).

  • [AIMsIB] « Vous pouvez aussi poster un commentaire en bas de l’article qui vous déplaît », il parait… Nouveau message censuré.

2656043491_86083bceff

initativerationnelle

Le requin des montagnes

Une augmentation modérée des attaques de requins sur la plage ? Oui, mais une augmentation importante des attaques de requin sur la plage ou en montagne ! C’est la nouvelle contorsion mathématique de Bernard.

[INTOX] Rapport Levothyrox de Juin 2019, les saisissants contre-sens de l’ANSM

Bernard Guennebaud se présente comme mathématicien. Comprenez “Il a été prof de math dans les années 70”. Il a un site web exclusivement consacré à l’exposition de ses théories anti-vaccination. Sa spécialité, ce sont les mathématiques alternatives.

En roue libre, il cherche la vérité.

Sur un petit vélo de 4000 ans.

Pour l’AIMsIB, Bernard s’est intéressé au Lévothyrox. Je vous la fait courte: Un rapport de l’ANSM analyse le passage pour les malades français de l’ancienne formule du médicament à la nouvelle formule et constate qu’il n’y a rien de particulier à constater. Aussitôt l’AIMsIB dégaine Bernard qui dégaine ses raisonnements complètement … on va dire créatifs.

En réalité, Bernard avait déjà dégainé avant même la sortie du rapport définitif. Sans le rapport, il n’avait pas grand chose à se mettre sous la dent, mais ne pas savoir n’a jamais été pour lui une raison suffisante pour ne pas s’exprimer, et le voilà réduit à des explications du style “Bon, là on a l’impression que les chiffres sont bons, mais si je les change, regardez ce qu’ils deviennent: Ils deviennent très mauvais. Incroyable, non ?”.

Pour lui, il est très invraisemblable que les durées moyennes de suivi soient égales dans les deux groupes. C’est clair, les chercheurs mentent, ils auraient bidouillé les chiffres sans rien dire à personne que ça ne l’étonnerait pas. Il y aurait donc complot.

Bernard, mathématicien, n’a pas réalisé que répartir un million de personnes sur 90 jours ça représente dans les 10 000 personnes par jour. (difficile d’être plus précis sans un expert comptable et un très très gros ordinateur). La probabilité d’apparier 10 000 personnes par jour, en fonction du jour, voilà qui n’a pas du donner beaucoup de mal aux chercheurs.

Alors forcément, quand le rapport définitif tombe, sans surprise on se rend compte que ses allégations infondées sont des allégations infondées et fausses.

Mais Bernard n’a pas le temps de s’appesantir sur le passé et d’admettre, ou même de remarquer qu’il s’est trompé. Il doit nous livrer sa synthèse du rapport. Vous pouvez relire cette tartine le nombre de fois qu’il vous plaira, il en ressort que Bernard n’est en mesure de reprocher qu’une seule chose au rapport: Ils ont écrit modéré. Une seule fois. Dans tout le rapport ce mot n’apparaît qu’une seule fois. Et lui, il affirme qu’ils n’ont pas le droit. Arrêtez les rotatives ! Scandale sanitaire en perspective. Sérieusement, relisez la tartine. On a l’impression qu’il dit beaucoup de choses, mais non, juste ça:

Pour un marteau, tous les problèmes ressemblent à un clou. Pour Bernard, tous les problèmes se résolvent par les mathématiques. On ne peut pas dire “modéré”. Pourquoi ? Mathématiques ! Je vous passe sa démonstration, petits chanceux que vous êtes, et je m’en tiens à sa conclusion: Le Hazard Ratio, c’est le rapport entre le risque d’avant et le risque de maintenant. Et bien une même valeur pour ce Hazard Ratio peut être considérée comme modérée sur un petit échantillon, mais pas du tout modérée sur un grand.

Avez-vous été attaqué par un requin cette année ou l’année dernière ? Vous posez la question aux riverains de la plage aux requins et vous constatez une augmentation des attaques entre l’année dernière et cette année. Disons de 1%. 1%, c’est statistiquement significatif mais très peu, puisque l’échantillon interrogé est assez petit. Ensuite, vous posez la question à l’ensemble du pays. Villes, montagnes, des gens qui n’ont jamais vu un requin de leur vie. Résultat, pas une seule attaque de requin supplémentaire, juste celles de la plage aux requins. L’augmentation des attaques entre l’année dernière et cette année est donc toujours de 1%. Mais 1%, c’est énorme, parce qu’on a interrogé tout le pays. Il faut lancer un plan requin.

Ça a l’air très très c… créatif ? C’est parce que ça l’est.

Cet exemple, est la mise en lumière du raisonnement absurde ( à ne pas confondre avec un raisonnement par l’absurde ) de Bernard. Pas grand chose à dire de plus, si ce n’est que confronté à cet exemple, il n’a pas su le réfuter ou dire en quoi ce n’était pas l’application directe de son idée du “modéré” à géométrie variable. Vous pouvez vous en convaincre en lisant la première partie de la conversation en commentaires, la suite ayant été promptement censurée par l’AIMsIB.

Censure a son pied

Un site web, ce n’est pas une démocratie. Il n’y a pas de droit à la liberté d’expression, l’éditeur est tout puissant. Il autorise untel à s’exprimer, supprime les messages de tel autre, il est seul juge. Cela a déjà été dit, le principe de la censure n’est pas forcément injustifié. Il y a des raisons objectives de supprimer un commentaire (messages injurieux, agressifs, contraires à la loi) et chaque site procède comme il l’entend. En revanche, faire des petits arrangements avec des règles que l’on a soi-même édicté, c’est un double standard. C’est un sophisme. Et on aime bien pointer les sophismes du doigt.

AIMsIB: C’est l’Association Internationale pour une Médecine scientifique, Indépendante et Bienveillante.

C’est une association. Bon. Internationale ? Toutes les pages du site disent “association française de loi 1901”, mais bon. Indépendante ? Pas de déclaration d’intérêt, juste des livres à longueur d’articles dont ils se font indépendamment la promotion les uns les autres en toute indépendance. Bon. Bienveillante ? Oui. Si on ne lit pas ce qui suit. Scientifique ? Qu’il est bon de rire parfois.

“Fais ce que je dis, pas ce que je fais.”
(L’AIMsIB à a médecine)

À l’AIMsIB, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ils sont tous ultra-compétents et ils se le disent encore et encore. Et encore. Et encore.

Mais l’AIMsIB est perturbée. Agacée. Des professionnels veulent provoquer le désordre dans les commentaires du site:

C’est pourquoi ils sifflent la fin de la récré et virent les perturbateurs. Ils sont entre gens sérieux, ultra-compétents à qui on la fait pas:

Les désaccords sont autorisés. Ils sont même recherchés. C’est gentil. Mais attention les enfants, les discours véhéments, discourtois ou simplement impolis ne seront pas tolérés.

Bon, eux, c’est pas pareil. Mais les autres, attention !

Mais que faut-il faire pour devenir “professionnel du désordre en ligne” ? Est-ce bien rémunéré ? C’est une profession libérale ou est-on fonctionnaire ? En réalité, il faut en faire très peu pour s’attirer les foudres de l’AIMsIB. Il suffit d’avoir raison, et très vite la machine à supprimer les messages ronronne à son rythme de croisière.

Sans savoir ce qui est censuré :

Héraut du bon droit, gardien du temple, le modérateur est le garant d’un débat posé et argumenté.

Avec ce qui est censuré :

Glissement de perception: Mais qui est ce modérateur autocrate mesquin qui clique sur supprimer parce qu’il est en insécurité sur la valeur de ses propres arguments ?

Et si vous pensez que cette petite synthèse n’est pas représentative de la conversation, pourquoi ne pas la lire dans sa totalité, messages censurés compris ? Reprenons les messages censurés ( 1 2 3 4 5 ) et replaçons les dans leur contexte. On les reconnaît sans peine, ils sont “en attente de modération“. Vincent est modérateur du site, il peut donc les lire. Bernard l’est sans doute aussi puisqu’on constate qu’il répond à des messages qui n’ont pas encore été validés, ou qu’il a répondu à un message qui lui plaisait quand un autre posté au même moment sur le même sujet ne sera jamais validé. Les autres visiteurs ne peuvent pas lire ces messages qui seront supprimés par la suite.

Ces messages expriment un désaccord. Mais selon Vincent le modérateur, ils ne peuvent avoir été supprimés pour cette raison. Les désaccords sont autorisés. Ils sont même recherchés. Ce qui n’est pas autorisé, ce sont les discours véhéments, discourtois ou simplement impolis. Voyons donc à quel point ces messages sont véhéments, discourtois, ou simplement impolis.

Message censuré n° 1

Message censuré n°2

Message censuré n°3

Message censuré n°4

Message censuré n°5

Dans ce dernier message, Vincent le modérateur est on ne peut plus clair: Ces messages ont été censurés parce que leur auteur est perçu comme une nuisance. Des messages argumentés sont autorisés, oui, sauf s’ils mettent en lumière des arguments qui montrent que l’AIMsIB a objectivement tort. En ce sens, sa remarque est tout à fait exacte: Les désaccords sont effectivement recherchés, mais en aucun cas dans le but de les résoudre. Cela permet d’entretenir le sophisme de la fausse équivalence, qui consiste à dire: “Regardez tous ces gens qui se disputent, il n’y a pas de fumée sans feu, vous voyez bien qu’il n’y a pas de consensus, etc.”.

Pour pouvoir continuer de contester un consensus scientifique malgré les faits, il est utile d’entretenir la confusion, mais il ne faut surtout pas régler la question. Apportez des réponses trop définitives, incontestables, et vous serez traité de la même façon que les gens malpolis, amalgamé dans la même phrase, amalgamé dans la même personne:

Les deux perturbateurs amalgamés, ils sont là:

Pour l’AIMsIB, ces deux messages sont également intolérables. Agressivité ou commentaire raisonnable et documenté, les deux sont à proscrire et leurs auteurs doivent être également bannis. On se rend compte que pour parvenir à “la manifestation de la vérité”, l’AIMsIB prend bien soin de se protéger des perturbations du monde réel.

Une vérité que l’on professe en dépit de la réalité des faits ? Ce n’est donc pas une question de science, c’est une question de foi. De mauvaise foi.

Bonus: Petite liste collaborative.

Mise en pratique d’une très bonne idée de “James Tiberius Kirk” qui a levé le lièvre à l’origine du présent billet: Prenez vos précautions. Après avoir posté votre message, faites une copie d’écran de la conversation, ou mieux, archivez la (sur archive.org, archive.is, …). Si le message n’apparaît pas sur un site, nous pourrons au moins constater ici pour quelle raison. Cette liste sera donc amenée à grossir en fonction des constatations.

  • [AIMsIB] Technique courante: Faire une réponse superficielle pour entretenir l’illusion d’un dialogue, puis censurer les messages ultérieurs. (2 messages censurés)
  • [AIMsIB] Démonter la clé de voûte d’une argumentation fallacieuse est censuré.
  • [AIMsIB] Demander s’il est possible de parler sans être censuré … est censuré.

Toute la conversation a été publiée, puis supprimée.
(Trois messages censurés).

  • [AIMsIB] « Vous pouvez aussi poster un commentaire en bas de l’article qui vous déplaît », il parait… Nouveau message censuré.

[Intox] Les vaccins causent des fractures !

Ils aident des assassins d’enfants à échapper à la justice, mais c’est pour la bonne cause.

VACCINE BREAK
050611 Saison 1 – Épisode 1

Mickael: Pssst ! Lincoln ! prison-break-viewers-michael-scofield-889356
Lincoln: Mickael ? Qu’est-ce que tu fais là ? 8b1423713361f818f872a83c0f7e2a7d
Mickael: Je me suis fait arrêter. Exprès. J’ai braqué une banque pour te retrouver.
Lincoln: Ah bon ?
Mickael: Oui, je vais nous faire évader, frangin, …
Lincoln: Non, c’est bon, merci.
Mickael: …toi et moi on va… Hein ? Quoi ? Comment « non c’est bon merci » ?
Lincoln: C’est bon, c’est réglé. Je sors tout à l’heure.
Mickael: Lincoln, tu fais une dépression ou quoi ? C’est l’isolement ? Ils disent que tu as tué le frère du vice-président. Tu es condamné à mort ! Alors toi et moi on va…
Lincoln: Non, mais c’est réglé, ça. J’ai tout bien expliqué, c’est pas de ma faute. C’est les vaccins.
Mickael: Les vaccins ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?
Lincoln: Les vaccins. Tu savais qu’un vaccin pouvait provoquer exactement les mêmes symptômes qu’une balle en plein cœur ?
Mickael:
Lincoln: C’est vrai, et comme dans une pub Actimel, c’est scientifiquement prouvé.
Mickael: Qu’est ce que c’est que ces conneries ? Il peut pas exister une étude scientifique qui soutienne ça.
Lincoln: Bien sûr que si. C’est moi qui l’ai écrite.
Mickael: Mais … Mais … Le plan de la prison… Les tatouages… Ça fait un mal de chien. Surtout pour le plan du tunnel, y avait plus de place nulle part alors j’ai dû tatouer ma…
Lincoln: Oui, oui, tu me raconteras ça autour d’une bière, on vient me chercher là.
Bullock: LINCOLN ! Tu sors ! wade-williams-alias-brad-bellick-le-garde
Lincoln: Super ! Est-ce que mon frère peut venir ? Il a pas braqué cette banque en fait. C’est les vaccins.
Bullock: Est-ce qu’il a une publication scientifique ?
Mickael:
Lincoln: Il en aura une demain.

FIN DE LA SÉRIE.

Si la réalité dépasse la fiction, c’est parce que la fiction se doit d’être vraisemblable

Il est évident que cette série aurait eu beaucoup moins de succès si l’intrigue avait été résolue en quelques minutes. Et puis surtout, on y croit pas du tout. C’est pas réaliste. C’est basé sur une histoire vraie, mais c’est pas réaliste. Parce qu’il y a des histoire d’anti-vaccins des fois, on se demande si on est pas en train de rêver.

Disséminer le doute, propager des mensonges, collectionner des anecdotes-qui-font-peur au sujet de l’autisme, de la mort subite du nourrisson, de l’épilepsie, est dommageable pour la population toute entière et particulièrement pour les enfants. Ne pas se vacciner, ou même simplement retarder les vaccinations de quelques mois a des conséquences mesurables. Mais il existe une catégorie spéciale d’opposant à la vaccination, qui pousse l’intégrisme dans ses derniers retranchements. Des gens pour qui mentir et manipuler n’est pas suffisant. Des gens pour qui mettre un terme à toute vaccination passe aussi par la protection des assassins d’enfants.

Peut-on mentir pour la bonne cause ? Celui qui raisonne avec ses tripes plutôt qu’avec son cerveau est souvent forcé de répondre oui. En l’absence d’arguments rationnels, que reste-t-il si ce n’est mensonge et manipulation ? Mais quand-même, protéger les assassins d’enfants ce serait pas un tout petit peu exagéré ?

On exonère pas une personne simplement parce qu’elle a fait une vidéo poignante sur Youtube.

Savez-vous qu’il y a des gens sympathiques qui commettent des crimes horribles ? Qu’il y a des gens laids qui sont innocents ? Qu’il y a des gens beaux qui mentent au fisc ? C’est la raison pour laquelle le système judiciaire est relativement complexe: Pour échapper à la prison, il arrive que certains mentent.

Le « syndrome du bébé secoué » (Shaken Baby Syndrôme, ou SBS) est extrêmement grave. C’est un traumatisme crânien qui touche les nouveaux-nés et les enfants en bas âge. Il peut entraîner des séquelles neurologiques permanentes, voire la mort. C’est aussi un signe manifeste de maltraitance. Pas pour tout le monde cependant, puisque certains affirment que les vaccins peuvent provoquer exactement les mêmes symptômes. C’est pas de chance, quand même. Malheureusement ce ne sont jamais les bonnes personnes qui l’affirment. Ce serait plutôt les gens qui n’aiment pas les vaccins, et les gens qui sont accusés de maltraitance, et les gens qui sont payés par les gens qui sont accusés de maltraitance. Mais comme ce ne sont jamais les spécialistes, comme ce ne sont jamais les chercheurs, il n’existe pas la moindre donnée scientifique crédible pour soutenir cette affirmation fantaisiste.

Et donc, voilà que les gens qui n’aiment pas les vaccins, et les gens qui sont payés par les gens qui sont accusés de maltraitance, se retrouvent alliés de circonstance pour accuser les vaccins et faire libérer les gens accusés de maltraitance. Bien sûr, en l’absence de toute donnée scientifique, le résultat n’est pas glorieux. Jusqu’au jour ou quelqu’un, qui n’aime pas les vaccins et qui est en même temps payé par les gens qui sont accusés de maltraitance, décide que puisqu’il n’existe pas de donnée scientifique crédible, il est plus que temps que quelqu’un se décide à produire ses propres données scientifiques pas crédibles.

 

5ac5db8cdd417bb5f60d1d150dec2e13-star-trek-live-long

Le jumeau diabolique

Il était une fois deux publications scientifiques.

L’une s’appelle « Clinical Medicine & Research » et l’autre « Clinical Medicine Research » sans le « &« .

home_cover151L’une est indexée sur « Medicus/MEDLINE, EMBASE, SCOPUS, Emerging Sources Citation Index, CAS, CINAHL, EBSCOhost EJS, Index Copernicus » et est archivé sur PubMed.

Quand l’autre dit qu’elle est indexée, elle tente de créer la confusion. Elle cite des bases de données généralistes ou sans légitimité, qui par définition acceptent n’importe qui. Par exemple, ils sont sur « WorldCat database », à coté des CD des DVD. Super ! Ils sont sur « Research Bible ». Youpi ! Le probablement très très sérieux site qui a choisi un très très sérieux nom « Universal Impact Factor » n’existe plus. À la place, se trouve le type de message qu’affiche un hébergeur quand il y a des factures impayées. Woohoo !

Donc l’une est indexée sur les bases de données scientifiques et l’autre n’est indexée nulle part ou ça compte pour un scientifique et on ne l’a jamais vu sur PubMed. Mais eh! Il y a une page web ou on peut entrer son numéro de carte bleu. C’est presque pareil. Non ? Non.

L’une est une publication, l’autre est une arnaque.

Devinez à qui va s’adresser quelqu’un qui n’aime pas les vaccins et qui est en même temps payé par les gens qui sont accusés de maltraitance quand il se décide à produire ses propres données scientifiques pas crédibles ?

Science PG (qui tente de créer la confusion avec le réputé Science), gère cette arnaque et publiera n’importe quoi si on y met le prix:

Ces « études » et d’autres du même genre sont des niaiseries que les chercheurs font publier à dessein quand ils veulent montrer le manque de sérieux d’un éditeur. Dans le cas de Science PG (ou Science Publishing Group), le doute n’est pas permis: On peut cracher sur la science et s’essuyer les pieds sur la réalité pour la modique somme de 500 dollars. Pour qui a une idéologie à défendre, ce serait dommage de se priver.

Sur les épaules des géants, pour leur faire les poches.

À quoi sert le système de publication scientifique ? Si un chercheur prend la peine de publier ses travaux, c’est avant tout pour permettre à d’autres chercheurs d’avoir accès à ces données. Pour permettre aux suivants de répliquer, reprendre, et continuer les travaux que d’autres ont commencé. C’est pour cette raison que les articles qui sont soumis sont évalués par d’autres scientifiques, qui pourront commenter, proposer des corrections, valider ou rejeter ce qui leur est soumis. On appelle cela la revue par les pairs (peer review) et c’est la pierre angulaire de la recherche scientifique. À moins, bien sûr, que l’on soit dans le business pour faire un max de fric en un minimum de temps. Dans ce cas, l’étape de validation serait plutôt un vague obstacle qu’il convient de mentionner et oublier. Si on fait le test, on s’aperçoit qu’un faux scientifique, créé de toute pièces avec de fausses informations qui pourraient être réfutées en quelques minutes, est accepté pour faire partie de l’équipe de validation des articles dans un tiers des cas quand il s’agit de la liste des publications prédatrices, et jamais quand il s’agit d’une publication sérieuse. Littéralement n’importe qui, généralement personne de qualifié, voire absolument personne, peut faire parti de l’équipe de validation. Il n’est dans l’intérêt d’aucun chercheur sérieux de publier dans ces lamentables revues, sous peine de perdre toute crédibilité. Seuls s’y complaisent ceux qui n’ont pas réussi à publier dans une véritable revue, ceux pour qui la fin justifie les moyens. Et donc …

Comme le dit Moi-Même: « J’ai raison! ». Donc, j’ai raison.

Michael D Innis est hématologue à la retraite. Il est rémunéré par des gens accusés de maltraitance pour donner son avis sur ce qui ne faisait déjà pas partie de son domaine de compétence quand il était encore en activité. Il affirme, par exemple, qu’un vaccin peut provoquer des fractures. Comme la communauté scientifique n’est pas de son avis, il décide donc de s’auto-citer et dans l’arnaque sus-citée il publie : « Autoimmunity and non-accidental injury in children« .

Tout d’abord, constatons que ce n’est pas une étude. C’est ce qu’on appelle un « case report« . C’est l’opinion de l’auteur sur une anecdote. Scientifiquement, un case report n’a aucune valeur en soi. De plus, l’auteur nous explique son opinion sur cette anecdote en se basant sur une étude rétractée. Ce n’est pas une erreur de sa part, il le sait. C’est comme s’il disait: « Si l’on en croit mon comptable, arrêté pour fraude fiscale, on peut  faire des économies d’impôt très facilement si l’on suit ses conseils ». Il cite une étude de Wakefield, rétractée pour fraude et ajoute « retracted » entre parenthèses. Hilarant. Ridicule. Lamentable. Plus c’est gros, plus ça passe, visiblement.

En conclusion

Le lobby anti-science, qui pour des raisons irrationnelles aimerait bien qu’on cesse d’utiliser les vaccins apporte son aide à des assassins d’enfants. Quand on le leur signale, ils vous répondent par une variante de la défense Chewbacca, avec des opinions, des études qui n’en sont pas, publiées dans des revues qui n’en sont pas, confirmant par la même que ce dont on les accuse, et qu’ils entendaient réfuter, est tout à fait justifié.

sbs

3823441981_2ff9459e02_o_d

initativerationnelle

050611

prison-break-viewers-michael-scofield-889356

8b1423713361f818f872a83c0f7e2a7d

wade-williams-alias-brad-bellick-le-garde

5ac5db8cdd417bb5f60d1d150dec2e13-star-trek-live-long

home_cover

151

sbs

[Intox] Vaccinés vs non vaccinés: quel groupe est le plus malade?

– Montrez moi une seule étude qui dit qu’il vaut mieux être vacciné que non vacciné.
– Et bien il y a celle ci, celle ci, celle là, et puis aussi …
– J’ai dit UNE !

Vous vous rendez compte, pas une seule fois ces 100 dernières années ne s’est trouvé un seul chercheur pour se demander s’il vaut mieux être vacciné que non vacciné. C’est incroyable non ? Littéralement, on y croit pas. Parce que c’est faux. Mais qu’une chose soit contraire à la réalité n’a jamais empêché l’OIC de le dire.

L’Organisation Initiative Citoyenne s’étonne:

Il est remarquable que, jusqu’à aujourd’hui, aucune étude publiée n’a jamais comparé les enfants vaccinés aux enfants non vaccinés pour vérifier quel groupe d’enfants sont en meilleure santé.

On se dit que l’époque ou tous les chercheurs de la planète se tournaient les pouces en dilapidant le budget de la recherche avec de la coke et des voitures de sport est désormais révolue. Les chanteurs de rap devront trouver une autre muse, parce que les chercheurs maintenant, il cherchent. Il y a donc une (1) étude.

Cela n’a jamais été fait auparavant. Une toute première étude en son genre qui traite d’enfants Américains (scolarisés à domicile) vaccinés par rapport à des enfants non vaccinés  montre quel groupe est vraiment malade… les parents devraient  réellement s’inquiéter.

Ah, le sophisme de l’étude-unique-qui. La propagande pseudo-rationnelle en est friande. D’accord, l’ensemble des études convergent pour montrer que la vaccination n’est pas associée à une augmentation des cas d’allergie, ou d’autisme, ou de mort subite, mais s’il y en avait une, juste une, le Graal des études qui étudierait en une fois tout ça et plus encore, on pourrait sûrement jeter tout le reste à la poubelle, non ? Surtout si tout le reste dit le contraire de cette étude.

L’opposant au vaccin dit « que l’étude soit », et l’étude fût (Littéralement).

Cette étude-unique-qui montrerait que les vaccins vont précipiter l’apocalypse sur terre n’existe pas. Qu’à cela ne tienne, on va en faire une. On a besoin de quoi ? Un stylo ? Du papier ? Un paquet d’argent ? Le lobby anti-vaccination fondé par Jenny McCarthy, celui de Claire Dwoskin, même la publicité, tout a été mis en oeuvre pour financer l’étude que ces idiots de chercheurs avaient déjà fait, oui, mais sans trouver les bons résultats. Les mêmes personnes qui trouvent intolérable qu’une étude soit financée par des fonds privés, parce qu’il y aurait conflit d’intérêt, décident donc de financer une étude sur fonds privés. Mais eux, c’est pas pareil.

Sans surprise cette étude ad hoc découvre que les vaccins mangent des bébés au petit déjeuner.

Les enfants vaccinés avaient des chances plus élevées de développer les conditions suivantes: maladies chroniques, eczéma, troubles neuro-développementaux, autisme, troubles du déficit de l’attention/hyperactivité, troubles de l’apprentissage, rhinites allergiques.

fact2

Si seulement c’était aussi simple, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus rien à chercher. Une étude, une réponse, question suivante s’il vous plaît. Malheureusement, ce n’est pas comme cela que la science fonctionne. Pour savoir s’il vaut mieux être vacciné que non vacciné, il n’y a pas une étude qui le montre, il y a toutes les études. C’est parce que des milliers de chercheurs a travers le monde ont produit des milliers de résultats qui convergent dans la même direction qu’il est possible de conclure que les avantages dépassent de loin les inconvénients. Il est tout à fait naturel de citer une étude à titre d’exemple de ce qu’est le consensus scientifique sur un sujet donné, en revanche, citer une étude qui contredirait toutes les autres et en déduire que l’ensemble des études précédentes devrait être ignoré est parfaitement irrationnel et dénote une grave méconnaissance de la méthode scientifique.

Donc même si cette étude avait été parfaitement réalisée, elle serait incapable à elle seule de remettre en cause tout ce qui existe par ailleurs. Mais bon, si elle avait été parfaitement réalisée, elle n’aurait probablement pas trouvée ce qu’elle a trouvé. En effet, cette étude est truffée d’erreurs méthodologiques graves. Un exemple parmi d’autres: Il n’y a que 9 enfants autistes dans cette étude, ce qui est beaucoup trop peu pour conclure quoi que ce soit. (L’une des nombreuses études de qualité qui permet d’affirmer l’absence de lien entre vaccin et autisme porte par exemple sur 1.2 million d’enfants dont plusieurs milliers d’autistes). De plus, plusieurs de ces enfants sont prématurés, ce qui n’est pas plus grave que ça selon cette étude puisqu’être prématuré n’a pas d’influence sur les troubles neurologiques. C’est en tous cas ce qui est affirmé sans aucune preuve et en contradiction avec ce que l’on sait sur le sujet. En fait, pour accepter les résultats de cette étude, il faudrait non seulement nier tout ce que l’on sait sur les vaccins, mais aussi tout ce que l’on sait sur la médecine en général.

La publication scientifique, le pire moyen de faire de la science, à l’exception de tous les autres.

Donc voilà, le lobby anti-vaccination a sous la main une étude très mauvaise qui trouve les bons résultats. Maintenant il faut la publier. Dans le monde des publications scientifiques, il y a deux écoles:

  • C’est le lecteur qui paye.
    Les chercheurs soumettent gratuitement leur travaux et les laboratoires, les universités s’abonnent aux publications. L’avantage est que la qualité est recherchée pour augmenter le nombre de lecteurs. L’inconvénient est que l’abonnement coute très cher et que cela limite malheureusement l’accès au savoir commun.
  • C’est le chercheur qui paye.
    Tout le monde peut consulter gratuitement les travaux. L’avantage est que cela favorise l’accès au savoir commun. L’inconvénient est que les publications peuvent être tentées de publier n’importe quoi pour augmenter leurs revenus.

Devinez dans quelle catégorie se complaisent les études de mauvaise qualité telles que celle-ci ? Si vous y mettez le prix, « Frontiers in Public Health » publiera n’importe quoi. C’est en tous cas ce que l’on se dit lorsque l’on constate que même les chemtrails y trouvent leur place, notre étude-unique-qui mettra définitivement fin à la vaccination y est donc en bonne compagnie. Malheureusement, même pour une publication de second ordre la ficelle est trop grosse et l’étude est rétractée. Qu’à cela ne tienne, on va changer le titre et tenter la même chose ailleurs, dans une autre publication, encore plus bas dans l’échelle, tellement bas en fait, que « Journal of translational science » n’est même pas indexé. Malheureusement, même pour une publication de troisième ordre la ficelle est trop grosse et l’étude est rétractée une seconde fois.

Peut-être que cette étude finira par être publiée un jour. Peut-être dans une revue encore moins réputée que les deux publications peu glorieuses qui ont empoché l’argent avant de changer d’avis et de finalement refuser d’être associé à ce travail baclé. Ce sera peut-être dans « la siense pour les sientifiques mais pas que », ou quelque chose dans ce genre là. D’ici là, et même après, constatons que le contenu de cette étude est tellement mauvais que personne n’a accepté de la publier. Une étude non publiée n’en est pas une, c’est pour cela que depuis cette deuxième rétractation, plus aucun site n’en parle, personne n’en fait la promotion et ceux qui en avaient parlé auparavant ont publié un correctif.

Non, je plaisante.

Cette étude continue de tourner dans la complosphère comme si de rien n’était.

denial

denial2

initativerationnelle

fact2

denial

[Intox] Andrew Wakefield par Andrew Wakefield

Qui mieux qu’Andrew Wakefield pourrait raconter l’histoire d’Andrew Wakefield ? À peu près n’importe qui. Seul, devant la caméra, il nous invente sa version des faits.

Un documentaire tente de nous faire peur. Selon lui, les organisations sanitaires mentent, manipulent les données, mettent en danger des enfants pour s’octroyer un profit confortable. Ce documentaire affirme donc que les autorités ont fait ce que son réalisateur a été reconnu coupable d’avoir fait quand il était médecin, avant d’être radié pour avoir menti, manipulé les données, mis en danger des enfants pour s’octroyer un profit confortable. C’est fâcheux. C’est risible. C’est problématique pour cet ancien chirurgien condamné pour fraude. Il ne peut répandre ses mensonges présents sans qu’on vienne lui reprocher ses mensonges passés. Mais la solution est simple: Il suffit de changer le passé.

Le storytelling d’Andrew Wakefield

Qui mieux qu’Andrew Wakefield pourrait raconter l’histoire d’Andrew Wakefield ? À peu près n’importe qui. Seul, devant la caméra, il nous invente sa version des faits.

Ci-dessous, se trouve la transcription de cette auto-hagiographie accompagnée de quelques annotations. Dans cette transcription, Wakefield fait des affirmations de deux ordres. Des élucubrations conspirationnistes infondées et totalement invérifiables, ainsi que des affirmations factuelles vérifiables. Étant donné que les affirmations factuelles vérifiables se révèlent être fausses, il est rationnel de conclure que les élucubrations conspirationnistes infondées et totalement invérifiables sont en fait des élucubrations conspirationnistes infondées, totalement invérifiables et fausses.

Par exemple s’il affirme que le brevet qu’il préparait en parallèle de son étude n’est pas un vaccin, c’est une affirmation vérifiable (et fausse). Étant donné qu’on peut littéralement lire « peut-être utilisé comme un vaccin » sur la demande de brevet, il est rationnel de penser qu’il ne dit pas non plus la vérité quand il affirme qu’untel a été payé pour le dégommer dans la presse.

Andrew Wakefield répond aux accusations qui lui sont adressées.

1. Expérience

Je suis médecin[1.1]. J’ai été diplômé en 1981. J’ai commencé à pratiquer comme chirurgien avec un intérêt particulier pour les maladies inflammatoires des intestins. Je suis devenu ensuite un chercheur qui gérait une équipe de 19 personnes chargées d’étudier la maladie inflammatoire des intestins, et durant cette période de 10 ans j’ai publié environ 130-140 articles scientifiques sur ce sujet particulier.

1.1: On ne dit pas «docteur» Andrew Wakefield.

Selon ses affirmations, il est MB BS, FRCS, FRCPath. En clair: diplômé en médecine et chirurgie, membre du Collège Royal de Chirurgie et du Collège Royal de Pathologie. Aucune de ces affirmations ne lui permet de se faire appeler docteur.

Un docteur, possède un doctorat (PhD) ou est docteur en médecine (MD). Si l’on ne possède pas de doctorat, on peut tout de même, par courtoisie, se faire appeler docteur si l’on est enregistré en tant que praticien, ce que Wakefield ne peut prétendre depuis qu’il a été radié de l’ordre en 2010.

Le 17 Mai 1995, cette date est imprimée dans mon cerveau[1.2], une mère m’a appelé et m’a dit: « Mon enfant se développait de façon parfaitement normale, ensuite il a eu le vaccin ROR, et il a ensuite régressé vers l’autisme. J’ai dit: « Je suis gastroentérologue, comment puis-je vous aider? ». Et elle a dit: « Mon enfant a de terribles problèmes gastro intestinaux et personne ne les prend au sérieux ». Et l’histoire était tellement captivante, cette mère était très claire, elle décrivait cela très bien, et elle a dit:  » Docteur Wakefield, il y a beaucoup, beaucoup de parents dans la même situation. Les enfants dans un état exactement comme le mien ». Nous l’avons pris très au sérieux. Ce fut le début d’une aventure fascinante.

1.2: En avril 1995, un mois avant cette date imprimée dans son cerveau, Wakefield publiait « La vaccination contre la rougeole est-elle un facteur de risque de maladie inflammatoire de l’intestin ?« , ou il affirme que le vaccin contre la rougeole (le vaccin seul, pas en tant que composante du ROR) pourrait causer la maladie de Crohn, ainsi qu’une colite ulcéreuse.

2. Le lien entre l’autisme et le vaccin ROR (1:24)

Le lien entre le syndrome que nous avons observé et le vaccin ROR est venu des témoignages de parents[2.1]. Les parents disaient : « Je n’étais pas anti-vaccin. J’ai emmené mon enfant pour faire le vaccin ROR au moment indiqué. » Ce vaccin était injecté seul à ce moment-là, conformément au calendrier vaccinal du Royaume-Uni, il était donc facile, selon eux, de voir que le vaccin ROR pouvait en être la cause. A partir de ce moment, leurs enfants avaient développé une très forte fièvre, des convulsions et un sommeil profond prolongé, à l’issue duquel certains s’étaient réveillés totalement différents de ce qu’ils étaient avant. D’autres avaient perdu l’usage du langage et de la parole, les interactions avec leurs frères et leurs sœurs, et étaient devenus profondément malades.

2.1: Tout est fait pour qu’on imagine que Wakefield a été alerté par cette mère en mai 1995, date imprimée dans son cerveau. Pourtant, à cette époque il avait déjà le vaccin contre la rougeole dans son collimateur (c.f. 1.2). Wakefield reprend les symptômes qu’il attribue déjà au vaccin contre la rougeole, y ajoute l’autisme et l’attribue au ROR.

Pour étudier les maladies humaines, les syndromes, que ce soit l’autisme, la maladie de Crohn ou d’Asperger, cela commence toujours par un regroupement de plusieurs patients, parfois pas plus de quatre, parfois quinze, qui présentent des symptômes similaires. Leurs résultats cliniques sont si semblables qu’ils méritent de faire l’objet d’un article. Cela s’appelle une cohorte. C’est comme cela que nous décrivons les maladies et les syndromes en premier lieu. Cela mène à des études plus approfondies où sont ensuite testées les hypothèses de causalité. Les faits rapportés par les parents sont-ils exacts ? L’enfant avait-t-il régressé après le ROR, et le ROR était-il la cause du problème ?[2.2]

2.2: Pour faire une étude, on s’adresse à l’hôpital et on leur demande s’ils ont des cas qui correspondent à tels symptômes. L’auteur de l’étude ne choisit pas. C’est la méthode standard (“the standard route”) pour sélectionner les cas qui feront parti d’une étude. Tout le monde a imaginé que c’est ce qui avait été fait ici aussi, puisque c’est ce que Wakefield a affirmé, à de multiples reprises. Mais il a été démontré qu’il avait menti. Plusieurs enfants faisant parti de l’étude n’ont pas été envoyés par le service de gastro-entérologie. En fait, soit ces enfants n’avaient pas de symptôme gastro-entérologique, soit c’est Wakefield lui-même qui avait pris une part active dans le processus de sélection. De plus, les parents ou amis des enfants sélectionnés faisaient parti du groupe de pression qui milite pour la reconnaissance d’un danger concernant les vaccins et qui avait embauché Wakefield pour son travail de consulting à 400.000£ (c.f.:5.1).

Vous pouvez vous poser la question : « Oui, mais tous les enfants vaccinés avec le ROR ne deviennent pas autistes, alors quel est le risque ? » Pourquoi ? Pourquoi ces enfants-ci et pas d’autres ? Une de nos hypothèses était l’âge auquel l’enfant avait été vacciné. La base de cette hypothèse, c’est que nous savons que les maladies telles que la rougeole présentent plus de risques de complications chez les sujets plus jeunes. Si un enfant attrape la rougeole en dessous de l’âge d’un an, les risques de complications suite à cette maladie sont beaucoup plus importantes que lorsqu’un enfant attrape la maladie à un âge ultérieur.

3. La Sécurité du Vaccin ROR –( 3:28)

Maintenant, à ce stade, en tant que chercheur, j’avais examiné en détail les études de sécurité du ROR. J’ai été très, très inquiet par le fait que ces études étaient totalement inappropriées. Ce n’est pas seulement mon opinion, parce que par la suite, la revue Cochrane, qui est l’une des meilleures références de la littérature médicale, a étudié les données et a fait le même constat accablant[3.1]. Leurs propos étaient que les études de sécurité pour la mise sur le marché du vaccin ROR étaient en grande partie inadéquates, en particulier par rapport aux vaccins monovalents.

3.1: Que dit la revue Cochrane sur le ROR ?

« Conclusions des auteurs

Implications pour la pratique.

Les données existantes sur l’innocuité et l’efficacité du vaccin ROR confirment les politiques actuelles de vaccination de masse visant l’éradication mondiale de la rougeole et afin de réduire la morbidité et la mortalité associées aux oreillons et à la rubéole.

Implications pour la recherche.

La conception et la notification des résultats en matière de sécurité dans les études sur les vaccins ROR, avant et après commercialisation, doivent être améliorées et des définitions normalisées des effets indésirables doivent être adoptées. Davantage d’éléments de preuve permettent de déterminer si l’effet protecteur du ROR pourrait diminuer avec le temps écoulé depuis la vaccination. »

Pour être tout à fait clair: La revue Cochrane, estime que le vaccin est suffisamment sûr pour qu’il soit utilisé en vaccination de masse, mais qu’il manque encore des études, et Wakefield ne retient que la partie qui dit qu’il manque des études.

Nous savons donc que Wakefield pense que Cochrane est « l’une des meilleures références de la littérature médicale », voyons ce que Cochrane pense de Wakefield. Pour cela, il suffit de continuer à lire la revue citée par Wakefield:

« Actuellement, c’est la seule revue couvrant à la fois l’efficacité et la sécurité des vaccins ROR. En accord avec les résultats des autres études et revues, aucune association significative entre autisme et exposition au ROR n’a pas été trouvée. L’étude de Wakefield (Wakefield, 1998), qui relie la vaccination ROR à l’autisme, a récemment été complètement rétractée (The Editors of The Lancet 2010) après que le Dr .Wakefield ait été reconnu coupable d’inconduite éthique, médicale et scientifique dans la publication du document; De nombreux autres auteurs ont d’ailleurs démontré que ses données étaient frauduleuses (Flaherty, 2011). Une rétractation officielle de l’interprétation selon laquelle il existait un lien de causalité entre le vaccin ROR et l’autisme a déjà été publiée en 2004 par 10 des 12 coauteurs originaux (Murch, 2004). À ce moment-là (1998), une couverture médiatique excessive et injustifiée de cette petite étude a eu des conséquences désastreuses (Flaherty 2011, Hilton 2007, Offit 2003, Smith 2008), comme la méfiance à l’égard des programmes de vaccination en santé publique, une diminution significative de la couverture des vaccins ROR et la réapparition de la rougeole au Royaume-Uni. »

Pour être tout à fait clair: Le document que cite Wakefield comme preuve parce qu’il est issu de « l’une des meilleures références de la littérature médicale », est celui qui dénonce ses fraudes, qui montre qu’elles ont été démontrées par d’autres qui lui attribue un rôle significatif dans la réémergence de la rougeole au Royaume-Uni. Il est irrationnel de ne retenir que la partie qui va dans dans le sens de Wakefield et d’ignorer la partie qui dénonce ses agissements sans la moindre équivoque. C’est un double standard.

En d’autres termes, les études de sécurité des vaccins monovalents étaient meilleures[3.2].

3.2: Notons que malgré de meilleures études de sécurité des vaccins monovalents, Wakefield avait déjà le vaccin monovalent contre la rougeole dans son collimateur en 1995 (c.f. 1.2)

 Par exemple, imaginons que je sois allé à la FDA et que j’ai alors trois médicaments contre la tension artérielle, et que je dise : « J’ai ces trois médicaments. J’ai une autorisation de mise sur le marché pour chacun d’entre eux individuellement, mais je voudrais les mettre ensemble dans le même comprimé. Puis-je mettre les trois autorisations dans un dossier et vous remettre le tout et obtenir une autorisation pour le médicament combiné? » Ils rejetteraient ma demande et, à juste titre. Ils diraient : « Revenez quand vous aurez fait une étude comparative de chaque médicament en combinaison avec l’autre, et comparez-les avec le médicament isolé pour les effets secondaires, et aussi pour les effets indésirables»[3.3]. Cela aurait dû être fait avec le vaccin ROR et cela ne l’a pas été. Il y avait beaucoup d’hypothèses sur la sécurité de ce vaccin trivalent, et je crois que les enfants paient maintenant le prix pour ces hypothèses[3.4].

3.3: En réalité, les autorités répondent: « Comme ce sont des médicaments qui sont utilisés ensemble depuis longtemps et qu’individuellement ils ont fait leurs preuves, alors c’est bon ». C’est la cas par exemple pour le Trivizir, un médicament tout en un (Single Tablet Regimens) pour le traitement du VIH.

3.4: Wakefield entretient la confusion. Il voudrait nous faire croire que reconnaître la nécessité de faire plus d’études sur la sécurité en général, c’est admettre que l’on ne sait rien sur un éventuel lien spécifique entre ROR et autisme, ce qui est faux. Le lien éventuel avec l’autisme a été étudié de manière répétée et approfondie. Une revue systématique qui porte sur 1.2 millions d’enfants n’a pas réussi à établir de lien. C’est la raison pour laquelle la revue Cochrane citée plus haut, qui est selon Wakefield « l’une des meilleures références de la littérature médicale », affirme que Wakefield à tort sur ce sujet: « En accord avec les résultats des autres études et revues, aucune association significative entre autisme et exposition au ROR n’a été trouvée. »

4. L’étude du Lancet – (5:05)

L’étude du Lancet elle-même est née de l’observation de plusieurs enfants dans la même situation. Développement normal, régression, et diagnostic d’un trouble du spectre autistique, ainsi que des symptômes gastro-intestinaux et une inflammation de l’intestin. Il s’agissait de regrouper ces histoires ensemble et de dire : “Voici les douze premiers enfants que nous avons vus. Voici ce que nous avons trouvé. C’est vraiment remarquable, c’est cohérent.[4.1] Cela indique l’émergence d’un nouveau syndrome de maladie humaine. » Dans la plupart des cas, les parents expliquaient que la régression était survenue après le vaccin ROR. C’est maintenant à l’étude comme hypothèse. D’autres études devraient être menées pour élucider si oui ou non cela est vrai. Ceci a été publié en tant que dossier d’étude dans le Lancet en février 1998. Une conférence de presse a été tenue à la requête du doyen de l’école de médecine. Les résultats y ont été expliqués.

4.1: Pour être tout à fait clair, Wakefield nous dit: « Voici les premiers enfants que nous avons vu et dont les parents font parti du procès en cours qui affirme que le vaccin est responsable ». C’est bien sûr une démarche absolument non-scientifique. Si vous sélectionnez tous vos patients parmi le groupe « les chaussettes en laine donnent mauvaise haleine », il y a de fortes chances que tous vos cas possèdent à la fois des chaussettes en laine et une mauvaise haleine. Cependant, cela ne dira rien sur la réalité du phénomène. Pour cela, il faut par exemple examiner les gens qui consultent pour la mauvaise haleine et voir s’ils portent plus de chaussettes en laine que le reste de la population. C’est la méthode standard (“the standard route”). Wakefield a commencé par dire que c’est ce qu’il avait fait. Puis on a constaté qu’il avait menti (c.f.:2.2). Il a choisi ses cas parmi le groupe de gens qui font parti du procès « mon enfant a été vacciné et maintenant il est autiste » et a fait une étude qui dit que des enfants ont été vaccinés et ont ensuite été autistes. Parce qu’il a menti sur la manière dont les sujets ont été sélectionnés, et parce que c’est une démarche absolument non-scientifique, il a donc été radié.

5. Conflit d’intérêt –( 6:13)

Au Royaume-Uni, un procès a donc été lancé, par les familles [des enfants malades], contre les fabricants du vaccin. J’ai été impliqué dans ce procès ainsi que les patients de l’étude du Lancet. Dès qu’ils avaient été diagnostiqués et qu’ils étaient convaincus que c’était bien ce qui s’était passé, ils se sont joints à la procédure.[5.1]

5.1: Il manque ici une information essentielle: Dans quel ordre est-ce que cela s’est fait ? Est-ce que les patients de l’étude se sont joint au procès, ou est-ce que les participants au procès se sont joint à l’étude ?

  • JABS est un groupe de pression lancé en 1994 et composé de parents qui pensent que leur enfant a été victime d’un vaccin.
  • En 1996, l’avocat de JABS embauche Wakefield pour une somme qui dépassera les 400.000 £ (c.f.:5.2)
  • En 1998, Andrew Wakefield publie son étude frauduleuse. La plupart enfants de cette étude n’ont pas été sélectionnés par la voie normale. En revanche, on constate qu’ils sont liés au groupe JABS.

Il a été prétendu que l’étude avait été faite uniquement pour servir le procès et qu’elle avait été financée par les avocats. Ceci n’est pas vrai. Ce n’était tout simplement pas le cas. J’ai alors accepté d’être expert médical et en fait je me suis senti obligé d’agir comme tel, en leur nom, parce qu’il y avait un grand nombre de médecins dans le camp adverse, prêts à se faire rémunérer par l’industrie pharmaceutique en tant qu’experts.[5.2]

5.2: Wakefield nous explique que, parce qu’il y avait un grand nombre de médecins dans le camp adverse prêts à se faire rémunérer en tant qu’experts, il a donc accepté de se faire rémunérer en tant qu’expert. Mais lui, c’est pas pareil. Les autres se font payer, ils travaillent pour l’argent. Lui se fait payer, mais il travaille pour réparer une injustice.

Depuis 1996, deux ans avant la publication de son étude, Wakefield facture son expertise sur le procès 150£ de l’heure en passant par l’entreprise de sa femme, pour un total de plus de 430.000£, plus les frais. Dans son storytelling, Wakefield a omis ce détail.

Une des accusations portées à mon encontre était que j’avais agi au nom des avocats, et que j’avais été payé par eux pour réaliser l’étude du Lancet. En fait, j’étais payé par un programme d’Etat de compensation pour agir en tant qu’expert médical[5.3].

5.3: Wakefield tente d’entretenir la confusion sur qui a fait quoi. Détaillons les différents acteurs: Le Legal Aid Board est un fond public destiné à aider financièrement et protéger les droits des citoyens britanniques dans leurs démarches judiciaires. Les cabinets d’avocats représentent les citoyens britanniques dans leurs démarches judiciaires. Ils ont accès aux fonds du Legal Aid Board. Quand Wakefield dit qu’il n’a pas été payé par les avocats, ce qu’il faut comprendre c’est que les avocats n’ont pas payé Wakefield de leur poche. Les avocats ont payé Wakefield plus de 430.000£ en piochant dans l’argent public du Legal Aid Board (c.f. 5.2).

D’autre part, on remarque que Wakefield nous dit en somme: « Le Legal Aid Board m’a payé moi pour être expert sur le procès, mais n’a pas payé pour l’étude », ce qui reste un conflit d’intérêt. Qu’il ait touché personnellement plus de 430.000£ (c.f 5.2) dans le contexte d’un procès voulant faire le lien entre ROR et autisme est une information qui aurait dû être communiquée dans l’étude.

Cela n’avait rien à voir avec l’étude du Lancet qui avait été financée par le Service National de Santé[5.4].

5.4: Selon le storytelling de Wakefield, si le Legal Aid Board l’a payé lui, il n’a jamais payé pour l’étude du Lancet.

Pourtant, le Legal Aid Board dit qu’ils ont financé l’étude de Wakefield: « Pour faciliter la mise en place de l’étude clinique et scientifique proposée par le Dr A.J. Wakefield dans la limite de 10 personnes et un coût maximal de 55.000£ et couvrir les travaux nécessaires par les avocats dans la limite de 10.000£« 

Pourtant Wakefield dit que le Legal Aid Board a financé l’étude de Wakefield: « La somme de 50.000£ nous a été allouée par le Legal Aid Board pour investiguer l’association possible de ce syndrome avec le vaccin ROR. Cet argent a été fourni par le cabinet Dawbarns pour l’usage exclusif de l’étude décrite dans le protocole ci-joint« 

Le règlement effectué par le conseil d’aide juridique ne m’avait pas été remis à moi, initialement; il avait été remis à l’école de médecine afin qu’ils réalisent cette étude pour rechercher la présence du virus de la rougeole dans les intestins atteints de ces enfants. C’est précisément ce qui a été fait[5.5].

5.5: Une fois encore, il existe des documents qui s’accordent difficilement avec le storytelling de Wakefield. Il faut noter qu’il a initialement tenté d’accepter cet argent pour son étude, mais parce que les fonds proviennent d’un cabinet d’avocat et parce qu’il s’agit d’un projet de recherche, le doyen de l’école de médecine s’y est opposé pour des raisons éthiques. Wakefield est donc passé par un proxy qui mettra cette somme à sa disposition afin qu’il ait tout de même accès aux fonds en provenance du cabinet d’avocat pour son étude.

Cette information était connue du rédacteur en chef du Lancet, depuis environ un an avant la publication de la recherche. L’avocat lui avait envoyé des documents qui disaient : « Nous travaillons avec le Dr. Andy Wakefield sur cette problématique. » Il le savait, ou devait le savoir, mais d’une manière très commode, il a oublié de mentionner ce fait, lorsqu’il est venu témoigner sous serment devant le Conseil de l’Ordre [anglais], et ce n’est que par la suite qu’il a été découvert qu’il le savait depuis le début.

6. Coup monté contre Dr. Wakefield – (8:21)

C’est dès lors qu’il y a eu cette menace de procès juridique, qu’ils s’en sont pris très durement à moi. Ce qui s’est passé, c’est qu’il y avait un journaliste qui s’appelle Brian Deer, un journaliste indépendant travaillant pour News International, Rupert Murdoch, qui m’a attaqué et a inventé une histoire, une fable si fantastique de ce « médecin diabolique vivant dans un manoir et nuisant aux enfants du monde » dans le but de s’enrichir et de devenir un héros dans l’histoire de la médecine. Il a pris l’histoire de ma vie et il l’a réécrite, et c’était une stratégie, une stratégie délibérée, une stratégie des relations publiques, pour dire “Nous discréditons cet homme, on l’isole de ses collègues, nous détruisons sa carrière, et ensuite on dira aux autres médecins qui peuvent oser s’en mêler « c’est ce qui va vous arriver ». Et c’est très triste parce que beaucoup de bons médecins, de médecins honnêtes ont dit: “Andy, je sais que c’est vrai. Je sais que c’est vrai », et ils ont écrit que c’était vrai, les communications internes confirment leurs convictions que c’était vrai, mais quand le temps est venu de faire le meilleur choix pour ces enfants alors cela n’allait pas être bon pour leurs carrières et ils ont fait marche arrière. In fine, la stratégie a eu l’effet escompté. Ai-je la sensation d’avoir été la victime d’un coup monté par l’industrie pharmaceutique? Oui, je pense que c’était le cas.

Pourquoi moi en particulier ? Il y avait en fait 13 auteurs. Beaucoup d’entre eux figuraient parmi les chercheurs les plus éminents de leur domaine. Ils m’ont choisi parce que j’agissais dans le procès comme expert contre les fabricants. Et j’ai écrit à mes collègues que je ne pouvais plus soutenir l’utilisation de ce vaccin, ROR; que j’allais continuer de soutenir vigoureusement l’utilisation des vaccins monovalents les vaccins séparés rougeole, oreillons et rubéole mais que je ne pouvais pas soutenir l’utilisation du vaccin trivalent. Je pense que c’est parce que j’avais pris cette position franche qu’ils s’en sont pris à moi en particulier.

Une autre accusation est que j’étais dans ma caverne à créer secrètement un vaccin monovalent, un concurrent au ROR et qui le battrait sur le marché en le discréditant et puis je lancerais mon propre vaccin sur le marché. C’était l’idée de Brian Deer. Ce que nous avions à ce moment là était un brevet, détenu par l’école de médecine pas par moi [6.1].

6.1: Peut-on bénéficier d’un brevet dont on ne possède pas les droits ? Wakefield le pense. « Il a admis avoir envisagé l’usage du facteur de transfert sur au moins une partie de la population et avoir un intérêt de carrière et financier dans son succès.« . Il était en affaire avec l’un des parents des participants de l’étude pour la fabrication et la vente du facteur de transfert.

D’autre part, Wakefield détient les droits de ces brevets depuis 2003: « Après que le Dr Wakefield ait déposé ces brevets en 1997, par l’intermédiaire d’une filiale commerciale appartenant à l’école de médecine, ces possibilités ont été convenablement explorées. Les experts au sein de l’école ont indiqué que ces brevet n’avaient pas de base scientifique ou d’exploitabilité commerciale. Les droits de propriété intellectuelle ont été abandonnés et ont été attribués au Dr Wakefield lorsqu’il a quitté l’école.« 

C’était un brevet sur une substance qui s’appelle le « facteur de transfert », c’est un complément alimentaire naturel qui se trouve dans le lait maternel, par exemple, et qui peut renforcer les défenses immunitaires. S’il marche ou non est une autre question. C’est ce que nous cherchions à découvrir. Mais il stimule la réponse immunitaire face à une infection comme la rougeole. Il ne pouvait pas empêcher les enfants de contracter la rougeole, il n’agissait pas du tout comme le ROR. Ce qu’il faisait , c’est qu’il aidait à éliminer le virus quand des enfants étaient déjà malades. Il n’aurait jamais pu concurrencer le vaccin ROR, jamais, parce qu’il ne fonctionnait pas de la bonne manière, c’est un effet thérapeutique et non préventif[6.2].

6.2: La première demande de brevet date d’avant la publication de l’étude et présente sans ambiguïté un vaccin:

« La présente invention concerne un nouveau vaccin pour l’élimination du virus de la rougeole et une composition pharmaceutique ou thérapeutique pour le traitement de la maladie inflammatoire intestinale (IBD); En particulier la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse et la maladie comportementale régressive (RBD). […] Il faut donc un vaccin plus sûr qui ne soulève pas ces problèmes et un traitement pour ceux qui souffrent d’une MII existante. J’ai maintenant découvert un vaccin combiné / agent thérapeutique qui est non seulement très probablement plus sûr d’administrer aux nouveau-nés et d’autres par voie de vaccination, mais qui peut également être utilisé pour traiter les MICI soit comme un traitement complet ou pour soulager les symptômes. […] Les compositions de la présente invention ont la capacité non seulement de conditionner le récepteur pour élever une réponse immunitaire spécifique au virus de la rougeole et du virus de la rougeole lorsqu’il est utilisé comme vaccin. »

La deuxième demande de brevet est également on ne peut plus claire. Le facteur de transfert « peut être utilisé comme vaccin contre la rougeole« . La demande a été faite en juin 1998, 4 mois après la publication de l’étude.

Cela a été expliqué, en détail, mais Brian Deer a tout simplement complètement ignoré cela. Il est resté sur l’idée que c’était un concurrent au ROR et que j’essayais tout simplement de me faire un paquet d’argent en mettant ce produit sur le marché.

La relation entre Brian Deer et le fabricant de vaccins, Smith Kline Beacham, qui est devenu par la suite Glaxo Smith Kline, était très proche, une relation très intime. Il avait été à l’origine un critique de leur médicament AZT, mais depuis lors avait reçu des droits exclusifs sur certaines de leurs données sur les effets indésirables de médicaments, le résultat de certains échanges, un accord quelconque entre eux. Et par la suite, je pense qu’il est devenu en quelque sorte leur chien d’attaque. Comment un seul journaliste pouvait-il réaliser ce que Brian Deer a réussi à faire de façon si efficace? C’était la volonté du gouvernement, c’était la volonté de l’industrie pharmaceutique et c’était la volonté des médias. À cette époque, James Murdoch, fils de Rupert Murdoch, travaillant au News International, était membre du conseil d’administration de Glaxo Smith Kline[6.3]. En tant qu’administrateur non exécutif, son travail au sein du conseil d’administration de ce fabricant de vaccins était de protéger la réputation de l’industriel dans les médias.

6.3: L’étude frauduleuse de Wakefield date 1998. Les premières mises en cause de Wakefield dans par presse datent de 2003. James Murdoch a été administrateur de GSK de 2009 à 2012.

Il y avait donc cette cabale très incestueuse à laquelle participaient le gouvernement, les médias et l’industrie et ils voulaient tous ce résultat, et ils allaient donc l’obtenir. Et contre eux, il y avait: moi. Alors vous accusez un chercheur de fraude, en 30 secondes, et il faut une vie entière pour s’en remettre. Et ils le savaient. Ils savaient à quel point les médecins sont vulnérables, que les accusations de fraude étaient complètement fausses.

Mais vous n’avez pas à me croire sur parole[6.4].

6.4: Après 10 minutes de témoignage vidéo mélangeant théories conspirationnistes infondées et affirmations factuellement réfutées, ce commentaire est particulièrement ironique.

Il y a maintenant une enquête approfondie, un examen des données originales utilisées dans le document du Lancet par un ancien scientifique de l’Environmental Protection Agency, le Dr David Lewis. Je ne l’avais jamais rencontré auparavant. Il a pris tous les dossiers originaux et les a analysés, et a démontré catégoriquement et définitivement que je n’avais jamais commis aucune fraude mais que la fraude avait eu lieu de la part de Brian Deer et du British Medical Journal. Ils avaient falsifié frauduleusement notre travail au Royal Free Hospital afin d’atteindre le but finalement atteint, et ça, c’est la perception mondiale que cette étude était fausse; qu’elle avait été inventée et qu’elle n’était pas solide.[6.5]

6.5: Les affirmation de David Lewis concernent un seul aspect, qui est celui du diagnostic des colites. Outre le fait que ce qu’affirme David Lewis, microbiologiste environnemental à la retraite, est contredit par les 5 spécialistes en gastro-entérologie consultés au moment de la rédaction de l’article, cela ne concerne pas:

  • Les fraude constatées concernant la sélection des patients.
  • Les affirmations contredites par les dossiers médicaux.
  • Les dissimulations sur la caractérisation des autismes.
  • Les sommes touchées personnellement et non déclarées.
  • Le financement de l’étude par un cabinet d’avocat.
  • Le dépôt de brevet d’un vaccin concurrent
  • Le montage d’une société pour exploiter un vaccin concurrent avec l’un des parents de l’étude.

Par définition, les affirmations de Lewis ne peuvent dédouaner Wakefield sur toutes les fraudes constatées qu’il ne mentionne pas.

D’autre part, comme l’explique la revue Cochrane, qui selon Wakefield est « l’une des meilleures références de la littérature médicale », de nombreux autres auteurs ont démontré que les données de Wakefield étaient frauduleuses (c.f. 3.1). Il est irrationnel d’ignorer tous ceux qui constatent ses méfaits pour mettre en avant le seul qui pense que les accusations ne sont pas justifiée. C’est un double standard.

7. Les échantillons de sang (14:25)

Oui, les échantillons de sang lors de la fête d’anniversaire de mon fils. Afin d’étudier les enfants atteints d’autisme (nous faisions des analyses de leur sang), nous avions besoin d’échantillons de sang provenant d’enfants en pleine santé. Et bien sûr à l’hôpital on ne trouve pas d’enfants en pleine santé. On n’y voit que des enfants malades. Alors ma femme a proposé que lors de la fête d’anniversaire à venir, nous collections des échantillons de sang de nos enfants et des enfants invités. J’ai pensé que c’était une idée raisonnable. Cela a été fait avec le consentement pleinement éclairé de tous les parents et des enfants. C’était tout à fait éthique. Ce n’était pas pire que, par exemple, d’aller au centre de vaccination et recevoir un vaccin, en fait peut-être même beaucoup mieux[7.1]. Cela a été réalisé par un médecin très expérimenté, pas par moi et il n’y a eu absolument aucun problème. Le seul problème c’est que nous n’avions pas eu l’accord du comité d’éthique de l’hôpital. Mais ça ne le rend pas contraire à l’éthique[7.2]. C’était fait, comme j’explique, avec le consentement pleinement informé des parents et des enfants. Voilà l’histoire.

Est-ce que je le regrette ? Oui. Pas parce que c’était contraire à l’éthique – ça ne l’était pas – mais parce que ça a donné au Conseil de l’Ordre anglais un argument pour me retirer mon droit d’exercer. C’était une erreur et si je devais le refaire, je le referais avec l’accord éthique approprié, donc c’est quelque chose que je regrette, mais était-ce à aucun moment contraire à l’éthique ? Non.

7.1: C’est un manquement éthique grave, selon le conseil de l’ordre et les experts qui ont témoigné: « Le Dr Wakefield a défendu la base éthique de la prise de sang lors d’une fête d’anniversaire contrairement aux experts qui ont témoigné devant le Comité et qui a fermement condamné cette action. Le Comité a déterminé que son comportement était gravement inférieur aux normes attendues d’un médecin et constituait une violation de la confiance que le public a le droit d’avoir dans les membres de la profession médicale. Elle a conclu que ce comportement constituait une faute professionnelle grave« .

En répondant « C’était tout à fait éthique », Wakefield nous fait une réponse du même ordre que: « Oui, j’étais en excès de vitesse, mais je roulais pas vite M. l’agent ».

7.2: Le storytelling de Wakefield nous laisse imaginer qu’on lui reproche d’avoir fait des expérimentations sans l’accord du comité d’éthique, alors que ce qu’on lui reproche c’est d’avoir menti en disant qu’il avait obtenu l’accord du comité d’éthique. On lui reproche d’avoir écrit dans l’étude: « Les enquêtes ont été approuvées par le Comité des pratiques éthiques de l’Hôpital Royal Free NHS Trust, et les parents ont donné leur consentement éclairé« . Oh, et d’avoir payé des enfants pour qu’ils donnent leur sang.

8. Le journal “ le Lancet “ se rétracte [8.1] – (16:12)

8.1: Le Lancet ne se rétracte pas, il rétracte une étude. (Dans un cas on admet une erreur, dans l’autre on retire sa confiance à une étude)

L’article du Lancet a été retiré sur la base de deux accusations[8.2].

8.2: La notice de rétractation en dit un peu plus: « À la suite du jugement rendu le 28 janvier 2010 par les membres du General Medical Council’s Fitness to Practise, il est devenu évident que plusieurs éléments du document de 1998 de Wakefield et coll. sont erronés et en contradiction avec les conclusions d’une enquête antérieure. En particulier, les allégations dans le document original selon lesquelles les enfants ont été «référencés consécutivement» et que les enquêtes ont été «approuvées» par le comité local d’éthique se sont avérées fausses. Par conséquent, nous retirons entièrement ce document de l’enregistrement publié« 

L’article a été retiré parce que le jugement ayant aboutit à la radiation de Wakefield a montré que plusieurs éléments étaient faux. La notice en cite deux, mais elle indique qu’il y en a d’autres.

D’autre part, contrairement à ce qu’on pourrait croire en suivant la chronologie du storytelling de Wakefield, il y a d’abord eu radiation par le conseil de l’ordre, puis rétractation de l’étude par le Lancet.

La première est que les recherches sur chaque enfant ont été faites de manière consécutive ; en d’autres termes, les enfants sont arrivés dans le programme l’un après l’autre. Ce que cela signifie, c’est que notre méthode de travail n’était pas d’avoir pris uniquement les enfants choisis parce que leur histoire était celle que nous voulions entendre, et que nous aurions laissé de côté les autres. Non, on prend les enfants au fur et à mesure qu’ils arrivent pour pouvoir justement inclure tous les enfants; cela évite les biais. Et c’est comme cela qu’il faut faire.[8.3]

8.3: Ce que le storytelling de Wakefield nous explique, c’est que l’article a été rétracté parce qu’il avait fait les choses de la bonne manière. Il faudrait donc en déduire que toutes les autres études qui ne sont pas rétractées ne font pas correctement le travail de sélection des sujets d’étude.

En réalité, l’étude de Wakefield a été rétractée parce qu’elle ne disait pas la vérité. L’étude disait « Les enfants ont été sélectionnés comme ceci », alors que ce n’était pas vrai (c.f.:2.2)

La seconde raison est que, Brian Deer avait demandé à ce que la publication soit retirée. Et par la suite le Conseil de l’Ordre aussi, parce qu’il n’y avait pas eu d’approbation éthique. En Amérique, ça veut dire l’approbation par la commission de recherche institutionnelle pour l’étude elle-même. Mais c’était une étude clinique qui ne nécessitait pas d’approbation éthique[8.4]. En revanche, les analyses de biopsies intestinales, oui. Et il y a eu une approbation éthique pour cela. Brian Deer le savait pertinemment quand il a poursuivi, puisque c’était un document qu’il avait en mains. Il a donc délibérément retenu cette information du Conseil de l’Ordre. C’était une obstruction à la justice [et à la vérité][8.5].

8.4: 3 enfants ont subi une ponction lombaire, alors qu’il n’y avait aucune raison thérapeutique de le faire. Faire des prises de sang sur des enfants (c.f. 7.1) ne peut avoir de justification thérapeutique, c’est de la recherche. Cependant, Wakefield n’a pas seulement fait ces actes médicaux sans approbation, il a fait ces actes médicaux sans approbation puis a affirmé dans l’étude qu’il y avait approbation. Ce sont les raisons qui ont conduit le GMC à conclure: « Affirmer dans l’article du Lancet que les recherches ont été approuvées par le comité d’éthique alors que ce n’était pas le cas est irresponsable. »

8.5: Si l’on écoute le storytelling de wakefield, on comprend donc que Brian Deer, journaliste, se serait présenté devant le conseil de l’ordre. Il avait dans sa poche un document, mais il a préféré le garder pour lui. Et comme c’est une information concernant l’étude de Wakefield que Wakefield n’avait pas en sa possession, ou qu’il n’a jamais été amené à s’exprimer devant le conseil de l’ordre, ou qu’il était à la piscine le jour ou ils en ont parlé, il a été impossible à Wakefield de montrer au conseil de l’ordre ce document qui l’aurait sans aucun doute disculpé.

Pourtant, le conseil de l’ordre était parfaitement au courant de cette distinction qui ne l’avait pas convaincu à l’époque: « En ce qui concerne l’approbation du Comité de la recherche et de l’éthique, le Groupe spécial a tenu compte des principes directeurs éthiques particuliers en ce qui concerne la recherche sur les enfants. Il a rejeté l’affirmation générale du Dr Wakefield selon laquelle le projet 172-96 n’a jamais été entrepris; Que toutes les enquêtes menées sur les enfants ont été indiquées cliniquement et que les éléments de recherche du projet ont été couverts par une autre approbation du Comité d’éthique. Le Groupe spécial a conclu que le programme d’enquêtes auquel ces enfants étaient soumis faisait partie du projet 172-96. Il a en outre déterminé que les conditions d’approbation et les critères d’inclusion pour ce projet n’étaient pas respectés. La confiance du Comité d’éthique sur la probité du Dr Wakefield en tant que consultant responsable n’a pas été respectée.« .

9. Radiation de l’ordre des médecins – (17:21)

Le Conseil de L’Ordre des médecins au Royaume-Uni s’appelle le Conseil Médical Général (General Medical Council) et on est jugé par ses pairs (médecins) ainsi que par des non-médecins.

Au CMG, il y avait trois accusés : Professeur Walker-Smith, qui était, à l’époque, le meilleur gastroentérologue pédiatrique du monde, un homme expérimenté avec un parcours impeccable et une carrière irréprochable; ainsi qu’un de ses adjoints, le Docteur Simon Murch ; et moi-même. Nous avons tous les trois été déclarés coupables. Simon Murch n’a pas été radié mais Walker-Smith et moi-même nous l’avons été. Il a ensuite été financé pour faire appel auprès de la haute cour anglaise. J’ai moi-même fait appel mais pour des raisons financières, il était impossible pour moi de continuer et en fait, ce n’était pas le premier objectif de me faire réintégrer en tant que médecin, car il y avait des choses plus importantes à faire.

En revanche, Professeur Walker-Smith a fait appel et lors de cet appel, c’est-à-dire la première fois que cette affaire avait été jugée par un jury convenable, le juge a détruit la décision du Conseil de l’Ordre. Il a effectivement dit qu’ils avaient été incompétents et qu’ils n’étaient pas en mesure de juger les éléments de preuves, qu’ils avaient commis des erreurs, qu’ils avaient mal compris les faits, qu’ils avaient falsifié les preuves, et, le pire de tout, qu’ils n’étaient pas objectifs.[9.1]

9.1: La décision de la cour sur l’appel de Walker-Smith est particulièrement intéressante. Une synthèse complète existe. Elle relève, entre autres :

  1. Walker-Smith n’était pas au courant des mensonges qui allaient être publiés dans l’étude.La défense de Walker-Smith est qu’il n’avait validé que le brouillon et qu’il avait notifié qu’il fallait changer la phrase qui indique que le comité d’éthique avait donné son accord. À charge pour Wakefield de livrer le document finalisé, ce qu’il a fait sans modifier la mention sur le comité d’éthique. L’arrêt de la cour d’appel ne dédouane pas Wakefield, bien au contraire.

    En clair, selon la cour d’appel Walker-Smith a été réhabilité parce qu’il est impossible de prouver qu’il était au courant de la fraude de Wakefield.

  2. Walker-Smith affirme qu’il ne faisait pas de la recherche.Pour la cour d’appel, on ne peut condamner Walker-Smith que si l’on peut prouver qu’il savait qu’il était en train de faire de la recherche. Walker-Smith affirme que pour lui c’était une étude thérapeutique, et la cour d’appel dit qu’il aurait fallu prouver que ce n’est pas le cas avant de le condamner. Cependant, dans le même arrêt, on constate qu’il ne fait aucun doute pour la cour d’appel que Wakefield avait bien conscience de faire de la recherche. L’arrêt de la cour d’appel ne dédouane pas Wakefield, bien au contraire: Pour toutes les parties concernées, il est clair que Wakefield faisait de la recherche:
    • Pour la cour d’appel: « It was Dr. Wakefield who first perceived a link between behavioural and gastrointestinal disorders and between both and measles/measles vaccines. As a researcher, he was, throughout, principally interested in testing his hypotheses. Dr. Wakefield played an unusual role for a researcher in the referral of many of the Lancet children to the clinical team for investigation.« 
    • Pour le conseil de l’ordre: « There is no challenge to the panel’s finding that Dr. Wakefield’s purpose was research: to investigate and, if possible, demonstrate the link between MMR vaccine, regressive autism and gastrointestinal disorders. The critical question in the case of Professor Walker-Smith was whether that was his primary purpose as well. His evidence was that his purpose was to attempt to find out what was wrong with child 2 – something which no previous investigation had achieved.« 
    • Pour Walker-Smith: « In relation to the research that is being done concerning this group of children I suggest that you or (child 5’s mother) should be directly in touch with Dr. Andy Wakefield who is directing the research aspect of this study. If you have any further queries please do not hesitate to contact me.« 

En clair, selon la cour d’appel Walker-Smith a été réhabilité parce qu’il est impossible de prouver qu’il savait faire de la recherche, contrairement à Wakefield qui l’a acté dans de nombreux documents.

Le Conseil de l’Ordre s’était mis en tête depuis le début que nous étions coupables, et ce juge a complètement renversé leur décision et a dit qu’en effet, ceci ne devrait plus jamais arriver. Walker-Smith a été réintégré dans l’ordre des médecins et toutes les allégations contre lui ont été rejetées. 90% des accusations contre Walker Smith étaient les mêmes que celles portées contre moi.[9.2] L’étude aurait dû être réhabilitée, mais le rédacteur en chef du Lancet a refusé afin de protéger sa réputation et son emploi.

9.2: Ce qui a été dit concernant Walker-Smith par la cour d’appel ne s’applique pas à Wakefield (c.f.9.1). Mais ce qui a été dit concernant Wakefield par le conseil de l’ordre ne concerne pas Walker-Smith. Dans son storytelling, Wakefield a choisi de lancer un chiffre au hasard (90%) plutôt que détailler ce qui a été dit:

  • Les fraude constatées concernant la sélection des patients.
  • Les affirmations contredites par les dossiers médicaux.
  • Les dissimulations sur la caractérisation des autismes.
  • Les sommes touchées personnellement et non déclarées.
  • Le financement de l’étude par un cabinet d’avocat.
  • Le dépôt de brevet d’un vaccin concurrent
  • Le montage d’une société pour exploiter un vaccin concurrent avec l’un des parents de l’étude.

Tous ces points ne font pas parti du jugement de Walker-Smith, ne font pas parti de son appel et donc ne peuvent être réfutés par ce moyen.

Cette histoire a-t-elle été médiatisée ? Brièvement. Dans un seul journal. Histoire importante : très brève mention. Personne ne parle de ça maintenant; tout le monde parle du fait que nous avons été discrédités, radiés et que la recherche a été retirée. Mais l’histoire réelle reste encore à raconter.

10.Conséquences – (19:56)

Eh bien, c’est très intéressant car à l’époque, je faisais une recommandation que les parents devaient pouvoir choisir pour utiliser des vaccins monovalents [ rougeole, oreillons , rubéole mais séparés ]. En d’autres termes, je recommandais non pas de ne pas protéger leurs enfants contre ces infections, mais de pouvoir le faire de la façon dont les parents le choisiraient, et à cette époque, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les vaccins monovalents étaient disponibles. Ainsi les parents pouvaient choisir: «Je ne suis pas d’accord pour faire le ROR, mais je veux vacciner mon enfant, alors je vais opter pour les vaccins séparés». Et ils protégeaient parfaitement bien, par exemple contre la rougeole[10.1]. Cette option était donc possible. Je n’aurais pas fait cette recommandation si cela n’avait pas été le cas.

10.1: Rappelons le, en avril 1995 Wakefield publiait « La vaccination contre la rougeole est-elle un facteur de risque de maladie inflammatoire de l’intestin ? ». L’article ne concerne pas le ROR, mais bien le vaccin monovalent contre la rougeole. (c.f. 2.1)

Mais, au Royaume-Uni, six mois plus tard, le gouvernement a retiré l’autorisation d’importation des vaccins monovalents. Aux États-Unis, idem, quelques années plus tard, Merck a arrêté unilatéralement la production des vaccins monovalents. En fait, ils les produisent séparément afin de les mettre ensemble, mais ils ont cessé de les rendre disponibles séparément sur le marché, de sorte que c’était un ROR ou rien: notre décision ou le néant. Cela privait les parents du choix. Ils étaient toujours inquiets au sujet du ROR, donc ils n’ont pas vacciné: et la rougeole est revenue: c’était entièrement de leur faute. Comme je le dis dans le film, j’ai demandé à un membre haut placé au Ministère de la Santé: «Pourquoi faites-vous cela si vous voulez réellement protéger les enfants contre ces maladies infectieuses graves? Pourquoi supprimer ce choix pour les parents ?” Cette personne m’a répondu “parce que si nous donnons le choix aux parents alors cela anéantirait notre programme ROR ». En d’autres termes, le souci était de protéger le programme et non pas les enfants. Et c’était une erreur désastreuse: La rougeole est revenue, c’était entièrement prévisible, mais bien sûr, ils n’ont pas manqué de rejeter la responsabilité sur moi.[10.2] Et quand ils parlent de l’incidence des refus du ROR au Royaume-Uni, ce qu’ils ne disent pas c’est l’augmentation au même moment de l’usage des vaccins monovalents avant leurs retraits du marché.

10.2: Wakefield affirme que l’absence de vaccins monovalents est ce qui a causé la recrudescence des cas de rougeole. Pourtant, avant de s’attaquer au ROR, il tentait déjà de montrer que les risques du vaccin monovalent. De plus, la revue Cochrane, « l’une des meilleures références de la littérature médicale » selon Wakefield énumère de nombreuses études qui attribuent sans conteste la responsabilité de cette défiance à l’égard de la vaccination à son étude frauduleuse (c.f. 3.1).

11. Projets – 21:48

Je ne vais pas prétendre que tout cela a été facile à vivre mais c’est une situation d’urgence sur la plan médical qui ne me laisse pas le choix. Lorsque je m’apitoie un peu sur mon sort, à cause de la radiation de l’ordre ou de ce qu’on dit dans les médias, je n’ai qu’à regarder le prochain enfant autiste afin de réaliser qu’en fait je n’ai pas de problème. J’ai une famille merveilleuse et quatre enfants en pleine santé. Il n’y a pas d’autisme dans ma famille. Je regarde le prochain enfant atteint d’autisme et je pense que c’est cet enfant qui a un problème. Moi, je n’ai pas de problèmes. Donc je me dis « arrête de t’apitoyer sur ton sort, reprends toi et fais le boulot ».[11.1]

11.1:

Que Wakefield tente de s’en sortir en prenant des libertés avec la vérité n’est pas particulièrement étonnant si l’on considère ses antécédents. Mais comment peut-il encore exister des gens pour le croire ? Que faire quand près de 20 ans plus tard il est encore possible de s’en sortir par une pirouette alors qu’il existe des données factuelles qui montrent la réalité des choses ? Quand une demande de brevet dit textuellement « c’est un vaccin », est il possible de s’en sortir en disant que ce n’est pas un vaccin ? Est-il possible de s’en sortir en affirmant que ce qui existe n’existe pas ? La réalité a-t-elle si peu d’importance ?  Force est de constater que les partisans de Wakefield se sont extraits de la réalité depuis longtemps. Ce n’est plus une question de raisonnement, c’est une question de foi. Il faut croire en Wakefield, chercheur désintéressé que le gouvernement cherche à faire taire parce qu’il est aux ordres du grand capital qui a le pouvoir de salir sa réputation par l’entremise d’un journaliste corrompu aux ordres d’un magnat de la presse maléfique qui possède un don de précognition qui fait qu’il sait que des années plus tard son fils aura besoin d’aide quand il travaillera pour les labos. Et la boucle est bouclée. Soit Wakefield a fraudé, soit c’est le reste du monde. Ce sera le reste du monde. Il suffit d’avoir la foi.

Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été trompés.
Mark Twain.

 

truth-257160_1280

initativerationnelle

Vaxxed fumisterie

Beaucoup de francophones ont découvert l’histoire du « lanceur d’alerte du CDC » avec le film de propagande Vaxxed, et de nombreux parents pourraient en toute bonne foi imaginer que ce qui y est dit correspond d’une façon ou d’une autre à la réalité. Pourtant, ce serpent de mer conspirationniste existe depuis des années et ces affirmations ont maintes fois été formellement réfutées.

eye2bof2bhorus2b1Ceci est une traduction de « MMR, the CDC and Brian Hooker: A Guide for Parents and the Media », disponible sur Harpocrates Speaks.

Vaccin ROR, le CDC et Brian Hooker: Un guide pour les parents et les médias

La communauté anti-vaccination est en effervescence récemment à propos d’un supposé « lanceur d’alerte du CDC », le Dr William W. Thompson, qui, selon eux, aurait révélé une fraude au sein du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. Pour appuyer leurs affirmations, ils mettent en avant une étude rédigée par l’un d’eux, Brian S. Hooker, qui cherche à montrer qu’il y aurait des preuves d’un risque accru d’autisme parmi les garçons afro-américains qui recevraient leur premier vaccin ROR tardivement. Cependant, ces affirmations se révéleront être infondées et sans substance, et c’est pourquoi ils ont donc choisi de s’appuyer sur des arguments émotionnels qui pourraient sembler convaincants à ceux qui ne sont pas familiers avec les questions et les personnes impliquées. D’une manière véritablement atroce, ils ont, à tort et avec cynisme, comparé tout ceci à l’étude sur la syphilis de Tuskegee, et assimilé le CDC à un mélange d’Adolf Hitler, Josef Stalin et Pol Pot.

Dans ce contexte, voici un bref récapitulatif pour les parents, les médias et les autres, afin de les aider à comprendre ce que les accusations contiennent et ce que les preuves montrent en réalité. Les questions ci-dessous ont été soulevées ou sous-entendues par des militants anti-vaccins. Espérons que cela empêchera les rapports inexacts et aidera les parents à se sentir rassurés au sujet du vaccin ROR.

Est-ce que le CDC a commis une fraude ?

Un petit groupe de militants affirme que le CDC a commis une fraude en dissimulant intentionnellement des données. Ce groupe, qui accuse les vaccins d’un large éventail de problèmes, ne fournit aucune preuve à l’appui de cette allégation. Le mieux qu’ils aient pu faire est mettre en avant une déclaration publiée par un chercheur du CDC, William W. Thompson, dans laquelle il mentionne un désaccord scientifique sur les données à publier dans un article de 2004 dont il était coauteur (« Age at first measles-mumps-rubella vaccination in children with autism and school-matched control subjects: a population-based study in metropolitan Atlanta« ). L’étude a examiné l’âge de la première vaccination ROR et l’autisme, mais n’a pas trouvé d’association. Bien que l’on pourrait lire dans la déclaration de Thompson une implication d’actes répréhensibles, il n’allègue aucune fraude de sa part ni de la part du reste de l’équipe associée au document de 2004. Même si sa déclaration ne fait aucune mention de fraude, quelques personnes voudraient effrayer les gens au sujet des vaccins et jeter un doute sur le CDC en affirmant que cette déclaration serait la preuve qu’il y a eu fraude.

Est-ce que le CDC a caché des données au public ?

Non. Les données utilisées par le CDC dans le document de 2004 ont toujours été accessibles aux chercheurs qualifiés. Des instructions sur la façon d’accéder à ces données sont disponibles sur le site Web du CDC.

Est-ce que le CDC a caché la conclusion selon laquelle le vaccin ROR est lié à l’autisme ?

D’après les faits connus à ce jour, le CDC ne semble pas avoir dissimulé quoi que ce soit. En 2004, le CDC a mené une étude portant sur des enfants atteints d’autisme (cas) et sans autisme (témoins), puis se sont penchés sur l’âge de la vaccination ROR pour voir si les cas étaient plus susceptibles d’avoir été vaccinés à un certain âge que les témoins. Bien qu’aucune association claire n’ait été découverte, ils ont remarqué le fait étrange qu’il y avait plus de cas que de témoins qui avaient été vaccinés après 24 mois mais avant 36 mois. Pour voir si cette association apparente était réelle, ils ont recueilli plus d’informations provenant des certificats de naissance pour tous les sujets d’étude qui avaient un certificat en Géorgie. Cette information supplémentaire leur a permis de savoir s’il n’y avait pas un autre facteur (par exemple, le poids à la naissance, l’âge des parents, le niveau d’éducation de la mère, etc.) qui aurait pu être responsable de cette étrange résultat. Une fois que les chercheurs ont contrôlé ces facteurs supplémentaires, l’anomalie a disparu, ce qui signifie qu’il n’y avait aucun lien entre la vaccination ROR et l’autisme. L’étude publiée comprenait les résultats de l’analyse des certificats de naissance selon l’origine ethnique ainsi que l’âge au premier vaccin ROR, mais ne faisait pas de comparaison entre l’origine ethnique et l’âge à la première vaccination pour la totalité du groupe, car l’information ethnique n’était pas disponible pour tous les sujets et parce que cet étrange résultat sur la totalité du groupe n’était pas fiable. De plus, comme l’analyse du sous-groupe l’a montré, cette conclusion initiale était erronée. En réponse à tout le bruit généré par le mouvement anti-vaccination, le CDC a publié une déclaration en soutien à leur étude originale.

Est-ce que le CDC a menti en disant avoir obtenu des informations supplémentaires avec les certificats de naissance ?

Non. De nombreux militants anti-vaccins, dont Brian Hooker, ont déclaré que les certificats de naissance ne contiennent pas les informations que les chercheurs du CDC ont indiqué avoir obtenu (poids à la naissance, éducation de la mère, etc.). Alors que les certificats de naissance que les parents reçoivent ont des informations limitées, un document plus complet (PDF) est complété par le personnel de l’hôpital et conservé au dossier par l’état. Les renseignements sur la fiche de naissance de l’état de Géorgie sont semblables à l’U.S. Standard Certificate of Live Birth (PDF). Ces enregistrements complets de naissance ont des informations sur le poids à la naissance, que la naissance soit prématurée ou à terme, si le bébé était jumeau / triplet etc, le niveau d’éducation de la mère, et ainsi de suite. [Ajout (16/09/2014): L’éducation des parents, par exemple, figure sur le certificat de naissance standard depuis 1969 et figure toujours sur celui de la version révisée de 1989.] Les chercheurs du CDC ont utilisé ces certificats de naissance complets dans leur étude de 2004. Vous trouverez plus d’information sur le document standard à la naissance, y compris les révisions, sur le site web National Vital Statistics System du CDC.

Est-ce que le CDC a exigé un certificat de naissance pour exclure les Afro-Américains de l’étude ?

Non. Une des premières accusations des activistes anti-vaccination était que les chercheurs de CDC avait exigé des certificats de naissance uniquement pour les enfants afro-américains dans leur étude afin de pouvoir les exclure de l’analyse de sous-groupe. Il fallait, selon ces allégations, dissimuler une association entre le vaccin ROR et l’autisme parmi les garçons afro-américains. Mais les chercheurs ont utilisé des certificats de naissance pour tous les enfants dans leur étude. Ceci est illustré dans le tableau 2 de l’étude de 2004 (reproduit ici pour illustration):

destefano2b20042bage2bof2bmmr2bstudy2b-2btable2b2Source: DeStefano, et al. (2004).
« Age at First Measles-Mumps-Rubella Vaccination in Children With Autism and School-Matched Control Subjects: A Population-Based Study in Metropolitan Atlanta »

L’exigence d’un certificat de naissance n’a pas été utilisée pour supprimer les données sur les Afro-Américains. Cette accusation anti-vaccinale semble avoir été faite spécifiquement pour exploiter les tensions ethniques et susciter la peur et la colère dans la population afro-américaine.

Est-ce que la décision d’utiliser les actes de naissance était arbitraire et non pertinente ?

Non. Comme l’ont souligné les auteurs de l’étude de 2004 (pas d’italique dans l’original):

Parmi les cas et les témoins chez les enfants dont nous avons pu enregistrer les dossiers de naissance, nous avons effectué une sous-analyse pour évaluer les facteurs de confusion possibles en fonction des caractéristiques de naissance et de la mère.

Les données sur la population complète de l’étude ont montré une association possible entre l’âge du premier ROR et l’autisme, mais les données ne contiennent pas d’information qui pourrait avoir mis en évidence d’autres causes de cette association. Les certificats de naissance ont cette information, et ont permis aux chercheurs de découvrir que le ROR n’était pas associé à l’autisme.

[Ajout (27/07/2015): Matt Carey de Left Brain Right Brain au sujet du plan d’analyse de l’étude. Le sous-groupe des certificats de naissance faisait parti du plan approuvé pour l’étude. Il fournit également un plan d’analyse (PDF) pour l’étude, dans lequel on constate que les données censément supprimées intentionnellement (c’est-à-dire l’analyse par groupe ethnique pour la population de l’étude) n’ont jamais fait partie du plan d’étude. ]

[Ajout (24/01/2016): Selon les documents que le Dr William Thompson a transmis au sénateur Bill Posey, l’analyse du certificat de naissance faisait partie du protocole prévu dès le début, bien avant toute analyse des données. ]

Est-ce que les employés du CDC ont détruit des données?

[Ajouté le 11/6/15]

Douteux. [Voir ci-dessous pour une mise à jour.] Cette accusation provient d’une citation prétendument de Thompson et mentionnée par le député Bill Posey au cours d’une conférence qu’il a prononcée lors de la House’s Morning Hour du sénat:

Au bas du tableau 7, on voit également que pour l’échantillon sans certificat de naissance, l’ajustement par origine ethnique était statistiquement très significatif. Tous les auteurs et moi-même nous sommes rencontrés et avons décidé quelque-part entre août et septembre 2002 de ne signaler aucun effet dû à l’ethnie dans l’étude. Peu de temps après la réunion, nous avons décidé d’exclure les rapports sur les effets dûs à l’ethnie, les coauteurs ont programmé une réunion pour détruire les documents liés à l’étude. Les quatre coauteurs restant se sont retrouvés et ont apporté une grande poubelle dans la salle de réunion et ont passé en revue et examiné tous les documents papier que nous pensions devoir jeter et nous les avons mis dans une poubelle énorme. Cependant, parce que je présumais que c’était illégal et violerait les demandes du FOIA et du DOJ, j’ai gardé des copies papier de tous les documents dans mon bureau et j’ai conservé tous les fichiers informatiques associés. Je crois que nous avons volontairement retenu les conclusions controversées de la version finale de l’étude pédiatrique.

La première chose à noter est que Thompson n’indique pas que les auteurs ont détruit des données. Ils se sont réunis pour passer en revue les documents imprimés afin de déterminer ce qui devait être retenu et ce qui pouvait être détruit en toute sécurité. En tant que biologiste et parent d’un enfant autiste, Emily Willingham remarque que ce n’est pas une preuve. Dans la recherche au sens large, au cours de l’étude, il peut y avoir des copies en double qui sont créées, parfois au format papier, parfois en numérique. Il n’est pas nécessaire, ni même faisable, de conserver tous les documents ainsi créés. Les préconisations du Département de la santé et des services sociaux des États-Unis pour la gestion responsable des données dans la recherche scientifique sont qu’il n’est pas utile de conserver toutes les données brutes tant qu’il reste suffisamment de matériel pour que les résultats de l’étude soient reconstruits. La destruction de documents non cryptés peut également être nécessaire pour protéger la vie privée de sujets de l’étude.

L’autre chose à noter au sujet de l’affirmation que le CDC aurait détruit des données est que cela ne tient pas la route. S’ils avaient détruit des données, comment Brian S. Hooker a-t-il procédé à sa réanalyse?

[Ajout (24/01/2016): Avec la publication des documents que le Dr Thompson a transmis au sénateur Posey, nous savons maintenant que les données n’ont pas été détruites, comme le prétendent les activistes anti-vaccins. Nous savons aussi que le sénateur Posey (ou un employé qui a rédigé la déclaration qu’il a lue) a supprimé de nombreux détails de la citation. Nous savons également que Thompson était présent à la réunion au cours de laquelle l’équipe a examiné des copies papier et a discuté des éléments qui devraient être conservés et qui devraient ou pourraient être détruits en toute sécurité. Les documents que Thompson a conservés sont largement redondants et offrent peu d’informations supplémentaires. Les documents de Thompson ne contiennent aucunes données qui ne seraient pas disponibles dans le format électronique que l’équipe a conservées sur les serveurs de l’Immunization Safety Office depuis l’époque de l’étude jusqu’à aujourd’hui.]

Est-ce que William Thompson a remis 100 000 documents au sénateur Bill Posey?

[Ajouté le 24/01/2016]

Non. Certains activistes anti-vaccination affirment que le Dr Thompson a donné 100 000 documents (ou alternativement 100 000 pages de documents) au sénateur Bill Posey. L’affirmation provient de Ben Swann, un journaliste télé pour CBS46 (WGCL-TV) à Atlanta, et auteur du site web Truth in Media. Le 30 novembre 2015, Ben Swann annonce dans une interview sur Age of Autism qu’il a obtenu des copies des documents du bureau du sénateur Posey. Toutefois, il ne divulgue aucun document à ce moment là, mais déclare qu’il les étudie et que « très bientôt … vous aurez accès à ces documents vous-mêmes »

Puisque les documents ont été remis à une personnalité publique, et étaient donc accessibles au grand public, en décembre 2015 Matt Carey de Left Brain Right Brain et le professeur de droit Dorit Reiss ont à leur tour demandé et reçu les documents. Carey a mis les documents à la disposition de quiconque voulait les voir. C’est quelque chose que personne n’avait encore fait du côté des anti-vaccins. Si Brian Hooker et Andrew Wakefield avaient ces documents, ils ne les ont jamais rendus publics. Thompson ne les a pas rendus publics. Swann ne les a pas rendus publics mais, comme il dit,  il va «faire un documentaire qui détaille un complot du CDC et la suppression des résultats médicaux. En outre, Swann publiera les documents de Thompson sur TruthinMedia.com à n’importe qui souhaitant en savoir plus sur leur contenu» le 26 Janvier 2016.

En fin de compte, alors qu’il y a beaucoup de pages redondantes, certainement des centaines ou peut-être des milliers, il n’y a pas, de quelque manière que ce soit, 100.000 documents, et encore moins 100.000 pages.

Est-ce que les documents du lanceur d’alerte sont accessibles au public ?

[Ajouté le 24/01/2016]

Oui. Quiconque souhaite voir les documents du lanceur d’alerte qui ont été remis au sénateur Bill Posey peut y accéder via une l’archive créée par Matt Carey de Left Brain Right Brain.

Est-ce qu’une étude plus récente a révélé qu’il y a un risque accru d’autisme chez les garçons afro-américains ?

Une étude (« Measles-mumps-rubella vaccination timing and autism among young african american boys: a reanalysis of CDC data« ) publiée par Brian S. Hooker en août 2014 dans la revue Translational Neurodegeneration a bien conclu que le risque d’autisme était plus élevé chez les garçons afro-américains qui ont reçu leur premier vaccin ROR entre 24 et 31 mois (Hooker coupé à 31 mois, plutôt que 36 mois comme dans l’étude CDC, parce que, après l’exclusion des nourrissons de faible poids à la naissance, il y avait « trop peu de cas » à 36 mois; le sous-groupe qu’il a analysé est différent de celui de l’étude du CDC). Son étude a également constaté qu’il n’y avait pas d’association entre le ROR et l’autisme à d’autres âges, ni aucune association pour les filles afro-américaines ni pour les enfants de toute autre groupe ethnique. Cependant, ses résultats concernant les garçons afro-américains sont presque certainement faux.

L’étude de 2004 menée par le CDC était ce qu’on appelle une étude cas-témoins. (Une étude cas-témoin fait appel à deux groupes, l’un avec une condition et l’autre sans, et cherche à déterminer la probabilité ou la fréquence d’exposition à un facteur de risque potentiel. Elle peut suggérer des corrélations, mais généralement ne prouve pas une causalité). Les données de cette étude ont été recueillies en prévision d’un modèle cas-témoin. L’étude de Hooker semble être une étude de cohorte, qui est un tout autre type de conception d’étude, mais il a utilisé le même ensemble de données CDC qui a été conçu pour une étude cas-témoin. (Une étude de cohorte commence avec des personnes qui n’ont pas la maladie en question, puis les suit pour voir si les différents niveaux d’exposition à un facteur de risque soupçonné augmente le risque de la maladie ou l’état de la maladie.) Utiliser des données conçues pour un type d’étude avec une étude de conception complètement différente peut introduire des erreurs dans l’analyse. Hooker a ensuite utilisé une analyse statistique inappropriée (soit le Pearson’s chi-squarred test mentionné dans le texte, soit le Fisher’s exact test mentionné dans les tableaux) pour analyser les données. Ce type de test ignore les variables qui peuvent fausser les résultats, ainsi que le fait qu’un petit signal peut sembler très grand. Hooker a admis lors d’une conférence anti-vaccination (vers la 17e minute) le 29 août 2014 qu’il utilisait une technique très simple, « l’élégance de la simplicité », et qu’il préfèrait faire des choses simples plutôt que des choses intellectuellement exigeantes. Cependant, élégant ne signifie pas correct; Son analyse «simple» ignorait les variables de confusion. Une autre lacune de l’étude est que Hooker ne rapporte pas le nombre d’individus inclus dans ses analyses de sous-groupe. La taille des groupes est importante. Plus le groupe est petit, plus il est probable qu’une découverte sera due au hasard. Depuis la publication, la revue a retiré l’étude de Hooker en raison des inquiétudes concernant la validité de ses conclusions ainsi que des conflits d’intérêts possibles qui n’ont pas été révélés par Hooker ou par les pairs examinateurs qui ont examiné l’étude. [MISE À JOUR (10/04/2014): Le journal a complètement rétracté l’étude de Brian Hooker en raison de conflits d’intérêts non déclarés et de statistiques et de méthodes invalides. Voir ci-dessous pour plus de détails.]

Qui est Brian Hooker?

Brian S. Hooker est le père d’un enfant autiste. Il est titulaire d’un diplôme en biochimie, mais n’a pas de formation officielle en statistique ou en épidémiologie. Il n’est également formé dans aucun domaine pertinent pour l’étude des vaccins ou de l’autisme (immunologie, vaccinologie, développement de l’enfant, psychologie du développement, etc.). Hooker a une procédure d’indemnisation de dommages liés aux vaccins en cours pour son fils devant la Vaccine Court. [MISE À JOUR (28/06/2016): Les allégations de Brian Hooker auprès de la NVICP selon laquelle les vaccins ont causé ou aggravé l’autisme de son fils ont été rejetées le 19 mai 2016. Une analyse de la décision peut être trouvée ici. La décision complète de 58 pages peut être lue ici.] Il est également membre du conseil d’administration d’une organisation anti-vaccin appelée Focus Autism. Focus Autism est l’organisation qui a financé l’étude de Hooker. Hooker est également idéologiquement opposé aux vaccins et au CDC, comme en témoigne un courriel envoyé à l’ancienne directrice du CDC, Julie Gerberding, dans lequel il a écrit: « Je vous enjoins personnellement à revoir l’évangile selon Matthieu 18:6 et à considérer votre propre responsabilité envers tous les enfants des États-Unis, y compris mon propre fils. » Le passage de la Bible référencé indique (Version King James):

Mais quiconque offensera un de ces petits qui croient en moi, il vaut mieux pour lui qu’une meule ait été pendue au cou, et qu’il soit noyé au fond de la mer.

Qu’entendez-vous par «conflits d’intérêts» non divulgués?

Les auteurs d’articles scientifiques sont censés fournir une déclaration claire de tout conflit d’intérêts susceptible de nuire à leurs résultats. Le but est de sensibiliser le lecteur à ce qui pourrait influencer les conclusions de l’auteur concernant les données et les constatations qu’elles rapportent. Dans son étude, Brian Hooker a seulement révélé qu’il « a été impliqué dans un litige vaccinal/biologique ». La déclaration implique qu’il n’est pas actuellement impliqué dans des litiges liés à des vaccins. En réalité, Hooker a une affaire en cours devant le Vaccine Court dans lequel il poursuit le gouvernement pour ce qu’il prétend être l’autisme vaccinal de son fils. Il peut bénéficier personnellement des études qui trouvent un lien entre les vaccins et l’autisme. Il n’a pas non plus révélé qu’il était membre du conseil d’administration de l’organisation anti-vaccin Focus Autism, qui a financé l’étude.

Le journal dans lequel Hooker a publié son étude, Translational Neurodegeneration, permet aux auteurs de soumettre des suggestions pour les éventuels examinateurs. Ces examinateurs sont censés être des experts dans des domaines pertinents et ne devraient pas avoir de solides liens personnels ou commerciaux avec les auteurs de l’étude. La revue peut choisir d’utiliser les réviseurs suggérés par les auteurs, ou peut choisir des chercheurs qui ont publié auparavant des articles dans le même journal sur le même sujet ou un sujet apparenté. Nous ne savons pas qui ont été les examinateurs, mais il y a des candidats probables, dont aucun n’est qualifié pour agir comme évaluateurs et ont de nombreux conflits d’intérêts, y compris des relations de travail avec Hooker.

Est-ce que l’étude de Hooker prouve qu’Andrew Wakefield avait raison ?

Non, pas du tout. Andrew Wakefield a longtemps propagé la croyance que le vaccin ROR provoque l’autisme. Si nous ignorons tous les défauts dans l’étude de 2014 de Hooker et supposons que ses résultats sont exacts, l’étude de Hooker montre que le ROR n’est pas associé à l’autisme. En d’autres termes, l’étude de Hooker, si elle est exacte, prouve qu’Andrew Wakefield (et une grande partie du mouvement anti-vaccination) a tort. Le seul groupe dans lequel Hooker a trouvé une association (et même cette association n’est pas une preuve de causalité) a été parmi les garçons afro-américains qui ont obtenu le vaccin ROR tardivement(entre 24 et 31 mois). Mais, comme noté ci-dessus, l’étude de Hooker était assez imparfaite et donc ses conclusions sont très probablement incorrectes.

Est-ce que l’étude de Hooker a été rétractée ?

Oui. Le 3 octobre 2014, la revue Translational Neurodegenerationfully a rétracté l’étude de Brian Hooker, en publiant cette déclaration d’accompagnement:

Le rédacteur et l’éditeur ont le reget de rétracter l’article [1] car il y avait des intérêts contradictoires non déclarés de la part de l’auteur qui ont compromis le processus d’examen par les pairs. De plus, l’examen par les pairs après la publication a soulevé des inquiétudes quant à la validité des méthodes et de l’analyse statistique, de sorte que les rédacteurs n’ont plus confiance dans la solidité des résultats. Nous nous excusons auprès de toutes les parties concernées pour les inconvénients causés.

PubMed a également mis à jour ses indexes, en mettant de grands avertissements en rouge disant que l’étude a été rétractée, ainsi que le mot « RETRACTÉ » en majuscules en travers du texte de l’étude:

brian2bhooker2bpmc2bretracted

Est-ce que Brian Hooker a obtenu ses données de William Thompson ou du CDC ?

[Ajouté le 11/06/2015]

Selon l’étude rétractée de Brian Hooker, il a obtenu ses données directement du CDC, pas du Dr Thompson:

Les données de cohortes ont été obtenues directement à partir d’un «ensemble de données d’accès restreint» provenant des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) par le biais d’un accord sur l’utilisation des données.

En outre, le nombre de sujets dans l’étude de Hooker correspondent aux chiffres rapportés dans l’étude DeStefano d’origine. Ceux qui prétendent que le CDC aurait détruit des données montrant que les garçons afro-américains étaient plus susceptibles de souffrir d’autisme après avoir reçu le vaccin ROR semblent ne pas avoir lu la propre étude de Hooker. Donc, soit ils ont tort, soit Hooker a menti sur la façon dont il a obtenu les données et le nombre de sujets qu’il a analysé.

Pourquoi est-ce important ?

[Ajouté 11/12/15]

Malgré le manque de substance derrière les revendications anti-vaccinales sur le vaccin ROR, elles évoquent la peur. Une fois que la peur prend place, elle peut être très difficile à surmonter, même lorsqu’on y oppose des faits. Cette peur conduit au refus de vacciner et à la méfiance envers les personnes qui essaient de prévenir la propagation de la maladie. Cela peut avoir des répercussions négatives importantes sur les communautés, en particulier parmi celles qui ne sont pas encore desservies ou mal desservies en raison de la pauvreté ou d’autres facteurs sociaux ou économiques. L’épisode du «lanceur d’alerte du CDC» cible la communauté noire. Mais ce n’est pas la première fois que le mouvement anti-vaccins fait cela.

L’auteur David Kirby avait commencé à semer les graines de la peur parmi la communauté somalienne à Minneapolis vers 2005 pendant la tournée de son livre Evidence of Harm. Au cours des années suivantes, d’autres activistes anti-vaccins ont ciblé les Somaliens du Minnesota, tels que J.B. Handley, qui leur conseillait d’obtenir des exemptions de vaccins et de ne pas faire confiance aux responsables de la santé publique. La peur semée par Kirby, Handley et d’autres a conduit à une forte baisse de l’utilisation ROR. Puis, en 2011, il y a eu une flambée de rougeole, infectant 21 personnes (4 adultes, 17 enfants). Les deux tiers des personnes infectées ont été hospitalisées.

L’épidémie de rougeole au Minnesota est une bonne illustration de ce qui se passe lorsque les activistes anti-vaccins sèment la peur des vaccins dans une communauté. Tout comme ils l’ont fait alors, ils essaient de semer la peur des vaccins parmi les communautés noires maintenant, mais à beaucoup plus grande échelle, à l’échelle nationale. En 2014, les États-Unis ont connu le plus grand nombre de cas de rougeole depuis plus de 20 ans. Nous avons également observé la plus importante épidémie de rougeole de l’histoire récente. Alors que la peur anti-vaccinale se répand parmi la communauté noire, créant des poches d’une faible prise de vaccins, nous verrons des centaines de cas de rougeole, dont beaucoup seront hospitalisés et peut-être certains seront mortels. Mais cette souffrance peut facilement être évitée grâce à la vaccination.

En résumé

En dépit de tout le bruit fait par la petite, mais incroyablement bruyante, communauté anti-vaccin, il n’y a aucune preuve de fraude de la part du CDC, et il n’y a pas la moindre preuve convaincante d’une quelconque dissimulation. L’étude de Brian S. Hooker contient un certain nombre de failles menant à une conclusion fausse et biologiquement invraisemblable. En fait, la qualité de l’étude est telle que la revue qui l’a publié l’a retirée en attendant une enquête plus approfondie, faisant état de sérieuses inquiétudes concernant la validité et les conflits d’intérêts potentiels. Cette histoire, c’est en réalité, beaucoup de bruit pour rien. Ce n’est qu’un nouvel exemple d’activistes anti-vaccins faisant de la mauvaise science pour soumettre vos enfants à un plus grand risque encore, parce qu’ils sont incapables accepter leurs propres enfants comme ils sont.

[NdT: Cette traduction date du 27 janvier 2017. Si vous constatez que l’article original a été mis à jour pour prendre en compte de nouvelles informations, merci de nous en informer. La suite de l’article est une liste d’articles de référence et est reproduit tel quel]

___________________________________________________
Further Reading:

Posts discussing Hooker’s allegations, excluding anti-vaccine sources

Timeline

Posts discussing Hooker’s allegations from anti-vaccine sources

Timeline

  • Au